‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 72 sur 112 · I. — OPHTHALMIES EXTERNES · texte numérisé non relu

I. — OPHTHALMIES EXTERNES

FRÉQUENCE, CARACTÈRES ET CAUSES DES OPHTHALMIES EXTERNES. A. En Grèce.

Les aimes externes les plus fréquentes en Grèce sont la conjonctivile catarrhale et la kératite phlycténulaire.

Les inflammations de la conjonctive présentent ordinairement en Grèce le

Ls

caractère catarrbal; elles sont dues le plus souvent aux changements br ques de température, si fréquents sur le sol inégal de ce pays. Quelquefaisel éclatent d’une manière épidémique, et alors elles coïncident d'ordinaire d’autres affections catarrhales, telles que l’angine, le catarrhe nasal, OM flammation subaiguëé de la muqueuse bronchique. Elles atteignent indistine nent toutes les classes de la société. Elles suivent généralement une mar bénigne, éclatent à la suite du passage brusque du chaud au froid, rissent souvent d’elles-mêmes, ou bien cèdent à un traitement peu énergiq Elles ont une tendance prononcée à la formation de phlyctènes, dont le € tenu s’absorbe ou bien s'écoule, ou laisse à sa place une altération supe cielle, qui se cicatrise en quelques jours. Quelquefois elles présentent exacerbations notables, mais j'ai toujours remarqué que, lorsqu'elles primitivement catarrhales, elles ne revêtent point le caractère purulent.

Par contre, lorsqu'elles sont négligées, ces ophthalmies donnent soux naissance à des granulations palpébrales, et c’est à cette cause que l'ont attribuer une grande partie des granulations que l’on remarque chez nous,

L'ophthalmie purulente aiguë se rencontre rarement en Grèce; mêmeél les enfants nouveau-nés, elle est peu fréquente, et encore est-elle chez { d’une faible intensité. "10

La proportion des ophthalmies externes chez les soldats n'est pas S $

satisfaisante; ainsi, par exemple, parmi 3,222 malades, traités en 18554 l'hôpital militaire d'Athènes, il n’y avait que 37 cas de conjonctivite catarr et 42 de granulations palpébrales ; et pourtant nos soldats ne Sont pas exe des causes morbifiques que l’on avait accusées de la fréquence de l ophthalh militaire en Belgique, telles que les cols serrés, le shako trop lourd, le Ca nement étroit, la communauté des effets de lavage, etc.

Cependant il y eut une époque où l ophthalmie purulente fit des ravagesdi ce beau pays; ce fut pendant les dernières années de la guerre pour l'indépe dance, lorsque les armées égyptiennes envahirent la Grèce; mais, malgré si large importation, cette épidémie, allumée pendant quelque temps ea Grèce, et principalement dans le Péloponèse, finit bientôt par s'éceindre l’on ne voit plus que çà et là, comme trace de la marche de ce fléau , quelq individus , survivants de cette époque éloignée, portant des leucômes ave

Sans Sy néchie, ou bien quelques cas d’atrophie du globe oculaire.

C'est principalement dans l'Institut des enfants orphelins, que le prési-| dent Capo d’Istria avait établi dans l’île d’Egine, et où il avait rassemblé tous les orphelins grecs délivrés des mains des Égyptiens, que l'ophthal mie purulente sévit avec une terrible violence, et l’on voit encore des élèves di collége porteurs de traces non équivoques de cette maladie. Mais, avec la DIS solution de cet institut et la dispersion de ses élèves, la maladie a pres À entièrement disparu.

Ce n’est cependant pas à cette seule cause qu'est due l'existence des 9 nulations en Grèce; elles existaient dans ce pays bien avant la révolutions les observe encore dans quelques localités, où une pareille origine serait invraisemblable, et si l’on remonte aux écrits des anciens médecins grec

n'est pas permis de douter qu’elles existassent en Grèce dans l antiquité.

Quoi qu'il en soit, les granulations sont loin d’être en Grèce aussi fune qu’elles le sont en Égypte; elles ne donnent ordinairement lieu qu’à un persécrétion muqueuse, et si, par une cause accidentelle, la conjonctivé prise d’inflammation aiguë, il est rare que celle-ci revête le caractère pl lent. En général, le pannus qu'elles occasionnent n’est pas en rapport ay leur date, leur forme, leur dimension ou leur consistance. On voit souvent

Eh Los ek reste AO

JE te <del nn à eds

Dean oi ge

luranulations énormes et très dures exister pendant fort longtemps sans proluire le panuus, et par contre, un pannus très étendu suivre de près des graulations à peine perceptibles à un œil peu exercé. Cela prouverait, me mble-t-il, que le développement du pannus est, moins souvent qu’on ne le pense, l'effet de la seule action mécanique des granulations sur la cornée, {comme on aime à le croire; peut-être est-il plutôt une propagation de l'inflam- (mation de la conjonctive des paupières à celle de la cornée. Les granulations vésiculeuses (trachôme des Allemands) sont relativement sez fréquentes en Grèce; mais, ce qu’il y a de remarquable, c'est que presque loujours je les, ai observées chez des individus qui souffraient, ou qui avaient Wéjà souffert de l’ophthalmie phlycténulaire, et ces malades n’étaient, pour la plupart, rien moins que scrofuleux. Existe-t-il quelque liaison intime entre “ete forme de granulations et l’ophthalmie dite scrofuleuse ? C’est là une ques- Wuion qui ne me paraît point dépourvue d'intérêt. Lakératite phlycténulaire est une des maladies oculaires les plus répandues enGrèce; mais cette fréquence de l’ophthalmie dite scrofuleuse est loin de dépendre du vice scrofuleux. Malgré les nombreuses recherches que j'ai l’occasion. de faire tous les jours, je*n’ai pu découvrir, dans la grande majorité des {cas, aucune manifestation pathoguomonique de la cachexie scrofuleuse; 11 y fa plus, j'ai vu très souvent cette ophthalmie attaquer des individus bruns et secs, chez lesquels il n’y avait pas le moindre soupçon d’un tempérament : {lymphatique.

| “En général, la cachexie scrofuleuse est rare en Grèce, du moins dans l’Attique;-cette immunité doit être attribuée à la chaleur sèche qui caractérise le climat de ce pays. On voit tous les jours des individus affectés de secrofules guérir radicalement par un séjour plus où moins prolongé dans la ville fd'Athènes, ou bien y éprouver une amélioration remarquable. Sous ce tpointdevue, le climat de la Grèce mérite une attention particulière ; il pourlraitservir de refuge aux malades atteints de cachexie scrofuleuse rebelle à Lot traitement médicamenteux, malades que l’on rencontre si fréquemment {dans quelques pays septentrionaux de l'Europe. Lt “Pophthalmie scrofuleuse atteint en Grèce indistinctement tous les tempéraments et toutes les constitutions; néanmoins, on ne saurait nier qu'elle est plus fréquente et plus opiniâtre chez les sujets lymphatiques, ou chez ceux qui sontdébilités par l’action de quelque cause générale. Mais ce qui, à coup sûr, favorise le plus le développement de cette maladie, c'est l'humidité froide et laprivation du soleil, Cetie cause a une si grande influence, qu'il suffit toujours | de faire loger le malade dans une maison sèche, bien exposée au soleil du {midi, pour voir la maladie décliner et guérir spontanément. Socrale connais- {saitdléjà l'influence salutaire du soleil, lorsqu'il conseillait à ses disciples de | loger dans des maisons exposées au midi.

| “Hophthalmie serofuleuse est loin d'être en Grèce le partage exclusif du bas | peuples au contraire, je l'ai vue plus souvent éclater chez les riches qui, par Leshabitudes d'une civilisation trop raffinée, jouissent moins libéralement du grand air et des rayons du soleil. Du reste, sous le rapport des conditions | sociales, la Grèce est un des pays les plus heureux, puisqu'il n’y existe pas celléénorme inégalité de fortuné qui, dans d’autres pays de l'Europe, | diiseles habitants en gens extrêmement riches et en gens absolument pauvres. | “Relativement au traitement, j'ai déjà dit que la soustraction des causes { Suit pour guérir cette ophthalmie. Cependant je dois ajouter que, chezlesindi- | vidus faibles et lymphatiques, je me trouve très bien des Loniques, et surtout des préparations de quinquina pour en abréger la durée.

400 MÉMOIRES SUR L'ÉTAT DE L'OPHTHALMOLOGIE, ETC. B. — En Égypte.

Deux espèces d’ophthalmies règnent en Égypte et y font tous les jour nombre effrayant de victimes : ce sont l’ophthulmie Me et l’ophthal varioleuse. 4

Bon nombre des aveugles du Caire doivent leur cécité à la petite vé maladie qui règne sans interruption en Égypte, et qui donne lieu de temps temps à des épidémies meurtrières. La vaccination, que l’on a introduites puis quelques années dans ce pays, donne à espérer que ces cas ne se plus à l'avenir aussi fréquents ni aussi funestes.

Je ne m'arrêterai pas sur la nature et la marche de l'ophibalntiel d’ Égypte, maladie qui a été dans ces derniers temps étudiée avec le plus gr soin par tant d’ophthalmologistes distingués ; c’est que, quant à sa nature à sa marche, l’ophthalmie d'Égypte est tout à fait identique avec l ophthalr dite militaire. Je me bornerai donc à noter quelques particularités relative la fréquence de cette ophthalmie en Éc gypte, el je passerai pie a l’étiologie, me réservant de faire plus tard, si le temps me le permet, une él plus longue et plus détaillée de cette intéressante affection. 4

Il résulte des relations que l’on à publiées sur ce sujet, ainsi que des r

seignements verbaux que j'ai puisés dans le pays même, que l'ophihalt purulente est aujourd'hui beaucoup moins fréquente et moins funeste aus ne létait il y a quelques années. Cette diminution est si manifeste, qu des médecins les plus haut placés de l'Égypte m'a émis cette étrange asse qu’il n’a jamais vu l’ophthalmie d'Égypte.

Loin de partager l'idée de cet honorable collègue, que dément l expériet journalière, je ne puis attribuer l’amélioration actuélle qu’à celle des con tions hygiéniques générales et individuelles. À

Quoi qu'il en soit, l'ophthalmie d'Égypte est en ce moment beaucoup p commune chez les indigènes que chez les étrangers, plus fréquente chez eufants que chez les adultes, chez les hommes que chez les femmes, chez habitants des villes que chez ceux de la campagne, chez les pauvres ques les riches, chez les gens de travail que chez les oisifs.

Elle règne d’une manière sporadique pendant toute l’année, mais elleéck épidémiquement vers les mois d'août, de septembre et d'octobre, € ‘el à l’époque de l’inondation du Nil, alors que l’atmosphère est chargée. vapeurs, et qu'avec une chaleur étouffante se combine une grande humidi Mais ces épidémies d’ophthalmies purulentes ne coïincident pas avec des démies catarrhales de l'appareil respiratoire ; ces dernières maladies sont contraire rares en Égypte.

Chose remarquable, cette ophthalmie est beaucoup moins fréquente da d: l’armée que dans le civil. Ainsi, dans l'hôpital militaire du Caire, que je wi de visiter pour la seconde fois le mois passé, il n’y avait que vingt-cinq} thalmiques, malades ou convalescents, dont une bonne partie n'appartenai point à l’armée ; dans l'hôpital militaire d'Alexandrie ,je n’ai vu l’année pas vers la même saison, que vingt et un malades, la plupart granulés ou con lescents. 4

Le nombre des granulés de l'Égypte est quelque chose d’effrayant : sur Égyptiens natifs ( Fellache ), à peine en trouve-t-on deux dont les conjoncli ne soient pas hérissées de granulations ; dans les classes aisées, la propo L des granulés est de un sur deux. 4

(ue remarque que je ne crois pas devoir passer sous silence, c'est que sranulations vésiculeuses y sont exhémement rares; du moins, par i.

EE ne te te” Le

conne

Dai.

Er

FE ne

es à

ue =

PR Es

Ps éd à à

hombre considérable de granulés que j’ai visités au Caire, n’en ai-je pas observé in seul cas.

Les scrofules ne jouent le moindre rôle ni dans la production, ni dans Mexaltation , ni dans la récidive de l’ophihalmie d'Égypte. C’est une dyscrasie bxtrémement rare parmi ce peuple brun, sec, aux yeux noirs el excavés, chez lequel le système lymphatique est loin de prédominer. On ne le voit que chez esnègres, qui ont grand’peine à S'acclimater en Égypte, et dont la plupart v fueurent de phihisie pulmonaire. Or, l'ophthalmie purulente est beaucoup moins fréquente chez les nègres que chez les natifs du pays; peut-être la vie solée et soignée, et la propreté de ces gens, dont la plupart sont des Bunuques de grands seigneurs, est-elle pour beaucoup dans cette immunité.

Jeme suis convaincu par des recherches soignées que la blennorrhagie lurétrale ne joue aucun rôle dans la production de l'ophthalmie d'Égypte, ce Huicontredit l'opinion de ceux qui considèrent cette ophthalmie comme provenant toujours de la blennorrhagie urétrale. Parmi un grand nombre de malades soumis à mon examen, aucun ne devait sa maladie à une urétrite, fpuisqu'aucun ne souffrait ou n'avait récemment souffert de cette inflammation. Du reste, la biennorrhagie urétrale est beaucoup plus rare chez les (fellachs que chez les gens aisés et chez les étrangers ; or, c’est précisément parmi les fellachs que l’ophthaimo-blennorrhée est la plus fréquente, comme je [viens de le signaler.

L'ophthalmie dite scrofuleuse est presque inconnue parmi!les Égyptiens; je fnePairencontrée au Caire que chez une jeune femme de Syrie, chez laquelle elledura pendant tout le temps qu'elle allaita son enfant. Quant à l'oph- Wialmie diphthéritique, je ne l'ai jamais vue en Égypte, el n'y ai point entendu parler d’une pareille maladie, tandis qu’à Athènes j'en ai vu, il y a deux ans; “quatre cas : cela s'explique, je crois, par cette observation journalière, tqu'en-Ecypte le sang est peu riche en fibrine, ce qui fait que, dans les rhumalismes, dans les paeumonies et dans toutes les autres inflammations aiguës, lesangiré de la veine n'offre jamais celte couenne épaisse et dure qu'il préseme ordinairement dans le climat de la Grèce. ImmEntraînés par l’idée de la spécificité de l’ophthalmie purulente, plusieurs médecins cherchent dans l'Égypte une cause spécifique à cette maladie. Je ne sache pas que ce fait ait pu être jusqu'ici établi, du moins m'a-t-il été impossible de retrouver en Égypte une pareille cause, et toutes les recherches qu'on atentées dans ce but sont loin de donner des résultats satisfaisants. Tout ponte à croire que l’ophthalmie d'Égypte n’est pas le produit d’une cause spécifique, mais qu’elle est le résultat de plusieurs causes générales, agissant de concert et d'une manière continue. Essayons de les établir.

Parmi ces causes figure en première ligne la chaleur humide, qui règne en eyple pendant les saisons chaudes. Dans la ville d'Alexandrie, dont le sol

presqu'au niveau de la mer, cette humidité règne depuis la fin du prin-

temps jusqu'au mois de novembre à un tel degré que, passé les sept heures duSoir, on ne peut marcher dans la rue sans rentrer tout mouillé. Dans la ville du Caire, elle se fait remarquer particulièrement pendant l’inondation du Nilisor, c'est précisément à cette époque que les ophthalmies sont le plus fréquentes au Caire.

“Lhumidité entre pour une si large part dans la production de l’ophthalmie que; dans les vastes déserts de l'Égypte où la chaleur est beaucoup plus con- Sidérable, mais où l'air est très sec, l’ophthalmie purulente est loin d'être fréquente; les Bédouins qui vivent dans ces déserts ont les yeux très bien

Oo, U+.

portants. C’est une des causes qui font que l’ophthalmie qui nous occüp est beaucoup plus fréquente dans la ville du Caire que dans la campagnes En effet, vers le commencement dun mois d'août, on introduit l’eau dun dans la ville du Caire par de larges canaux, qui servent à la transmettre campagne. L'eau circule pendant plus de trois mois entre les murs des ma sons ; elle remplit six lacs (birkeh), où elle stagne pendant quatre mois. Tou sortes d’immondices déposées dans ces canaux, qui pendant tout le reste l’année sont des rues praticables, se dissolvent dans cette eau, dont on rempl plus tard les citernes de la ville, pour la faire servir de boisson pendant touk reste de l’année. Vers la fin de l’inondation, l’eau, devenue basse et bourbeu dans les lacs aussi bien que dans les canaux, y constitue un véritable foy d'infection. Pendant tout ce temps, à la chaleur étouffante de la journée, où transpire comme dans un bain de vapeur, succède l'humidité froide de la nuls Malgré ces vicissitudes atmosphériques, non-seulement on ne prend ancuñ précaution pour en atténuer l'influence, mais au contraire on a l'air d’allem devant de ces causes nosogènes. Dans la journée, on s’expose tout en sueur courant qui passe par les fenêtres ouvertes, de manière à avoir dans tousd appartements un Courant d'air continu. C’est qu’il règne en Égypte le préjt: que, pour être inoffensif pendant le sommeil, l'air doit former un courant" ce préjugé est partagé, prêché même par quelques médecins; j'ai visité Caire plusieurs malades qui avaient auparavant les yeux parfaitement sain et qui, après une nuit passée de celte façon, s'étaient éveillés avec une op thalmie purulente aigué. - Les Égyptiens mêmes reconnaissent, sans s’en apercevoir, l'influence que | chaleur humide exerce sur le développement de l’ophthalmie de leur pays ils attribuent cette maladie à l’ingestion des dattes; or, la maturité des dati coïncide précisément avec l'inondation du Nil, et dans leur ignorance grossiè ces peuplades prêtent à cette simple coïncidence une relation de cause à efle Une autre remarque vient à l’appui de cette opinion. Dans tout l'OrientsA fait un usage démesuré des bains de vapeur; or, une grande partie des na lades atteints d’ophthalmie purulente aiguë spontanée, que j'ai visités Au Caire, avaient contracté cette maladie à la suite d’un bain de vapeur, On ex} quera peut-être ce fait par la doctrine de la transmission à distance; san toucher à cette grave question de pathologie oculaire, je crois que-l'on serait. plutôt autorisé à voir dans ce fait l’action d’une cause catarrhale. L. Un fait que je ne ferai que constater en ce moment, c'est que les épidés mies de dysentérie, ces épidémies si fréquentes et si meurtrières en Égypte y éclatent dans la même saison que celles d’ophthalmie purulente, soussit mêmes conditions atmosphériques, et qu'elles affectent les mêmes prédilec tions individuelles. * On ne saurait se former une idée de l'encombrement qui existe dans ville du Caire ; on peut dire sans exagération, qu’à l'exception de quelques ruë toute la ville constitue une seule maison traversée pat une inmense quantité de corridors tortueux, étroits et infects, où le cœur s’opprime, où l’on étoufles où l’on ne peut pas respirer. C’est dans une pareille ville que quatre cent ani il àmes et peut-être autant de bestiaux sont entassés, passez-moi le mot. Mai qu'il y à de plus triste, ce sont les habitations des fellachs; ce ne sont plus dk inaisons, ce sont de véritables niches construites de terre, rondes, pelitesy n'ayant qu'une seule ouverture assez élevée au-dessus du sol, et qui sert æn | inême temps de porte et de fenêtre; de prime abord, on les prendrait pour tes peuits fours que l'on voit dans quelques villages. Les écuries de nos chevaux sont des palais à côté de ces repaires obscurs et immondes, où l'air n’a jamais |

pusse renouveler, et où des familles entières se couchent pêle-méle à côté de leurs bestiaux. Qu'est-ce que l’encombrement des soldats dans les casernes de Europe en comparaison de cet état d’abrutissement du genre humain? Pour n'être pas tellement sales, les maisons des riches n’en sont pas moins encombrées; c'est ainsi que, dans le sérail d’un pacha du Caire, j'ai vu éclater uneterriblé épidémie d'ophthalmie purulente au milieu d’une quarantaine de petits mumelouks, jeunes mignons, que des ennuques gardaient avec soin dans unesérie de quatre à cinq chambres, pour les soustraire aux regards indis- |erets. |

“Je n'ai pas besoin de faire ressortir tous les inconvénients d’un pareil entassement; il me suffira d'ajouter que l’encombrement est, à coup sür, une des vauses qui font que cette ophthalmie est beaucoup plus fréquente dans les | villes que dans la campagne. j

1 “Dans un mémoire remarquable, lu à l'Académie de médecine, Pariset atribuait la naissance de la peste aux émanations putrides exhalées par le sol de Mégypte, ce sol vraiment pétri avec des matières animales, et qui, pendant Pinoudation, se transforme en un vaste foyer de putridité. Je n’essaierai pas de reproduire ici le tableau frappant que ce savant regrettable a tracé avec tantde précision et d’éloquence. Mais si ces émanations suffisent pour rendre compte dela naissance de la peste, n’y a-t-il pas lieu de penser qu’elles jouent aussi un grand rôle dans la production de l’ophthalmie purulente? N’est-il pas pro- | bable que, sans elles, les vicissitudes atmosphériques ne produiraient que des ophthalmies simplement catarrhales, comme partout ailleurs, au lieu de cette purulence qui caractérise l’ophthalmie d'Égypte?

L'irmivation continue des yeux par une lumière trop vive, la poussière nitreuse qui, pendant l'été, se dépose entre les paupières, la malpropreté traditionnelletdu visage, que les fellachs ne se lavent jamais, l’ingestion des poissons salés (fissicha), dont ils font un usage démesuré, l'habitude de marcher les pieds nus sur les marbres des mosquées, où il est interdit par la religion d'entrer chaussé, sontautant de causes qui favorisent le développement de l’ophthalmie.

Avant de terminer l’éciologie de cette maladie, je crois devoir faire remarquer quesles causes de compression, que l’on a dans le temps accusées de sa produclion dans les armées, manquent absolument en Égypte. En effet, les Égyptiensne portent point de cravate; il y a plus, les fellachs ne portent pour tout vêtement qu'une longue chemise noire, de laine ; quant à la tête, ils la tiennent constamment couverte d’une calotte de laine (tarbouche) recouverte ou non d’un urban de toile fine; et loin d’être pesante, cette coiffure est plutôt salutaire, en cesens quelle entretient à la tête une température uniforme, ce qui est d’aulautplus nécessaire que, par une loi religieuse, les musulmans se font tous raser la tête,

Lelles sont en Égypte les causes de l'ophthalmie purulente spontanée. Mais lacause la plus puissante et la plus manifeste de la fréquence inouie de l’ophthalimie dans ce pays, c'est incontestablement la contagion. L'absence complètéde précautions, l'indifférence avec laquelle l'Égyptien se frotte les yeux avec les doigts imprégnés de pus ophthalmique, la communauté des objets de lavage chez ceux qui se lavent la figure, tout, jusqu'aux mouches, ce véritable fléau de Pharaon, concourt à propager, à perpétuer cette terrible maladie.

Je viens de prononcer le mot de mouche : ces diptères donnent lieu dans les rues du Caire à un spectacle qu’il faut avoir vu pour pouvoir s’en figurer la

bizarrerie. Pour vons en donner une idée, permettez-moi, Messieurs, de vous Wansporter un instant par la pensée dans une des rues de cette intéressante cé, par une brûlante journée de juillet.

Figurez-vous une ruelle presque aussi large que les trottoirs de la rue Roy de Bruxelles, dominée dans toute sa largeur par des pavillons si saillants qu permettent de passer facilement de l’un d’eux dans celui qui lui fait vis-à-vis Leu sol, qui n’est point pavé, est couvert d’une couche très épaisse d’une substante, brun foncé, constituée par des matières excrémentitielles déposées là par bipèdes et les quadrupèdes. Plusieurs fois par jour les sakkah viennent arte le sol avec une telle prolixité, qu’ils le transforment en une boue noire etfétide Au milieu de cette rue, hommes, femmes, chevaux, bourriques et chameat grouillent épars, criant, se heurtant et faisant un infernal tapage. Mais venir une voiture : elle est précédée d’un sais qui, criant et brandissantun gourdin, invite tout le monde à débarrasser la voie; pas un de ces ét ne s'avise de bouger, tant: qu’un bou coup de gaule ne l’a tiré de son af ‘hie; enfin la voiture avance; elle passe sur le corps d’un gros chien quid mait dans la rue ; elle écrase la jambe d’un Arabe, qui pousse des cris atrotk elle va renverser une bourrique, qui n’a pas eu le temps de se garer; le cock crève du bout de son fouet l'œil d’un pauvre diable, et enfin le véhic va, fort heureusement, se casser une roue sur le coin d’une rue tortueuse

Eh bien! Messieurs, dans ces cloaques sales, bourbeux, des centaines fellachs sont accroupis, les uns sur des nattes, les autres sur des banes; d'a tres eufin sur le sol même, fumant paisiblement leur pipe ou leur narguil La plupart de ces Arabes ont les paupières couvertes d’une couche épaisse matières sécrétées par leurs yeux malades, et jamais ils ne prennent la pe de se les essuyer. Un essaim de mouches tourbillonne daus ces sentiers geux; elles vont se poser sur le visage de ces êtres apathiques et se gorg el paisiblement des sucs qu’elles y rencontrent, sans être troublées dans leursrèp par l’impatience des Arabes, qui laissent aux complaisants insectes ae leur visage l'office du lavabo. Aussi des essaims entiers y établissent-ils Fe leur quartier général.

Si vous avez le malheur de vous aventurer dans ces régions, vous ne tard pas à sentir une de ces mouches qui vient se fixer, sans autre forme de: pre ès. sur votre figure, el vous piquer les paupières. Eunuyé de celte visite imp tune, vous vous efforcez de la faire cesser, mais ce n’est pas chose faciles mouche n’est pas disposée à vous quitter sitôt; à peine l’avez-vous chat que vous la voyez revenir à la charge, tournoyer autour de vous, puis repre uant son élan, venir se fixer de nouveau sur votre paupière. Vous finissez par vous impatienter, vous la chassez, vous la inez : vous eu voilà débarrassé: Mais le repos, que vous avez si laborieusement acquis, n’est pas de longue duré bientôt un nouvel hôte vous arrive, vous êtes tombé de Charybde en Still et vous retournez chez vous pour chercher un repos que la voie publique a refusé : heureux encore si l’un de ces insectes incommodes ne vous à pas posé dans l'œil les éléments d’une conjonctivite, dont vous ressentirez bien les pénibles atteintes!

Résumons les causes de l’ophthalmie d'Égypte :

I. Les principales causes de l ophthalmie spontanée sont la chaleur hum l'encombrement, et peut-être les émanations putrides du sol.

IL. Elles sont secondées dans leur action par la malpropreté, la poussière» le refroidissement des PE l'alimentation malsaine et la lumière trop | vive. l'A

HE. Enfin la maladie se propage et se perpétue par trauntiésitit

Un pareil assemblage de causes morbifiques, dont chacune séparément suflirait pas à expliquer la naissance et le caractère de l’ophthalmie pu lente, me paraît suffisant pour rendre compte et de la fréquence, et de law

En

urende cette maladie. En effet, depuis que le commerce avec les Européens Ja commencé à modifier, tant soit peu, les habitudes des Égyptiens, qu’ils se sont avisés de prendre des précautions générales stiaditidéellés contre quel- | ques-unes des causes énumérées, les ophthalmies deviennent de jour en jour moins fréquentes et moins funestes. Il faut ajouter que l'établissement en Égypte de médecins européens et l'introduction d’un traitement efficace et rauionnel sont pour une grande part dans la diminution des chances de cécité. {du moins parmi les classes aisées.

Il. — OPHTHALMIES INTERNES.

FRÉQUENCE, CARACTÈRE ET CAUSES DES OPHTHALMIES INTERNES. A. En Egypte.

Les auteurs qui ont écrit sur les ophthalmies de l'Égypte ont prêté toute leurattention aux ophthalmies externes de ce pays ; cependant il y a un autre lsenre de maladies oculaires qui y est extrémement fréquent, peut-être même plus fréquent que partout ailleurs; ce sont les inflammations de la membrane vasculaire de l'œil (iritis, choroïdite, cyclite). C’est principalement au Caire que Ponrobserve le plus souvent cette terrible maladie; une grande partie des Laveugles de cette ville doivent leur cécité à l’inflammation de luvée.

En général, cette membrane est chez les Égyptiens tellement sujette à se congestionner, que chez la plupart des habitants on remarque des signes nonéquivoques de cette pléthore locale, savoir : varicosités des veines et des’artères musculaires, coloration bleuâtre des parties ciliaires de la sclérotique, lenteur de l'iris dans ses mouvements, etc.

Lasusceptibilité de cette membrane est telle, qu’on ne saurait prendre trop de précautions pour en prévenir l’inflammation après toute opération iméressant ces parties. Il n’est pas rare de voir celle-ci donner le signal dune inflammation de l'iris, et même de toute la menibrane raté Hlanté de l'œil; les opérations mêmes de pupille artificielle qui, dans notre pays, sont sMinnocentes qu’on peut les pratiquer d’une manière ambulatoire, si je puis ainsi n° exprimer, deviennent souvent en Égypte le point de départ d’un iritis, | quivamène l’occlusion de la nouvelle pupille, ou qui entretient pendant longtemps des névralgies ciliaires opiniâtres. Cette remarque s'applique principalement aux opérations qui nécessitent des tiraillements du tissu de l'iris, comme celles qui sont indiquées par un leucôme adhérent.

La choroïdite suit généralement en Égypte une marche chronique et insidieuse. La plupart de ceux qui en sont atteints ne s’aperçoivent de leur maladie que lorsque leur vue est considérablement affaiblie, ou que la sclérolique à commencé à devenir staphylomateuse; mais il n’est pas toujours possible de s'assurer chez eux des lésions de la choroïde au moyen de l’ophthalmoscope; c’est que, chez un grand nombre de ces malades, la pupille a perdu sa transparence à cause de l'iritis qui avait précédé, ou qui avait suivi Dinflammation de la choroïde, ou bien à cause de la cataracte glaucomateuse, quine tarde pas à compliquer ces lésions de la membrane vasculaire.

Plusieurs causes concourent en Égypte à la production des inflammations de l'uvée ; parmi ces causes on doit noter en première ligne les chaleurs excessives de l'été, surtout la chaleur sèche, telle qu “elle se fait sentir dans {a ville du Caire avant l’inondation du Nil; aussi ces maladies sont-elles plus communes au Caire qu’à Alexandrie, dont le climat est humide, surtout en été.

Une autre cause non moins pernicieuse c’est l’action directe de la lumie à laquelle vient s’ajouter en dehors de la ville la réverbération intense duol On croirait sans doute que, dans un pays inondé de lumière, on prend ques précautions pour en modérer l’action nuisible. Eh bien, non-s6hl8 2m on ne porte pas sur la tête quelque chose qni puisse protéger les yeux € les rayons du soleil, mais on a plutôt l’air d’aller au devant de cetie € ca funeste. C’est un spectacle navrant de voir l° apathie avec laquelle les hom du peuple s’exposent au soleil ardent de l'été; aussi les maladies quimn occupent sont-elles beaucoup plus fréquentes chez les indigènes, et prinei lement chez les laboureurs.

Dans l’intérieur des villes, cette cause est atténuée par l’étroitesse ex sive des rues; on peut affirmer, sans exagération, que dans les quatre cinq mes des rues ‘du Caire le soleil n’a jamais pénétré. Mais en revanche la» tecture orientale est telle, qu’elle ne permet pas aux yeux le moindre rep dans chaque maison du Caire, il y a un nombre de fenêtres tellement exagl qu’elles ressemblent plutôt à des lanternes qu’à des maisons; dans examens ophthalmoscopiques, il m’a souvent été impossible de me pro cu pendant la journée une obscurité suffisante. F

À ces causes morbifiques viennent s’en ajouter d’autres non moins funes tenant aux habitudes et aux mœurs. Sans parler de la syphilis, qui est trè répandue en Égypte, une des causes les plus efficaces de l’uvéité est la des boissons alcooliques. Malgré l’interdiction du Coran, tout le monde ab en Égypte de l’eau-de-vie de la manière la plus excessive; or, on peut ment se représenter les effets de ce stimulant énergique dans un pays où système vasculaire est déjà tellement turgescent.

C'est ici le lieu de dire un mot de l'abus extrême des plaisirs vénérie Cette cause tient noen-seulement au climat, mais surtout à la polygamie n hométane, La nature a beau demander un peu de repos, on a inventé moyens énergiques pour la réveiller, et le système vasculaire de l'œil new pas à participer d’une manière funeste à cette surexcitation générale. l'économie, impitoyablement agacée.

B. En Grèce. |

Dans le climat tempéré de la Grèce, la chaleur est quelquefois assez vime été, mais elle ne dure pas longtemps, et elle est toujours modérée par vents. On se garde bien de s’exposer à l’action directe du soleil, ou à la ré bération du sol qui, dans quelques localités et notamment à Athènes” très blanc; on boit fort peu de liqueurs, on ne boit que le vin du pays q certes, n’est pas la boisson la plus enivrante; encore en fait-on généralem un usage modéré. #4 L'absence de ces causes nosogènes explique jusqu’à un certain point le f de fréquence de la choroïdite primitive en Grèce. On observe souvent! T2 légères congestions choroïdiennes, surtout chez les individus qui se fatigu trop les yeux, ou qui par leur manière de vivre ont des afflux de sang ver vaisseaux de la tête; mais ces congestions s'élèvent rarement au dégré dh inflammation alarmante, il est même assez rare de les voir donuer lieu à" hémorrhagies intra-oculaires.

La vulnérabilité de l’uvée est assez faible en Grèce, aussi peut-on sou pratiquer sur le globe oculaire des opérations graves sans donner lieu äm accidents du côté de la choroïde. C’est ainsi qu’à Athènes les opération la cataracte ont ordinairement une issue heureuse; on peut souvent renvoyé ;

Fans scrupule le malade après 24 heures, quelquefois même plus tôt, et notamnent pendant la saison froide, aussitôt après l'opération de l’iridectomie. IMChose remarquable, malgré la rareté relative de la choroïdite, la dissolulion de l'humeur vitrée est plus fréquente en Grèce qu’en Égypte. C’est une observation que j'ai eu souvent l’occasion de faire, surtout à propos des opérations de la cataracte. C’est principalement chez les individus âgés et chez lessujets cachectiques que le synchisis se rencontre le plus fréquemment. (Gelä porte naturellement à croire que la dissolution du corps vitré est loin détre toujours la suite de l’inflammation. de la choroïde ; serait-elle plutôt lune atrophie dé cette humeur, indépendante d’un travail inflammatoire ? L'inflammation de l'iris est beaucoup moins rare en Grèce que celle de Îa choroïde ; mais le caractère de cette maladie diffère beaucoup de celui qu’ou remarque en Égypte; car, tandis que dans ce dernier pays elle présente le calractère de ce qu'on appelait dans le temps éritis arthritique, et que j’appellerais Aplotôt éritis des pays chauds, elle offre en Grèce plutôt les attributs de l’iritis Aditerkumalismale; elle est le plus souvent occasionnée par l’action brusque du froid, affecte la marche aiguë, et cède à un traitement antiphlogistique éner- {gique, secondé par une température élevée et invariable. L’iritis syphilitique {n'est pas rare dans les grandes villes.

Bién que la cataracte et l’amaurose ne puissent pas être considérées comme {des“ophthalmies internes, je placerai ici, faute de pouvoir les placer ailleurs, és'quelques remarques que j'ai à faire sur.ces deux affections.

Une grande différence existe entre la Grèce et l'Égypte, relativement à la fréquence de la cataracte. La cataracte est en général rare chez les Égyptiens, dumoins la cataracte franche, non compliquée de produits inflammatoires des tissus ambiants; même chez les vieillards, les cas de cataracte ne sont pas Lirés fréquents. Il n’en est pas de même pour la Grèce ; là, la cataracte est une binäladie assez commune, on en peut étudier toutes les variétés. quoi tient cette rareté de Ja cataracte chez les Égyptiens? je ne saurais | leMdire. Ce qui me paraît ressortir de la statistique que je viens de recueillir, | c’est que :

PLe travail morbide qui donne naissance à la cataracte sénile n’est pas sous la dépendance d’une affection irritative de la choroïde.

Iles climats chauds et secs sont les moins favorables à son développement. NI" L'abus des liqueurs spiritueuses ne favorise pas la production de la calaracte.

IN: Contrairement à l’opinion de Réveillé-Parise, l'usage des narcotiques, et notamment de l’opium et du haschich n’est pas pour grand’chose dans son étiologie.

Quoi qu'il en soit des causes, il est vraiment fort heureux que la cataracte Soibsi rare en Égypte, car le traitement en est fort difficile parmi ce peuple, dCause des chaleurs qui entravent le pansement, de la grande vulnérabilité delai membrane vasculaire, de l’excavation ordinaire des yeux, qui s'oppose beaucoup à l'extraction de la cataracte, enfin et surtout à cause de l’indocilité des malades, que l'on ne pourrait point persuader de la nécessité absolue de se Soumettre au repos el à la diète exigés par uve si grave opération. Un exemple suffira pour démontrer la justesse de cette dernière remarque; je pratique un Matin au Caire le broiement de la cataracte chez nn indigène: je lui recommande le repos, la diète et les applications froides ; le soir, je le trouve étendu

dans Son jardin et fumant sa pipe avec autant de sang-froid que si rien ne lui élait arrivé.

En Grèce, au contraire, le traitement chirurgical de la cataracte est facile cause de la docilité des malades et du peu de réaction qui suit les opérati de ce genre. [l n’y a qu'une circonstance qui doit appeler toute l’attentio () chirurgien: c’est la dissolution de l'humeur vitrée; on ne saurait prendre tr de précautions pour éviter de méconnaître cette grave complication, sur chez les individus qui ont déjà atteint leur dixième lustre. F

L’amaurose idiopathique, dont Galien donne cette belle définition :

« ’ApaUpuoats DE éativ Ürav ravrelhs Tapeutodouds ÿ ToÙ dpAV xwple pavepac uitia a d amaurose est la disparition complète de la vue sans cause évidente), est maladie rare dans la Grèce; en Égypte, au contraire, elle est assez [réq cette fréquence tient principalement aux causes suivantes: . É

I. A la chaleur excessive du climat, qui exerce sur l’innervation une acti débilitante.

Page 1