‹ Congrès des inspecteurs d'écoles [microforme]Chapitre 2 sur 3 · PR · texte numérisé non relu

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# désintéressement et sur ce sentiment intime du “cœur sans lequel on ne saurait accomplir de ‘ grandes choses ”,

Après ces remarques de M. le président, M.

Parmelee fait part des regrets du révérend M. Lyster de ne pouvoir assister à cette convention, et le secrétaire du congrès donne lecture d'une lettre de M. Prémont, exprimant ses regrets de ne pouvoir être présent, pour cause de maladie

Il est aussi donné lecture de communications de la part de MM. Grafton & Fils, libraires, de Montréal, au sujet de quelques-unes de leurs publications, et du propriétaire de l'Æducational Journal, de Toronto ; puis la séance est ajournée à deux heures de l'après-midi.

Séance de l'après-midi.

La séance s'ouvre à deux heures.

PRÉsENTs :—Les membres du congrès qui ont assisté à la séance du matin, plus M. l'inspecteur Demers.

M. le président soumet à la discussion le sujet suivant :

PROGRAMME D'ÉTUDES :—Des moyens à prendre pour que le programme d'études approuvé soit fidèlement suivi dans les écoles.

M. BrauzT ouvre la discussion; il croit que le moyen le plus efficace de faire suivre le cours d'études serait de répandre dans toutes les écoles le registre ou journal d'appel approuvé, conforme aux règlements du Conseil de l’Instruction publique. Ce registre, qui contient le programme d’études et une foule de rense'znements et de conseils pédagogiques très utiles, doit être étudié par tout instituteur, et, si celui-ci a les qualités nécessaires pour bien diriger une école, il doit

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pouvoir, avec les conseils de l'inspecteur, enseigner fidèlement à ses élèves les matières exigées par le programme officiel, M, Brault suggère quelques modifications à faire à ce registre, et il résume ses remarques en disant que l'inspecteur devrait, à chacune de ses visites, s'assurer de la connaissance que possède le titulaire du programme d'études, des notes pédagogiques et des différents règlements contenus dans le registre, et exiger qu'il se conformât au tout.

M. Lerenvre dit que l'inspecteur obtiendra le but proposé en s'appliquant à bien faire comprendre le programme d'études auturisé à ses instituteurs et à ses institutrices, et à faire ressortir les avantages que l’on peut obtenir d’une classification intelligente des élèves.

M. Srexsox donne ensuite communication d’une étude très complète qu'il a faite sur ce sujet. Il suggère quatre moyens à prendre pour que l'excellent programme d'études autorisé soit fidèlement suivi dans les écoles: 1° Faire faire un cours de pédagogie aux instituteurs et aux institutrices qui ne sont pas passés par les écoles normales ; 2 Faire fournir aux écoles tout ce qui est nécessaire pour l'enseignement simultané ; 3° Donner une gratification aux instituteurs et aux institutrices qui auront obtenu le plus de succès dans l'enseignement ; 4 Enfin, accorder aux inspecteurs d'écoles une rémunération proportionnée au travail qui est exigé d’eux.

M. Lirpexs succède à M. Stenson et dit que le manque de préparation pédagogique de notre personnel enseignant est la grande raison pour laquelle le programme officiel est souvent lettre morte dans la plupart des écoles primaires; il faudrait donc faire disparaître cet obstacle au moyen de la création d’un bureau central d’examinateurs pour les candidats à l’enseignement, de sessions normales et de conférences données

par les inspecteurs. L'adoption d'une série de livres classiques s'accordant en tous points avec le programme autorisé enlèverait aussi, dit-il, un obstacle des plus sérieux à sa mise en opération. L'amélioration du sort de ceux qui choisissent l'enseignement comme carrière, et la publication d'un traité de méthodologie pratique spécial sont d'autres moyens suggérés par M. Lippens.

M. Naxrez est heureux de pouvoir dire que le programme d’études autorisé est généralement bien suivi dans les écoles de son district; ila obtenu cet excellent résultat en consacrant ses premières visites annuelles à faire lui-même la classitication des élèves de chaque école, et à donner aux maîtresses les instructions nécessaires pour que l’enseignement des diverses matières se fasse conformément aux prescriptions du cours d'études approuvé.

M. Duseau déclare qu'il a suivi la même méthode que M. Nantel et qu’il en a obtenu de très bons résultats ; mais l'inspecteur ne devrait pas être dans l'obligation, dit-il, de montrer aux institutrices une chose qu’elles devraient savoir pour obtenir leurs diplômes. Les maisons d'éducation qui préparent les candidats à l’enseignement devraient donc leur taire connaître le programme et la manière de le mettre en application, et les bureaux d’examinateurs ne devraient, de leur côté, accorder aucun diplôme aux personnes qui n’en ont pas une connaissance parfaite.

M. Curor lit ensuite sur ce sujet un travail très élaboré qu’il termine comme suit: “Le véritable moyen à prendre pour que le programme approuvé soit fidèlement suivi consiste à mettre à la tête de nos écoles des personnes capables de le faire suivre, et, à cette fin, de n'admettre dans la profession que des personnes vraiment dignes, en réfornant les examens. Il faudrait aussi s’ef.

forcer de retenir dans l'enseignement les maitres

et maîtresses compétents en les favorisant dans une certaine mesure et en les protégeant contre la concurrence déloyale des personnes non qualifiées.

Les bureaux d’examinateurs, dit M. BeLcourr, devraient exiger des aspirants aux diplômes la connaissance parfaite du programme d'études autorisé et des règlements des comités du Conseil de l’Instruction publique ; à l'heure actuelle, les institutrices entrent dans l’enseignement sans avoir aucune notion de ce programme, et il n'est pas étonnant d’avoir à constater qu’elles ne peuvent le faire suivre, surtout à leur première année d'enseignement,

M. Berrerose croit qu'on ne pourra obtenir l'application complète du cours d’études qu’au moyen des conférences pédagogiques.

M. Gay prend ensuite la parole : l'rois causes, dit-il, peuvent empêcher que le programme ne soit suivi: 1° le maître peut ignorer quel est ce programme ; 2° il peut être incapable de l'appliquer; 3° les élèves peuvent être dépourvus des livres et autres objets nécessaires. En faisant disparaître ces obstacles 1° par un journal bien fait, comprenant le programme autorisé, répandu dans toutes les écoles ; 2° par l'établissement d’un bureau central d’examinateurs, et 3° par des récompenses accordées aux maîtres dont les élèves seraient pourvus de tout ce quiest nécessaire pour les classes, on obtiendrait certainement que le cours d’études fût suivi partout.

M. Vie ajoute quelques mots sur ce sujet, puis ilest proposé par M. Demers, secondé par M.

Roy : “Que MM. les inspecteurs Brault, Lippens. Curot et Nantel, M. Parmelee et le secrétaire forment un comité chargé de résumer la discussion qui vient d'être faite sur la question du programme d’études et sur celle qui aura lieu sur les

autres sujets, si la chose est nécessaire ; ce comité devant faire rapport à la dernière séance.” Adopté.

M. le président invite ensuite les inspecteurs à étudier la question suivante :

RAPPORTS CONCERNANT LES MAISONS D'ÉDUCATION SUPÉRIEURE :—Divergences que l’on constate souvent entre les rapports annuels de ces institutions et les bulletins des inspecteurs d'écoles ; moyens de les éviter.

M. LeruBvre prend le premier la parole et dit que pour faire disparaître les divergences dont se plaint le Conseil de l’Instruction publique, l’inspecteur doit : assurer si les titulaires des écoles modèles et des académies possèdent bien l'esprit du cours d’études autorisé, l'expliquer à ceux qui n’en ont pas une idée exucte et enfin s'entendre avec eux pour la préparation des rapports de fin d’année.

M. Lrppexs croit que les principales causes des divergences disparaitraient si le programme était rigoureusement exécuté, si les renseignements demandés dans les divers rapports étaient de nature à éviter toute équivoque et si les questions posées dans les bulletins d'inspection et les formules de rapports étaient identiques. Cette question ne concerne que les écoies sous contrôle, dit M. Lippens, car les inspecteurs n’ont aucune mission officielle à remplir auprès des écoles indépendantes.

M. Vrex dit que la divergence entre les rapports provient souvent de ce que la date du bulletin de l'inspecteur et celle du rapport de l’école ne sont pas les mêmes, de la différence qui existe entre le programme d’études autorisé et celui de l'institution, et aussi de ce que les titulaires des écoles ne savent pas toujours, malgré une bonne volonté que l’on ne peut révoquer en doute, interprêter le cours d’études conformément au désir

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du comité catholique. Il suggère que les rapports des écoles modèles et des académies soient transmis au département par l'entremise de l'inspecteur qui pourrait ainsi en surveiller la préparation.

M. Rue dit que les contradictions dont on se plaint proviennent souvent du fait que les rapports des inspecteurs et ceux des institutions ne sont pas faits à la même époque. Il arrive, par exemple, que des élèves au cours élémentaire sont promus au cours modèle après la visite de l'inspecteur, et celui-ci ne peut en tenir compte dans son bulletin.

MM. B&aurieu et Dupuis continuent la discussion, puis le Dr HArrer explique que les rapports étant faits par l'inspecteur à différentes époques de l'année, on ne devrait pas s'attendre à ce qu'ils fournissent un état exact pour l’année entière.

M. MoGREGoR ayant demandé si le département peut priver de la subvention une école qui refuse de donner la statistique qu’on lui demande, M. ParuELes explique que la loi devrait être amendée de manière à obliger tous ceux qui tiennent une école quelconque, à fournir un état exact du nombre des élèves qui la fréquentent, car il est très regrettable d’avoir à constater dans les rapports statistiques publiés ici et à l'étranger que la province de Québec ne tient pas la place qu’elle devrait occuper. Ainsi, il est constaté que, d’une manière générale, 25 pour cent de la population fréquentent les écoles, tandis que la province de Québec ne figure que pour 19 pour cent. Est-ce que notre province occupe en réalité ce rang inférieur? Non, certainement ; mais le mal provient de ce que notre statistique n’est pas complète, Ainsi à Québec et à Montréal, par exemple, il y a plusieurs écoles indépendantes dont on ne tient aucun compte ; la chose se présente aussi ailleurs

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et j'espère, ajoute M. Parmelee, qu’il sera pris des moyens pour remédier à cet état de choses regrettable.

MM. Demers, McGowx et VIe parlent dans le même sens et déclarent qu’ils ont demandé la sta-* tistique scolaire aux institutions indépendantes et qu'on leur a refusé tout renseignement dans plusieurs cas. M Vien demande, de plus, que le Conseil de l’Instruction publique décide dans l'affirmative ou la négative si les inspecteurs doivent visiter les maisons indépendantes pour en recevoir les rapports, afin qw’ils sachent à quoi s'en tenir à ce sujet.

M. TremBLay (de Charievoix) n’a jamais eu à se plaindre des inconvénients que l'on vient de signaler ; il déclare au contraire que les directrices des deux écoles indépendantes de son district, non seulement se sont fait un devoir de bien accueillir l'inspecteur, mais qu'elles l’ont souvent invité à venir examiner leurs élèves plusieurs fois par année.

M. Harper parle de l'importance qu'il y a, au point de vue de l'intérêt public, d'obtenir des renseignements aussi complets que possible sur toutes les maisons d'éducation; la loi des autres pays, dit-il, oblige tous ceux qui dirigent des écoles publiques ou privées à fournir des statistiques exactes et il n'y a pas de raison pour qu'une loi analogue ne soit pas adoptée dans notre province.

Le troisième sujet de discussion, qui se lit comme suit: (CONFÉRENCES PÉDAGOGIQUES : — Serait-il à propos de remplacer la première visite annuelle de l'inspecteur par une série de conférences aux instituteurs et aux institutrices, attire alors l'attention du congrès.

M. LereBvre se prononce en faveur des conférences, Il dit que l'inspecteur ne peut, à propre-

ment parler, faire d'examen dans les premiers mois de l’année ; son rôle se borne à donner des avis aux maîtres pour la bonne direction de leurs classes. Par une conférence, ce but se trouverait atteint d'une manière beaucoup plus efficace.

M. Lippexs, qui répond dans l’affirmative à la question posée, développe les mêmes idées que M. Lefebvre, et fait aussi remarquer que l'inspecteur serait hoxucoup plus à l'aise pour donner des conseils aux institutrices dans une réunion où il ne ssrait pas gêné par la présence des élèves. Ayart déjà donné des conférences dans son district, M. Lippens démontre que le projet de fonder ces conférences est pratiquement exécutable et il n'hésite pas à dire que les nouveaux programmes et les nouveaux règlements les ont rendues indispensables.

M. Srexsox croit qu'à défaut de la possibilité de mettre à exécution le. projet qu'il a suggéré en 1879 et traité à maintes reprises dans ses rapports, il serait à propos de mettre à l'essai le projet de conférences pédagogiques dont il est question dans la résolution adoptée par le comité catholique, à sa séance du 28 septembre 1892, Les frais de ces conférences pourraient être couverts, dit M. Stenson, par les sommes dépensées chaque année pour l'achat des livres de récompense distribués par les inspecteurs ; cet argent produirait alors beaucoup plus de bien qu’il n’en a produit jusqu'ici.

Il est indiscutable, dit M. VIEN, que les conférences remplaceraient avantageusement la première visite et il croit qu’elles devraient être données par des personnes dont ce serait l'unique occupation ; elles seraient ainsi plus intéressantes et plus avantageuses. Mais en attendant que cela puisse être, chaque inspecteur pourrait donner des conférences aux institutrices de son

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district, réunies en aussi grand nombre que pose sible,

MM. Lucrer et TremBLay (de Gaspé) se prononcent contre le projet de remplacer la première visite par les conférences projetées, tandis que M. Nantel l'approuve, puis M. Hewton fait remarquer que les institutrices qui ont suivi le cours pédagogique donné dans les *‘ Teachers Institutes” sont supérieures de beaucoup à celles qui n’ont pas eu cet avantage.

M. Curor lit ensuite sur ce sujet un long travail qu'il termine en disant que les conférences données dans certaines conditions ne pourraient manquer d'être avantageuses.

Le Leu de temps que l'inspecteur peut consacrer à la visite de chaque école, dit M. MAGRATH, ne lui permet pas de donner les conseils pédagogiques nécessaires aux institutrices qui n'ont pas suivi un cours normal ; cet inconvénient disparaîtrait par l'établissement des conférences projetées. Un certain nombre d'élèves devraient être présents à ces réunions, afin que l’inspecteur pût montrer à ses auditeurs la manière d’appliquer les bonnes méthodes d'enseignement. Les contribuables devraient aussi être invités à assister à ces réunions, les écoles en retireraient de grands avantages. M. Magrathse déclare, en terminant, tout à fait en faveur des conférences pour remplacer la première visite.

Le révérend M. TayLror dit que si les inspecteurs pouvaient réunir les maîtres et les maîtresses des diverses municipalités de leurs districts et leur donner les conseils dont ils peuvent avoir besoin, on obtiendrait l'observation plus exacte de la loi et des règlements, et l'application plus fidèle du programme d'études autorisé. S'ils avaient aussi l’occasion de réunir les cominissaires et les contribuables afin de leur expliquer les exigences de notre système scolaire, l'on

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réussirait à obtenir plusieurs réformes nécessaires, En terminant ses remarques, le révérend M.

Faylor propose, secondé par M. Stenson :

‘ Que, dans l’opinion des membres de ce con- “ grès, il est désirable que les inspecteurs reçoi- “vent instruction de ne faire qu’une seule visite ‘ annuelle au lieu des deux qu'ils sont obligés de faire en vertu de la loi actuelle, et que la pre- ‘“ mière de ces visites soit remplacée par une “ série “ » conférences que les inspecteurs feront “aux titulaires des écoles des diverses municipa- “lités de leurs districts respectifs. ?”?

Cette résolution étant adoptée à l'unanimité, M. le président propose la discussion du sujet qui suit : :

TRAITEMENT DES INSTITUTEURS ET DES INSTITU— TRICES :—Serait-il à propos que la loi fixât un minimum ?

M. Srexsox dit que personne plus que lui n’est en faveur d’une augmentation de traitement pour les instituteurs ; mais il n’est pas convaincu qu'on obtiendrait ce résultat en fixant un minimum. Il préférerait faire aug nenter les salaires au moyen de primes accordées par le départe.

ment.

La fixation d’un minimum de traitement s'impose, dit M. L1PPENs, si l'ont veut obtenir l’amélioration du personnel enseignant ; mais cette réforme indispensable entrainerait quelques autres modifications au code scolaire, entre autres, l’uniformité de la rétribution mensuelle, la mise en commun du fonds local des écoles, l'allocation d’un octroi payé, sous certaines conditions, aux maîtres et aux maîtresses, etc.

M. Lereevre ne croit pas qu'il soit opportun de demander que la loi fixe un minimum de salaire, bien qu'il soit admis que la classe enseignante n'est pas suffisamment rétribuée. Il indique les inconvénients qu’une loi de cette nature pourrait avoir, et il voudrait que la législature votât une

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