‹ Congrès de PanamaChapitre 5 sur 5 · POST-SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST-SCRIPTUM

Cet écrit a été composé dans les premiers jours, et imprimé dans les derniers du mois d'août. Dans cet intervalle de tempst, trois grands événemens ont eu lieu : i^. l'accord avec Sainte Domingue; 2^. le décret rendu par le gouvernement Péruvien contre le commerce espagnol; 5®. l'insurrection de Bessières, et le redoublement de l'anarchie en Espagne. Ces trois faits wnferment autant de confirmations des annonces contenues dans cet écpt; et, en vérité; en pareille matière; il y a peu de mérite à rencontrer juste; on prédit à coup sûr, tant, aujourd'hui , tout est dans la nature des choses.

Depuis dix ans aous annonçons à l'Espagne l'exclusion qu'elle vient de subir au Pérou; il est bien évident que ce pays a pris une initiative qui sera suivie par le reste de l'Amérique. L'Espagne va donc subir un interdit général dans ces belles contrées, qui deviennent des sources de richesses si abondantes pour les nations mieux avisées qu'elle. Ainsi seront punis son obstination, son orgueil insensé. Et commentla plaindre

(93) d'éprouver une peine tellement puisée dans la nature des choses? Cest la plus juste des peines^ la loi du talion. Vous vous acharnez à poursuivre la guerre, et une guerre sans but contre l'Amérique; eh bien, l'Amérique vous fermera toutes ses portes: vous ne songez qu'à lui faire du mal; elle vous refiisei^a tous ses biens. Estil rien de plus naturel? Mais ce principe, si juste en lui-^même, n'est-il pas susceptible de s'étendre aux peuples retardataires dans la reconnais-^ sance de l'Amérique? Cet exemple ne renfermet-il pas une leçon pour eux? Le décret du Pérou, contre le commerce espagnol, justifie tout ce que nous avons dit de la supériorité des chancelleries américaines sur celles de l'Europe. Rien ne peut être mieux libellé, ni mieux motivé, plus clair ni plus précis. L'insurrection de Bessières, la fermentation générale de l'Espagne, même contre el re netto , que la populace fanatisée par un clergé qui oublie tous ses devoirs, qui se montre au monde sous les couleurs les plus contraires à Fesprii de son état, trouve trop tiède à son gré, sont venues compléter le tableau que nous avons tracé de l'état de l'Espagne , de l'impuissance et de là folie de sa

(94) guerre contre rAmérique. Tout aïoyen, toute ressource^ manquent d^orn^ais k FEspagiie, soit au-dedans soit au-<lebors. Qui serait assez fou pour lui prêter un ^7 U est ëiôdent que c^est un pays perdu, de;sÉra^ à deY^uir k grand pensionnaire du reste de l'Europe...

Et c'e^ dans cet état cp'îl ktsik la guerre à rAmërique!

L'éinaneipstion de Saint-Domingue^ malgré les couleurs de légitimilé dont on a cherchera couvrir ce*te reœnnaissance , est une preuve de {Jus de cette force des chose», cimti'e lacfuelle on se roidit en yai», et à laquelle^ après beai:rcoupdeéonmiages, il &ut finir par céder. Qu^ depasyacomp^ander ce premieor pas! Voilà voàt réi>nMique de plus, bien et dament recomrae, et qui porte le nombre de celles qui déjà exb** tentâeTautrecètéde IfAltantîque, à huit étais républicaiss , en âîftendairt la Havane et fe Brésil, n sera curieux âe voà* coiâmenf l'enapé* reur don Pecbro, dans Fabsenee du droit divin, et âa droit fégitimaire, n'kjant pour Im qae son seul droit sociidi (i}, se détD^hftu avec son

(i) Voyez ses proclamations; il y dît : Le temps de

( 95, ) père, avec sa première patrie, avec son nouveau royaume, et ses nouveaux voisins des huit républiques. Il a déjà un procès avec Buenos- Ayres , pour Monte-Video qu'il retient pour des prétentions de l'Espagne envers le Portugal, qui, ni l'un ni l'autre, n'ont plus rien à faire avec l'Amérique. Se vit-il jamais rien de plus bizarre? Don Pedro n'avait, en Amérique, que cet écueil à redouter; il a été le chercher.

Pour envahir sur ses voisins, il hasarde son trône d'un jour (i). Montesquieu a donc eu raison de dire : S'il n'y avait que deux hommes au monde y ils se battraient pour les fron-tières.

O.vanas hominam mentes ! o pectora caeca !

tromper les hommes est passé : toute institution n'a pour but que la société entière, et bien d'autres choses encore.

(i) Le Brésil est dix fois plus étendu qu'il n'a besoin de l'être: n'importe, il faut empiéter sur ses voisins.

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