SIMPLIFICATION DE L'OPÉRATION DE LA CATARACTE PAR EXTRACTION
“Elle résiste assez fortement à la déchirure, nous apprennent MM. Warlomont et Testelin (1)... Elle n’est altérée, ainsi que nous nous en sommes assurés, ni par l'ébullition, ni par la potasse caustique, ni par les acides les plus nergiques, tels que les acides sulfurique, nitrique, chlorhydrique. Ces propriétés, ajoutent nos deux savants confrères, expliquent pourquoi elle est beaucoup blus difficile à rompre sur le vivant, dans l'opération de la cataracte, que ne lé-ferait supposer son peu d'épaisseur. Nous avons brisé avec une aiguille un Wrand nombre de capsules de cristallins posés sur une table, et nous avons été lrappés de la résistance relativement considérable qu’elles présentaient. Si ous n'avions point la précaution de perforer d'emblée la capsule par un petit
loupe-que la membrane d'enveloppe n'avait point été intéressée. Or, s’il en est ainsi lorsque les parties ont derrière elles un point résistant comme une table, que doit-il advenir lorsqu'elles ne sont maintenues, comme dans l'œil, que par june-gelée tremblottante, l'humeur vitrée. Nous avons insisté sur ce point, parce (qu'il. explique très-bien comment il arrive que, malgré les précautions dans {abaissement, on déprime si souvent la lentille avec sa capsule intacte; cir- {constance grave, car elle empêche l'absorption d’une manière absolue; il explique enfin comment, dans l'extraction, surtout lorsque l'humeur vitrée est unpeu ramollie, le cristallin, comme nous l’avons vu plusieurs fois, ne sort pas bien que l'introduction méthodique du kystitôme fasse croire que la capsule à été largement incisée. »
|} Comme vous le voyez, Messieurs, les études de MM. Warlomont et Testelin prouvent suffisamment que l’incision de la capsule n’est pas toujours possible, etque très probablement on croit quelquefois avoir incisé cette membrane, lorsque l’on n’a fait que tracer un sillon à la surface du cristallin, sans en avoir intéressé l'enveloppe. Songez-y un instant, et vous verrez que cela est très pro- 'bable, car la perte de l'humeur aqueuse, par l’incision faite à la cornée, diminue la résistance du globe de l'œil, et alors la déchirure de la capsule, déjà difficile lorsqu'on fait l’abaissement, devient souvent impossible dans l’extracltion, parce qu'elle se laisse enfoncer plutôt qu’inciser par le kystitôme.
Mais admettons même que, dans le plus grand nombre des cas, l’incision de la capsule soit possible; pourra-t-on toujours la faire aussi large qu'il le faudrait?
La réponse est négative, et elle nous est donnée par deux grandes autorités, MM. Mackenzie et Desmarres.
Le premier nous dit : « Il est impossible, même avec les instruments les plus acérés, de diviser la capsule en losanges (2).
En conséquence, il donne le précepte de faire avec une aiguille une simple déchirure à la capsule.
Voici ce qu'a observé M. Desmarres : « Il est impossible, dit-il, de diviser lacapsule en carrés ou en losanges, même avec l'instrument le plus tranchant. Quand une ouverture est faite dans cette membrane, l’aiguille entraîne avec elle; sous la pression qu’elle exerce, la lèvre correspondante de la solution de Continuité, mais ne fait pas de nouvelle incision ; je me suis assuré de ce fait Surdeslapins, en introduisant une aiguille à travers la’ cornée et en disséquant l'œil après avoir sacrifié l'animal (5). »
(1) Traité pratique des maladies de l'œil, par W. Mackenzie, traduit sur la 4e édition, par MM. Warlomont et Testelin, t. 11, p.515. Paris, 1857. V. Masson. (Note additionelle des trad.) (2) Loc. cit. t. 11, p.450.
(5) Traité des maladies des yeux, par M. Desmarres. {rc édition, p. 607. Paris, 1847.
Je pourrais ajouter les noms d’autres chirurgiens qui ont aussi consta difficulté d’inciser la capsule, mais il suffira de vous exposer ce que MM. W lomont et Testelin viennent d'écrire dans une addition à l'ouvrage célèb s M. Mackenzie (1). 4
« Bien que l’incision de la capsule semble, au premier aperçu, n aucune difficulté, elle n’en est pas moins une source fréquente d’embarras méme d’insuccès. [l ne faut pas oublier que la capsule jouit d’une assez grar élasticité, et qu’elle peut facilement céder, sans se rompre, sous la press d’un instrument mal affilé. »
De ce que nous venons de voir, on peut déjà conclure que Vi incision ke capsule n’est pas toujours possible, et qu’au moins elle n’est pas facile.
Voyons maintenant si elle peut se pratiquer sans danger. :
Si nous passons en revue les ouvrages de chirurgie oculaire, nous trouve qu’en introduisant l'aiguille ou le kystitôme dans la pupille, en incisant capsule, et en retirant l’instrument, il n’est pas rare que l'iris soit déch car on ne peut pas toujours empêcher que le malade tourne brusque l'œil pendant le second temps de l'opération. 4
Vous connaissez les conséquences de cet accident : ne. de se dans les chambres de l'œil, inflammation de l'iris, et affaiblissement ou mé abolition de la vision.
Mais si l’on ne pratique qu'une seule incision à la capsule, il faut qu'eliié [ parcoure toute l'étendue, et alors n'est-il pas facile d’en dépasser les limite Dans ce cas, on court le risque de déchirer la membrane hyaloïide el de dont lieu à l’écoulement de l’humeur vitrée. C'est déjà un inconvénient, “mais d n’est pas encore le plus grave. ‘à
La capsule, à cause de sa grande élasticité, cède souvent sous le kystitôr sans se rompre, et alors le chirurgien est obligé d’ appuyer sur elle. MM. lomont et Testelin se chargent de nous dire ce qui arrive alors : « il disent-ils, non-seulement que le kystitôme soit bien pointu, mais il faut $ servir d’une certaine façon, en râclant la capsule plutôt qu’en appuyant elle; faute des précautions convenables, il arrive souvent que l’on retire strument sans qu’il ait pratiqué ses incisions ; ou bien, si l’on a appuyétropl fort pour vaincre une résistance parfois assez grande, Lout le système cristal linien peut être enfoncé dans M vitrée, Dans ce dernier cas, 10 l'opération est définitivement manquée.
Il est donc certain, comme nf Hp et plusieurs opérateurs l'on avoué, que le cristallin glisse quelquefois en totalité ou en partie dans l'hume vitrée, lorsqu'on fait l’incision de la capsule, et que, si ce grave accident} 6 arriver avant le second temps de l opération, il est bien positif qu en sut il y succède.
Par conséquent, si l'opérateur rencontre des difficultés et s’il peut f ii courir des dangers à son malade lorsqu'il doit pratiquer l’incision de lac: sule, n’est-il pas utile d'aborder la question suivante? 4
L'incision de la cristalloïde antérieure est-elle nécessaire pour l'extraction La cataracte? 4
L'incision de la capsule dans la cataracte dure, lenticulaire, ou | capst L leuticulaire, opérée par abaissement, se fait souvent avec difficulté, et a on déprime souvent la lentille avec sa capsule.
La cataracte lenticulaire dure est petite, et la capsule étant saine presque dans l'état normal, elle est très adhérente à la lentille.
(4) Loc. cit., 1. 11, p. 450. ù