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conte&te de courir agréablement , sanala creuser, à la surface de sa matière : il en cause d*une manière aussi savante que i^irituelle; la finesse et la variété des aperçus» le piquant des détails abondent sous 'sa plume nette et rapide. Les analogies et les rapprocbements, plutôt fondés il est vrai sur des apparences extérieures que sur des faits réels bien analysés, sont choisis du moins avec sagacité et bonheur. £n un mot H. Ëstienne , s'il ne se présente pas au combat armé de toutes pièces , escarmouche très-adroitement pour le gain de sa cause. Le point le plus attaquable du livre est celui qui concerne les étymologies, notre écrivain, trompé par le goût de son temps et le sien propre , accordant au grec une influence trop considérable sur la formation de notre langage. Mais à ce sujet, comme on ne l'ignore pas, plus d'une clef, qui est entre nos mains, manquait au xyi« siècle : l'étude dldiomes qu'U n'avait pas abordés a beaucoup élargi pour nous l'horizon de la science étymologique*. Il ne faut pas nous prévaloir de nos découvertes jusqu'à méconnaître les services de
commanication avec les ouvrages du philosophe grec que par rijitermédiaire des traducteurs latins.
1. « Les Origines françaises de Budé, de Baïf, de Henri Ëstienne , de Nioot, etc. , ne sont pas seulement vraisemblables, » écrivait déjà Ménage, dans sa lettre à Putéanus ( H. Dupuy ) placée en tète de ses Origines de la langue française ,, Paris , 1650 , io-4* : mais celui-ci , bien souvent , n'a pas mieux rencontré que les antres. — Quoi qu'il en soit de ces erreurs , plus ou moins nombreuses , on aurait grand tort d'en rien conclure contre la science étymologique elle-même. Ceux qui s'en prévaudraient pour la décréditer, peuvent être renvoyés au comte de Maistre qui montre ce qu'elle a d'important , Soirées de Saint-Pétersbourg , V entret. : « Ce qu'on sait dans ce genre, dit-il, prouve beaueogp y à cause de l'induction qui en résulte pour les autres cas : ee qu'on ignore, au contraire, ne prouve rien , excepté l'ignorance de celui qui cherche. >