‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 48 sur 112 · PAR LE DOCTEUR F. PAULI, DE LANDAU (BAVIÈRE · texte numérisé non relu

PAR LE DOCTEUR F. PAULI, DE LANDAU (BAVIÈRE

Je ne ferai point l'examen critique des différentes théories auxquelles la aladie, dite ophthalmie d'Égypte, a donné naissance. Cela me mènerait {rop loin. |

exposé de l'étude que je vais avoir l'honneur de soumettre au Congrès era voir clairement quelle est la meilleure des opinions quiontété proposées usqu’à ce jour.

Lophthalmie dite d'Egypte doit être divisée, selon moi, en deux maladies ifférentes, qui ne se ressemblent que sous quelques rapports.

L'une de ces deux maladies est une conjonctivite blennorrhagique, produite Diquement par le principe contagieux blennorrhagique, et c'est pour cela

qu'elle ne diffère pas des blennorrhagies aiguës des autres muqueuses, gap nies d’un corps papillaire, telles que celles de l’urètre, du vagin, ete.,"

L'autre, au contraire, doit sa naissance à un principe contagieux, spécif qui produit un exanthème vésiculeux dans la conjonctive, exanthème qui per à peu l’affecte tout entière et finit par la mettre dans un état d’ fan suppurative, dont la granulation est une compagne inséparable.

Parlons d’abord de la conjonctivite blennorrhagique. En supposant un cipe contagieux blennorrhagique distinct, je n’admets pas que cette ma soit soumise aux influences climatériques d’un pays comme l'Egypte, ni Se « affecte plus particulièrement les grandes agglomérations d'hommes, telles les armées, dans les rangs desquelles on à “observé de temps à autre l'ophilial mie d'Egypte.

Si vous me demandiez de prouver l'existence de ce principe contagié particulier, par le microscope ou par la chimie, je me déclarerais i impuissn à le faire, ces moyens ayant jusqu'ici été stériles dans cette analyse Hoi

que. Mais, si vous consentez à reconnaître l'existence d’un principe contagi "Ep ce fait, qu’une substance animale, sécrétée par use partie organiqu malade, et transmise à une partie organique saine de même structurés d’une structure semblable, affecte cette dernière de la même maladie s'étend et se propage à l'infini, je puis alors vous donner la preuve de M tence d’un principe contagieux blennorrhagique spécial. J’appelle ce prin@iÿ contagieux blennorrhagique, parce qu'il se trouve généralement dans muqueuses. — Piringer, médecin allemand à Gratz, a le mérite d’avoir le mier,en 1841, démontré d’une manière incontestable la faculté contagieus la substance blennorrhagique d’un œil à l’autre ou de l’urètre à l'œil.

Cependant, je me permets de vous communiquer deux expériences qui met tent hors de doute que le principe contagieux, que j'appelle blennorrhagique se transmet non-seulement d’une conjonctive à l’autre, mais aussi de cellé= à d’autres muqueuses saines.

Une de ces expériences se trouve déjà décrite dans un traité sur la nat de l'écoulement urétral, contenu dans le troisième cahier du sixième volume d Journal de chirurgie et d ophthalmologie, de Walther et d’Ammon, Berlin, 184 | page 353.

Je me permets de la citer ici sommairement, parce qu'elle est décisive poul le jugement de la question dont il s’agit. J’introduisis du muco-pus, que j'avah d’un enfant atteint de l'ophthalmie des nouveau-nés, dans l’urètre du homme de 56 ans tout à fait sain ; le soir du troisième jour, il se déclaram ul écoulement urétral, que malgré mes avertissements il communiqua plus W&r à sa femme.

Au commencement de 1854, je fis une autre expérience, qui ne me laiss plus aucun doute sur l'existence de ce principe contagieux blennorrhagiqu Le muco-pus d’un enfant attaqué d’uneophthalmie des nouveau-nés fut int duit, au moyen d’un bourdonnet, qui y fut laissé pendantune demi-heure, de le vagin d’une fille publique en "parfaite santé (elle s’y était soumise en con ni iissance de cause et moyennant paiement), au bout de trois jours il se mi festa une blennorrhagie qui se propagea les jours suivants jusqu’à l’orifice l’utérus, et qui fut guérie par de fortes injections de nitrate d'argent.

Des expériences “sonlalies faites par mon ami le docteur Bettingers Frankenthal, confirmèrent entièrement mes propres observations, et une” deux années après avoir publié le résultat de ma première expérience, dont viens de vous entretenir, je lus les détails d’une expérience faite par M. Pl et devant conduire au même principe. Nos expériences donnèrent done

Je portée à celles de Piringer, et ne laissèrent plus ancun doute sur l’exis- .Lence d'un principe contagieux blennorrhagique absolu.

«| “Ainsi, comme les blennorrhagies de l’urètre et du vagin peuvent donner jaissance à la blennorrhagie de la conjonctive, et réciproquement, il ne peut blus.y avoir de doute sur leur parfaite identité.

| Dans un autre ouvrage, je me suis déjà élevé contre l'opinion de ceux qui Kämettent la possibilité d’une conjonctivite blennorrhagique par métastase, et lepuis. ce temps cette théorie a trouvé peu de défenseurs. Je puis ajouter injourd'hui qu'il n'existe pas d'exemple de métastase de cette maladie d’une nuqueuse quelconque à l’autre.

L'action du principe contagieux blennerrhagique est la même sur toutes les | uqueuses, garnies d’un corps papillaire, c'est-à-dire qu'au commencement Alest-séreux,et que plus tard il devient épais et jaune, par suite des corpustules purulents qui s’y développent. On pourrait objecter à la supposition nprincipe contagieux blennorrhagique, qu’on ne le rencontre pas dans

l'autres membranes muqueuses que celles des organes génitaux et de l'œil. Larréponse n'est pas, me semble-t-il, difficile à donner. Les membranes mu:

ueusesdu rectum et de l'oreille sont garanties, par leur.situation même, de tout tontact avec la matière contagieuse ; la membrane muqueuse de la bouche est >rotégée par la salive qui dilue, décompose peut-être la matière contagieuse. Enfin, la membrane muqueuse du nez est rarement atteinte par le doigt ouillé de matière contagieuse, et, en admettant même que cela puisse arriver, {e-mucus du nez suffirait à lui seul pour garantir de tonte atteinte cette mu- Jjueuse qui, comme,celle de la bouche, est déjà rendue moins sensible par le Passage continuel de l'air.

Quant à la sensibilité des membranes muqueuses en général, on peut avancer juelle est soumise aux plus grandes différences. — On peut s’en convaincre fu“moyen d'injections caustiques de nitrate d’argent. — D’après mes observalions, la membrane muqueuse de l’urètre chez l'homme jouit de la plus grande ensibilité, celle de la conjonctive est à peu près de moitié moindre; après elle fiennent celles du méat auditif, du vagin et du rectum. — La muqueuse de la pouche possède la sensibilité la moins prononcée. | “Jusqu'à présent nous n'avons pas de raison de conclure que le principe poutagieux blennorrhagique soit vivant et puisse se communiquer au moyen de Vair.Le seul mode de transmission que nous connaissions, est celui du conact d'une membrane muqueuse à l’autre, soit immédiat comme dans le coit pendant la naissance, soil médiat, comme par des éponges, linges, elc., etc.

Quoiqu'on puisse penser que la sécrétion blennorrhagique de la conjonctive mprègne l'air chaud avec lequel elle est en contact dans l'encombrement des Ôpilaux, casernes, etc., et lui communique la faculté d’infecter des con- Joyetives saines, cette voie de transmission n’est pas encore démontrée. Jamais lennorrhagie urétrale, jamais blennorrhagie conjonctivale ne fut communijuée par Pair; car le principe de cette maladie ne peut pas s’évaporer. Borigine spontanée du principe contagieux blennorrhagique est hors de loute, je possède des faits qui prouvent incontestablement que, par le conours d'influences favorables, une simple ophthalmie catarrhale ou traumaique, peut devenir blennorrhagique, et que cette blennorrhagie peut se transeltre.

Le principe contagieux blennorrhagique ne s'étend pas au-delà de la memane muqueuse attaquée, et produit tout au plus uneinflammation des organes 0iSins par la contiguité organique : vrchite, prostatite, cornéile, etc. Eisenmann et Münthaüser ont examiné la matière blennorrhagique au

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microscope et assurent n'y avoir rien observé qui ne se trouvât aussi dans muco-pus non contagieux : il en résulte que ce moyen n’est pas propre à fai connaître la nature du principe contagieux blennorrhagique. Au lieu de poser un principe contagieux blennorrhagique général, transmissible d' muqueuse à l’autre, on se contenta d’un principe contagieux spécial qui 4 ie privilége de résider au vagin et à l’urètre.

L'impuissance où l'on se trouvait de s’élever jusqu’au point de vue plus néral d’après lequel la blennorrhagie de l’urètre doit être comprise dans principe contagieux blennorrhagique général, était la cause de cette doctf qui admettait en même temps la possibilité de la transmission par métastas et une blennorrhagie de nature bien bizarre, capable d’envahir l’organi tout entier. (Trippersenche.)

Il est simple et facile d'établir les similitudes des blennorrhagies de la € jonctive, de l’urêtre et du vagin quant aux symptômes, à la mar suérison et aux maladies qui en sont la suite.

La conjonctivite blennorrhagique n’affecte ordinairement qu’un œil, sax

celui qui a été souillé par la matière blennorrhagique: il est bien rare que deux yeux en soient attaqués à la fois. Les progrès de cette maladie son rapides, que souvent, au bout de deux ou trois jours à peine, la vue esk truite pour toujours, si l’on ne parvient pas à arrêter l’inflammation et la : puration effrayantes, avec lesquelles la granulation marche de front.

il nous reste à parler d’un symptôme qui a beaucoup contribué à la c@ sion qui enveloppe la doctrine des blennorrhagies de l’œil, et qui a produité qu'ici des opinions très divergentes sur leur nature : je veux parler des gra lations de la conjonctive.

En effet, je dois faire observer ici que c’est à tort que les vésicules qù rencontre dans l'ophthalmie d'Égypte ont été appelées granulations, dé mination qui ne convient qu'aux bourrelets charnus des surfaces du corps élat de suppuration.

Dans l ophthalmie d'Égypte proprement dite que nous étudierons plus les progrès de la maladie ne sont jamais aussi rapides.

On à regardé ces granulations comme un symptôme pathognomonique À ophthalmie dite d'Égypte. Des observations inexactes ont fait confondre dé procès pathologiques essentiellement différents. L'observation scrupuleusem montre qu'il faut absolument distinguer Ja granulation concomittante de chez blennorrhagie intense de cet exanthème vésiculeux de la conjonctive, quitra verse plusieurs phases pour arriver peu à peu à un certain état de granulat suivi de blennorrhagie. La blennorrhagie primitive — que l’on me passe@ dénomination — est une maladie rapide et très aiguë, tandis que les vésict de la conjonctive sont caractérisées par une marche lente et chronique. -

Que savons-nous sur les granulations qui accompagnent la blennorrhk aiguë? Elles sont produites par l’inflammation ; mais faut-il de même que suivent où accompagnent nécessairement la conjonctivite blennorrhagique®

Nullemenz. Si l’inflammation n’atteint pas un certain degré d'intensité passe à la suppuration, la matière sécrétée n’est qu’un simple mucus, qui pas mêlé de pus, et c’est précisément dans ce cas que la granulation manq car c’est un fait avéré, que j'ai mis hors de doute dans mon travail courot De vulneribus sanandis, qu’il w’y a pas de véritables granulations sans “sun puration. La blennorrhagie aiguë de la conjonctive, dans laquelle le mucusest inélé d'une plus ou moins grande quantité de pus, doit nécessairement suivie de granulations. L'opinion émise par M. Nélaton, que ces grauulat résultent d un gonflement des glandes muqueuses, n'est vraie qu’autant que

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onflement constitue la première phase de cette maladie, auquel gonflement uccède l'hypertrophie du corps papillaire par congestion ou inflammation, Lomme Mackenzie l’a le premier démontré, (trachoma papillare sabulosum.)

| Si l'inflammation chronique persiste, cette granulation simple, eu s’entouant de vaisseaux et de tissu cellulaire, peut devenir fongueuse, caronculeuse, arcomateuse, etc., suites d'une hypertrophie augmentant outre mesure. En hème temps, la suppuration diminue et cesse presque complétement (trahoma carunculosum) ; ou bien, si l’inflammation cesse, la granulation se réduit Lunmtissu cicatriciel, qui devient dur, cartilagineux, calleux, fibreux, (trahoma callosum).

LQes dénominations différentes du trachoma démontrent qu’il était déjà lonnu des médecins anciens, et prouvent d’une manière éclatante qu’une maxdie, observée déjà dans les xvurt et xvrrrt siècles, n’a pu être importée pour la lremière fois par les armées venues d'Égypte à la fin du xvm® siècle et au ommencement du xIx°.

Le pronostic de la conjonctivite blennorrhagique dépend du degré de l'in- Jammation, et surtout de celui de la suppuration et de la granulation. Plus lles-ci sont prononcées, plus il y a lieu de craindre une affection consécutive Le la cornée et de l'iris.

| Eetraitement doit s'appliquer surtout à la maladie locale, quoiqu’une anti- Jhlogose générale ne doive pas être négligée. Parmi les remèdes locaux, le nialé d'argent est Supérieur à tous les: autres. Qu'on l’appelle caustique ou Stringeut, sa vertu, merveilleusement modificatrice, l'emporte encore sur les ffets qu'on attribue d'ordinaire à ces dénominations, et le médecin qui néglige onemploi, soit en solution, soit en crayon, ne guérira ses malades qu'avec iendes difficultés, des détours, des dangers et une perte de Lans assez COnlidérable.

Contre les granulations, on pourrait essayer, outre les sels métalliques, application locale de la thuya et de la sabine, et parmi les médications interles dirigées contre la blennorrhagie, le baume de copahu.

Laniransmission du principe contagieux blennorrhagique par l’air n'étant as-démontrée, les mesures de désinfection, bien qu’elles ne soient nuisibles bus aucun rapport, ne sont pas indispensables. En tout cas il suffit, pour emécher une propagation générale , d'observer la propreté et d'éviter les ontacts médiat et immédiat.

La seconde maladie, qu’on a nommée jusqu'ici ophthalmie d'Égypte, et qui fule-mérite d’être appelée ainsi, consiste dans un exanthème primitif de la bujonctive, dont la marche est plus ou moins chronique, et dont on doit rapanter l'existence à un principe contagieux tout particulier, et bien différent Auprincipe contagieux bleunorrhagique, à moins qu’on ne veuille dénaturer LS aits et confondre, d'une manière injustifiable, des symptômes bien diffé- MS, Cest-à-dire attribuer au même principe contagieux la cause de deux ialadies différentes. , Quant au principe contagieux que je me permets d'appeler vésiculeux ou graleux, selon l'effet qu'il produit dans la conjonctive, on a moins de données bSanalure que sur celle du principe contagieux blennorrhagique ; mais si l'on je veut pas donner un démenti aux faits, l'existence n’en saurailêtre méconnue. Celle maladie consiste dans un exanthème vésiculeux de la conjonctive; elle déclare là seulement où se trouvent agglomérés beaucoup d'individus. Plenk a déjà désignée sous le nom de trachoma herpeticum, et plus tard Walther, | ivant Sotteau et Muller, a cru reconnaître en elle une espèce de gale chronique.

En effet, si l’on observe ces vésicules, qui attaquent ordinairement les deu: yeux à la fois, et leurs changements successifs, il est difficile de renont l’idée que l’on se trouve en présence d’un exanthème ressemblant beaut à l’eczéma, et, sons certains rapports, à la gale. Au commencement observe dans la conjonctive des deux yeux à la fois de petites vésicules, d les parois consistent en un tissu stratifié. L'observation scrupuleuse a démot qu’elles renferment un liquide transparent, hyalin, qui peu à peu devien séeux. Dans celte première phase de Ia maladie, la sécrétion muqueuse est peu augmentée, mais pas encore altérée par l’irritation de ces vésicules y ri tives, là conjonctive elle-même n'étant pas encore sensiblement changée d

son tissu normal. |

Mais peu à peu, car la marche de ce travail inflammatoire est lente et perf et se prolonge souvent pendant plusieurs mois, la conjonctive entière s'en flamme, et précisément cette inflammation pari de ces vésicules ; les vaisse rampent à leur surface et pénètrent dans leur épaisseur. La sécrétion queuse dans la conjonctive enflammée devient plus abondante; à me qu’elle se mêle de matière puriforme, les vésicules deviennent vascularisi et se transforment en ces granulations charnues végélantes qui, si ellé sont pas absolument les mêmes, ressemblent du moins aux granulät concomittantes de la blennorrhagie puriforme. Nous arrivons maintenant phase de ces deux maladies, confondues jusqu’à présent sous le nom d’opht mie d'Égypte, qui a fait naître tant de confusion dans leur appréciation marche de cette dégénération, primitivement vésiculeuse, si on ne la re que superficiellement, ne diffère plus de celle de la grauulation prin vement blennorrhagique, c’est-à- -dire qu’elle peut se changer comme ce en végélations fongueuses, sarcomaleuses, ou devenir dure, fibreuseil leusé; elc, «1

Néanmoins ces granulations, primitivement vésiculeuses, offrent, si oi | regarde plus attentivement, plusieurs particularités qui sont étrangères cranulations primitivement blennorrhagiques.

D'abord ces granulaticns ne sont pas disséminées dans la conjonctive d manière aussi irrégulière que les granulations blennorrhagiques, de sorte la conjonctive entière ne se présente pas sous le même aspect. On en la raison daos le développement inégal de ces granulations ; car, tandis qui 1 partie des vésicules à déjà passé à l’état fibro-plastique, et par cela mêmeg un certain degré de nature charnue, une autre partie se trouve encore à h "ét: primitif, c'est. à-dire vésiculeux. Une troisième partie enfin présess nm des plaques de tissu cicatriciel.

Or, c’est en cela qu’elles diffèrent essentiellement des granulations blet rhagiques, qui se développent rapidement et à la fois. D' ailleurs, on obs souvent à celle époque, comme suite de l'iuflammation générale qui s’est! parée de la conjonctive entière, des granulations papillaires Lrès proéminex surtout sur la partie de la conjonctive qui se trouve près des bords palpéb Plus la granulation charnue passe à l’état chronique et se rapproche du inodulaire, plus la sécrétion purulente diminue, pour cesser enfin presqué tièrement. Pourvu que les granulations vésiculeuses, si toutefois on ne pas renoncer à la dénomination « granulation » pour ces éminences mil de la conjonctive, ne se changent pas en granulalions suppuratives, la Î uorrhagie de l'œil peut diminuer un jour ou augmenter l’autre, sans qu'il danger | pour la vue.

Mais aussitôt que, par suite de l'irritation vésiculeuse, la conjonctive em s’est cnflimmée et a passé à l’état de suppuration, les granulations suppury

ives s'établissent et ne deviennent décroissantes que si l’inflammation s’est épuisée dans la suppuration et a passé à l’état de cicatrisation.

Une fois la suppuration finie, ou vaincue par des remèdes convenables, il warplus de rechutes, tandis que les granulations vésiculeuses sans suppuraion peuvent augmenter ou diminuer. En un mot, les granulations vésiculeues sont de petites indurations miliaires dans le tissu cellulaire, sous-conjoncival, provoquées par les vésicules, de même que les vésicules de la gale roduisent de petites indurations dans le tissu cellulaire sous-cutané, tandis ueles granulations suppuratives sont des bourrelets plus volumineux, qui compagnent/toujours la suppuration. II suffit d’avoir vu une seule fois les “sranulations vésiculeuses de l’ophthalmie d'Égypte pour acquérir la convic-

Hatransformation de ces vésicules en une espèce de bourrelet qui ressemble “aux granulations blennorrhagiques, mais qui ne sont pas tout à fait de même nature.

Une fois que les deux espèces de granulations ont passé à l’état végétant, elles-ne présentent plus aucune différence sensible. Jamais aucune d’elles mest suivie d’une maladie constitutionnelle, comme la vérole par exemple.

Ilme reste maintenant à traiter une question de la plus haute importance. Cest celle qui est relative au traitement et aux mesures à prendre pour prévenir l'apparition et empêcher la propagation de l'ophthalmie dite d'Égypte.

Comment s'opère la transmission du principe contagieux vésiculeux ?

Pant que. le principe contagieux vésiculeux se trouve dans la conjonctive HaNétat vésiculeux lui-même, toute transmission soit par contact immédiat ou médiat, soit par infection est impossible, car le principe contagieux est encore trenfermé dans les parois du kyste. Le même fait se présente pour les vésicules duchancre ou de la gale qui, tant qu'elles sont encore fermées, sont impuis- |santes à communiquer le virus syphilitique ou la gale. Mais, dès le moment où lawésicule s’est ouverte, le principe contagieux est dégagé de son enveloppe, eblastransmission peut s'effectuer par évaporation. Quoiqu'on puisse admettre quaprès la rupture du kyste, la matière qu'il contenait soit transmissible parcontact immédiat et médiat, il est certain que ce n’est pas là le mode de transmission ordinaire. ;

Comme il arrive ordinairement qu'une foule de personnes, séjournant ensemble dans des appartements encombrés et malpropres, se trouvent simultanément atteintes de cette maladie, sans qu’il existe entre elles un rapport direct, omest obligé de reconnaître la présence 4’un principe contagieux suspendu ou flottant dans l'air. Mais, me demandera-t-on, comment l’air se charge-t-il de Ceprincipe contagieux, quand l’état de santé de ceux qui se trouvent dans ces appartements est tout à fait satisfaisant ? Je crois qu'il est difficile de résoudre celle question autrement que par l'admission d’un principe contagieux animé. On ne peut pas demander de prouver l'existence de ce principe par le micros- Cope; car combien de fois ce moyen d'investigation, qui n’est pas infaillible, ne nous fait-il pas voir les objets sous une fausse apparence ?

L'existence d'un principe contagieux animé une fois admise, on s'explique facilement comment les étoffes de laine et de coton peuvent devenir les agents de la contagion. Billes sont imprégnées du principe contagieux, qui reste Comme mort lant que ces étoffes sont exposées à une température peu élevée,

mais qui regagne sa vitalité dès qu elles sont soumises à l'influence d’un chaud, humide et malsain. Cet air se charge du principe contagieux anif qui s’y multiplie, et devient par là un nouveau foyer d'infection.

Un autre argument en faveur de cette opinion consiste dans la supério de la médication locale caustique sur tout autre traitement, soit général, soi local, et dans l’emploi de moyens de désinfection identiques à ceux qui servent à empêcher l'apparition et la propagation de la gale. Il est évident que, parce fait même que j’admets un principe contagieux animé, je dois nier toute possi bilité d'un développement spontané de cette ophthalmie. Et pourquoi n’a-t#0h jamais observé ce principe contagieux dans une autre muqueuse ? C’est ‘que celle de la conjonctive y est la plus exposée, par suite de l’'évaporationdh principe contagieux vésiculeux. Jamais on n’en a observé de métastase. à

Le pronostic dépend de la possibilité de détruire les vésicules par le caus tique avant qu’elles aient trop irrilé la conjonctive dans toute son étendue; produit une inflammation et ses suites fâcheuses. | A.

Quant au traitement, le nitrate d'argent s'emploie aussi dans cette maladie comme une médication précieuse, non-seulement par la vertu qu'il a de mot fier la vitalité de la conjonctive enflammée, comme dans la conjonctivite blem: norrbagique, mais encore par sa faculté caustique de détruire le principe t tagieux vésiculeux. À côté de Ini, plusieurs sels de cuivre, de plomb, ec., ete méritent d’être nommés comme agents thérapeutiques locaux d’une vale incontestable, surtout si la granulation s'est déjà établie. L

Le traitement interne doit être antiphlogistique en général ; mais, sans ua tement local, il reste sans effet.

Il est du reste de toute nécessité d'appliquer dans toute leur rigueur, con! cette funeste maladie, toutes les mesures hygiéniques et légales dont l’e cité a été si brillament constatée en Belgique.

Comme le principe contagieux vésiculeux ne naît point spontanément che nous, il est de toute probabilité qu'il a été naturalisé en Europe par les “il françaises et anglaises qui, au commencement de ce siècle, out vécu sou climat chaud et humide de l'Égypte. C'est ce qui justifie à la rigueur la ns ! mination d'ophthalmie d'Égypte donnée à cette maladie; car ce nom rap à la fois les campagnes glorieuses de ces temps, et les souffrances des armée auxquelles remonte l'origine de cette maladie, 4 !

1. L’ophthalmie dite d’ Ég gypte consiste en deux maladies . sente différentes, dont l’une est aiguë ei l’autre chronique. La première est une jonctivite blennorrhagique, et la seconde un exanthème vésiculeux de la con jonctive. ) 4 2. Les deux maladies doivent jeté origine à deux principes contagieux férents.

3. L'existence du principe contagieux blennorrhagique est constatée pa expériences directes.

4. La marche, les suites et la guérison sont les mêmes, ou du moins de ture très semblable dans toutes les inflammations blennorrhagiques. La 5. Le principe contagieux blennorrhagique diffère essentiellement des pH cipes contagieux fixes, ‘tels, par exemple, que le principe contagieux syph le tique, hydrophobique, elc. 4 6. Il est uniquement transmissible par contact.

Conclusions.

“1.11 reste isolé dans les membranes muqueuses, et produit au plus une inflammation des organes voisins par la contliguité organique.

8 Le principe contagieux blennorrhagique ne produit jamais une infection de l'organisme.

9.11 n'est pas sujet aux métastases et ne dépend pas des influences du {climat.

| “10: Sa nature n’a pu être prouvée jusqu’à présent, ni par la microscopie, ni

par la chimie.

“1H La conjonctivite blennorrhagique n’atteint ordinairement qu'un œil, savoir celui auquel le principe contagieux a été transmis.

4 “12: Dans la conjonctivite blennorrhagique, la grauulation et la formation de pus marchent de front.

15. Le traitement est principalement local, et doit changer la vitalité de la

muqueuse malade, en détruisant le principe contagieux.

À “14: la propreté, l'isolement et le soin d'éviter le contact suffisent pour em-

pécher la propagation des blenuorrhagies. Les mesures de désinfection ne sont

| pas indispensables.

15: L'exanthème vésiculeux chronique de la conjonctive doit sa naissance à un principe coutagieux spécial, qui diffère du principe contagieux blennorrha- {gique, et qui consiste dans des vésicules.

16. Les vésicules irritent de plus en plus la conjonctive et peuveut l'induire eniuflammation suivie de suppuration avec grauulatious. Il n’existe pas de {véritable transformation des vésicules elles-mêmes en granulations suppuratives.

17. Il est vraisemblable que ce principe contagieux est animé.

18: Le principe contagieux ne se forme jamais spontanément; mais il se communique ordinairement par infection au moyen de Pair.

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