‹ Congrès de Vérone (volume 3)Chapitre 32 sur 53 · LEMPEREUR FRANÇOIS A M. DE CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

LEMPEREUR FRANÇOIS A M. DE CHATEAUBRIAND

Przemisl, en Galicie, le 4 S oetobre \ 825.

Monsieur le vicomte de Chateaubriand , c'est avec le sentiment de la plus vive satisfaction que

j'ai appris , par votre lettre du 8 de ce mois, l'heureuse délivrance de Sa Majesté Catholique et de sa famille. La Providence, en bénissant les généreux efforts du roi Très-Chrétien , ceux du prince généralissime et de l'armée valeureuse qu'il commande , vient d'assurer le triomphe de la plus juste et de la plus sainte des causes. Je partage sincèrement la satisfaction personnelle que doit en éprouver le roi. En vous remerciant de votre attention , il m'est agréable de pouvoir à cette occasion vous assurer, monsieur le Vicomte de Chateaubriand, de toute mon estime. Votre affectionné ,

François.

M. DE RERNSTORFF A M. DE CHATEATÏRRIAND.

Berlin , le h 8 octobre -1825.

Monsieur le Vicomte ,

Je ne saurais trop vivement remercier Votre Excellence de ce qu'elle a si bien senti qu'en me donnant de sa main l'avis si impatiemment attendu de la délivrance du roi d'Espagne , c'était en rehausser encore le prix. Ferdinand VII libre ! que de résultats dans ces trois mots ! Voilà donc Vérone justifié, une nouvelle gloire immortelle acquise à la France , le triomphe du système monarchique assuré, et le ministère de Votre

m> NKGOCIATIfAS.

Excellence environné d'une splendeur qui répond si bien à l'éclat que son nom seul y avait déjà imprimé : ce dernier intérêt est aussi devenu européen.

Rien de plus inaltérable que la haute considération et le parfait dévouement avec lequel j'ai l'honneur d'être , monsieur le Vicomte, de Votre Excellence, le très-humble et très-obéissant serviteur.

Bertvstorff.

M. ANCILLON A M. DE CHATEAUBRIAND

Berlin, 4 8 octobre 1823.

Monsieur ,

Au milieu de toutes les félicitations qui lui arrivent de toute part, Votre Excellence distinguera peut-être une voix qui ne lui fut pas indifférente; au milieu de tous les travaux et de toutes les sollicitudes qui l'assiègent, elle me pardonnera de lui enlever un moment, car elle n'est pas faite pour oublier facilement ceux qui eurent le bonheur de lui inspirer quelque intérêt, et qui en conserveront toute leur vie un doux et honorable souvenir.

Si je pouvais un moment séparer votre bonheur de celui de la France, qui attend de vous

pacnn <um dig)}ila(e,)C ne vous féliciterais pas de l'élévation où vous êtes. Dans le siècle où nous vivons, au milieu des mouvements de la fin d'une révolution qui ressemble quelquefois ;i un nouveau commencement, les hommes qui se vouent aux hautes places sont, plus ou moins, tous des victimes généreuses qui se dévouent pour leur patrie. Vous particulièrement, monsieur, qui en avez fait assez pour votre gloire, et qui croyez n'en faire jamais assez pour le devoir ; vous qui êtes trop élevé pour descendre à l'ambition, vous laites à votre roi et à votre pays le plus grand des sacrifices. L'Europe compte sur vous, monsieur, comme sur un de ces pilotes habiles, en petit nombre, qui lui restent encore pour l'empêcher d'échouer encore une fois contre les mêmes écueils et pour conjurer la tourmente; vous ne tromperez pas ses espérances. L'isolement et les demimesures ont déjà une fois perdu le monde civilisé; il n'y a de salut pour les puissances que dans l'identité du but, dans l'accord des moyens, dans l'union des sentiments, et dans la force de la modération, ou, ce qui revient au même, dans la force de la justice et de la raison. Avec des principes aussi purs, des affections aussi nobles, des vues aussi vastes que les vôtres, vous ne sacrifierez jamais 1 avenir aux embarras du moment, et vous prouverez au monde que l'art de bien faire est lié, par des affinités secrètes, à l'art de bien penser et de bien dire, et que l'énergie du caractère tire son

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feu et sa force des conceptions hautes de l'esprit,

comme il reçoit de lui sa direction.

Le roi, qui estime Votre Excellence à raison de ce qu'il la connaît; la cour et la ville, où il vous a suffi de quelques mois pour prendre racine dans tous les coeurs, se réjouissent de vos succès. Pour moi (s'il m'est permis de me nommer), qui ne perdrai jamais l'ancienne habitude de vous admirer et de vous aimer, je vous souhaite ce qu'il y aura toujours pour vous de plus difficile, c'est de vous satisfaire vous-même.

Agréez l'assurance, etc.

Ancillon.

M. DE METTERNICH A M. DE CHATEAUBRIAND

LemLerg, le 20 octobre 4 825.

Monsieur le Vicomte,

Le courrier de Votre Excellence qui m'a remis, le 1 8 dans la matinée, la lettre qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire le 8 de ce mois , ainsi que celle qui s'y trouvait jointe pour l'empereur , mon auguste maître, est arrivé ici au moment même où Sa Majesté venait de partir pour retourner dans sa capitale. Ne pouvant pas douter de la vive satisfaction avec laquelle l'empereur apprendrait l'heureuse délivrance du roi Ferdinand et de sa famille, je me suis fait un devoir de lui expédier

sur-le-champ votre lettre par courrier, et venant de recevoir dans le moment même la réponse que vous adresse Sa Majesté, je ne perds pas un instant pour vous la transmettre. Je vous demande la permission, monsieur le Vicomte , d'y joindre mes félicitations les plus sincères sur un événement aussi glorieux pour les armes du roi, qu'il est satisfaisant pour son cœur et important pour le repos de l'Europe. La coïncidence de la délivrance de S. M. C. avec l'aplanissement des nombreuses et graves complications, qui depuis trois ans menaçaient de troubler le repos de l'Europe dans l'Orient, est une de ces conjonctures heureuses que la Providence paraît avoir miraculeusement amenées pour mettre enfin un terme aux maux que souffre l'Europe depuis trente ans, et pour assurer le triomphe des principes éternels du bien sur le génie du mal. Ce triomphe est en partie votre ouvrage, monsieur le Vicomte, et je partage sincèrement la vive satisfaction que vous devez en éprouver !

Veuillez agréer, avec mes remerciements, l'assurance de ma haute considération.

Metternich.

Vicomte de Chateaubriai

KL

Moi, Don Jean, parla grâce de Dieu, roi du royaume uni du Portugal, Brésil et Algarves, en-

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