Congrès des inspecteurs d'écoles [microforme]
Compte rendu des séances du congrès des inspecteurs d'écoles tenu à Saint-Hyacinthe le 21 et le 22 août 1895.
21 août 1895.
Séance du matin.
PRÉSENTS :— L’'honorable Boucher de La Bruère, Surintendant de l’'Instruction publique, président ; M. G.-W. Parmelee, secrétaire anglais du dépt.de l’Instruction publique ; M. J. Harper, inspecteur des écoles supérieures protestantes ; MM. les inspecteurs Beaulieu, Belcourt, Bellerose, Bouchard, Brault, Curot, Destroismaisons, Dubeau, Dupuis, Fontaine, Gay, Guay, Hewton, Lefebvre, Lévesque, Lippens, Lucier, Magrath, McGown, McGregor, McOuat, Nantel, Parker, Prud'homme, Roy, Rue!, Savard, Stenson, Tanguay, Taylor, Thibault, Thompson, ‘Tremblay (Gaspé), Tremblay (Charlevoix), Vallée et Vien, et M. J.-N. Miller, secrétaire, tous membres du congrès,
Etaient aussi présents à cette première séance : M. l'abbé F.-X. Santenac, curé de Roxton-Falls ; MM.J. Nault, E.-H. Richer, Victor Marceau, E. St- Jacques et Louis Côté, commissaires d'écoles de la ville de St-Hyacinthe ; M. F.-X.-A. Boisseau, leur secrétaire-trésorier ; M. H.-R. Blanchard et plusieurs autres.
Avant l'ouverture régulière du congrès, M. J, Nault lit une adresse par laquelle les commissaires d'écoles de la vill: de Saint-Hyacinthé,
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dont il est le président, offrent leurs félicitations à l'honorable M. Boucher de La Bruère, au sujet de sa nomination à la charge importante de Surintendant de l’Instruction publique; ils le remercient d'avoir bien voulu choisir la ville de Saint-Hyacinthe pour y réunir les inspecteurs d'écoles auxquels ils souhaitent la bienvenue.
M. le Surintendant dit qu'il est très sensible à l’adresse qui vient de lui être présentée par les commissaires d'écoles de sa ville natale qui a été, toute sa vie, le centre de ses affections et qui sera le lieu où il viendra prendre son dernier repos, au milieu de ceux qui lui furent les plus chers. 11 est heureux d’avoir entendu proclamer les droits du père de famille en matière d'éducation, à une époque où l’on s'efforce de faire empiéter l'État sur le domaine religieux et sur celui de la famille. M. le Surintendant donne de sages conseils aux commissaires au sujet de leurs écoles, puis il les remercie, au nom des inspecteurs, du sympathique accueil qu'ils viennent de leur faire.
M. SrENsox présente ensuite l’adresse suivante, signée par tous les inspecteurs :
4 A l'honorable P. Boucher de La Bruère. Surintendant de l’Instruction publique.
Monsieur,
‘ Avant de passer à l'ordre du jour, permetteznous de vous offrir nos félicitations au sujet de votre nomination aux fonctions élevées de Surintendant de l’Instruction publique.
“Nous sommes heureux d’avoir une si belle occasion de vous présenter l'hommage de notre respect et de notre dévouement.
‘ Notre congrès de 1890, présidé par l’homme distingué que vous avez remplacé, a eu des résultats pratiques considérables. Il a été le point de départ de plusieurs réformes importantes dans la loi et les règlements scolaires. Nous espérons que cette réunion ne sera pas moins utile, et que
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nos humbles travaux ne seront pas indignes de la considération de ceux qui s'intéressent au succès de l'éducation.
“ Nous connaissons déjà vos dispositions bienveillantes à l'égard du personnel enseignant et votre désir de marcher dans la voie du progrès. Vos écrits sur l'éducation et le choix des sujets soumis à la discussion en cette circonstance en sont des preuves convaincantes,
‘ Dans une organisation aussi hérissée de diffcultés que celle de l’enseignement, il importe qu'il y ait uuité de vues et de moyens. C'est.afin d'établir plus fermement cette conformité d'action que vous avez bien voulu nous convoquer en assemblée générale. En réunissant tous nos efforts, nous espérons répondre à votre attente.
Daignez, Monsieur le Surintendant, accepter nos vœux bien sincères de bonheur et de succès dans la haute position à laquelle vous avez été appelé ”.
M. le Surintendant répond à cette adresse par quelques paroles de remerciement pour les félicitations et les bons souhaits qui lui sont offerts ; il assure les inspecteurs qu’il les aidera de tout son pouvoir dans l’accomplissement de leurs importantes fonctions. ‘“ Ma première pensée, dit-il, après avoir été appelé à diriger le département de l’Instruction publique, a été de vous réunir en convention, atin de m'’inspirer des idées de progrès dont vous êtes imbus et d’obtenir l’uniformité d'actions et de moyens dont notre système d'enseignement ne pourra que bénéficier ”.
Après ces préliminaires, M. le président ouvre le congrès par un discours dont voici un résumé très succinct: Il est heureux de souhaiter la bienvenue aux inspecteurs, à Saint-Hyacinthe, etilest convaincu que cette réunion, indépendamment des sujets qui y seront traités, exercera une influence bienfaisante sur l’esprit public. Il faut que la population s'intéresse aux choses de l’école, et c'est à vous, Messieurs les inspec-
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teurs, dit-il, de vous imposer la tâche de faire bien comprendre, dans vos tournées d'inspection, l'importance de l'éducation à ceux qui sont chargés par le peuple d’administrer les affaires scolaires, et de diriger aussi les instituteurs et les institutrices dans la grande mission qu'ils ont d'enseigner la jeunesse. Il parle ensuite du rôle sublime de l’instituteur et de l'inspecteur et il recommunde à ceux-ci d’avoir toujours en vue l'intérêt public dans l’accomplissement de leurs devoirs. En agissant ainsi, dit-il, l’on verra disparaitre, avant longtemps, les préjugés qui existent contre la charge d’inspecteur d'écoles. M. le Surintendant continue à donner des conseils aux inspecteurs sur la manière de remplir leurs devoirs; il ieur recommande fortement d'être bien fidèles à faire les deux visites réglementaires et de ne jamais s'abstenir de remplir les autres obligations que la loi leurimpose. 1l leur annonce ensuite qu’il est à faire faire des plans de maisons d'écoles et qu'un manuel d'agriculture a été préparé à sa demande. Lorsque ce livre aura été approuvé, ajoute-t-il, vous voudrez bien vous efforcer de le faire adopter dans vos écoles.
M. le Surintendant repasse ensuite en revue quelques-unes des questions qui seront soumises à la discussion, et, au sujet des conférences pédagogiques, il insiste sur le besoin qu'il v a de nouvelles écoles normales de filles. Il fait appel au dévouement des inspecteurs pour le bien public, puis il termine ses remarques par les paroles suivantes : ‘Nous tous, qui sommes ‘appelés à répandre l'instruction, une chose ‘entre autres doit nous guider. Non seulement nous devons agir par devoir, mais aussi par ‘ amour pour notre pays. La province de Québec, “ dont nous sommes appelés à servir les intérêts, a dreit à notre travail, puisqu'elle le rémunère “ mais elle a droit de compter aussi sur notre