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ment , lui avait été accordée , en vue de l'encourager dans les recherches qu'il faisait, à l'étranger, des manuscrits et des livres rares * , il est probable qu'il fut payé à peu près de la même manière \
On constatera , du reste, à l'honneur d'Estienne, que sa reconnaissance envers Henri III se mesura sur les intentions de ce prince à son égard plutôt que sur les effets qui les suivirent ' : il ne cessa de lui témoigner VD dévouement iGldèle; et, tant qu'il jouit de safamilia* rite, il n'abusa jamais, comme plusieurs , de son caractère facile. Unjour cependant celui-ci le soupçonna d'avoir trahi un secret qu'il lui avait communiqué. Ce secret ne pouvait a^oir été divulgué que par sa faute , prétendait le roi, puisqu'il s'en était ouvert à lui seul. Frappé de suspicion, menacé de la colère du maître, Estienne, qui avait tenté sans succès de se disculper, réfléchit alors tristement sur ce proverbe ancien qu'il a rappelé dans un vers de ses poèmes :
Simque a Jove procul, simque procul a fulmine^ !
Il eût voulu être bien loin d'un palais indiscret et dé-*
1. Cette pension de trois cents livres, et dont le brevet est daté an 12 août 1579, avait, outre cet objet particulier, celui de ré* compenser en général « les services que lui et ses prédécesseurs iraient ci-devant faits, comme le roi espérait qu'il continuerait à l'avenir : » voy. les Registres de la chambre syndicale de la librairie de Paris (à Tannée 1579); manuscrits conservés à la Bibliothèque nationale.
2. Voy. , à ce sujet, la XXIPdes Dissertations chrétiennes et morales de Balzac.
3. Voy. Dialog. Philocelt. et Coron,, y p. 331, où Estienne rappelle le bien que Henri Iir avait voulu lui faire : « Si mandatis ejus obsequi ministri voluissent, prseclare mecum actum fuisset. Sed audivisti fortasse, dum in Gallia nostra esses, quam res sit incerta pendere ab iis qui thesaurarii vocantur. »