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défendre cet ancien écrivain , l'antenr dirige en effet, dans ce traité polémique , nne attaque aussi violente qu'injuste contre le catholicisme et ses ministres : ici le savant disparaît sous Thomme de parti.
Peu auparavant y en éditant une version latine d'HérodoteS Henri Ëstienne Tavait accompagnée d'une préface apologétique , également en latin , où il s'efforçait d'établir que cet historien avait répandu dans ses travaux bien moins de fables qu'on ne le prétendait d'ordinaire. Henri disait vrai, et les recherches ultérieures de la science , notamment celles de notre expédition d'Egypte, devaient lui donner gain de cause, en réhabilitant la véracité d'Hérodote. Mais non content de cette dissertation, ayant appris, à ce qu'il raconte, qu'oo voulait la faire passer en français, il avait pris le parti, dans la crainte de trouver un traditore au lieu d'un traduttore, d'être le traducteur de son ouvrage. Si telle fut son intention première, il ne tarda point, en tout cas, à la perdre de vue; et sa plume s'abandonna au cours d'une improvisation capricieuse qui s'accordait fort peu avec la gravité du sujet annoncé. Voici , en apparence, quel raisonnement conduisit l'auteur. De la seule invraisemblance d'un fait, il était téméraire de conclure absolument qu'il n'eût pas existé : Hérodote avait donc pu être vrai , tout en présentant des récits invraisemblables. Autrement, si Ton bannissait de l'histoire tout ce qu'elle renferme de prodigieux , d'insensé et d'absurde, bien que d'incontestable en réalité, le domaine n'en serait-il pas très-sensiblement restreint?
1. Cette version de Laur. Valla, reTue et considérablement corrigée par Henri , avec le concours de Th. de Bèze , était accompagnée de portraits qui en augmentaient le prix : 1566, in-f. ~ Henri Ëstienne devait donner, quatre ans après, le texte d'Hérodote.