PAR LE DOCTEUR ROSSANDER
Chirurgien à l'hôpital des Séraphins de Stockholm.
(Notice lue en Comité général le 15 septembre 1857.)
Je-me suis imposé la tâche de vous entretenir, Messieurs, des itistitutions lophihalmologiques de la Suède; cette tâche se bornera malheureusement à venir vous avouer qu'il n’y existe point d'institutions de celle espèce, au moins (une manière spéciale. Une telle confession m'est pénible, je l'avoue, mais {fellé“me le serait bien plus encore si je ne savais que ma patrie partage en lelale sort de bien d’autres pays, de ceux-là même qui constituent les soi- {disant centres de la civilisation, où l’ophthalmologie n’a pas de représentants lofficiels. Cet état de choses est, en 1ous cas, plus pardonnable chez nous, surtout pour qui connaît nos institutions scientifiques en général, et la positionsingulière et fausse dans laquelle elles se trouvent, et dont je vais essayer de vous rendre compte en quelques mots. La Suède a deux universités, Lune à Upsal, l’autre à Lund. La première existe depuis près de quatre fsiècles; elle a joui et jouit encore d’une réputation bien mérilée, grâce aux [Linné, aux Rudbeek, aux Celsius, aux Wahlenberg, etc., qu’elle a comptés parmi ses professeurs. L'Université de Lund à été fondée, il y a 180 ans, par Charles XI, pour soustraire à l’inflience intellectuelle du Danemarck les prolinces du midi de la Suède, qui avaient été nouvellement prises à cette puissance par son père, le fameux Charles X (lequel avait appris à l’école de Gustave-Adolphe à conquérir des royaumes). Moins célèbre que celle d'Upsal, celle -université a pourtant le droit de revendiquer une part honorable daus Jles-progrès des sciences en Suède, et, comme à Upsal, ses illustrations priuipales appartiennent aux sciences naturelles ; telles sont Nilson, Zeturstedt, Fores, etc. Mais si les sciences naturelles ont été cultivées avec fruit dans ces universités , il n'en à pas été de même de la médecine, à proprement parler. CesFacultés ont traité, beaucoup plus longtemps encore que ‘les autres en Europe, la médecine d’une manière abstraite et philosophique; elles se sont vbStinées à faire de la médecine une science pure et élevée, et y ont si bien réussi, qu'elles l'ont élevée jusqu'aux nuages, d’où elle a eu beaucoup de peine à descendre, et où elle serait probablement encore sans l’avénement jd'unertius interveniens, je veux parler de l'école de Stockholm. Vous comprenez, Messieurs, que les Facultés, avec de telles tendances, ne pouvaient guère S'occuper de la partie la plus pratique de notre art, la chirurgie ; aussi War t-il que viugt ans qu’elles ont des chaires spéciales pour la chirurgie, fiusque-là réunie à l’auatomie; il n’y était pas question de cliniques, et du reste, il wétait pas facile d'en instituer dans de petites villes de 10,000 habitants, même avec la meilleure volonté. A Stockholm, au contraire, dans les grands fhôpitaux, dont quelques-uns datent de cent ans, l’occasion devait se présenter d'elle-même ; aussi une petite école se forma-t-elle autour d’eux, mais cette école m'avait d'abord pour mission que de former des chirurgiens pour [larmée. Bientôt elle s'agrandit, Berzelius y fut attaché (et y resta professeur JuSquà sa mort); plus tard Retzius y vint briller, et ces deux noms don-
nérent à l’école un éclat qui mit les universités dans l'ombre. MM. Ekstrôn Huss et Berg, en réorganisant les cliniques, attirèrent des élèves nombre avec et après eux, MM. Santesson et Malmsten continuèrent cette r et le gouvernement finit par ordonner que tous les étudiants en mé vinssent faire leurs études pratiques à Stockholm. On a cependant érigé cliniques à Upsal et à Lund, et les professeurs actuels, tous anciensé él et même agrégés de Stockholm, y font honorablement tout ce qui \ est sible avec des moyens restreints. Les élèves pourtant qui ont prétéris toutes leurs études à Stockholm, où le nombre des professeurs est moment plus grand que celui des ne Facultés réunies, n’ont pas encore ob les droits dont jouissent les élèves des Facultés; et comme on a été de professer à Stockholm les mêmes éléments qu’à Upsal et à Lund, pour pas rester à la place humiliante de l’empirisme pur, il s'ensuit que les fc scientifiques de la Suède sont divisées en trois; qu’en trois endroits diffé on s'occupe des mêmes choses, c’est-à-dire des éléments, et que celui Ï veut aller un peu plus loin dans les spécialités est forcé de faire dess à ultérieures à l'étranger, tandis que ces ressources, réunies, permettra diviser les matières, de faire des cliniques spéciales, etc. Dans ces Fr rl temps, on s’est occupé sérieusement de cet état fâcheux ; l'opinion publ demande une réforme, et l’on a même proposé cette année à la Diète deré toute l'instruction médicale à Stockholm, ou de donner à tous les élève mêmes droits—ce qui, à la longue, reviendrait au même ; — mais les pre sont lents à s’accomplir en Suède, ce qui tient à l’esprit même du peuple: est assez conservateur, et parce qu’il entre dans notre rep d'éléments stationnaires;—le clergé occupe par exemple à lui seul une quatre chambres, et vous savez combien il est difficile de faire croire ; clergé que des progrès sont nécessaires. Il faut espérer que cet étà choses ne durera pas toujours, et une réforme aurait probablement à sas entre autres, une chaire spéciale pour l’ophthalmologie. Jusqu'à présent spécialistes que nous avons, MM. Minton et Ekstian, sont restés étrang, l’enseignement, et les professeurs des Universités, comme ceux de sn h n’ont pu que de temps en temps traiter cette branche de la science: déjà cette année ouvrir une polyclinique pour les maladies des yeux aug hôpital de Stockholm, mais cette clinique est confiée à des forces bien fai à celles que vous avez devant vous.
Quant aux maladies des yeux qu’on pourrait regarder comme el chez nous, je n’en sais pas grand’chose ; le manque de spécialistes e. fait manquer d'observations rigoureuses, et mon expérience ne dé te d'hier. Je crois en réalité qu'il n’en existe pas, et quant à l'ophthalmie mili fl j'en suis sûr. Après les grandes guerres du commencement de cel notre armée a bien eu sa part, mais la maladie à bien vite disparu. expliquer cela, il faut savoir que nos soldats en paix restent paysans qu'ils soient soldats pour toute la vie). On ne les rassemble que pendant semaines chaque année, pour faire les exercices nécessaires, et le res l’année ils sont confondus avec le peuple et complétement séparés le des autres. Dans une seule paroisse, l’ophthalmie militaire s’est he par contagion évidente aux autres habitants, et elle a même régné là pen un temps très long; mais à présent elle a disparu, sans gagner les 2 parties du pays, grâce aux grandes distances qui séparent les paroiss aux mœurs Conservatrices de la contrée affectée, de ses habitudes solit de l’idée de ses paysans de ne se marier qu’entre eux, etc.
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