‹ Congo & Belgique (a propos de l'Exposition d'Anvers)Chapitre 6 sur 14 · XX. — Le « Tacoiila · texte numérisé non relu

XX. — Le « Tacoiila

Bois de teinture rouge.

Les indigènes de tout le Congo obtiennent, par le frottement de deux morceaux de lacoiila huilés, une poudre tinctoriale dont ils forment des pains ou des bâtons extrêmement friables, poreux et légers ; ^

c'est le fard africain par excellence, utilisé par ■*

les coquettes, soit pour s'en couvrir le corps entier, soit pour se garnir la tête de petites boules cliquetantes; les féticheurs emploient également le n'goitla (nom indigène de cette teinture) comme médicament souverain, et peut-être n'est-il pas plus mauvais de se contenter de mettre le malade au rouge (|ue de lui faire avaler les drogues de nos esculapes blancs.

Le n'goiila remplace enfin pour les dames noires le camélia rouge des Européennes.

Cette teinture a été analysée par M. E. Hardman Taylor, à Anvers, et estimée de bon rapport tinctorial.

Le iacoida poli et verni est d'un ton rouge éclatant remarquable.

XXI. - — Le c< Bois à feu des Alongos Ce bois à feu remplace, chez

les populations du centre dt l'Afrique, notre briquet à silex

J'eus souvent plaisir à voir ces ingénieux moricauds réussir en une demi-minute à obtenir du feu par le frottement d'un bâtonnet dans une rainure de ce bois à feu. L'opération exige deux hommes : l'un tient ferme à terre le morceau de bois muni d'une rainure; le second promène la pointe du bâtonnctde même bois dans la rainure, d'abord lentement, puis en accélérant le mouvement autant qu'il peut.

Comme ce bois est excessivement sec et tendre, il se forme dans la rainure une véritable mousse qui s'échauffe au point de bientôt fumer et s'enflammer; on la verse alors dans le creux d'une torche de feuilles-amadou qu'on agite vivement et qui flambe joyeusement, toute l'opération n'ayant pas demandé trente secondes.

Le bois à feu des Mongos, si léger, si inflammable, serait peut-être d'une bonne utilisation dans la fabrication de la poudre.

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