‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 41 sur 112 · AIRE · texte numérisé non relu

AIRE

L'ophthalmie militaire n’a jamais régné avec la même intensité dans les différents corps de troupes; mais elle a sévi plus spécialement dans certains régiments, bien que tous fussent réunis dans la capitale.

L'affection s'est perpétuée en général, pendant une longue série d'années, dans les régiments où elle avait pénétré.

Comme le démontre le tableau qui précède, l’ophthalmie est plus rare dans lacavalerie que dans l'infanterie. On trouve, en comparant les chiffres cités, que. le nombre des malades dans l'infanterie est à celui de la cavalerie comme 2 à 1, ou plus exactement comme 928 à 15.

Lophthalmie militaire, dans la proportion où elle existe actuellement, a perdu presque entièrement son caractère primitif, et se développe ordinairement de la manière suivante :

À un œil, rarement aux deux yeux à la fois, la conjonctive palpébrale perd son aspect brillant, sa teinte claire, et devient mate et rougeâtre. La rougeur débute ordinairement dans le voisinage des plis de la conjonctive, quelquefois aux angles de l’œil, surtout à l’angle externe; elle s'étend rapidement à toute laconjonctive palpébrale inférieure, et en partie à la conjonctive de la paupière supérieure. Il est rare que l’inflammation attaque d’abord la paupière Supérieure pour envahir enfin la paupière inférieure. Dans la plupart des cas, laconjonctive du bulbe reste saine, ou du moins ne devient rouge qu'après la Conjonctive palpébrale; cependant elle peut être affectée en même temps que

celle-ci. La rougeur présente une grande variété de tons, depuis le rouge

clair jusqu’au roûge foncé, rouge bleu et rouge brun. La rougeur dela c jonctive est uniforme ; sur le bulbe elle décrit. des stries ondulées, constitui par des vaisseaux qui se portent vers la cornée. L’hypérémie augmentant, conjonctive devient rugueuse, et il se développe’à sa surface de petites x cules hémisphériques, plus ou moins nombreuses et de grosseur variable. Elles existent surtout près des replis de la conjonctive, tantôt isolées, d'autre fois disposées en chapelet, ou bien elles recouvrent toute la surface palpébr interne. D'abord peu saillants et presque invisibles à l’œil nu, ces vésiet peuvent atteindre le volume d'un grain de millet. A l’origine elles sont molll semi-transparentes, incolores ; plus tard, elles deviennent plus dures, opad ju et rouges, leur pourtour se vascularise; {£rès souvent elles renferment à” sommet un exsudat purulent. Pendant le développement des vésieules paupières se gonflent, surtout sur les bords, de sorte que le patient ne pl plus ouvrir les yeux comme auparavant. À la face intérieure des paupières; conjonclive est gonflée, surtout aux plis conjonctivaux et à l’angle externe l'œil. Lorsqu'on abaisse la paupière inférieure, le repli de la conjonctivet couvre en partie le globe comme une large bande charnue, l’angle externest souvent entièrement rempli par des bourrelets rougeâtres. Les sécrétions l'œil augmentent, il y a ordinairement du larmoiement; du muco-pus, plus moins visqueux, s'attache aux cils et s’y dessèche en croûtes jaunes brunätr Ouvre-t-on largement les paupières, on voit souvent au-devant de l'œil u espèce de voile formé de mucus filants. Le patient souffre peu, il accuse of nairement une sensation de prurit, de pression ou de légère cuisson; il nù pas ou presque pas de photophobie. La santé générale reste ordinaire 1e bonne, la digestion et la circulation ne sont pas allérées.

La durée de la maladie est extrêmement variable. Beaucoup de patië guérissent eu huit jours; chez la plupart cependant, l’ophthalmie dure detre à quatre semaines et même plus encore, en présentant des alternatives d'ain lioration et de recrudescence.

En général, la cornée et les parties profondes restent saines. Sur centm lades, on ne rencontre ordinairement qu’un ou deux cas d’ulcères ou de panr de la cornée. La conjonctive reste très souvent relàchée, rougeâtre, garda des traces de granulations ; la tendance à la récidive est très grande.

Depuis dix ans, le médicament le plus efficace contre cette affection es nitrate d'argent; on l’'emploie le plus souvent en substance, coulé en crayons pur ou fondu avec du nitrate de potasse dans les cas légers. Il arrête le dévelop” pement de l’inflammation et fait disparaître l’hypérémie avec une rapidité quelquefois étonnante.

Les résultats de notre mode de traitement ont été si heureux, que, sur mil ophthalmiques en moyenne, trois seulement ont éprouvé une diminution p. D: uielle des fonctions visuelles.

Nous avons employé avec avantage chez ces derniers les douches froides S les yeux ; mais ce mode de traitement est encore trop pen employé pour qui puisse le juger actuellement. |

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