‹ Congres d'ophthalmologie de BruxellesChapitre 96 sur 112 · PAR LE MÊME · texte numérisé non relu

PAR LE MÊME

(Notice lue en Comité général, le 15 septembre.)

| Sil'étude de la syphilologie est nécessaire à tous ceux qui veulent exercer art de guérir, une parfaite connaissance des maladies vénériennes et des Togres que la science fait dans cette branche de la médecine, est aussi

(1) Loc. cit, t. XI, p. 458.

indispensable à celui qui veut exercer avec quelque distinction ph mologie. a

Cette vérité, qui est sans doute partagée par vous tous, Messieurs, me espérer que vous voudrez bien me permettre de vous présenter ques C * sidérations sur l’amaurose syphilitique, et de vous dire un mot sur une de: plus singulières et des plus importantes découvertes de notre époque, la philisation, que j'ai appliquée ‘avec succès au traitement de la sypois consti. tutionnelle. | Ê

Favorablement placé pour pouvoir étudier les maladies vénériennes auf que les maladies de l'œil, —car depuis bientôt vingt ans je suis médecin en che du syphilicôme de Turin, et j'ai fondé dans cette ville un hôpital ophthalmi qui à maintenant soixante lits, —j’ai pu me convaincre que les maladies syphi litiques de l'œil et des tissus qui l’avoisinent sont plus fréquentes qu'on n croit généralement, et que le praticien est assez souvent mis, par une Jésiti oculaire, sur la voie du diagnostic de la vérole ; c’est ce qui m'est arrivé que quefois par l'étude de l’amaurose syphilitique. |

Sur un très grand nombre de cas d’amaurose que j'ai observés, j'ai tro que la cause syphilitique entre au moins dans la proportion de deux sur di

L’amaurose, l'iritis et la paralysie du nerf de la troisième paire cérébra sont les accidents oculaires de syphilis constitutionnelle que l’on obsetili 1 plus fréquemment. .

La goutte sereine syphilitique est plus fréquente à l’œil gauche. Je lan 4 au côté gauche quinze fois sur vingt; lorsqu'elle s’est manifestée dans les deu yeux, j'ai toujours observé qu’elle avait commencé et fait plus de progrès d d 4 celui du côté gauche.

Elle est, deux fois sur dix, associée à d’autres maladies syphilitiques del En effet, j'ai vu l’iritis dans un œil et l’amaurose dañs l’autre; j'ai obse l’'amaurose dans l’œil gauche et la paralysie de la sixième paire dans le droi je l’ai vue, comme M. Deval (1), associée à la paralysie d’autres branche? nerveuses ; j'ai constaté dans le même œil l’amaurose et la paralysied: nerf de la troisième paire, et une fois j'ai vu l’amaurose et le lagophthalmo produits par la paralysie de la portion dure du nerf de la septième pain cérébrale. |

L’amaurose syphilitique est, six fois sur dix, précédée ou accompagné douleurs profondes dans la région frontale, dans l’orbite et au-dessus du s0t cil, douleurs plus ou moins aiguës qui, en général, s'exaspèrent la nuit; siégent rarement dans les régions pariétale, temporale ou occipitale; che individus qui n’accusent pas ‘de douleur, on peut presque toujours déterm par une compression un peu forte une sensation douloureuse dans quelqu points du frontal ou des pariétaux.

Elle se manifeste en général dans la période avancée de la sophtfs con tutionnelle, et plus souvent chez les individus qui ont déjà subi des traitemér mercuriels. Cependant je dois dire que je l’ai vue quelquefois accomps l’évolution des premiers accidents de la vérole. Dans un cas quej ’ai eu l'O " sion de voir dans le mois de mars dernier, trois mois après qu’un peit cha er vulvaire, non induré et suivi d’un léger engorgement des glandes inguinales s'était cicatrisé, j'ai vu se manifester simultanément la roséole, des doul dans la région frontale, des plaques muqueuses aux parties génitales et: gorge, avec engorgement des glandes cervicales postérieures, l’amaurose“| l'œil gauche et la fièvre syphilitique avec recrudescence vespertine. 4

(1) Traité de l’amaurose, par Ch. Deval. Paris, 1851, page 208.

Le célèbre Scarpa a écrit (1) : « L’amaurose syphilitique est révélée par la bréseuce d'une ou de plusieurs exostoses du frontal ou dn maxillaire, ce qui tcraindre qu’il y ait en même temps des exostoses dans l'orbite. » J'ajou- | jai que bien d’autres accidents de la syphilis constitutionnelle se manifestent n général en même temps que l’amaurose; tels sont les différentes formes de syphilides, les tubercules muqueux, l’alopécie, les ulcères profonds du tissu Éllutaire sous-cutané, etc.; mais je dois dire aussi qu'il n’est pas rare de

rouver des cas dans lesquels tous les accidents syphilitiques ont disparu de- | ins sous l'influence du traitement “A M eue lamaurose se

Mais is peut-on diagnostiquer une amaurose sÿphilitique, lorsque depuis des années le malade se croit complétement np de la syphilis constitutionnelle?

cause? Y a-t-il un symptôme re de l’amaurose ne? Je crois pouvoir affirmer que ce symptôme existe, et quoique je ne l’aie pas preuvé enregistré dans so ouvrages que j'ai consultés, je parue pas à vous le

Îles branches du nerf de la cinquième paire.

Voici le symptôme que j'ai trouvé dans la goutte sereine syphilitique :

Le globe de l'œil atteint d'amaurose syphilitique est plus saillant que l'autre, et lorsque les deux yeux sont amaurotiques, la proéminence est plus forte dans l'œil ar lequel la maladie a commencé.

Dans la grande majorité des cas, l’exophthalmos est facilement constaté :

mais dans quelques-uns il est nécessaire d'examiner les deux yeux après (avoir fait fermer les paupières ; de cette manière, la saillie de l'œil amauroluique est également appréciable au toucher.

“Quelle est la cause du déplacement de l'œil dans l’amaurose syphilitique ? Quelrest le siége de la cause qui repousse l’œil? Le trouble dans la vision est-ill'effet de la distension du nerf optique, ou plutôt de sa compression à sonrentrée dans l'orbite? Y a-t-il une périostite, une périostose de l'orbite quiscomprime le nerf optique et produit le déplacement de lœil?

Pelles sont les questions, bien difficiles à résoudre, que je livre à votre examen.

Jé me bornerai aux considérations suivantes. La périorbitis chronique, décrite par M. Hamilton (2), reconnaît généralement pour cause la syphilis. Elbien, Messieurs, nous y trouvons que le globe de l’œil fait saillie hors de Norbite; qu'il y à ptosis ; que les mouvements de l’œil sont empéchés ; que la vision est confuse et que le malade voit double; que les paupières sont gonflées’et d'un rouge pâle ou œdémateuses ; que la conjonctive est le siége d’un chémosis séreux ; qu’il y a gonflement apparent du périoste, surtout en dedans durebord de l'orbite ; qu’on perçoit même quelquefois la fluctuation, er que leS“deux tiers internes de la portion orbitaire du frontal, dans le point où l'os este moins protégé par les parties molles, sont les régions qui sont de beaucoup les plus sujettes à cette affection.

ILest vrai que, dans l’amaurose syphilitique qui se présente en général à nôtre observation, il n’y à pas de gonflement de l'œil où des paupières, les

(1) Scanra. Sulle principali mâlattie degli occhi. 1811. Venezia, p. 271. C} Dublin Journal of Medical Science, vol. IX, p. 255, Dublin, 1856. Ibid. vol. XXNII, p.585, Dublin, 1845.

contractions des muscles sont conservées, et il ne paraît pas que la tonicit naturelle en ait été diminuée ; il n’y a pas de diplopie ni de gonflement af rent du périosie; mais si èé comprime le rebord et surtout la voûte del bite, si l’on refoule en arrière le globe de l’œil, on détermine une sens douloureuse dans le périoste.Il me paraît que l’on pourrait conclure de là la saillie du globe de l’œil, observée dans l’amaurose, quoiqu’elle soit moins considérable que celle indiquée par M. Hamilton dans la périorbitis, reconnañ: aussi pour cause une périostite chronique profonde de l'orbite. : rs |

L'exophthalmos, dont la cause réside dans le phlègmon de l'orbite oudes. tumeurs placées au-dessus de l'œil ou au côté nasal ou temporal, est sou bien plus considérable que la saillie de l'œil que l’on observe dans l'amauro | syphilitique. Cependant la vision est alors souvent conservée malgré + très forte distension du nerf optique. Boerrhave avait déjà vu une amauro uni-oculaire produite par une exostose syphilitique qui comprimait “ optique à l’entrée de celui-ci dans l'orbite. Dupuytren, Lallemand et M. ont observé des cas semblables. N’est-il donc pas probable qu'une \é des os de l'orbite est non-seulement la cause de la saillie de l'œil amau tique, mais en même ere celle de la compression du nerf au niveau dut} optique ? à LA

La proéminence de l’œil amaurotique ne disparaît pas toujours entière- | ment après un traitement iodico-mercuriel, même continué pendant long temps, lorsque la vision est déjà complétement rétablie. Cette persistancedet la saillie du globe de l’œil après la guérison de l’amaurose ne serait-ellepas due à la périostose orbitaire, qui n’est plus susceptible de se résoudre com -| plétement ? à

Mais si l’amaurose syphilitique est produite par la compression de l: branche sus-orbitaire ou de toutes les branches de :la cinquième paire comine j'en ai observé quelques cas, alors non-seulement il n’y a pas d'exopl thalmos, mais on trouve que l'œil amaurotique est plus petit et moins cot sistant. Dans ces cas, qui sont beaucoup plus rares que ceux d’amaur@: syphilitique révélée par un certain degré de saillie du globe oculaire, il es certainement plus difficile d’en reconnaître la cause ; mais, en examinaut | commémoratif et surtout en touchant les os frontal et maxillaire, on trouve & en général des raisons suffisantes de soupçonner qu’une lésion osseuse syphile tique est la cause de la compression du nerf de la cinquième paire, et l’'amaurose est produite par le trouble de la nutrition qui survient dansWot l'organe, et par l’absence de l’excitation nerveuse que la cinquième paireph communiquaiL.

Je ne sais, Messieurs, si l’exophthalmos, qui m'a fait reconnaître bien fois la cause syphilitique de la goutte sereine, pourra réellement se pos comme symptôme pathognomonique de l’amaurose. syphilitique , mais je © au moins qu’il sera toujours un symplôme bien précieux dans le diagnost de cette maladie.

Le traitement de l’amaurose syphilitique a consisté jusqu’à présent da l'emploi de l’iodure de potassium et du mercure.

L'iodure de potassium, qui exerce une action salutaire dansle traitement la périostite, fait souvent disparaître l’amaurose syphilitique ; mais la guéris on | de cette maladie, comme celle de tous les autres accidents syphiliti obtenue par le seul iodure de potassium, n’est jamais radicale. Peu de ten après, des manifestations de syphilis constitutionnelle se reproduisent. J'ai l'amaurose reparaître dans l’autre œil, puis guérir dans les deux yeux par . seul iodure de potassium, et être suivie d’iritis ou de paralysie du nerf de

lroisième ou de la sixième paire. Ainsi, pour moi, il est bien certain que l'io- (lure de potassium, même administré à des doses élevées et pendant des mois brdesannées, neguérit jamais d’une façon radicale la syphilis constitutionnelle. {l'en résulre qu’il faut ensuite recourir au traitement mercuriel. — Mais les lécidives de la vérole après l'usage du mercure sont fréquentes. C’est au noins ce que l’on observe, lorsqu'on peut voir pendant quelques années les individus traités par cet agent.

“les maladies du système osseux, l’amaurose, la paralysie des nerfs cérébraux, la paralysie des extrémités, les maladies de l’encéphale, en un mot les laccidents syphilitiques les plus graves, se présentent le plus souvent chez les individus qui ont dû recourir plusieurs fois au mercure pour guérir de la Syphilis, et chez lesquels il y a un mélange de syphilis et de mercure qui à détérioré considérablement leur organisme. L'usage prolongé et répété du mercure, auquel on est souvent obligé de recourir pour faire disparaître lawérole, n’est donc pas sans inconvénient. Il y a même des auteurs très estimés (1) qui croient que la périorbitis reconnaît quelquefois pour cause l’usage limmodéré du mercure. N’est-il donc pas utile d’étudier si l’on peut débarrasse l'organisme de la syphilis constitutionnelle sans devoir recourir à cet fagent? Eh bien! Messieurs, ce moyen existe, il donne depuis sept ans des [résultats très satisfaisants, et il est digne de fixer un instant votre attention. {leweux parler du traitement de la syphilis constitutionnelle par la syphilisation. ! “Le 18 novembre 1850, M. Auzias Turenne, dans une lettre adressée à l’Aca- |démie des Sciences de Paris, annonça le phénomène suivant:

@Ouand, dit-il, on communique à un animal des chancres successifs par inoculation, quelle que soit la distance qu'on mette dans leur succession ou Idéquelque manière qu’on les combine, le premier chancre se manifeste plus vite, devient plus large, fournit plus de pus, s'accompagne d’une inflammation hplus-grande, et enfin dure plus que le deuxième. Celui-ci est au troisième ce tquele premier est au second, et ainsi de suite, jusqu’à ce que l'animal ne tpuisse plus en contracter aucun. Cet animal est ainsi vacciné contre la syphilis, “c'est-à-dire que l’état, dans lequel il se trouve relativement à la syphilis, Lestanalogue à celui dans lequel nous nous trouvons relativement à ia petite Iérole, après avoir subi l’inoculation du vaccin ou,de la petite vérole. Je désigne cet état par le mot syphilisalion ou par les termes de vaccination syphilitique. Les singes sur lesquels j'ai expérimenté sont actuellement, pour la plupart, dans cet état.

e animal syphilisé se trouve à l'abri de toute contagion syphilitique. »

ha encore ajouté : « Ce n’est pas un fait que j'annonce légèrement; il m'a étéau contraire démontré par toutes les expériences que j'ai faites. Des obser- Yations entreprises sur l’homme sont venues le confirmer. »

L'étude clinique de la syphilis m'avait enseigné depuis longtemps que, chez les individus qui contractent souvent et successivement des chancres, Ceux-ci se développent toujours moins facilement et se cicatrisent plus rapidément, et qu'une minime quantité du virus syphilitique, introduite dans Vorganisme par un petit chancre, donne lieu beaucoup plus souvent à la Syphilis constitutionnelle que lorsque plusieurs chancres existent en même lemps et successivement. Par conséquent, je me suis cru autorisé à étudier la syphilisation chez l’homme déjà atteint de syphilis, mais jamais sur l’homme Sans J'ai d'abord constaté que le singulier phénomène annoncé par M. Auzias Turenne, la diminution des chancres successifs jusqu’à l’immunité, se mani-

… (1) Mackenzie. Loc. cit. t. ler, p. #1.

festait chez l’homme aussi bien que chez les animaux, mais en même temps vu un autre fait, qui devait rendre bien plus importante cette découverte, @ à à-dire que j'ai vu, non-seulement la syphilis primitive, mais aussi la sypl phi constitutionselle disparaître peu à peu sous les inoculations du virus ch creux; j'ai constaté en un mot la guérison de la vérole par la syphilisati

Le fait annoncé par moi (1), le 23 mai 1851, à l'Académie médico-chirn cale de Turin, éveilla de suite l'attention de quelques sociétés savantes"qui, s'étant emparées de la question lorsqu'elle ne faisait que de naître, ontetu pouvoir prononcer des jugements peu favorables, que tôt ou tard elles ne obligées de réformer dans l'intérêt de la science.

L'importance des nombreux faits de syphilis constitutionnelle traités pan syphilisation, que j'avais recueillis pendant les premières années de n recherches, et que j'ai publiés en 1855 (2) et en 1854 (3), fut bientôt mise évidence et pleinement confirmée par un grand nombre de faits, que k ; professeur Boeck, de Christiania, a publiés en 1853 (4), en 1854 (5), en 185% en 1856 (7) et en 4857 (8), par la publication de trois observations que M: professeur Stenberg, de Stockholm, a recueillies en 1855 (9), et par les ex} riences que M. Sigmund a annoncées dans la séance: du 25 mai 1856, l’Académie impériale de Vienne (10). 4

À Turin, comme à Christiania et à Stockholm, l’inoculation du pus syphili tique, pris sur un chancre dans la-période de progrès, répélée sans interr tion tous les quatre ou cinq jours, a donné l’immunité contre le virus syphili tique, à fait disparaître les accidents syphilitiques, et a amélioré constamme l’état de la santé générale des syphilisés. |

Au nord comme au midi de l’Europe, le même phénomène a été constat les mêmes résultats ont été obtenus.

Ainsi, d’aprèsles recherches faites en Norwége, en Suède, en Autriche Italie, je crois pouvoir conclure que la syphilisation, comme méthode curat de la syphilis coustitutionnelle, sera tôt ou tard généralement acceptée. …

Ne pouvant entrer dans tous les détails qu’exigerait l'exposition des études! faites sur cette nouvelle méthode de traiter la syphilis, je me bornerai aux pro positions suivantes : 4

1. L'organisme auquel on a fait un certain nombre d'inoculations cha creuses subit peu à peu un changement, une modification par laquelle, a

(4) Sifilizzazione nel uomo. Memoria di C. Sperino letta nell’ adunanza del 25 maggio18%14 della R. Accademia Medico-chirurgica di Torino.

(2) La sifilizzazione studiata Ha mezzo curalivo e preservalivo della malattie venereé C. Sperino. Torino, 1853. Ouvrage traduit en français par M. Trésal. Paris, librairie Cham

(3) Esame critico del rapporto della commissione incaricala dall” Accademia medico-chim gi di Torino di studiare la sifilizzazione applicata all womo come mezzo curalivo e preserva delle malatlie veneree, e stalo attuale della questione, per C. Sperino. 1854, Torino.

(4) Syphilisalions forzüg foretagne, of W. Boeck. Christiania, 1855.

(5) Syphilisationen studeret ved sygesengen, of W. Boeck. Christiania, 1854.

(6) Recucil d'observations sur les maladies de la peau, par W. Boeck et D. C. Daniel Première livraison. Christiania, 1855.

(7) Die Syphilisationen bei Kindern, von W. Boeck. Christiania, 1856.

(8) Syphilisationen fom curnélliode. ved W. Boeck. Christiania, 1857.

(9) Om syphilisationen, jemte nägra med densamma auställda fôrsôk, of Dr S. Stenb. Stockholm, 1855. ei |

(10) Wochenblatt der «Zeitschrift der Kaiserl. Konigl. Gesellschaft der Aerzte zu Wien Seclions-Sitzung für therapie, am 25 mai 1856, page. 586.

M. Sigmund, après avoir exposé que les faits publiés par M. Boeck, de Christiania, confirn les résultats obtenus par moi, dit que les expériences faites par lui prouvent la véracilé celles faites par MM. Boeck et Sperino.

F CONSIDÉRATIONS SUR L' AMAUROSE SYPHILITIQUE, ETC. 461 HnMaps de temps, variable selon les individus, le nombre et le développement les chancres artificiels, mais en général après trois mois, arrive à l’épuisenentde la réceplivité syphilitique, fait physiologique d’une très grande imbortance ; c’est-à-dire que si l’on inocule toujours le même pus pris sur des hancres successifs, la virulence en est perdue après quelques généralions, et Pinoculation devient sans effet. Un second pus, pris sur un chancre en voie de | rogrès chez un autre individu, produit encore quelques chancres, mais plus petits que les premiers. Après un petit nombre de générations, l’inoculation Mlonne de nouveau des pustules abortives, et enfin elle devient sans effet. Un lroisième, un quatrième pus, toujours pris sur un chancre récent, en voie de grès, chez d'autres individus, donne successivement des chancres artificiels Plus-petits, jusqu’au moment où l’inoculation du pus qui, chez un autre Wrdividu non syphilisé, doune lieu à des chancres d’une certaine dimension, heproduit plus aucun résultat chez le syphilisé.

{MAinsi, dans le but d’abréger le temps de ce traitement, il faut inoculer le

fléjàindiqué dans mon ouvrage, parce que l'organisme qui est en voie de syphilisation ressent de moins en, moins l'impression du virus dont on lui répète finoculation, et perd petit à petit la faculté de le sécréter. Ainsi, la période de

irulence dans les dernières pustules est à peine de quelques heures ou-de

Cependant. je dois dire que la diminution successive de la virulence du pus hancreux, sécrété chez l'individu qui est en voie de syphilisation, est seulementsensible à celui-ci, car le même pus, dont l'inoculation répétée chez le Syphilisé ne donne plus que des pustules abortives, produit des chancres sur fan autre individu.

2 Le pus pris sur un chancre simple ou induré d'individus chez lesquels favérole s'est développée deux ou trois mois après, ou chez des individus où jon introduction n'a pas été suivie de syphilis constitutionnelle, a produit égaement des chancres artificiels qui ont fait disparaître la vérole et ont fait renremlesyphilisé dans un état de parfaite santé. Un très grand nombre de faits m'ont convaincu de cette vérité. |

8 Deux ou trois inoculations, répétées tous les trois, quatre ou cinq jours, roduisent un effet salutaire plus prompt sur la syphilis constitutionnelle que )lusieurs inoculations faites à de courts intervalles.

4 Les premiers chancres artificiels étant ceux qui laissent une cicatrice, je préfère les pratiquer d’abord sur les parties latérales et supérieures du thorax. Un.peut ensuite en faire sur les bras et enfin sur les cuisses, où ils se développenttoujours mieux qu'ailleurs, par des raisons que j'ai indiquées dans mon puvrage. |

| Des chancres artificiels, dont le développement et la durée diminuent une façon successive à mesure que l’on renouvelle les inoculations, n’exigent fuCuN traitement. [ls se couvrent d’une croûte qu'il faut ouvrir de temps en Lemps-pour donner issue à la matière purulente. On applique sur les chancres Lncataplasme émollient, si inflammation est un peu forte.

| 6. Avant et pendant le traitement, il faut éloigner les causes susceptibles de {aire développer la complication d’une maladie inflammatoire. Si celle-ci sureuaity les chancres artificiels pourraient s'enflammer et prendre une certaine | ravité, Surtout chez les individus qui ont déjà été traités par les mercuriaux. finsi, il est quelquefois nécessaire de recourir à un purgatif, à quelques bains, ides boissons délayantes, avant ou peudant que l’on pratique les inoculations. 1 rois mois étant presque toujours nécessaires à l’évolution de la syphilis

constitutionnelle, à dater du chancre qui a infecté l'organisme, on obsér que si en général on voit, après 10, 15 ou 20 jours de traitement syphilisan une amélioration dans les accidents syphilitiques, il faut presque toujours intervalle de deux, trois mois, et même plus pour obtenir la disparition 0 plète de la syphilis constitutionnelle. Ce temps est variable selon les individi selon la gravité et la durée des manifestations syphilitiques, selon que la Syp lis est acquise ou héréditaire, et il est en général plus long si l'individ® déjà subi des traitements mercuriels. 4

Il paraît donc qu'il faut au virus, introduit dans l'organisme par plusie chancres artificiels, à peu près le même temps pour éteindre le virus passé l’état de syphilis constitutionnelle, qu'il avait employé pour arriver de lé de virus chancreux à celui d'infection générale. k 8. Si, après quelques inoculations, on interrompt le traitement pour} sieurs jours, on voil souvent survenir de nouveaux accidents syphilitiques, s'aggraver ceux qui existaient, mais les uns et les autres disparaissent biet si l’on reprend les inoculations, et si on les répète sans interruption jusq l’immunité. L 9. Lorsque les inoculations ne donnent plus que de petites pustules abortf avant que tous les accidents de la syphilis constitutionnelle aient disparus 2e qui arrive surtout chez les individus déjà mercurialisés , on donne au malade une bonne nourriture, on le fait marcher, on lui fait des inoculations Sur extrémités inférieures, et si cela ne suffit pas pour faire développer davant quelques chancres, on lui administre une petite dose d’iodure de potassit Après l’usage de ce médicament, les inoculations subséquentes sont suivie d'ulcères plus considérables, et la syphilis constitutionnelle guérit plus fat lement. LE !

10. Les individus chez lesquels la syphilis constitutionnelle s'est manifestée à la suite de chancres multiples, guérissent beaucoup plus promptementsousAles inoculations syphilitiques que ceux chez lesquels la vérole a pris naissance} ré un pelit chancre. Quelques observations m'ont démontré ce fait très import nt: 11. Les inoculations répétées du virus chancreux guérissent non-seulement, la syphilis constitutionnelle chez les adultes, comme j'en ai publié plusi eurs! faits, mais aussi la syphilis acquise ou héréditaire chez les enfants, comint M. Bocck, dont les études sur la syphilisation comme méthode curative de la! Syphilis sont très importantes, l’a annoncé en 1856, et comme je l'ai aussi vu! chez neuf enfants. À La syphilis constitutionnelle, récidivée chez une nourrice et son nour après un traitement mercuriel, a complétement disparu par la syphilisat que j'ai pratiquée chez tous deux. ne 4 12. J'ai traité par la nouvelle méthode curative presque toutes les manifeste} tions de la syphilis constitutionnelle, et je les ai vues disparaître par las L lisation bien pratiquée, non interrompue et suivie jusqu’à l'immunité: j dois excepter quelques cas de syphilisation incomplète, ou faite par des inoc 1 lations trop nombreuses à la fois dans les deux premières années de mes re cherches, faits que j'ai tous publiés dans mon ouvrage; je dois excepter denx, cas de lésions osseuses anciennes et réfractaires à l'emploi du mercure et el l'iode, accompagnées dans un cas d'épilepsie et de paralysie, car dans ces Cas je n’ai obtenu qu’une amélioration temporaire; et enfin quelques autres Cas 06 maladies du système osseux, surtont chez des individus déjà mercurials dans lesquels j'ai dû alterner pendant quelque temps l'iodure de potassinm la syphilisation. Je dois dire cependant qu’en général une petite dose diode) de potassium suffit. F 0 |

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