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FAITES AU CONGRÈS OU DÉPOSÉES

PAR BOISSONNEAU, PÈRE, Fr Oculariste des hôpitaux civils et militaires de Paris.

Detous les appareils se rattachant à la prothèse humaine, l'œil artificiel, quoique ayant subi dans ces derniers temps d'importantes améliorations, est peut-être celui qui est le moins connu dans sa matière, ses conditions d’appropriation, et au point de vue des avantages qu’on en peut retirer.

n'entre point dans le plan de cette note d'étudier l’histoire de l’art dont il estl'objet depuis son enfance, qui remonte à une époque antérieure de plusieurs siècles à l’ère chrétienne; elle prendra pour point de départ la nature desémaux que l’on employait avant l’époque à laquelle j'appartiens, et la conformation ovalaire que mes prédécesseurs les plus immédiats donnaient encore dun appareil que je copiai moi-même, sans modification de forme, dans les Premières années de ma carrière professionnelle; puis, après avoir dit quelques mots de l'utilité des restaurations physionomiques, elle se terminera par exposé comparatif de l’ancien œil arlificiel, et des chefs de méthode se rattachant au mode d’appropriation que j'ai adopté.

$ I”. Matières premières.

L'œil artificiel est composé d’émail, modelé à la lampe d’émailleur ; ce genre

demravail à pris naissance dans les Pays-Bas, au xvire siècle. L'artiste qui eut celte idée employa les émaux de Venise, et je continuai moi-même l'emploi

de ces matières jusqu’en 1850, époque à laquelle j'écrivis mon premier noire sur ce sujet. |

Ces émaux, très variables dans leurs principes colorants, étaient, enr de leur base alcaline, facilement attaquables par l'humidité ; mais on pal à en composer qui, sans être absolument résistants, offraient néanmoins | propriétés capablés de les défendre pendant longtemps contre cette détéris tion, propriétés bien utiles pour l'œil artificiel, parce que l’état de ruge qu’il peut revêtir est toujours le point de départ de graves altérations orgà ques des parties avec lesquelles il est appelé à se trouver en rapport. |

Avant d'entrer dans les détails touchant la nature et les qualités des n: velles matières que j'ai introduites dans ma fabrication, je pense qu'il ne $ pas inutile de classer ici les vitrifications, telles qu'elles doivent être compri dans leur ordre naturel; car, il faut bien le dire, ces émaux n’ont poin d suffisamment spécifiés par les auteurs qui, jusqu’a ce jour, y ont conpres tains verres et cristaux de couleur. La divergence qui existe dans la nom clature des différentes espèces, et les erreurs généralement répandues sur point m'engagent à bien établir ici ce que l’on doit entendre sous la dénor nation d” émail. r

Les vitrifications se divisent en deux classes bien distinctes : la pre nié comprend les produits naturels; la seconde, les produits facticesl quartz transparents, incolores ou colorés, le cristal de roche, les PES émeraudes, les rubis, etc., sont des verres naturels, comme les aventurine: les agates sont des émanx gisant au sein des roches primitives, Les lave vomissent les cratères volcaniques, produits des digestions des ne : notre planète,sont aussi des émaux naturels, plus ou moins imparfaits, à colorantes métallico-terreuses.

La chimie, bornée d’abord aux connaissances confuses des alchimist aujourd’hui basée sur une scicnce positive, a successivement proc vitrifications factices qui, luttant de pureté et d'éclat avec les pierres nat

relles, n’eu diffèrent guère aujourd’hui que par la dureté.

On connaît, sous la double dénomination de verre et de crista], deux duits chimiques trausparents : le premier est un silicate alcalin, produit de silice et de divers alcalis fixes, amenés à l’état de fusion par l'influence dt haute température; le second est un silicate métallique obtenu par le m èt procédé, de la silice et de différents oxydes métalliques, n’offrant pas depi priétés colorantes. F

Si, à ces bases, on ajoute des té ayant des propriétés tinctoriales doses rigoureusement ménagées pour ne point troubler La transparence d matière, on obtient les verres ou cristaux de couleur.

Les émaux sont composés de ces mêmes matières, et leur opacité ple s moins prononcée n’est que le résultat d’une surabondance des prineif colorants unis à la masse, soit à l’état de combinaison, soit à l'état F. mélange.

En conséquence, les vitrifications factices se divisent en trois espèces # première comprend les verres et cristaux incolores; la seconde les verres cristaux colorés, mais parfaitement transparents; la troisième, qui cor pret les émaux, à pour base ces derniers produits, dont un excès de principes co rants à troublé ou détruit la transparence. à

Il ne peut donc exister d’émaux transparents, parce que la dénominath d'émail doit appartenir exclusivement aux vitrifications plus où moins opaqui autrement, il faudrait créer, sans nécessité, des noms pour les différen degrés d'opacité.

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