‹ Congrès de Vérone (volume 2)Chapitre 1 sur 80 · AVERTISSE! ENT · texte numérisé non relu

AVERTISSE! ENT

‘On parait avoir mal à propos confonau avec les . Mémoires qui ne doivent paraître qu'après ma mort ce récit du congrès de Vérone et de la guerre d'Espagne; je ne dis aujourd’hui que ce que je puis dire de mon vivant : à la tombe le reste.

Mon ouvrage actuel porte en soi sa préface. Ma vie littéraire est assez connue; je n’ai jamais fait mention de ma vie politique; j'en parle ici pour la première et la dernière fois : elle se trouve résumée dans mon ministère.

En racontant comme homme public le plus grand événement de la Restauration, j ai été obligé d’amener sur la scène les hommes publics qui furent en relation avec moi. Mais qu'on soit tranquille : je me suis sacrifié seul." Si j'ai laissé dans les documents les éloges qu’on me donnait et que je ne mé-

Il AVERTISSEMENT.

ritais pas , j’ai raconté de même, sans l'atténuer, le mal qu'on a dit de moi. J’ai usé pour ma personne, puisque j'écrivais l’histoire, de l’impartialité de l’historien. En dernier résultat, je n’attache aucun prix à quoi que ce soit.

Cet ouvrage, réussissant , amènerait une révolution dans Jes jugements portés sur une époque mémorable de nos annales. La tâche est rude. Dois-je compter sur le succès? Je me trouve en face des | amours — propres : notre vanité avoue rarement qu'elle s’est trompée. Il faudra croire que le congrès de Vérone n’a jamais voulu la guerre; que l'entreprise d'Espagne a été une entreprise commandée par les intérêts de la France ; que l’ordonnanee d’ Andujar, toute belle qu'elle était, philosophiquement parlant, était une faute politique ; en un mot, il faudra croire le contraire de ce qu’on a cru..Qu’y faire? Les preuves sont là ; on ne peut nier les pièces authentiques. Je ne me défends point d’être le principal auteur de la guerre d’Espagne. Si par hasard j'ai eu une fois raison contre le grand nombre, condamnez-moi : vous condamnerez les faits.

Vaut-il Ja peine que je dise qu’en parlant de moi,

t AVERTISSEMENT. II

je me suis tour-à-tour servi des pronoms nous et je : nous comme représentant d’une opinion, je quand il m'arrive d'être personnellement en scène, ou d'exprimer un sentiment individuel. Le moi choque par son orgueil ; le nous est un peu janséniste et royal. Il suffit qu'on soit prévenu de ce mélange de pronoms : ils se corrigeront peut-être l'un par l’autre.

DE

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