CXLIII
xemblement de terre venait de bouleverser sa propriété leGrières. On le louera d*avoir conservé au milieu de ces traverses un esprit ferme et résolu. Tous les accidents qui ne le frappaient que dans ses biens n'arrivaient pas |usqu*à son âme. a Motus quidem repente fui , at non permotus, » répond-il à son ûls; et il lui reproche doucement d'avoir été lui-même affecté outre mesure de ce malheur ; il lui recommande d'imiter sa constance , et d'opposer, conime lui> une résignation stoïque aux <^ups du sort.
Ce courage dans les revers ne devait point se démentir. Un peu après , atteint par de nouvelles pertes , il écrivait en effet* : «Si rationes meae turbatœ sunt, mens, beneficio Dei, imperturbata mansit. » Il eut surtout besoin de toute son énergie morale, lorsqu'on 1587 des calamités plus terribles l'assaillirent dans ses foyers, la peste qui, cette année, ravagea Genève, s'appesantit sur sa famille et y fit plusieurs victimes presque à la fois. Un contemporain , François Hotman , en peignant l'aspect désolé de cette cité en proie à la famine et à la contagion, nous montre Henri Estîenne, conOné par le fléau dans sa maison et creusant la terre de son petit jardin pour y ensevelir sa tante, sa nièce et l'une de ses filles, expirées entre ses bras, tandis qu'il tremble encore pour la vie menacée d'une autre de ses enfants^.