‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 39 sur 243 · XLI · texte numérisé non relu

XLI

Paris y par un juste esprit de réparation , lui a accordé de nos jours , en plaçant sa statue au nombre de celles des citoyens utiles et éminents dont elle a décoré rentrée de son palais municipal. Aux dépens de sa fortune et du repos de sa vie , il s'est mêlé, avec hardiesse et avec une constance sincère, à la lutte d'idées qui a rempli toDt lexvi« siècle, lutte qui a pu être marquée par de regrettables excès, mais qui a, en efifet, abouti au triomphe d'un principe protecteur de la dignité et du bien-être des sociétés modernes , celui de la liberté scientifique et religieuse. Gomme éditeur, il a paru à quelques-uns n'avoir pas été égalé : au moins rien ne surpasse la magnificence et la correction de ses publications grecques ^ Pour l'impression hébraïque , il sembla tout d'un coup aussi l'avoir portée à sa perfection dernière. Enfin, érudit, lexicographe et grammairien si distingué, l'ardeur des querelles de dogme le fit encore écrivain français.

L'éclat de ses travaux et de son nom a jeté une sorte d'obscurité sur ses deux frères , dont l'un cependant était digne de conserver plus de réputation : car pour François, son aîné, qui fut imprimeur et surtout libraire , il borna à peu près son ambition à l'exercice d'un honorable commerce. Qdant à Charles , dont nous avons eu occasion de parler , il a été auteur de nombreux ouvrages dont quelques-uns ont eu une vogue qui lui a survécu, et méritent encore aujourd'hui une sérieuse estime. L'un des disciples de Lascaris, comme nous l'apprend le poète Antoine de Baïf , qui fut lui-même élève de Charles Estienne , il avait une connaissance

1. On a dit notamment de son Nouveau Testament grec de 1550, in-f, qne c'est « le plus beau livre grec qui ait jamais été imprimé » : Biographie universelle , t. XIII , p. 3S9.

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