PAR LE DOCTEUR MULLER
Docteur en médecine et en chirurgie ; médecin-major du régiment de dragons de la gar de S. M. le roi de Prusse, chevalier de la Croix de Fer de 2e classe et de l’Aigle-Rouge de 3e classe, membre de plusieurs sociétes savantes, etc., ete.
La blépharo-conjonctivite contagieuse des armées , qui est aujourd’hui & mise à notre examen, à été depuis longtemps l’objet de mes études, et j'a l’occasion de la traiter dans les circonstancesles plus diverses. C’est ainsi qu l'ai observée pendant les guerres de 1813 à 1815, sévissant sur des armées marche, au bivouac ou dans les hôpitaux; mais là où je l’ai pu suivre d toutes ses phases et l’étudier sur une vaste échelle, c’est dans la garnis prussienne de Mayence où, quelques années plus tard, elle estvenue faire apparition parmi les troupes qui l'occupaient.
Je pus, dans cette circonstance, et à la faveur de la position de médec major que j'occupais alors, suivre les progrès de celte intéressante -affectit et en faire une étude pratique sur un terrain qui jusque-là ne m'était pas core familier. Cette expérience, acquise dans les conditions les plus favorabli et que j'ai pu enrichir encore, je me permettrai de l’invoquer ici comme titre modeste à votre bienveillante attention; c’est elle aussi qui soutient en quelque sorte ma voix dans les discussions qui vont s'engager à sujet. |
Je me permettrai de rappeler an Congrès que j'ai fait paraître sur celle 1 tière deux opuscules qui renferment la 6e de ce que j'ai observé à époque, et, bien que la publication en remonte déjà à quelques trente ans, trouverai à y puiser ce que j'ai à dire d’essentiel dans la question soumis! vos délibérations. L'un d'eux a été publié en 1821, sous ce titre : Expérience sur l'inflammation des yeux, contagieuse ow égyptienne; l'autre sous celui-e Résultats nouveaux sur l'apparition, La forme et le traitement d'une maladie co tugieuse des paupières dans la province du Bas-Rhin, ‘nriehes de faits et or deux planches coloriées.
Ce que j'ai dit et recommandé dans ces ouvrages, j'ai la satisfaction de trouver introduit et imité, avec de très légères modifications, dans tous" pays où l’on a retiré de bons résultats des soins hygiéniques et médicaux comme mon expérience ultérieure n’a fait que confirmer la justesse d vues que j'exprimais alors, j'espère qu'on m’excusera d’en invoquer enc@ aujourd'hui la validité, comme je l’invoquais il y a plus de trente ans.
Il est cependant un point sur lequel j'ai à confesser une erreur, et il nk pas des moins importants. J'avais considéré jadis la maladie comme consist en unealtération morbide des glandules muqueuses qui, à l’état physiologiql résident dans la muqueuse qui recouvre le cartilage tarse à la paupière su} rieure et à l’inférieure. Les nouvelles recherches anatomo-pathologiques, do je m’empresse ici de reconnaître la valeur, ont établi depuis et démontré lumière du microscope, qu'il existe dans cette partie de la conjonctive” foule de particularités insaisissables à l’œil nu, ou même à la loupe. Je donc reconnaître aujourd’hui, et je le fais volontiers, que ce n’est pas à le droit du cartilage tarse tout entier que se trouve la couche des glandules con: jonctivales, mais bien au fond du cul-de-sac formé par la coujonctive; “au
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oment où elle quitte la paupière pour se replier sur le globe de l'œil. Au lisu de ces glandules, la muqueuse qui garnit les cartilages tarses renferme \lans son épithélium une grande quantité de papilles érectiles (textus papillaris), riches en nerfs et en vaisseaux capillaires sanguins, et par là susceptibles de réactions vives, d’une érectilité prononcée, et de modifications importantes Hans leur texture et dans leur aspect. Si l’on ajoute à cela que la conjonctive este siége d’une sécrétion spéciale, qu’elle est susceptible de perspiration et d'inhalation, on comprendra facilement qu’elle soit le foyer de prédilection de
“hivers procès morbides, comme cela est en réalité. | “Favais besoin d'entrer dans ces explications pour justifier la modification pe je dois apporter à mon ancienne définition. Ainsi, au lieu de dire «wL'ophthalmie nommée contagieuse ou égyptienne est une maladie des glan- Idules muqueuses des paupières, » je dis : « une maladie de la membrane papillaire muqueuse. »
Malgré le vif intérêt avec lequel j'ai suivi les travaux d’anatomie patholo- Jgique en général, et en particulier ceux se rapportant à l'étude de la conjonclive palpébrale, je n'ai dû modifier, en aucun point, mes anciennes opinions relativement à la pathologie et à la thérapeutique des affections de cette membrane; j'envisage donc aujourd'hui, de la même façon qu'autrefois, les proces | morbides dont elle peut devenir le siége, les EL, qui en ur et WI
c'est ici le cas de faire remarquer que la médecine du . et de ne. Jquelque actives et louables que soient les recherches faites dans le but de asseoir sur des bases objectives et rationnelles, ne peut avancer qu’en s’appuyant sur l’expérimentation, et qu’il n’est pas permis de rejeter légèrement Nesconnaissances que l’on a acquises antérieurement sur le terrain rationnel, empirique, expérimental, même avec des connaissances moins complètes en physiologie. Aussi, malgré l’incontestable utilité des sciences préliminaires à flamédecine et leurs incessants progrès, le médecin doit-il conserver dans la Lpratique les traditions de l'expérience jusqu’à ce que l'avenir lui en ail apporté 1demeilleures; et nous croyons que les recherches anatomiques et microscopiques modernes n’amèneront un semblable résultat que lorsque les mystères de lVorganisme, dans ses fonctions normales et pathologiques, nous seront mieux connus.
Ces préliminaires évacués, je me permettrai de e proposer de courtes réponses aux questions posées au programme pour la première section. Je le ferai en peu de mots, et d’une façon aphoristique, parce que je fonderai mes conclusions sur mon expérience, et que j'ai d’ailleurs donné la preuve de mes assertions dans mes ouvrages déjà publiés.
PREMIÈRE QUESTION. — La transmissibilité de l'ophthalmie purulente dite militaire étant démontrée, peut-on déterminer exactement la voie par laquelle s'opère la transmission ?
La transmission de la maladie d’une personne à une autre a été constatée nou=seulement par moi, mais par une foule d’autres observateurs, et con- Stilue depuis longtemps un fait dûment établi et qui n’attend plus de démon- Stration.
La cause de la transmission réside dans l’émanation d’une matière volatile, contagieuse, combinée avec une constitution endémique; il en résulte que C'est la vie en commun d’un malade avec d’autres personnes saines qui occa- Sionne principalement la transmission de la maladie; durant la nuit, ce sont
les chambres à coucher, et pendant la journée, l'habitation dans des espa plus ou moins resserrés et non suffisamment aérés qui y concourent le puissamment. Il est moins bien établi que les vêtements, le linge, ou d'aut effets, portés par les malades, de même que les locaux qui ont été occupés eux, puissent encore, après avoir été nettoyés soigneusement et suffisamm aérés, engendrer la maladie; mais on peut admettre que, dans des condi ion: défavorables de salubrité, soit par l'emplacement, soit par la disposition de locaux et de leurs environs, la présence d’une personne infectée peut êtr point de départ de linfection, ou au moins de l’aggravation de la maladies
DEUXIÈME QUESTION. — Quel est le rôle que les faits permettent d' TU granulalions, et quelle est la nature de ces dernières?
Les granulations physiologiques, comme je les ai nommées dans un den ouvrages, et comme j'ai cherché à les rendre d’ après nature, au moyen d' planche lithographiée, se sont souvent présentées à ma vue sous les nuan les plus diverses et assez souvent chez des personnes tout à fait bien portanté et comme de simples et innocentes papilles et glandules muqueuses hyp trophiées. Elles doivent être soigneusement différenciées des granulatit pathologiques. Celles-ei sont le résultat d’une maladie organique des gland muqueuses et du corps papillaire, qui, privés d’une partie plus ou moi considérable de leur épithélium, s'élèvent sous forme de petits grains, d@ conjonctive plus ou moins boufie, et devenue également malade, lesquels les progrès du mal arrivent peu à peu ou avec une remarquable rapidité former des espèces de petites tumeurs beaucoup plus développées. Cela se pas en vertu d’un procès blennorrhoique plus ou moins marqué ou ostensible," attaque les paupières supérieures et inférieures, et presque toujours simull nément le côté droit et le gauche. Elles menacent sous divers rapports la du malade par le danger constant de l'extension de la maladie au globe | l'œil. D'un autre coté, cette affection a la propriété de donner naissance à u matière diffusible spécifique, on pourrait dire gaziforme, dont la transplant tion sur d’autres individus y détermine le même mal; les éminences peuve demeurer un temps plus ou moins long et quelquefois indéfiniment à lé latent, de façon à ne point trahir leur existence. Là où elles se montrén quelque petites qu’elles soient en apparence, le médecin doit y porter te son attention, surtout chez les militaires, où dans diverses conditions sou bien défavorables, elles peuvent, non-seulement par le foyer d'infection do elles sont le point de départ, mais encore par le transport direct de la matiè sécrétée sur d’autres personnes, donner lieu aux accidents les plus for dables. Les granulations ainsi décrites jouent donc un grand rôle puisqi non-seulement par leur contiguité au globe de l’œil elles sont en état de fa perdre la vue de plusieurs manières aux individus qui en sont attaqués, m encore parce qu'elles sont susceptibles de développer un miasme diffusibl capable de transmettre la même affection à une foule d’autres. |
Leur caractère essentiel est donc de constituer un foyer morbide fixe reste quelquefois fort longtemps sans déterminer l’inflammation, mais qu cependant, se dépouille rarement de sa tendance à donner lieu à des inflat mations périodiques, et au développement du procès PARCS «2 incessamment en danger la vue du malade.
Dans le premier cas, où elles persistent à être en apparence innocentes;« présence des granulations et leur persistance ne laissent pas d’être suspecté et doivent être l’objet d'une attention continue, bien que la tolérance mêt qe l'organisme semble avoir acquise puisse faire supposer qu'elles ont per
l'aptitude à se ranimer et à redevenir nuisibles.
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| En présence de cette manière d’être si diverse des granulations, il faudra loujours une certaine expérience pour éviter les erreurs de diagnostic el de bronostie auxquelles elle pourra entraîner, et pour se garder d’inutiles appré-
hypérémique passager, présente souvent, vers l’angle externe des paupières, de etites éminences inoffensives, qui sont bien faites pour donner le change et ‘aire croire à la présence de granulations.
| Et, en cffet, il ne manque pas d'exemples de cas où de semblables états assez prononcés ont pu, malgré leur réelle bénignité, alarmer des garnisons entières, alors qu'il ne s'agissait que d’une simple turgescence papillaire occasionnée etentretenue par des marches fatigantes, des exercices immodérés par un lemps défavorable, et surtout sous l'influence de la chaleur et de la poussière. Un semblable état disparaîtra toujours facilement si l’on fait disparaître les causes qui l’ont amené; mais la prolongution‘de cet état anormal protégé par erlaines influences atmosphériques peut conduire au développement de grauu- Nations contagieuses, avec toutes leurs conséquences graves et désastreuses, et surtout sous l’action de conditions catarrhales accidentelles. C’est cette consiération qui me fait douter, encore aujourd’hui, de la possibilité d’éteindre à jamais la maladie dans nos armées.
Ces dernières granulations se distinguent de celles que nous avons men- {ivnnées plus haut par leur aspect plus rude, la perte de l’épithélium et l’existence d’une sécrétion anormale. Veut-on y donner le nom de trachôme? je ne Woppose pas, pourvu qu'on y ajoute l’épithète contagieux. Cependant si l'on eut, dans des cas douteux, s'assurer que l’on a affaire à de véritables granuations et non à une paupière qui n’a que l'apparence granuleuse, il ne suffira pas d'examiner la paupière inférieure; il faudra, au coutraire, ne jamais man- {quer de retourner la paupière supérieure, manœuvre pour laquelle j'ai indiqué un procédé convenable dans mes ouvrages, et, s’il ne s’y trouve rien de suspect, {on-pourra affirmer que le trachôme n’est pas de nature contagieuse. Il est à lpeine besoin d'ajouter que les idiosyhcrasies particulières et l'état général ou dyscrasique des individus doivent aussi entrer sérieusement en ligne de compte jquand il s’agit de fixer le diagnostic.
DROISIÈME QUESTION. — Est-il une formule de traitement dont l'expérience a sanctionné la supériorilé dans le traitement de l'ophthalmie militaire ?
y à longtemps que j'ai établi et démontré par des faits incontestables que flaumaladie, dans son état de simplicité, est essentiellement locale et se fixe exclusivement à la conjonctive des paupières supérieures et inférieures, où elles’enracine plus ou moins opiniâtrement. J'ai posé comme un principe, que {je soutiens encore, que la maladie ne se propage que secondairement au globe {deœil, par l'extension de l’inflammation et l'irritation déterminée par Le produit de la sécrétion morbide des paupières. Ce qui le prouve, c’est qu’en ob- Semant attentivement le mal dans son début, sa marche et sa terminaison, C’estloujours dans la conjonctive palpébrale qu’on découvre les premiers indices et les derniers vestiges de la maladie ; ce n'est que plus tard que la conjonetive oculaire s’entreprend et subit des séries d’irritations très variables par la forme, la gravité et la tendance à l'amélioration. Mais, aussi longtemps quelles dernières traces de la maladie des paupières ne sont pas éteintes, ces irrilations ne peuvent être considérées comme bénignes, tandis que, au contraire, elles se guérissent et disparaissent d'ordinaire avec la plus grande facilité quand les altérations palpébrales organiques ont disparu; ce n’est qu’alors
aussi que les opérations, nécessitées parfois par l'état du globe, peuventètm pratiquées sans danger et avec l'espoir fondé qu’elles seront suivies de“ résultats. | J'ai dit encore que, tout en tenant compte des complications diverses peut présenter la maladie, c’est toujours sur les moyens topiques que reposer traitement réellement efficace. C’est sur le traitement local qu’il faut comp non-seulement pour préserver le globe de tout désordre, mais encore en faire disparaître les altérations diverses, exsudats, ulcérations, névralg dont il à pu devenir le siége. Mais pour pouvoir le diriger convenablement importe de bien apprécier d’abord l'étendue de l’altération, et pour cel renverser complétement les paupières supérieures et inférieures. J'ai « exposé dès longtemps tous ces principes, et je me crois en droit de les ré ici, parce que ma longue expérience au lit du malade les a pleinement justif maintenant, comme les moyens locaux, reconnus efficaces, sont très nombreux, c’est de la façon de les appliquer, de les choisir, de les modi selon les stades et les degrés de la maladie, façon qui ne s’acquiert bien que de longs essais, que dépendront les succès qu'on est en droit d'en attendre Si je considère les résultats les plus favorables de ma pratique dans leur semble, et que je les rapproché de la question posée au PER RAES je « ‘ pouvoir répondre comme suit : % La maladie locale de la conjonctive palpébrale (affectio conjunctivæ pal} brarum granulosa contagiosa, comme je l'ai nommée) et les symptômes inflà matoires qui se produisent secondairement sur l'œil, exigent, quand ils associés, une attention spéciale à cause de l’action mutuelle que ces deuxél exercent l’un sur l’autre; car, bien qu’en réalité les seconds ne soient que conséquence de la première, ils apparaissent quelquefois simultanément comme en définitive c’est toujours à la cause qu'une médecine rationelle,#p aboutir au succès, doit s'adresser, il faudra aussi, dans le cas présent, recher cher l’origine du mal pour le combattre dans sa source, à savoir la conjouctim granuleuse: cette manière de faire permettra non-seulement de combattre palpébral granuleux, mais empêchera presque toujours l’évolution de symi tômes inflammatoires sur le globe de l'œil; que si ces derniers ont dé fa explosion sous la forme d’une ophthalmie conséculive ou bleunorroïdale, encore par les mêmes moyens qu’on les fera rétrocéder et qu'on éloignere dé l'œil le danger le plus imminent. | Il arrive cependant quelquefois que cetle inflammation secondaire ou bl norrhoïdale du globe à pris tout d’abord une si violente intensité, qu "elle me nace Ja vue, soit par la production rapide d’exsudats dangereux, soit park perforation de la cornée. Dans ces cas, et selon les caractères que revêt Pop thalmie, il peut y avoir indication à instituer immédiatement un traitemen: " 1 tiphlogistique général et local, par des saignées, des sangsues, des purgali des applications froides sur les yeux et le front, des frictions d'ongué mercuriel opiacé, etc. Mais ces moyens, sur lesquels on serait parfois ter de se reposer, uniquement parce qu'ils sont destinés à combattre les sympl mes les plus douloureux et les plus alarmants, à adoucir les souffrances malade, ces moyens ne doivent pas distraire le médecin de la principales cation qu'il ne doit jamais perdre de vue, à savoir de porter d’autres age au foyer primitif qui est le point de départ de tous les accidents, et de Ke rai: ter d’une façon continue et énergique. Or, nous possédons pour cela des # caments excellents dont les plus efficaces sont : 2. 1° Le nitrate d’ argent. — Il s'administre sous forme de solution d’intensitk différente, de six, huit à dix grains par once d’eau disullée, nn l'on introd il
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autantque possible goutte à goutte entre les paupières, plusieurs fois par jour et“au début même de l’état ophthalmo-blennorrhoïque le plus grave ; il vaut mieux, quaud le gonflement et la tension des paupières n’y fout pas obstacle, Vappliquer, même plus concentrée encore, sur leur face interne enflammée, aumoyen d’un petit pinceau. Dans les cas où l’un et l’autre de ces modes d’introduction sont impossibles, il faut les remplacer par l'application, sur les paupières , de compresses trempées dans la même solution. Nous réservons les-attonchements avec le crayon de nitrate d'argent solide pour les périodes plus avancées de la maladie, devenue chronique. 20. Le sulfate de cuivre, ou vitriol bleu en substance. — Son usage est surtout indiqué, immédiatement après que la période inflammatoire aiguë esl passée, etoutes les fois que le dégonflement des paupières permet, non-seulement de renverser les paupières pour en apercevoir la surface interne, mais de pouvoir agir directement sur celle-ci. Il agit alors comme styptique et résolutif, eébaune action très salutaire et souvent même préférable à celle du nitrate d'argent, avec lequel il convient de l’alterner dans les cas où la maladie | affecte une marche lente. Son application consiste à en toucher plus ou moins fortes granulations et la base bouffe sur laquelle elles reposent, attouchement que l’on répète à des intervalles de deux, trois ou quatre jours.
9° Les précipilés blanc et rouge de mercure s’emploient sous forme de pom-
made, à la dose, le premier, d’un gros, le second, d’un scrupule par once d'axonge ou de beurre frais non salé. Ces pommades, celle au précipité blanc Surtout, étendues à l’aide d’un petit pinceau, sur toute l'étendue des surfaces malades, sout très efficaces à tous les degrés et dans toutes les périodes de la maladie.
49 L'acétute de plomb, ou extrait de saturne à l'état concentré, est également avantageux dans les périodes tardives de la maladie. On l’applique tous les {nOÏS Ou quatre jours avec un pinceau, après avoir eu le soin d’essuyer doucement les parties. :
Cest en combinant ces quatres agents, que j'ai choisis parmi beaucoup d'autres signalés dans mes ouvrages, que je suis arrivé aux résultats les plus complets. Je crois donc pouvoir les recommander comme pouvant faire la base d'une formule de traitement dont « l'expérience a sanctiouné la supériorité dans letraitement de l’ophthalmie militaire granuleuse. » Je crois inutile d'ajouter que d’autres remèdes peuvent avoir également leur valeur, pour peu qu'ils aient pour but et pour effet de faire résoudre ou résorber les granulations ou les produits de la maladie; que, d’un autre côté, la constitution des malades elles complications qui peuvent se présenter doivent être prises en considération, surtout au point de vue du pronostic.
QuarRIÈME QUESTION. — Quelles sont les meilleures mesures à prendre pour en Prévenir l'apparition et en empécher la propagation ?
Veiller soigneusement à la conservation de la santé en général des soldats ; pour cela :
a) En temps de paix. — 1. Dans les garnisons. — Les placer dans des locaux sains el spacieux ; leur donner une nourriture saine et suffisante et des êlements bien faits, commodes, et en rapport avec la saison. On évitera scrupuleusement les cravates et les cols trop serrés et, dans les temps froids, OM aura soin que l’occiput, la nuque et les oreilles soient bien garantis, soit par la chevelure, soit par la forme des vêtements, contre les causes de refroidissement. Enfin le service des sardes et des manœuvres sera maintenu dans des limites modérées.
Des exercices corporels, journaliers et modérés, des marches souvent répé-
tées, mais qui ne “doivent être ni trop longues ni trop fatigantes, sont $ ment favorables à la $anté en général et disposent. les hommes à deveni: bons et solides soldats, prêts à toutes les éventualités de la guerre. L'abser de ces conditions ou leur excès amènent des résultats opposés, affaiblisse détériorent la constitution, créent des invalides prématurés et disposent p: ticulièrement aux maladies des yeux. ‘1
2. Dans les campements, les cantonnements, les bivouacs, sous les tentes et barraques. Observer les mêmes conditions en évitant les endroits malsaïi les marécages, les courants d’air nuisibles, et les lieux dépourvus de bor eau à boire.
b) En temps de querre.— Ici les circonstances extraordinaires et rigetiil sont en général trop impérieuses pour qu’on puisse espérer jamais dew prendre souci des conseils médicaux, même les plus urgents. L'expédition plus prompte possible des malades ou des blessés sur les hôpitaux est prest le seul soin que puisse prendre le médecin près des troupes actives. On çoit que de semblables conditions sont des plus propices au mn la maladie dont nous nous occupons.
Il. Les mesures suivantes, adoptées depuis longtemps dans l’armée pi sienne, et qui paraissent les plus efficaces pour prévenir lapparition et em cher la propagation de la maladie : È
a) Tous les malades reconnus comme tels, et ceux qui sont suspects Si séparés des individus bien portants : les uns pour être envoyés à des hôpita afin d’y être traités; les autres pour y être teuus en observation, et toujo séparés des premiers. Cette élimination accomplie, tous les locaux, ainsi ( les vêtements et autres objets que les ophthalmiques viennent de ui st soumis à une purification suflisante.
Quand la maladie s’est montrée sur une vaste échelle, ou qu’elle a été intense, les soldats restés bien portants sont déplacés et logés dans d’a U locaux suffisamment spacieux; le mieux encore dans ces cas est de les pl hors des villes, sous des tentes où dans des villages; ce qui est égaleme avantageux pour les convalescents récemment sortis des hôpitaux.
b) Aucune recrue, dont la face interne des paupières n’est pas absolume normale, n’est admise au service.
c) Observer avec soin chaque malade ayant été traité pour une affe oculaire, surtout quand celle-ci manifeste une tendance à produire dans membrane muqueuse des paupières des exsudats anormaux, ressemblantp ou moins à ceux de l’ophthalmie contagieuse. C'est ce qui arrive fréquemm nu pour les affections catarrhales, dans leur période chronique ; et, dans cer cas où aucune autre cause ne s'est manifestée d’une façon appréciable, il difficile de ne pas attribuer à ces dernières un rôle important dans le dé loppement du foyer de la maladie coutagieuse.
d) Aucun soldat, qui a été atteint de “a maladie et dont les paupières. sont pas revenues entièrement à leur état normal, ne doit être conservé service.
C’est en recourant à ces mesures que j'ai eu pour ma part les meillet résultats; malheureusement il me reste des doutes, que j'ai déjà exprin plus haut en les justifiant, sur la possibilité d’extirper complétement lan ladie.
En terminant ici ce court résumé, je dois vous exprimer, Messieurs, le reg
que le temps m'ait manqué pour le faire aussi complet que je l’eusse dési eu vous prier d’excuser les lacunes nombreuses dont je m'y suis certainemé reudu coupable. É