APERÇU SUR L'OPHTHALMOLOGIE DANS LE NORD DE LITALIE
nos praticiens, car il me semble qu’elle est même usitée (par tradition peutêtre) dans nos campagnes et parmi nos montagnards; en effet, on observe quelquelois des paysans qui se rendent chez le médecin, les yeux malades couverts et parfois.comprimés par un bandeau.
L'hydrothérapie oculaire constitue aussi pour les Italiens un moyen curatif utile, que l’on emploie. tantôt comme agent mécanique, pour expulser de l'œil lescorps étrangers qui s’y sont introduits et les humeurs pathologiques sécrétées par la conjonctive, surtout dans les ophthalmo-blennorrhées ; tantôt comme agent antiphlogistique, dans le traitement de presque toutes les phlouoses spontanées el traumatiques.
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Après ce rapide aperçu de l’état général de la pratique ophthalmologique {dans la haute Italie, je dirai brièvement ce qui la concerne spécialement dans feduché de Parme, en passant sous silence tout ce qui ne me paraïitra pas Adigne d'intérêt, soit pour me tenir dans les bornes fixées, soit pour ne pas ! dérober à d’autres plus dignes d'occuper l'attention de cette illustre assemblée | le temps nécessaire à leurs observations.
A cause des ravages affreux produits par l’ophthalmie égyptienne dans nos Liroupes depuis 4849 jusqu’à 1852, quelques efforts que l’on ait faits dans le Lbut. d'empêcher la propagation du virus contagieux, jamais on n’est parvenu àenarrêter la diffusion dans le peuple, parmi lequel cette maladie existe toujours et exerce ses ravages. Aussi, les ophthalmies les plus fréquentes chez zous sont à présent les purulentes, et c’est ce que j'ai constaté dans la pratique de mon dispensaire, qui me donne un septième environ de ces affections. — Après celles-ci, les conjonctivites simples sont les plus fréquentes, ébdans le grand nombre de causes qui les produisent, il faut compter les Changements rapides de l’état de l'atmosphère; ces changements, qui ont lieu dans le climat de mon pays, dominé au printemps surtout et en automne par leSvents du nord-ouest et du sud-ouest, lesquels emportent presque entièrebinent l'ozone atmosphérique, peuvent à mon avis avoir une certaine influence subule développement plus considérable de cettè maladie, comme aussi sur celui-de toutes les maladies broncho-trachéales, très communes dans nos régions. Enfin, les kérato-conjonctivites pustuleuses ou lymphatiques avec leurs. Suites, soutenues par la diathèse scrofuleuse, dégénération de la race humaine, attaquent surtout, comme dans les autres pays, les enfants des pauvres. Cette affection doit certainement être attribuée, pour la plus grande partie, à la mauvaise nourriture, au défaut du vin et aux habitations insalubres. dans lesquelles les indigents de nos villes sont contraints de vivre. I faubespérer que, d’après l'exécution d’une ordonnance de S. A. R. la duchesse deParme, relative à la construction d’un nouveau quartier dans la capitale, oùMles pauvres auront des logements plus convenables, la condition physique de.ces infortunés pourra s'améliorer dans l'avenir.
Quoique le nombre des ophthalmiques soit assez considérable dans ce duché, et que ces malades puissent offrir un vaste champ d’études et de pratique, jamais on n’a institué dans notre université d’école spéciale pour l'oculistique. L'enseignement de cette branche trés importante des sciences médicales est coufiée au professeur de clinique chirurgicale, lequel est obligé d'en faire un cours de quelques mois ; de façon que tous ceux qui désirent apprendre la science que nous pratiquons, se trouvent dans la nécessité d’en aller chercher les notions à l'étranger.
L'État de Parme, qui n’est pas tout à fait pauvre en ce qui les 6 de blissements de bienfaisance publique, manque encore aujourd” hui d'u institut ophthalmique; j'ai voulu suppléer, en partie au moins, à cette lacum par l'établissement d’un dispensaire, qui est aujourd'hui, soutenu par k secours privés d’un seul citoyen.
Parmi les choses importantes et qui ont quelque rapport avec mon sujé je dois citer les sources d’eaux minérales de Tabiano et de Salsomaggiore dans le duché, d’autant plus que la balnéologie oculaire, bien peu en usag jusqu'ici, commence à gagner du terrain.
Les eaux de Tabiano, bien plus riches en acide sulfhydrique que celles la Porette et de Sainte-Lucie près de Naples (4), ont été reconnues eficac pour faire disparaître certaines maladies cutanées, rhumatismales et syphil tiques. Quant à moi, j'en ai reconnu l'utilité dans quelques cas de blépharite ciliaires chroniques, et dans les eczémas des paupières, dans la phytirias des sourcils, etc. Mais je ne puis encore juger de leur vertu thérapeutiqu dans les autres ophthalmopathies, n'ayant pas eu l’occasion d’en faire l’essa Je me suis servi de celles-ci pour bains généraux et pour douches oculaire
Les eaux que l’on tire des anciens puits de Salsomaggiore, et qui, ava Charlemagne, étaient exclusivement destinées à la fabrication du sel, son propriété du gouvernement; et les eaux-mères, qui étaient négligées auparavan ont donné l’occasion à notre médecin distingué M. Valentini d’en faire lobit de différentes expériences dont les résultats ont presque toujours dépassé st attente. — Comme elles sont riches en iodures et en brômures, administré en bains généraux ou en applications topiques, délayées avec de l’eau of mune afin d’en corriger la causticité, elles procurent des guérisons complèti dans un grand nombre de maladies causées par les diathèses scrofuleuse € syphilitique (2). Elles ont acquis une renommée si éclatante en peu de temp soit par le grand concours des baigneurs, soit par les effets salûtaires qu ell le ont produits, que le gouvernement a fondé dans ce petit pays un établiss ment digne d’être complé parmi les premiers de notre péninsule. — Grâce l'usage de ces eaux, j'ai pu vaincre d’une manière merveilleuse des ophtha nies scrofuleuses chroniques, des taches cornéennes et des exostoses sypli litiques intra-orbitaires; et il n’est pas nécessaire d’en donner ici d'autr détails, puisque j'ai déjà indiqué la vertu de ces eaux dans la thérapeutiqu oculaire.
J'ai tàché de vous représenter fidèlement ce que mon pays offre d’intéres sant au point de vue de notre spécialité; c’est malheureusement peu de cho et il eût fallu un interprète plus habile que moi pour vous en rendre intére sante la narration.
(1) Comparaison des eaux sulfureuses les plus réputées de l'Italie. — a) Eau sulfureuse € la Poretta. — b) Eau sulfureuse de Ste-Lucie. — c) Eau sulfureuse de Tabiano.— Dans un lil de chacune d’elles on a rencontré : gaz sulfhydrique libre, comme il suit : dans la pre cent. cub. 16,101, — Ia deuxième, 39,794, — dans la troisième, 62,778, outre celui qu trouve à l’état d'union chimique avec le sulfure de lithium. De là vient la grande supériorilé nos eaux sur les deux premières : Bezzieri, Not. sulle acque di Tabiano.
(2) Valentini. Salso, le sue Saline, e i suvi Bagni salino-iodati. Parma, 1857.