Voy. la préface deMma monitrix
2. Franc%sc%etJoann%sHotomanorum,»,Ep%$tolœ, édit. cit. d'Amsterdam; voy. la lettre 147 adressée de Genève, en mai 1587, à Daniel Tossan , p. 195 : « Pars hominum maxima famé et inedia interiit ; nunc pestilentia reliquam partem invadit. Henricus Stepbanus, domi inclusns, filiam amisit, et ex sorore neptem et amitam ; nunc alteram Gliolam videt eodem morbo oppres^am : coactus superiora cadavera in hortulo suc defodere. »
( CXLIY )
Contre ces afflictions il cliercha un refage dans )e travail. L'année même où ces maux l'accablent et lasoivante sont marquées par une reprise efficace de ses opérations typographiques. Mais beaucoupd'obstacles tendaient à paralyser les effets de sa volonté ^ Elle se ralentit après un assez court espace de temps. De nouveaux motifs éloignent Henri de son domicile; et , redevenue un instant prospère sous Toeil du maître , son imprimerie retombe dans sa langueur* On le retrouve y en 1590, à Bâie, publiant des poèmes latins de sa composition. Dans ce besoin d'activité intellectuelle qui ne peut rester sans aliment, si le typographe s'est effacé, c'est pour faire place à rhomme de lettres.
Les avis, épitres ou préfaces de ses livres, datés d'une infinité de lieux divers, suffiraient seuls alors pour attester combien sa vie est vagabonde. On a peine à le suivre coiffant sans cesse d'une ville à l'autre. Aa milieu de ses déplacements presque journaliers, ses ateliers de Genève , foyer Jadis si brillant, ne pouvaient plus Jeter que des lueurs momentanées. L'une d'elles éclaire surtout les années 1591 et 1592. De ses presses, ranimées par sa présence, sortent , entre autres produits importants, THérodote, l'Appien, le Dion Gassios: soudaine clarté à laquelle succèdent de profondes ténèbres. Henri Ëstienne n'est plus à Genève en 1593; on ne l'y revoit qu'à la fin de 1594. En ce moment, les préoccupations littéraires ont semblé faire place dans son esprit à des préoccupations d'un autre genre. H est tout entier à la haine des Turcs. Passionné contre eux, il veut que TEurope s'alarme de leurs progrès ; il demande qu'elle rassemble ses forces pour arrêter
I. Voy., dans le recueil des lettres de Joseph Scaliger, une lettre de rimprimeur Jean Détournes à celui-ci, du 4 mai i5S7.