‹ Conformité du langage françois avec le grecChapitre 68 sur 243 · LXXXV · texte numérisé non relu

LXXXV

Bien que Henri Estienne n'ait pas signé V Apologie, il ne dissimula Dullement qu*ii en fût TauteurS On conçoit qu'elle ait augmenté l'acharnement de ses nombreux adversaires; et l'on a même été jusqu'à prétendre que pour cette œuvre il fut brûlé en effigie à Paris. Afin d'échapper à la réalité du supplice , il se serait, a-t-on dit S enfui en Auvergne; et forcé , pendant un hiver rigoureux , de s'y tenir caché dans les montagnes, il aurait souvent répété par la suite que jamais il n'avait eu si froid que lorsqu'on le brûlait à Paris. Le mot peut paraître piquant ; mais ce récit romanesque n'en est pas moins controuvé '. Seulement , ce qu'il y a d'avéré, c'est que le rigorisme de Genève fut offensé d'une audace qui , comme une épée à deux tranchants , blessait amis et ennemis à la fois. A travers les papistes , il lui sembla que le christianisme était frappé : aussi peu s'en fallut-il que le Consistoire et le Conseil ne punissent cette satire, protestante avec fureur. Au moins ils la désavouèrent : des suppressions y furent exigées ^ ; et depuis ce temps Henri , suspecté et surveillé, passa, dans la république de Calvin, pour un auxiliaire compromettant. On verra , en effet , que

1 . 11 y cite fréquemment , comme étant de lui , des ouvrages qui portaient son nom.

2. Voy. Coinelins ToUius , dans son Appendix au livre de Pierius Valerianus : De Infelxcitale litteratorum. Cf. le Journal de Henri III, édit. de 1744 , t. V , p. 148.

3. Voy. les Mémoires de littérature par Sallengre, au passage cité ; cf. Maittaire, p. 279. — On sait que, fort peu de temps après cette publication , H. Estienne se trouvait à Paris et n'y était point inquiété.

4. De là, ainsi que nous PapprendM.Renonard,p. 127, un certain nombre de pages remplacées dans Pédition primitive et que très-peu d^exemplaires seulement ont conservées : ce qui fait qu^on les considère comme d^extrômes raretés bibliographiques.

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