PAR LE DOCTEUR RAPHAEL CERVERA DE MADRID
: (Notice lue en Comité général le 13 septembre.) : L if 1
Le Comité d'organisation du Congrès a jugé, avec raison suivant moi, la connaissance de l'étar actuel de l’ophthalmologie dans les différents
DE L'OPHTHALMOLOGIE ET DE & OPHTHALMIE MILITAIRE EN ESPAGNE. 989 % \e l'Europe pouvait présenter, non-seulement un certain intérêt, mais encore élutilité pour les personnes qui s'occupent de cette branche de l’art de iérir, et le zélé Secrétaire général du Comité m’ayant manifesté, par sa frtré du 2 juin dernier , le désir que je me chargeasse de ce travail pour Espagne, je ne me suis pas cruen droit de du neent honneur, et j'ai accepté eetâche difficile, comptant sur la bienveillance du Congrès bien plus que sur nes faibles lumières. Aussi, je dois vous l’avouer, Messieurs, je n’avais pas me- Inré exactement, lorsque j'ai entrepris ce travail, toutes les difficultés qu'il y Jurait à franchir pour le faire digne de l’assemblée qui m'écoute : jeune encore | ans lajcarrière, j'aurais dû peut-être laisser à une voix plus autorisée que la | ienne lesoinde vous exposer l’état de nos connaissances en ophthalmologie. DE is, si une longue expérience et l'autorité que celle-ci donne pour bien juger ne font défaut, je m'efforcerai d'y suppléer à force d'attention et de bonne Le, et animé du plus vif désir d’être juste et véridique. Jusqu'à ce jour, Messieurs, et en règle générale, quoique ayant produit d médecins et quelques bons chirurgiens, l'Espagne a presque qué de ce que l’on est convenu d'appeler des spécialités, et cela dans les fiflérentes branches de l’art de guérir; l’ophthalmologie en particulier n’a dr exception à celte règle générale : il existe de nombreuses et puissantes faisons à cet état de choses : la première, et la plus immédiate, est sans confredit.l'état violent de guerres étrangères et intestines, dans lequel le pays 1vécu depuis presque le commencement de ce siècle jusqu’à ces dernières hunées; cet état de choses a fait que nos écoles n’ont pu produire que le mbre de praticiens nécessaire aux besoins du pays ei que, d’un autre côté, alles n'ont pu recevoir, comme celles des pays plus favorisés, l'organisation ndispensable à la production d'hommes spéciaux ; et, en effet, comme j'aurai unpeu plus loin l’occasion de vous le dire, nous ne possédons aujourd’hui wune. seule clinique d'ophthalmologie, et encore n'est-elle établie que puis 1850; d’un autre côté, par la même raison qu'il ne s’est pas a
aux conseils de ceux qui débutent dans la carrière, et ce n’a pas été là un motif encouragement pour ceux que leur vocation ou leurs aptitudes auraient portés vers l'étude d'une spécialité quelconque; enfin, s’il est vrai que nous possédons quelques grands centres de population comme Madrid, Barcelonne, Séville, Valence, où les hommes studieux dans les. différentes branches dela“profession pourraient trouver un théâtre où exercer leur activité, si ispensable au développement de leur talent, il n'en est pas moins vrai que lädificulté des communications fait que le médecin spécialiste n’a guère à soigner, dans ces grands centres mêmes, que les malades de la localité, toutes circonstances qui ont rendu jusqu'à ce jour presque impossible en Espagne le développement des grandes pratiques spéciales qu'on voit dans presque toutes les grandes villes du reste de l Europe:
oi qu'il en soit, et malgré ces obstacles, j'ai la conviction que l'étude et l'exercice de l’ophthalmologie ne peuvent tarder de prendre en Espagne le
loppement que cette branche inportante de l’art nécessite et mérite si incontestablement ; déjà elle commence à avoir des représentants, jeunes et pleins d'avenir pour la plupart, dans presque toutes nos grandes villes, et enfin elle possède un enseignement officiel, à la tête duquel ést placé un professeur intelligent et digne, qui ne peut manquer de donner encore au pays des hommes à la hauteur de leur mission. Mais je m'arrête, Car ce n'est pas de l'avenir de l'ophthalmologie en Espagne que j'ai à vous entretenir, mais bien de son état actuel, et je me hâte de rentrer dans mon sujet. +
Notre école médico-chirurgicale moderne n’a pas une doctrine qui lui propre; depuis quelquetemps, nous nous sommes accoutumés à puiser Um partout, recevant et suivant le mouvement scientifique du reste de l’Eur mais surtout celui des écoles françaises, ce qui s'explique par les rapport voisinage et les relations qui nous unissent à cette nation. Je ne m'é drai pas, Messieurs, sur les inconvénients de cet état de choses, ce qui serai dehors de mon sujet; mais je ne puis m'empêcher d’en signaler quel parce qu’ils ont eu la même influence sur l’état actuel de l’ophthalmologie®p, parmi ces causes qui ne nous ont pas permis de faire surgir quelque sys L particulier, et propre en un mot à produire une école médicale, je dois rapp l'état politique du pays, durant tout le commencement de ce siècle, don déjà indiqué l'influence sur l’ophthalmologie en particulier, puis le peud couragement qu'ont reçu jusqu’à Ce jour nos essais de littérature médie tant de la part du gouvernement que de celle du public médical, en gén trop peu nombreux et disséminé dans le pays, où ses dures occupations né laissent guère de loisir pour l'étude, tout en ne lui fournissant que ce qui strictement nécessaire aux besoins de la vie. L’ophthalmologie ne po échapper à ce destin ; la plupart de ceux de nos praticiens qui s’occupen cette branche de l'art sont allés faire ou compléter leurs études à l’étran après avoir puisé leur première éducation scientifique dans les universités pays. Nous possédons des traductions des ouvrages de Scarpa et de MM. Si el Desmarres, qui sont dans les mains de tous nos élèves, et ceux de nos ticiens les plus adonnés à l’étude et à la pratique des affections oculä doivent aller puiser, s’ils veulent se tenir à la hauteur des progrès de science, dans les nombreuses publications que produisent d’autres pays l’Europe, et cela suivant que leurs études et la connaissance des lang étrangères le leur permettent. Cependant, et comme je vous l'ai déjà dit,M sieurs, cet état de choses tend. à disparaître; jusqu’à l’année 1850, nous n’a pas eu d'enseignement spécial pour l'ophthalmologie : chaque professeur pathologie chirurgicale traitait dans ses cours, avec plus ou moins d° extensi des maladies oculaires, et dans les cliniques de chirurgie étaient répartis | malades affectés de ces dernières. C'est là encore ce qu’on observe dans toutes les écoles et dans tous les hôpitaux du royaume, à l'exception de Madrid, où, comme je viens de le dire, le gouvernement a fondé, vers l'année 1850, la seule) clinique d’ophthalmologie que nous possédions, et dont le professeur dep sa fondation est M. Calvo y Martin ici présent. 3 1
Cette clinique, comme je vais essayer de le prouver, ne nous laisserait, û bien peu à désirer, sans une circonstance grave qu'elle présente à mon amis, dont M. Calvo, j'en suis convaincu, a dû reconnaître depuis bien longlemp: fâcheuse influence, et qu’il n'aura pas sans doute dépendu de lui de faire dispas! raître. Cette circonstance, c’est que ce même professeur se trouve chargé é en) même temps de la clinique d’ophthalmologie et de celle des maladies sypl | tiques ; il résulte de cette réunion de deux cours si incompatibles ce pre mi 1 inconvénient, que le professeur doit partager son année scolaire en deux n tiés : l’une destinée aux maladies des yeux, l’autre aux maladies vénérient Quoi qu’il en soit, parfois M. Calvo commence son cours par l’ophthalmolo d’autres fois par la syphilographie ; dans tous les cas, le cours d’ophthah logie ne dure jamais moins de trois mois et demi, pendant lesquels ce professeur à pour coutume de consacrer de 70 à 80 leçons à cette par tie $ | importante de son cours, et pendant lesquels il trouve moyen de donner enseignement théorique tout le développement qu'on peut désirer. Le ser clinique se compose de trois salles qui peuvent coutenir commodément trel
DE L'OPHTHALMOLOGIE ET DE L'OPHTHALMIE MILITAIRE EN ESPAGNE. 98) Analades; les deux plus petites, de huit lits chacune, sont très bien disposées, larfaitement aérées et éclairées ; la troisième seule est un peu obscure. La isite a lieu tous les matins en présence des élèves qui assistent aux leçons du Hrotesseur. Le plus grand reproche que l'on puisse faire à cét enseigneent clinique, c'est sa trop courte durée, car, le cours d’ophthalmologie fini, jn ne reçoit presque plus de maladies des yeux dans ces salles. Le nombre de labdes reçus dans cette clinique oculaire est un peu trop limité, ce qui lépend à mon avis de la pratique établie dont je viens de vous entretenir. Je-n'abandonnerai pas le collége Saint-Charles, de Madrid, sans vous dire quelques mots de l’habile chirurgien chargé de la chaire et de la clinique l'opérations à la Faculté. M. Sanchez de Toca, quoique s’occupant de toutes les ranches de la chirurgie, n’en est pas moins un excellent oculiste; dans son ervice se pratiquent, avec d’autres, grand nombre d'opérations sur les yeux, Prcela pendant toute la durée du cours. Ne me demandez pas quelles sont ses néthodes de prédilection, il les emploie toutes, et sonvent avec d’heureuses modifications que lui suggère un génie chirurgical vif et fécond. Si l’on peut lui eprocher quelque chose, c’est le luxe de ses procédés; souvent même, en opéantune cataracte double, il exécute l’abaissement ou le broiement d’un côté pilextraction de l’autre, mais toujours avec l'adresse et la facilité qui sont le Partage d° opérateurs comme lui. Aussi à sa clinique, bien riche en enseigne- | ent et la première de l’ Espagne, on peut étudier tour à tour l'extraction de [a cataracte par kératotomie supérieure et inférieure, l’abaissement par la belérotique ou par la cornée, la réclinaison, le broiement et la dilacération de pa-capsule. Enfin, je ne pourrais que répéter la même chose pour la pupille mificielle et pour toutes les autres opérations qui se pratiquent sur l'œil et sesmannexes. Sans contredit, M. Sanchez Toca obtient de très beaux succès, [maïs peut-être seraient-ils encore plus nombreux si, en faisant le choix du procédé, il preuait davantage en considération les indications fournies par la maladie, base sur laquelle, à mon avis, on doit toujours s'asseoir pour la mé- Hhode opératoire. Parmi les moyens thérapeutiques locaux qu'il emploie ordinaïirement, il faut signaler le nitrate d'argent, dont il fait grand usage à doses trés Mlortes : les granulations des paupières sont souvent combattues par ce professeur à l’aide de l’acétate neutre de plomb. Lhôpital militaire de Madrid possède un vaste service destiné aux affections veulaires; c'est M. Serra qui, depuis quelques années, en est chargé; mais je ne connais pas assez l'esprit ni la pratique de ce professeur pour me permettre de le juger.
Dans les autres hôpitaux et hospices, il n’y a pas de services spéciaux, si ce wesbpour les opérés de cataracte; d’où il résulte que les malades ophthalmiquessse trouvent, dans les salles de médecine et de chirurgie, confondus avec Ceux attaqués d’autres maladies. A l'hôpital général, le plus grand établissementde ce genre que nous possédions dans le royaume, quand le printemps eblautomne arrivent, on dispose des salles pour recevoir les cataractés qui doivent subir l'opération, qu'on a l'habitude de pratiquer vers les mois de malet de septembre. Les chirurgiens chargés de ces opérations sont MM. RaphaëlGnardia et Antonio Saez ; tous deux sont partisans de l'extraction inférieure, qu'ils exécutent à l'exclusion de toute autre méthode. La moyenne des opérés par an peut s'élever à cent. M. Guardia est sans contredit un des chirurgiens qui, chez nous, a opéré le plus de cataractes ; aussi ce praticien a-t1-il acquis une grande habileté opératoire.
Dansles autres villes de la péninsule, aussi bien qu’à Madrid, on trouve encore quelques médecins et chirurgiens qui s'occupent avec fruit de l’oculistique,
e mais de plus grands développements sur ce sujet m’entraiîneraient troplo io me contenterai de signaler que la méthode opératoire de la cataracte, qui FA mine en Espagne, c'est l'extraction inférieure; les moyens thérapeutiques } souvent employés sont les émollients dans la période aigüe des ophthalmie résolutifs dans la période subaigüe ; l’usage du nitrate d’argent, du sulfi zinc et du sous-acétate de plomb est très répandu; le traitement antiphl@ tique local est très en vogue, et l’on emploie aussi beaucoup les vésicatoir la nuque. L'application du sulfate de cuivre en nature, pour combattre ophthalmies catarrhales chroniques et les granulations des paupières, partout. L'ophthalmie militaire, surtout à l’état chronique, est traitée de férence par le nitrate d’argent et, par un petit nombre de praticiens pa lesquels je citerai M. Montaut, par les scarifications des paupières et l'excisi des granulations ; cette méthode est appliquée du reste si vigoureusement a ce médecin, qu’il emploie dans presque toutes les affections inflammate de l'œil. L'opération de la pupille artificielle en Espagne ne se fait pass quemment ; celle de la fistule lacrymale se fait davantage, el presque Loujt par la méthode de Dupuytren ; la myotomie oculaire à été comme partout mode il y a quelques années, mais aujourd’hui elle est tombée en discréditel s'emploie très rarement. Les applications de l’ophthalmoscope au diagnosti des maladies des parties profondes de l'œil sont presque nulles, et les travam de Helmholtz, de Jaeger fils, de Ruete et d’autres sont encore à pem connus. # Vous comprendrez, Messieurs, par tout ce qui précède, que notre littérat médicale pour l’ophthalmologie en particulier ne peut être qu'’inférieu celle des autres branches des connaissances humaines; cependant, que que peu nombreux que soient chez nous les ouvrages qui traitent de l’ophthalm logie, on en trouve quelques-uns dont la doctrine et la méthode mettent de doute que cette partie de la science a été cuvée avec fruit par quelq uns de nos devanciers. Ainsi, en 4785, parut à Barcelonne le Traité des malt des yeux de Dominique Vidal, volume in-8° de 216 pages avec un avant-propl et d’une impression très claire quoique serrée. L’auteur déplore de p abord l’état peu satisfaisant et fort limité des connaissances en oculi parmi ses confrères : « Sauf, dit-il, les Institutions chirurgicales de H nous ne possédons rien en espagnol qui traite de cette matière, au moins une certaine extension. » Lui-même a rédigé son ouvrage en puisant dans“ de Maïître-Jan, Saint-Ives, Guérin et Deshays-Gendron. Il le divise en. sections, renfermant chacune plusieurs chapitres, et les maladies se trou classées d’après l’ordre anatomique. La première section embrasse les dies des paupières, et les autres celles des angles des yeux, des aflee siégeant entre les paupières et l’œil, du globe, des membranes, des hum et des nerfs optiques. Cinq pages lui suffisent pour exposer les maladies rétine. Les opérations de la fistule lacrymale et de la cataracte y sont tr avec soin, et il conseille l’abaissement de ja cataracte comme la mé préférable à toutes les autres. Mais il y a dans ce livre un fait extrêmen s curieux et remarquable que je dois tirer de l'oubli : c’est la description d'un aiguille-pince, dont l’auteur se servait pour pratiquer l'extraction de la € À racte secondaire où membraneuse. 4 Cet instrument, si ingénieux pour le temps, et en beaucoup de points S blable à notre moderne serre-tèle, fut inventé en 1755, par le directeur collége de Barcelone, Laurent Roland, alors chirurgien aide-major de l’armée de mer à Cadix. Un hasard des plus heureux fit concevoir cette inventioi Louis Godin, directeur de garde-marines résidant à Cadix, avait une car
hiteuse très molle qu'il fallait opérer. Le moment arriva, et l'opérateur porta Jonvaiguille dans la chambre postérieure de l’œil pour pratiquer l’abaissement lrdinaire; mais, lorsque la capsule fut ouverte, un flot de liquide s’échappant {le son intérieur, l'humeur aqueuse fut :
lroublée d’une telle manière que l’opé- "ateur, n’y voyant plus, fut obligé de velirer son instrument. Au bout de Jeux mois, le liquide s'était résorbé, nais la cristalloïide, opaque et tout à lait adhérente au pourtour de la pubille, empêchait la vision d’une masière absolue. Ce fut alors que, pour “emédier à cet accident, notre opérateur magina l'instrument avec lequel il delait bientôt faire jouir son heureux klient des avantages d’une nouvelle »pération. Cet instrument se compose Yun manche ordinaire portant une pelité tige façonnée, très résistante; le onmet de cette tige est percé de deux »etits trous, destinés à donner passage à une anse très forte de fil de soie, puis lelle se continue avec le corps d’une higuille qui, elle-même, présente un écanisme fort simple et fort ingénieux là la fois. Cette aiguille, en effet, se compose de deux branches, l’une fixe, Mautre articulée, et qui, par leur rapprochement et leur juxta-position, n’en forment qu'une seule : l’articulation est ldisposée de telle manière que les deux branches tendent naturellement à se rapprocher; mais, en même temps, elle est munie d'un petit ressort auquel s'adapte le fil dont je viens de parler, et quiest destiné à le mettre en action pour produire l'écartement des branches de Daïguille et la tracsformer en pince.
l'instrument est introduit fermé dans œil comme l'aiguille à cataracte, mais alors l'opérateur, tirant sur l’anse de filqu'il a passée dans son petit doigt, fait agirile ressort, et, les deux branches deWaïguille s’écartant dans l'étendue d’une ligne et demie, il peut se servir de Minstrument comme d’une pince pour saisir les fausses membranes, n'ayant quänlächer le fil pour que l'instrument se referme de lui-même : certes, ce pelitappareil est loin de la perfection de nos instruments modernes, mais, tel qu'ilest, il n’en est pas moins vrai qu’il en représente l’idée, et qu’il a pu en remplir les applications. Vous avez sous les yeux le dessin de cet instrument telqu'il se trouve à la page 206 de l'ouvrage.
‘Antoine de Gimbernat a publié un petit travail sur les ulcères de la cornée, qui fut lu en 1800 devant la Société de Médecine de Paris, et imprimé à Ma-
drid en 1802. Ce savant chirurgien, qui admet pour la cornée une cireulaf blanche, divise les ulcères de cette membrane en superficiels et profof Il conseille, pour ceux qui présentent à leur surface de gros boutons chant de les toucher avec le crayon de nitrate d'argent, et puis avec le collyre décoction de feuilles de myrthe, gomme arabique et alun; pour 1 profonds ei qui donnent plus de suppuration, il-dit se bien trouver de l’em du carbonate de potasse, à la dose de 5 à 75 centigrammes pour 30 grami d’eau distillée.
Jean Naval publia aussi à Madrid, en 1796, un petit volume in-19, 351 pages, divisé en trois traités: ophthalmie, goutte- sereine et cataracle. livre ne vaut pas celui de Vidal; c'est une mauvaise compilation des id régnantes en pathologie oculaire, avec une foule de remèdes pharmacologiq pour la guérison de ces maux, et pas un seul procédé Non ce dont reste l’auteur avertit dans sa préface. ;
En 1814, Mexia, chirurgien d’une grande réputation, et qui exerçait alof Valladolid, fit paraître dans cette ville son Trailé théorique et pratique maladies des yeux, en deux volumes de 2354 pages chacun. C’est un ouvrage courant de la science de l’époque, riche en faits, qui donne une descripti passable des procédés opératoires les plus en usage pour pratiquer la pupi arüficielle, l’abaissement et l'extraction de la cataracte, la fistule lacrymale,e Les questions les plus importantes de Fophthalmologie sont très bien trait par cet auteur, et la thérapeutique de ces maladies y est établie ds principes de la plus saine pratique. A la fin de cet ouvrage se trouve la cription d'un remède empirique, encore très usité dans la Vicille-Castil que le roi Charles IT ordonna de rendre public en 1777, et que je vais“ cinctement rapporter pour son originalité : Son application exige un appañ instrumental et une pommade. Le premier se compose d’une lame métalli( pesant dix onces, composée de huit parties de cuivre, deux de laiton, deux plomb et une d’étain ; cette lame doit avoir de 25 à 50 centimètres de longs sur deux de largeur, et présenter un de ses bords plus mince que Pau L'appareil se compose encore d’une tablette en bois de uoyer qui or une de ses faces deux rainures, pour pouvoir y frotter le bord le plus effiléde lame métallique. La pommade se compose de quatre onces de suif dec vreau, trois gros de tutie et un gros et demi d’excréments de lézard. Lorsque en fait usage, on prend gros comme un pois de la pommade que l’on metdans la rainure de la tablette, où on la broie avec la lame métallique, puis« applique celle-ci dans l'œil par son bord et cela pendant un instant. #
Nous sommes redevables à quelques- uns de nos contemporains d’un certa nombre de travaux sur l’opluhalmologie, qui certainement présentent l'intérêt, mais, dans l'impossibilité de les analyser tous, je n’en citerai quelques-uns, parmi lesquels je dois d’abord signaler à l'attention du pub médical celui de M. Ferdinand Weiler, sur l’ophthalmie militaire : en effet, médecin à publié un long et excellent mémoire sur cette maladie, dans lequel avec une méthode et une clarté remarquables, il étudie toutes les questio importantes qui se rattachent à cette affreuse maladie, faisant preuve en ou d’une vaste érudition et de connaissances approfondies en oculistique; aus trouve-t-on dans son mémoire Lont ce qu’on à écrit sur la matière, avec qu ques aperçus nouveaux qui ne soul pas sans intérêt. Il me semble hors doute, d’après ses recherches, que cette maladie fut observée dans lam espagnole d'une manière incontestable en 1827, bieu que l’auteur soit poutéa croire que l’armée anglaise, notre alliée, en souffrait déjà lors de la guerre l'indépendance. M. le docteur Hysern a publié, en 1834, un travail fort bien
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1ravail, l’anatomie des paupières, les procédés opératoires et les cas auxquels bilsmsont applicables sont étudiés et décrits avec soin et méthode. Enfin, IMCalvo à écrit sur le strabisme un mémoire qui n’a cependant pas popula- Irisé cette opération parmi nous. Le même auteur a fait paraître, il v a quelques années, la première partie d’un Traité des maludies des yeux, qui embrasse l'anatomie de l'œil, quelques considérations sur la pathologie et la thérapeutique oculaires, et les maladies des paupières: je ne puis que regretter que M: Calvo ne continue pas ce travail. Je pourrais encore suivre cette énu- .mération pour des travaux plus courts et moins intéressants, mais ceux que ljeviens de citer suffisent pour vous donner une idée de l’état de notre littéra- Mure, dans cette branche de l’art de guérir.
AM L'exposition des causes et de la fréquence des maladies oculaires chez nous nest pas facile à faire; cependant, je vais m’efforcer de résumer en peu de mots {ous les renseignements que j'ai pu me procurer à cet égard, en suppléant, par mon observation personnelle, au défaut de documents sur lesquels je voudrais pouvoir fonder mes conclusions, qu’on ne doit considérer que comme de simples aperçus; mais même telles qu’elles sont, je crois fermement qu’il est nécessaire de vous les faire connaître. Si la recherche des causes des diverses altérations de l'œil présente presque toujours de graves difficultés pour être précisées avec quelque exactitude, il va sans dire que l'appréciation de celles \quiagissent le plus ordinairement parmi nous présentera au moins les mêmes difficultés : je n’entrerai donc pas dans de grands développements sur ce sujet, me.contentant de signaler à votre attention quelques remarques sur les in- Miluences climatologiques et géographiques qui ont, à mon avis, le plus d'action } sur l'entretien et la production des affections des yeux.
La configuration du sol de l'Espagne est très accidentée, tout le centre du pays est constitué par plusieurs grands plateaux très élevés au dessus du ni- PNCau.de la mer, et entrecoupés ‘par autant de chaines de montagnes assez élevées. Chaque province de la péninsule offre des traits géographiques bien caractéristiques et distincts. Toute la côte du sud-est et du midi présente une | Mégétation fort riche, qui en fait un des plus beaux pays du monde ; mais, dès qu'on pénètre dans l’intérieur des terres, dans la Manche et les Castilles, le tablean change et vous ne trouvez plus que de vastes plaines solitaires, sans abmuet sans verdure. Chaque région géographique présente quelque chose doriginal qui la différencie de toutes les autres : ici des vallés fertiles et fécondes, là des plaines nuës, qui sont néanmoins les greniers de l'Espagne. Cela fait.que les influences climatologiques sont anssi diverses que les lieux. À Madrid, la température change avec une grande facilité, et il n’est pas rare de Voir, dans le courant d’une journée, le thermomètre présenter des variations dédouze et dix-huit degrés centigrades; l'atmosphère est ordinairement calme, le ciel pur, la lumière très vive, les vents secs, le baromètre bas, et le défaut d'humidité des plus sensibles. La ville est bâtie sur une série de monticules qui appartiennent au terrain tertiaire ou miocène, qui est aussi celui de ses enirons; les principaux éléments constitutifs de ce terrain sont le calcaire, le gypse et l'argile, avec quelques couches de sable : ses vallées sont d’érosion et assez larges. La rareté des pluies dans presque toutes les provinces du centre bdu midi du royaume maintient sur le sol une poussière excessivement abondante qui, enlevée par les vents, est une cause puissante d’irritation pour les Jeux. En Andalousie et en beaucoup d’autres provinces, presque toutes les Maisons des villages sont badigeonnées à la chaux, ce qui fait refléter la luere avec une grande intensité, circonstance que plusieurs observateurs re-