‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 225 sur 243 · C'était confronter des témoins : les mettre tête à téie · texte numérisé non relu

C'était confronter des témoins : les mettre tête à téie

5. Ici se trouve, dans la première édition, le second passage de quelque importance retranché dans la deuxième : nous avons donné le précédent à la p. 41. « Et les autres penseat qu'acariastre vienne plustost de sainct Acaire, auquel on menoit les acariastres en pèlerinage pour les guarir. Mais je trouve une difflculté en ceci , asçavoir comment ce sainct auroit esté forgé avant quil fust mention des malades qu'il devoit guarir : comme si on liisoit que sainct Maturin , le médecin des mats * , auroit eu cest offiw avant qu'il y eust des mats. CkMnment qu'il ea soit,, il n'y a point de doubte que nos ancestres n'ayent canonisé plusieurs mots grecs , quand des uns ils ont faict des saincts on sainctes sans office (comme de >6yxv), lonchi, signifiant lance, ils ont forfé

* Fous.

ja de long temps, ont pris du grec àxcdXuTo; ' : comme prèstre, diacre.

Acouter, de àxouEiv, si on ne Taime mieux déduire de atiscultare. Plusieurs usent plustost de escouter *.

Admirai, de &X{i.upà ', selon Tetymologie commune : suivant laquelle il fauldroit escrire almyral ; mais je tien de bon lieu que ce mot vient de TÂrabic.

Agaillardir et ragaillardir , àyaX- XiâÉ<rOai.

Agonie , agonia , àYcovia.

Aigre (comme un fruict qui est

encores aigre) , de â^pioç. Aise , de ataio; , selon aucuns.

Aie du soleil, Aie : voyez Haie,

Halé.

Alouer ^, àvaXoOv.

Amas, amasser, de à(tà<j6at,

plustost que de éat&oç.

Anatomie, anatome, àvaxofjiifu

Anatomique , anatomkua , ca ,

afin y àvaxopiixoc , (jlixyi , (iixov.

Anatomiste, àvaT0(xix6c.

Antlirac', àvOpa^.

saiiictLongi;(]e.&eoqpav{a ils ont forgé saincteTiphaine); des autres mots ils ont faict des saincts , ayans chascun office correspondant à la signification des dicts mots : comme qui de y&(<>PY^c , georgos (qui signifie laboureur), ils ont érigé sainct George , le sainctdes laboureurs , et ayant cest office de veiller sur le labourage , voire sur peine d'estre plongé en Peau. Semblablement de <I6p(i>^ , hydrops (qui signifie hydropisie), ils nous ont establi sainct Hydrope , luy assignans Toffice de guarir de Phydropisie. Pareillement du verbe (leiSifv, midian ( c^est-à-dire rire), ils ont faict sainct Medard , lequel , soit quMl ait bon jeu , soit qu'il ait mauvais jeu , est tenu de rire tousjours à tous venans , mais seulement du bout des dents. »

1 . Acolyte vient , selon quelque» autres , de &x6Xo\i0oc , qui signifie suivant , compagnon , assistant.

2. Àcouter avait même cessé presque entièrement d'avoir cour» dans la seconde partie du xvi* siècle. On trouve toutefois , dans Nicot, ces trois formes, escouter, ascoitter ou acouter, et accouster.

3. Féminin de &X(Aup^, salé : eau salée. Le substantif est&X- {jLupCa ou &>(jLupCc. — L'origine arabe du mot amiral est d'ailleurs confirmée par Ménage.

4. Allouer : c.-à-d. concéder, attribuer, employer. On trouve, dans Nicot, alouer une dépense, et aussi alouer dans le sens de consumer, 'AvaXouv est Tinf. prés, de àvaXota pour à^Xiaxo).

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