ED
nec &" æ
} 45: Si quelques manifestations dela syphilis constitutionnelle se reproduisent iprès la syphilisation, ce qui n'arrive que rarement, et presque Loujours peu letemps après que l’on a cessé le traitement, ou lorsqu'on n’est pas arrivé jusju l'immunité absolue, ou que les individus avaient pris auparavant beauoup de mercure, il faut encore faire quelques inoculations. En peu de temps bnvoit que la santé est rétablie. Alors la guérison de la syphilis persiste. C’est Je qui a été observé à Christiania et à Turin.
“1%: Quelques cas de maladies oculaires syphilitiques ont aussi été traités hvec-succès par la syphilisation. Dans les observations 88 et 94, insérées dans non ouvrage, il y avait, dans le premier cas, les affections suivantes : tubercules muqueux ano-vulvaires, syphilide papuleuse, ulcères profonds du issu cellulaire sous-cutané, ostéocopie, iritis et cachexie syphilitique. Cette Jemme, guérie en 1852 par la syphilisation, fut examinée et trouvée dans un “atde parfaite santé en 1854 par M. Flarer, de Pavie. Dans l’autre cas (Obs. 94), Jediagnostic était le suivant : psoriasis syphilitique confluent et irilis. — La fuérison de cette fille date aussi de 1852.
| Un des cas récents d'iritis double, traité par la syphilisation, que je n’ai pas Encore publié, à été examiné par M. Warlomont, le 18 juillet dernier, trois jours avant que j’eusse commencé les inoculations. On y observait les accidents Pyphilitiques suivants : tubercules muqueux vulvaires, syphilide papulo-pus- {uleuse, alopécie, pustules humides sur les amygdales et aux commissures de labouche, engorgement des glandes cervicales postérieures, anémie, marasme, ièvre syphilitique avec recrudescence vespertine et iritis dans les deux Weux. Je fis instiller de l’atropine deux fois par jour comme dans tous les cas Wiritis, et je pratiquai les inoculations sans interruption tous les quatre jours. Amélioration bien sensible dix jours après la première inoculation; diminution de tous les accidents syphilitiques, et amélioration de la santé quarante jours après. Quelques inoculations seront encore faites pour consolider la guérison et atteindre l'immunité.
k Pamaurose syphilitique à aussi été traitée par la syphilisation, mais, sa cause tlanbune lésion osseuse, j'ai cru devoir employer conjointement l’iodure de Potassium et les inoculations du virus chancreux. Je vous en exposerai en peu de mots deux observations.
Obs. 1: Marguerite G., femme T., âgée de 19 ans, de tempérament lymphalique; mariée depuis deux ans, est entrée le 411 mai 1857 dans le Syphilicôme deMurin. Elle n'a jamais été enceinte. Elle habite la province, et son mari quilaccompagne m'a donné les renseignements suivants :
Ë Dans le mois de janvier dernier, après des rapports avec une autre femme, il a contracté un petit chancre au prépuce, qui s’est cicatrisé en quinze jours. Première infection — point d’induration dans la cicatrice du chancre — engorsement indolent de quelques glandes inguinales — pas de mercure — point de manifestations de syphilis constitutionnelle. Je l’ai encore trouvé sans vétole"à la fin du mois d'août, c'est-à-dire huit mois après qu'il eût contracté le chancre,
Chez la femme, légère cuisson aux parties génitales peu de jours après que son Mari eût contracté le chancre an prépuce, — point de traitement. — La CuiSSOn disparaît en peu de jours — bonne santé pendant les mois de février ébmiars. Dans le mois d'avril, trois mois après l'infection, taches à la peau, probablement roséole syphilitique, maux de gorge, gonflement et cuisson des grandes lèvres, douleurs articulaires, douleurs à la tête, diminution de la vision dans l'œil gauche et fièvre avec recrudescence vespertine. On l'a cru
atteinte d’affection rhumatismale et de congestion cérébrale, et on lui plusieurs saignées. ' N'ayant pas été soulagée par le traitement qu'on lui a fait subir chez ë et ne voyant presque plus de l'œil gauche, elle vint me consulter, et d’après mon conseil qu’elle entra dans le Syphilicôme. E État à l'entrée. -— Cicatrice récente non indurée au côté gauche de l'orifi ginal entre deux caroncules; traces de tubercules muqueux sur les res L engorgement indolent de quatre petites glandes inguinales des deux côtés; de plaques muqueuses aux amygdales ; engorgement des glandes cervicales po rieures, surtout à gauche; alopécie bien avancée; périostite dans le côté gauche pariétal, du frontal, surtout au rebord de l'orbite et à la voûte orbitaire laise; douleurs dans toutes ces parties, plus fortes la nuit; amaurose pre complète de l'œil gauche, dont la saillie est très évidente; insomnie, anémie, a norrhée. à Je lui ai administré l'iodure de potassium à la dose d’un gramme par jour je lui ai fait le jour même de son entrée dans le Syphilicôme deux inoculatiot que j'ai renouvelées tous les quatre jours. q Le pus fut pris sur des chancres, dans la période de progrès, chez que filles entrées pour la première fois à l'hôpital. Chez une de ces filles, chancre était induré et elle à eu, deux mois et demi après, les premières” nifestations de la syphilis constitutionnelle. Les premiers chancres étaient larges de deux centimètres, et dans les autr re: on observa la décroissance régulière. Elle eut trente-huit chancres, cinqu£ pustules abortives et six résultats négatifs. L'amélioration de tous les accii syphilitiques à commencé huit jours après la première inoculation, et lag rison à été complète à la fin du mois de juin. La menstruation lui est reve La saillie de l’œil gauche à disparu presque entièrement. Elle est sortie état de parfaite santé, le 8 juillet, et sa guérison persiste. de traitement a dû deux mois. L Ce fait est important sous plusieurs rapports. D'abord, 1l prouve utilité inoculations répétées du virus chancreux, ensuite il démontre que la mét} autiphlogistique n'empêche pas l’évolution de la vérole, et il nous fait cc | naître que la dualité du virus syphilitique, que l’on voudrait maintenant fa . B| renaître en France, n’a pas de bases bien solides, car le même pus chaucreux donna lieu chez la femme à la syphilis constitutionnelle, et n’a rien prod: jusqu’à présent chez le mari. D'ailleurs ces faits ne sont pas très rares.
Be. -hdl dar à de 2
rl Ali Ps
Obs. 2. Célestine V..., femme T..., agée de 38 ans, tempérament sanguh mal à depuis trois ans, entrée le 20 avril au Syphilicôme de Turin. Je n'ai pu avoir de renseignements exacts sur ses antécédents. Elle dit a contracté la maladie de son mari, il y a quatre ans, et avoir subi, il ya ans, dans un autre hôpital, un long traitement mercuriel. | Douleurs à la tête, surtout à la région frontale depuis quelques mois, apoplexie cérébrale dans les premiers jours du mois de mars, qui fut trai | par la méthode antiphlogistique, et qui lui a laissé une paralysie presque € plète des extrémités inférieures et une diminution très forte de la vision, St tout daus l’œil gauche. Le:
Les deux yeux étaient très saillants, mais l'exophthalmos était plus ed C0 dérable dans l’œil gauche. Les pupilles étaient dilatées, surtout la gauche l'iris peu mobile. Les mouvements du globe de l'œil ont toujours été ib | Point de périostite apparente dans les os du crâne, mais elle accuse douleur lorsqu'on comprime la voûte orbitaire. Pas d’ aÉciAEn syphilitiqu
henévidents, sauf un léger engorgement des glandes cervicales postérieures, Quisna pas disparu tout à fait par le traitement mercuriel qu'elle a subi il ya rois ans.
| L'iodure de potassium administré pendant un mois n'ayant produit qu’une |mélioration peu sensible, je lui ai fait le 15 mai les deux premières inoculalions, qui furent ensuite renouvelées tous les quatre jours. Les chancres arti- {ciels, même ceux des cuisses, ont eu une petite extension. Le pus fut pris sur les chancres en voie de progrès chez cinq autres malades récemment entrées. Parmi celles-ci, il yena une dont le chancre a déjà été suivi de syphilis constilonnelle.
Quinze jours après la première inoculation, il y eut une amélioration bien ensible. Elle commença à marcher et à voir un peu mieux. Dans le mois é juillet elle marchait toute seule, et la vision de l'œil droit était à l’état hormal; celle du gauche avait subi aussi une amélioration considérable. | Elle sortit de l'hôpital le 3 août en bon état de santé générale, mais la aïllie de l’œil gauche, dont la vision n’est pas parfaitement rétablie, n’est bastout à fait disparue. Elle marche, mais la force musculaire des extrémités luférieures n’est pas encore revenue à l’état normal. Ses inoculations ont été au nombre de cent cinquante, qui ont donné quafante-deux.chancres et soixante pustules abortives. Le traitement syphilisant : duré deux mois et demi.
Cette femme a été examinée par M. Warlomont.
Je pourrais encore vous exposer deux autres observations d’amaurose iyphilitique, associée à une cachexie très prononcée, traitée tout récemment 1ans ma maison de santé par la syphilisation et l’iodure de potassium ; mais, ne voulant pas étendre davantage ce mémoire qui est déjà beauconp trop long, lle noterai seulement les circonstances suivantes : Dans un cas, la syphilis constitutionnelle avait pendant huit ans récidivé Fous plusieurs formes, après des traitements iodico-mercuriels ; l’amaurose WeLœil gauche, plus saillant que le droit, était accompagnée de deux abcès ouS-périostiques au frontal, d’un au pariétal gauche, et de périostose du ternum et du fémur droit.
Dans l’autre cas, l'amblyopie amaurotique de l'œil droit, un peu plus petit quede gauche, était associée à une tumeur lacrymale du même côté, chez un findividu âgé de trente-cinq ans, atteint depuis trois ans de syphilis constitu- {tionnelle récidivée pour la troisième fois, après l’usage du mercure et de
La cause de la tumeur lacrymale était une périostose de la branche ascendante du maxillaire supérieur, et l'amaurose la conséquence de la compressionde la branche sus-orbitaire du nerf de la cinquième paire cérébrale, exer- {cée par une périostite évidente du frontal.
| “Bes douleurs, les troubles dans la vision et la tumeur lacrymale ont com- {mencé à s'améliorer douze jours après les premières inoculations, et un mois après elles avaient presque disparu.
L'amaurose, dans les deux cas, a disparu par les inoculations répétées du {virus chancreux et par l’iodure de potassium. 15: Deux femmes affectées, l’une de tubercules muqueux aux parties géni- {tales et à la commissure labiale droite, de psoriasis syphilitique et de favus (Wsobs. 93 de mon ouvrage) et l’autre de plaques muqueuses vulvo-périnéoqanales, d’engorgement des glandes inguinales, de syphilide papuleuse, con- |luente aux extrémités inférieures, d'alopécie, d’engorgement des glandes
466 COMMUNICATIONS DIVERSES FAITES AU CONGRÈS, ETC. cervicales postérieures, d’ulcérations scorbutiques aux gencives et de av out été guéries en même temps de la syphilis constitutionnelle et de la ei faveuse par la seule syphilisation. La première a été traitée en 1852 l’autre en 1855. La syphilis constitutionnelle et le favus n’ont pas rép chez elles. L 16. L'état de la santé générale des syphilisés est constamment amélioré les inoculations, et cette amélioration persiste. J’ai sous les yeux un certair nombre d'individus guéris de la syphilis constitutionnelle en 1851 et 1852"HS continuent à jouir d’une santé parfaite. Une femme, guérie de graves accide de syphilis généralisée en 1852, eut en 1854 un garçon bien portant;m l'ayant consigné à l'hospice de la Maternité, il m'est impossible d'en survell la santé. | | Ce fait, quoique incomplet, est néanmoins de quelque importance, ca prouve que la femme guérie de la syphilis généralisée par les inoculati chancreuses porte à terme un enfant non syphilitique. “4 La syphilisation fait rentrer dans l’état physiologique la nourrice et le no risson, comme j'ai déjà eu l’honneur de le dire. Je crois que l’on peut conclure des cas de syphilis constitutionnelle gué à Turin et à Christiania, que non-seulement la syphilis constitutionnelle disparaît par les inoculations répétées du virus chancreux, mais que probablement la diathèse syphilitique s'éteint tout à fait sous l'influence de la syphilisation. !
L'étude du nouveau phénomène a porté dans la science des matériaux. seront aussi de quelque importance pour résoudre plusieurs questionsMde syphilographie. J'en avais déjà parlé en 1855, dans mon livre, et j'y reviendra probablement encore. "4 Cette courte exposition des avantages de la syphilisation, que j'ai appliquée! au traitement de la syphilis constitutionnelle, pourra-t-elle engager quelques uns de vous, Messieurs et très honorables confrères, à y recourir au moins! dans les cas graves de syphilis constitutionnelle ? La = Jele désire et je l'espère, dans l’intérêt de la science comme dans celuide malades confiés à vos soins éclairés. 44 |
nn