‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 48 sur 243 · LU · texte numérisé non relu

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bibliothèques de Fontainebleau et de Blois venaient d'être transportées à Paris et de se confondre dans la Bibliothèque royale (1544) : mais Taccès en était trèsdifBcile à tous» aux savants comme aux autres. Ainsi il amassait des matériaux pour ses publications futures. Quelques traités , quelques pages , quelques vers anciens, échappés à la barbarie » c'était là ce que sa passion convoitait, c'était à ses yeux le digne prix de toutes ses fatigues.

Il ne rejoignit son père, au commencement de 1551 , que pour raccompagner presque aussitôt dans sa retraite à Genève. Jusque-là il n'avait pas eu à Paris d'établissement qui lui appartint en propre; bien plus , il n'en posséda jamais dans cette ville , quoiqu'on ait souvent affirmé le contraire et qu'il y ait en effet imprimé à diverses reprises : mais ce fut à l'aide des presses d'autrui^ On s'est notamment trompé en avançant , ce qu'on lit dans Niceron et dans la Biographie universelle, qu'il avait présenté une requête à la Sorbonne pour qu'elle l'autorisât à faire usage du privilège accordé à Robert par François l^^. Ce privilège avait , comme on l'a vu , profité à son frère; et il ne paraît pas que pour lui il ait jamais eu la pensée de le revendiquer.

1. De ce que des livres de Henri Estienne parurent aussi dans d''autres endroits, on a pareillement inféré qu'il y aTaii eu des établissements typographiques, succursales en quelque sorte de celui de Genève : ce qui n'est nullement exact. Il a seulement profité des résidences momentanées quHl a faites dans plusieurs villes pour y imprimer ses ouvrages. Quant au titre qu'il prend habituellement de typographns parisiensis , son seul but est de se prévaloir, en rappelant son origine , de l'espèce de noblesse renfermée dans le nom de parisien , dont les gens de lettres étaient également jaloux de se parer à la même époque , Paris passant pour le siège et l'école du boa langage : « £a non minus sermonis vere gallici et pu ri quam ipsius Galliœ est metropolis , » préf. des Hypomneses,

Après trois ans passés ou dans Timprimerie paternelle dont il seconda diligemment les travaux^ ou dans de nouveaux voyages dont le résultat fut aussi fructueux que celui des précédents, H. Ëstienne publia à Paris, où il séjournait momentanément , les odes d' Anacréon , qu'il avait trouvées en Italie. L'importance de cette déeoQverte nous fait un devoir de nous y arrêter.

On ne connaissait Jusqu'alors que la première pièce du poète de Téos ou ce qu'Aulu-Gelle et l'Anthologie nous en avaient conservé. C'est à Henri Ëstienne que nons devons les petits chefs-d'œuvre qui nous restent de eet auteur ou qu'on lui a du moins attribués : car làdessus , c'est-à-dire sur l'authenticité de chacune de ces gracieuses compositions, l'érudition a eu ses scrupules et fait ses réserves. Sans enti*er dans des détails qui sortiraient de noire sujet, il suffira de donner comme une (^inion bien établie, que ces odes , à très-peu d'exceptions près, sont plutôt anacréontiques qu'elles ne sont l'ouvrage d'Anacréon ; en d'autres termes , qu'elles ne remontent pas au lyrique qui fut le contemporain du roi Gambyse et du tyran Polycrate , mais qu'elles appartiennent à ses plus heureux imitateurs, anciens eux-mêmes et proches descendants du voluptueux Ionien^. Quel hasard fortuné les fit tomber sous la main de Henri Ëstienne et quels textes a-t-il eus à sa disposition ; c'est là un point qui n'a jamais été assez éclairci :

1. Entre les ouvrages qui y parurent dès la fin de 1551 , on remarquera la traduction grecque faite par Henri Ëstienne du Caf<feAt5m€ français de CaWin , et donnée sous ce titre, Rudimenta fidei christianœ f àeux ans avant que l'original ne ylt le jour.

2. Déjà au xvii' siècle le savant Tànneguy Lefebvre avait contesté Tauthenticité absolue de beaucoup de ces odes; Saumur» 1660 : le même point a depuis été traité par plusieurs autres critiques.

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