PAR LE DOCTEUR J.-A. MARQUES
Le Portugal n’a pas détaché de la pratique générale, aussitôt que cela s’est fait dans d’autres pays, la branche de la médecine qui a reçu le nom moderne dophthalmologie. On étudiait en Portugal la médecine oculaire, on y pratiquait toutes les opérations d’oculistique, mais il n’y avait aucun médecin Lvoué exclusivement à la clinique des maladies des yeux. Ce n’est guère que depuis quelques années que le Portugal à commencé à marcher sur les traces des autres pays de l’Europe, qui l’avaient devancé à cet endroit ; aujourd'hui ilprouve incessamment l'intérêt qu’il porte au progrès de la médecine et de lachirurgie oculaires comme spécialité. Il est vrai qu'on ne trouve pas en Portugal des établissements spéciaux pour traiter les maladies des veux; { “mais, dans quelques hôpitaux généraux, il y a des salles séparées pour ceux qui sont atteints d’affections oculaires. Il existe même à Lisbonne une maison de consultation ophthalmologique. La première salle d’oculistique a été organisée à l'hôpital militaire de Lisbonne, après que le décroissement de Vépidémie ophthalmique de l’armée eût permis de fermer les hôpitaux qui étaient destinés exclusivement au traitement de ces maladies. Quelque temps après, l’enfermeiro nior de l'hôpital de Saint-José de Lisbonne a fait séparer “a certain nombre de lits pour organiser aussi une clinique ophthalmologique. La clinique de l'hôpital militaire est confiée à un chirurgien de l’armée, M°Sà Mendes, qui, depuis plusieurs années, exerce cette partie de la médecine à la satisfaction de ses malades et de la science. La salle des maladies des-yeux à l'hôpital de Saint-José appartient à M. le docteur J.-C. Loureiro qui, depuis 1846, s'occupe de la médecine oculaire en Portugal. C’est encore dces deux médecins, MM. Loureiro et Sà Mendes, qu'on doit l'établissement dela maison de consultation désignée plus haut, et actuellement soutenue et dirigée par M. Loureiro. Pour ce qui concerne la publication des écrits sur la médecine oculaire, nous n’en avons que très peu, en comparaison des autres pays qui nous ont précédés; il y a toutefois sur cette matière un grand nombre darticles originaux dans les publications périodiques de médecine portugaise, particulièrement dans l’Escholiaste medico, dus à MM. Louriero et Sà Mendes. Phistoire de l’ophthalmie militaire en Portugal , que nous avons présentée au Congrès, en dit assez sur le grand nombre de travaux qui ont été publiés, lors dela discussion scientifique que le développement de l'épidémie a suggérée. Voilà, dans un très court résumé, ce qu’on peut dire de l’ophthalmologie en Portugal. Mais il faut ajouter qu’on possède à Lisbonne, à Porto, et dans d’autres villes encore, des chirurgiens très habiles, qui exercent la clinique ophthalmologique avec une entière connaissance de l’état de la médecine oculaire, et qui pratiquent les opérations avec toutes les conditions exigées, sans être pourtant des spécialistes. Quelques-uns mêmes de nos médecins ont suivi les cliniques ophthalmologiques des pays étrangers, particulièrement celles de la France et de la Belgique. Nous citerons, parmi les premiers, MM. le baron Kekeler et Magathâes Coutinho, et parmi les seconds, MM. Guerreiro, Loureiro et May Figueira.
Ilyaurait peut-être place ici pour quelques considérations sur les méthodes
de traitement, tant médicales que chirurgicales qu’on emploie le plus partit lièrement en Portugal; mais cela nous conduirait à une longue exposition qui du reste ne dirait rien de nouveau, car les ouvrages des premiers ophth: mologistes sont les guides consultés pour la pratique des médecins portuga