‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 106 sur 112 · NE · texte numérisé non relu

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tement, soit dans les hôpitaux, soit dans les salles de granulés, selon le“degré de leur affection, et avant qu'ils aient eu aucun contact tavec les hommes du corps auquel ils vont appartenir, tous ceux qui sont atteints de granulutions susceptibles d'une prompte quérison.

06° Visiter rigoureusement avant leur départ tous les hommes renwoyés dans leurs foyers à un titre quelconque, retenir ceux qui pour- Wraient transmettre l’ophthalmie, soumettre les hommes sains sortant (dun foyer d'infection à des ablutions savonneuses, et désinfecter les lobjets dont ils se sont servis.

27° Visiter immédiatement tout homme rentrant au corps apres lune absence quelconque. .

| 98° Redoubler de soins et de vigilance lorsque l’ophthalmie est sur lepoint de disparaître d’un corps.

29° Le fléau une fois éteint, continuer pendant longtemps encore la même surveillance dans les casernes, les prisons, les hôpitaux, et s'assurer que les mesures hygiéniques sont fidèlement et ponctuellement exécutées.

La possibilité d'extirper l'ophthalmie granuleuse d’un établissement donné est suffisamment démontrée aujourd'hui, et doit faire naitre espoir bien légitime de la voir un jour complétement extirpée des parmées. Déjà l’on peut constater qu'elle a perdu de sa violence ; qu'elle

autrefois ; que le nombre des malades est moindre, et que les procédés bthérapeutiques, en se perfectionnant, ont rendu les accidents moins fréquents et moins graves. Mais il est certain qu'on n’arrivera à l’extir- Lpation complète du fléau que par une application rigoureuse et soutenue des mesures prescrites. Le fait de l’extirpation prompte et radicale de Vophthalmie granuleuse dans des établissements civils où elle avait faibinvasion, et, d'autre part, sa persistance depuis quarante ans dans les armées, doivent fixer toute l'attention des gouvernements et les engager à redoubler d'efforts et de surveillance. Il ne faut pas $e faire illusion. Si l'ophthalmie est bénigne à un instant donné, le jour où le soldat sera placé dans des conditions hygiéniques moins favorables, elle pourra reprendre son intensité primitive et reparaitre avec son cortége desymptômes effrayants et ses conséquences désastreuses. Tant qu'elle nest pas entièrement éteinte, ce malheur est imminent, et c’est dans lemoment où elle semble sommeiller qu'on peut la combattre avec avantage.

DEUXIÈME SECTION

Quelle est l'influence que la découverte de l’ ophthalmoscope a exercée $ diagnostic et Le traitement des maladies de l'œil? Une foule d’affections des milieux réfringents et des membra profondes de l'œil, naguère encore d’un diagnostic difficile ou mt impossible, se reconnaissent aujourd'hui avec la plus grande précis par le moyen de l’ophthalmoscope. Telles sont : les opacités dé tantes du système cristallinien, et les altérations pathologiques du co vitré, de la choroïde, de la rétine et de la papille du nerf pi Les indications curatives rationnelles s'appuyant évidemment & perfection des moyens de diagnostic, l'ophthalmoscope, en donna ces indications des bases assurées, a imprimé à la dérapeutiqe maladies des parties profondes de l'œil, une sureté et une précis qu'elle ne possédait pas avant l'introduction de son emploi dans science.

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Quels sont les agents qui concourent ou qui président à L'accommodu de l'œil ? | Quelques faits propres à jeter du jour sur ce curieux phénomi sont acquis à la science. C’est aux travaux de Helmholz surtout nous en devons la connaissance. | Quand l'œil s'adapte à la vision des objets rapprochés : 1° La pupille se rétrécit ; 2° Le bord pupillaire de l'iris se porte en avant; : 3° La portion périphérique de cette membrane se porte en arr 4° La face antérieure du cristallin augmente de convexité et portion centrale de cette face avance vers la cornée ; | 5° Il y a augmentation d'épaisseur du cristallin, avec diminut du rayon de sa circonférence et amincissement de ses bords. Dans la vision des objets éloignés :

1° La pupille se dilate; | 2° Le bord pupillaire de l'iris se porte en arrière et sa portion f | phérique en avant;

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15° La convexité de la face antérieure du cristallin diminue, et cette hce S pure de la cornée ; | 4° Le rayon de la circonférence de la lentille cristalline s'agrandit, | sa portion centrale diminue d'épaisseur.

| Ces divers changements peuvent s “expliquer par les modifications de lourbure des deux faces du cristallin, mais surtout par celles de sa hace antérieure, produites par la contraction ou le relâchement des ibres de l'iris et les mouvements correspondants du muscle ciliaire. Ce jont donc ces muscles qu'on peut considérer comme les agents qui résident à l’accommodation ou adaptation de l'œil.

| | £ IV

L. — L'état actuel de la science ophthalmologique autorise-t-il l'admission dophthalmies spécifiques? Dans l’affirmative, que faut-il entendre par Cette dénomination, et à combien d'espèces d'ophthalmies est-elle applicable?

B—. La spécificité de ces affections est-elle reconnaissable à des caractères anatomiques et physiologiques du globe oculaire ?

D— La guérison radicale peut-elle s’en obtenir par de simples applications rire ou requiert-elle toujours l'intervention d'un traitement général ?

4° Ilest démontré par la statistique qu'un grand nombre de cas de M Lies des yeux ont leur cause unique, ou . moins prédisposante, flans la condition du sujet.

LuLes mêmes lésions anatomiques peuvent cependant, à peu d'excep-

lions près, se développer quand la diathèse, qui souvent en est la cause, h'existe pas.

2 Ceci posé, il faut dans chaque cas étudier le plus possible les auses générales ; si l'examen clinique en démontre positivement l’exis- {ence, on pourra, on devra même accepter dans la dénomination de la re eh le principe étiologique. Cette manière d'agir exercera certaineent une influence avantageuse sur les progrès de la nosologie et de D mais 1] ne peut être permis de généraliser la nomenclature étiologique ; on doit la réserver exclusivement pour les cas où unerelation assez évidente se manifeste entre les diathèses et la forme sie de la maladie.

3% Il faut constamment tenir compte de la constitution et des causes Raven en provenir ; il est possible qu'en procédant de cette facon, Dnsparviendra, par une observation plus exacte, à trouver des différences entre les lésions anatomiques de maladies réputées semblables,

Mais observées dans des conditions différentes de la constitution. Al

TROISIÈME SECTION

L'expérience a-t-elle établi que certaines formes de la cataracte peuvent étre guéries sans opération : ? Dans l’affirmative, quelles sont ces 8 el

quels sont les moyens qui peuvent suppléer aux moyens chirurgicaua ?, À ;

Si par le mot cataracte on entend l'opacité spontanée (ou surven | sous l'influence de causes dont l'action est jusquà présent restée inconnue) qui se produit plus ou moins rapidement dans la substar de la lentille cristalline, on peut répondre sans hésiter : Non, il n'existe dans les annales de la science aucun fait authentique propre à démontrer qu'une cataracte ait jamais rétrogradé ou se soit jamais arrêtée dans sa marche, sous l'influence d’un traitement médical quelc0i e.

Si l'on applique la dénomination de cataracte aux opacités du cris tallin, qui sont la suite de lésions traumatiques, il existe des faits dés montrant qu'un traitement antiphlogistique, institué avec énergie, st parvenu à arrêter le développement de ces opacités, à en empêchent trop grande extension, ou même à les faire diminuer lorsqu'elles exis taient déjà.

Si enfin l'on étend le mot de cataracte aux opacités de la capsule qui, dans l'immense majorité des cas, pour ne pas dire dans tous sont que des dépôts consécutifs à une inflammation de l'iris ou deal membrane de l'humeur aqueuse, l'expérience à démontré que bon peut souvent obtenir la disparition de l'opacité par l'emploi d’un tra tement propre à ces dernières affections.

De quelle utilité l’occlusion palpébrale est-elle dans le traitement des maladi des yeux? Quelles sont Les affections de l'œil qui en réclament l’em et quel est le meilleur mode de l’instituer ?

L'ocelusion palpébrale a pour but d’immobiliser les paupières, soustraire le globe oculaire à l'action de l'air et des corps étrangers y sont suspendus, de le contenir, de favoriser l’action des remèdesn en prolongeant le contact avec l'appareil oculo-palpébral, et enfintde permettre d'y maintenir à volonté une température constante.

A ces titres divers, elle peut être utile dans les ulcères et les perfor rations de la cornée ; dans les propulsions de cette membrane et la her

haie de l'iris ; dans les staphylômes récents, dans l’ophthalmoptose et à

dpupille artificielle, etc. Enfin on peut parfois encore retirer beauoup d'avantages de cette pratique dans l'ectropion et dans les plaies avec perte de substance de la face externe des paupières. Je meilleur procédé pour l'instituer est celui qui répondra le plus complétement aux conditions suivantes : condamner l'œil au repos et diminuer autant que possible les frottements entre lui et les paupières ; lecontenir modérément, uniformément, de manière à ne causer auune douleur; n'y point concentrer trop de chaleur; pouvoir être frenouvelé à volonté, sans gêne, n1 embarras, et ménager une issue aux L fournis par les sécrétions normales et pathologiques. Lorsqu'on voudra obtenir limmobilisation aussi complète que posksible de l'œil, il importera d'appliquer l'occlusion aux deux yeux, n'y

{en eüt-il qu'un d'affecté.

A Est-il utile qu'il existe des établissements spéciaux pour Le traitement | des maladies oculaires ?

Be Dans l’affirmative, quelles sont les conditions qu'ils doivent réaliser ?

A. Un intérêt hygiénique, thérapeutique et scientifique, en d’autres Hermes : l'intérêt de la société, celui de l'individu malade et celui de Hasscience réclament l'existence d'établissements spéciaux pour le traitement et l’enseignement des maladies des yeux et en font une nécessité de notre époque.

—B. Indépendamment des conditions générales d'hygiène exigibles pour tous les établissements hospitaliers en général, les instituts ophthalmiques demandent encore la réalisation des conditions suivantes :

1 Exposition générale. — Une façade à l’est, une autre à l’ouest.

2. Distribution intérieure. — a) Etre exempts de marches et de (ous autres accidents du sol contre lesquels les malades privés de la Vue seraient exposés à se heurter.

b) Les escaliers principaux seront en bois, auront des marches égales, faciles, des paliers droits, et seront garnis de rampes des deux côtés.

«c) Les teintes neutres, vertes, bleues et grises formeront, autant que possible, le fond de la couleur des murailles et de l’ameublement. 4) Outre les dortoirs réservés au logement des malades atteints d'affections non contagieuses, quelques chambres, destinées à contenir

chacune quatre malades, et d'autres un ou deux, seront ménagées p y loger les opérés et les ophthalmiques porteurs de maladies suse bles de se communiquer.: Ces chambres seront munies de rides verts ou de couleur sombre, capables de modérer l'accès d’une tr vive lumière. | | e) Indépendamment des latrines extérieures, des cabinets d’ais inodores seront disposés à chaque étage pour les malades qu'il impo de sauvegarder des courants d’air nuisibles. | 3. Ventilation. — Aussi indispensable que dans les autres hôpitai au la ventilation doit satisfaire à cette condition si difficile à réalisers. ne pas donner lieu à des courants d'air nuisibles. gi Des portes doubles, matelassées et battantes seront très utiles“ 4. Promenoirs. — Les promenoirs, cours et Jardins seront abri contre le vent et les ardeurs du soleil par des arbres touffus. B. Cabinets de consultations et d’opérations. — La chambre où malades sont examinés et opérés doit, autant que possible, n'of qu'une seule fenêtre, large et tournée vers le nord, afin d'éviter. effets de lumière produits inévitablement par toute autre dispositi 0 — À côté de cette chambre, il y aura un cabinet approprié pour | examens ophthalmoscopiques. | 6. Amphithéätre, etc. — Un amphithéätre, une salle de disst tions, etc., etc., seraient nécessaires aux établissements destinés à l' seignement.

7. Il existera pour chaque faculté un grand établissement ophtli mique, aussi complet que possible. Toutefois, vu les diversités. { exigences sociales de chaque pays, il est à désirer que les médeci qui ont étudié spécialement l’ophthalmologie prennent l'initiatiof les pays qu'ils habitent, dans la confiance qu'ils trouveront dans institutions municipales et générales l'appui auquel ils auront pro qu'ils ont droit. | 8. Une chaire spéciale d’ophthalmologie existera dans cha université ou faculté de médecine.

… Soirées.— M. De Decker, ministre de l’intérieur, a ouvert le 15septembre au soir ses salons aux membres du Congrès d’ophthalmologie, qui se sont empressés de se rendre à la gracieuse invitation qui leur était adressée.

“« Ces hommes éminents, dit le Moniteur, distingués par leurs services, par leurs connaissances profondes, par les récompenses honorifiques qu'ils ont reçues de la plupart des États de l’Europe, fraternisaient sous les auspices de läscience, et ont témoigné à M. le ministre de l’intérieur la satisfaction qu'ils . d’avoir répondu à l’appel qui les a réunis en Belgique. Ils se louent des attentions et de la courtoisie dont ils ont été l’objet pendant leur séjour à Bruxelles, et se plaisent à reconnaître les soins intelligents pris pour la tenue du Congrès par le Comité d'organisation, en même temps qu’ils attribuent en grande partie les bons résultats que produira, ils l’espèrent, cette grande réumon scientifique, à l’'habile direction donnée à leurs travaux par les présidents des sections : MM. J. Bosch, Van Roosbroeck et Hairion, et dans les délibérations générales, par M. le président Fallot, aidé dans ses difficiles fonctions, avec un rare dévouement, par M. le docteur Warlomont, secrétaire général.

« La soirée de M. le ministre de l’intérieur était une sorte de prolongat des séances, car les discussions les plus intéressantes ont continué dans: divers groupes sur la plupart des questions qui y avaient été traitées. »

Deux autres soirées ont été offertes à MM. les membres du Congrès; la pi mière par M. Warlomont, secrétaire général, le samedi 12, veille de l’ouve ture de la session, la seconde par tous les membres du Comité d'organisail le dimanche 15.

Banquet. — Le Congrès d’ophthalmologie a clos ses séances mercn 16 septembre. Le soir, à 6 heures et demie, les membres de cette assemb! se sout réunis en un fraternel banquet dans les salons de M. Dubos. banquet était présidé par M. Fallot.

Au nombre des personnes invitées se trouvaient mesdames Fallot et Wan mont, placées près du président et de M. d’Ammon. M. le ministre de WA térieur, qui avait été invité, s’est excusé sur ses nombreuses occupations. | | plus franche cordialité n’a cessé de régner entre les convives.

Au dessert, M. FazLor a porté le premier toast en ces termes :

« Messieurs, les sciences et les arts ne peuvent fleurir qu’à l'ombre de la: et de la liberté. 4

« C’est à la jouissance de ce double bienfait que la Belgique doit le bonh de vous posséder.

« Comment, dans un banquet destiné à célébrer cet heureux événement, esprits ne s’élèveraient-ils pas avec reconnaissance vers celui qui, dep 30 ans bientôt, a su assurer à notre pays la paix et la liberté?

« Aussi, c’est avec la plus grande confiance, et sûr de rencontrer chez M tous la plus vive sympathie, que j'ai l'honneur de vous proposer un toast roi des Belges.

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