MONSEIGNEUR
La première parole que je sens monter à mes lèvres, en venant vous souhaiter la bienvenue parmi nous, est une expression de profonde reconnaissance, envers la divine Providence, tout d'abord, puisqu'elle est la source principale de toutes nos joies et allégresses, puis envers Votre Grandeur, dont la bienveillance a jeté spontanément les yeux sur notre région pour inaugurer toute une série de congrès eucharistiques dans son diocèse. Je voudrais que la piété et les solennités de ce congrès pussent faire jaillir dans notre âme, comme chez tous ceux qui vont y prendre part, quelques-unes de ces religieuses émotions dont fit battre tous les cœurs l’inoubliable congrès international de septembre 1910. Il ne nous est pas donné, il est vrai, d'ouvrir les portes d’une vaste cathédrale comme celle de Montréal à un légat du Saint-Siège, escorté d'évêques, d'archevêques et de cardinaux, venus de toutes les parties du monde. Mais nous n'en croyons pas moins, de toute la force de notre foi, que le premier pasteur d'un diocèse est, dans l’ordre spirituel, l'héritier direct de la succession apostolique et qu'il exerce d’un droit strictement divin le ministère qui lui a été confié. Voilà pourquoi, quand vous venez remplir parmi nous des fonctions solennelles comme celles de ce soir, Monseigneur, nous sentons le besoin de vous présenter le même hommage de foi, d'affection et de respect, que vous déposiez en notre nom aux pieds de celui qui représentait la personne du Souverain Pontife, à l'ouverture du grand congrès de Montréal.
Vous allez jeter de nouveau, sur notre région, une des plus fécondes semences de la dévotion envers la Sainte Eucharistie.
Les congrès internationaux ont produit, depuis un quart de siècle, des secousses dont le monde entier a tressailli. Les nations rendent , en masse, à Jésus-Christ des hommages et un culte que parfois les chefs des gouvernements ne seraient pas disposés à lui accorder. Les hommes d'Etat comme les princes de l'Eglise y puisent des lumières qui les disposent à mieux seconder les desseins de la Providence dans le gouvernement du monde. C’est le royaume de Dieu qui pénètre les sociétés par des moyens nouveaux pour les régénérer. C'est Jésus-Christ qui continue à prêcher son Evangile lui-même du haut de l'os-
PS
tensoir et à racheter Je monde par sa Propre vertu, en l'entratnant au sacrifice de l'Eucharistie.
Des congrès plus modestes, tenus dans le même esprit, bien que sur des territoires infiniment plus limités, semblent destinés à produire les mêmes effets, d’une façon plus intime et
l'Eucharistie dans votre Eglise de Montréal, et au delà, comme elle se pijatt déjà à appeler le chef de l'Eglise universelle, le bien-aimé Pie X, Pontife on Pape de l'Eucharistie.
C'est au congrès eucharistique de 1910, à Montréal, que l’on émettait, la première fois, le vœu que des congrès eucharisti. ques régionaux soient organisés sur cette terre d'Amérique, comme ils existent en Europe: que ces congrès aient un Carac-
dota] de février dernier, vous rappeliez, Monseigneur, que le Chanoine Lamérand, directeur des œuvres eucharistiques du diocèse de Cambrai, en France, était venu, sur le désir personnel de Votre Grandeur, €xposer le résultat de sa longue expérience, et Conséquemment formuler le vœu que je viens de rappeler.
Ce qui se fait ailleurs, ajoutiez-vous, avec des difficultés et dans des conditions que nous ne rencontrons certainement pas, Pourrait se faire, semble-t-il, chez nous, et créer au milieu de nos Croyantes populations une grande intensité de vie religieuse,
Le temps de mettre à exécution le vœu de 1910 était arrivé, le mouvement allait être lancé, Quelques semaines plus tard, au cours du beau mois de mai, consacré à honorer Ja Vierge Marie, vous arrêtiez difinitivement le projet d'inaugurer les
tration de ce soir ne nous permettent-ils pas d'espérer que nos prévisions n'auront pas été déçues ?
Trente paroisses ont répondu à l'appel; elles se sont liguées pour préparer au Dieu de l'Eucharistie un triomphe qui proclame la vivacité de notre foi et l'ardeur de notre zèle, quand l'honneur de l'Eglise, le bien de la religion et la gloire de Dieu nous convient à de telles œuvres. Les pasteurs et les fidèles se sont donné la main pour mener l'entreprise à bon terme, et il s'est trouvé même de nos frères séparés qui ont voulu y contribuer de leurs deniers autant que de leurs témoignages de sympathies et d'admiration. Ici, nos Conseils municipaux se sont mis en tête du mouvement d'organisation pour donner à ce grand évènement tout l'éclat que permettent les circonstances locales. Nos communautés ont mis à notre disposition les précieuses ressources de dévouement et de savoir-faire dont elles jouissent, pour rendre aussi éclatante que possible une fête de l'Eucharistie, qui sera classée chez elles comme la plus belle des fêtes de famille. Et voici maintenant que la foule accourt de toutes parts, nombreuse et débordante de joie, chanter le premier hosanna à Celui qui va être l'objet de toutes les adorations et des plus profonds sentiments de piété filiale au cours de ces jours mémorables du congrès eucharistique. Oh! qu'ils soient loués et remerciés cordialement, ceux qui ont bien voulu nous rendre plus facile la tâche entreprise. Et que l'Hôte divin de l'Eucharistie daigne accepter comme une démonstration sincère de notre foi en sa vivante présence au milieu de nous, de notre gratitude pour les bienfaits sans nombre que nous tenons de lui, de notre soumission fidèle à l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique qu’il a fondée et qu'il ne cesse de gouverner, ce que nous avons pu donner de splendeur aux décorations de notre temple, de nos demeures et de nos rues, et ce que nous pourrons mettre de piété et de ferveur dans la prière commune de cette famille nouvelle.
Vous allez passer parmi nous, ô Jésus, comme en ces jours bénis où vous traversiez les villes de la Judée et de la Galilée, semant sur vos pas les miracles et les bénédictions du Ciel. Entendez la prière de ceux que vous avez voulu appeler vos frères et vos fils; nos hommages ne seraient pas complets si À nos adorations nous n'ajoutions la supplication. Accordez, Seigneur, la fécondité au dur labeur quotidien de ceux qui versent des sueurs sur le sillon ou dans l'usine, pour en tirer
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lards qui sentent que la journée sera bientôt finie, les vertus patriarcales qui laiss:nt après elles une trace plus lumineuse
Pauvre de l'Evangile: Jésus, fils de David, ayez pitié de moi.
Donnez au zèle de vos ministres, chargés de faire voir la vérité aux Âmes et de leur faire sentir Je prix de la vertu, l'efficacité d’une vie religieuse plus intense, pour que le 5m de Dieu soit toujours sanctifié, que son règne se répande sûrement et que sa sainte volonté soit mieux accomplie dans chacune de nos paroisses.
Faites que les enfants appelés à ce Congrès, eux qui seront, l'objet spécial de notre attention, en reçoivent une augmentation durable de dévotion envers votre Eucharistie, avec la
SR de
Adresse de M. le Maire
Après la lecture de cette adresse, Monsieur le Dr H. Deschambault, Maire de la paroisse, souhaite la bienvenue à Sa
Grandeur et aux Congressistes, au nom des citoyens de Sainte-Thérèse.