MES CHERS ENFANTS
Demain, je l'espère, nous aurons la messe solennelle en plein air. Des milliers de personnes y assisteront. Ce sera un spectacle bien beau et bien grand. Mais sera-t-il aussi beau, aussi touchant que celui de cette messe de communion à laquelle vous venez de prendre part ? J'en doute presque. Et pourquoi ? Parce que c’est la messe des petits enfants, votre messe à vous. Jésus, ce généreux Bienfaiteur, cet Ami des enfants, vient de répandre sur vous ses grâces avec profusion. Vos anges gardiens vous regardent avec amour, peut-être avec envie.
Le grand festin a eu lieu, vous vous êtes nourris de la chair de Jésus-Christ, vous avez bu son sang. II n'y a pas, chers enfants, de festin de rois qui puisse être comparé à celui-là. Le ciel ést dans votre cœur, et vous en éprouvez une joie que ne sauraient procurer les choses de la terre. Notre Seigneur vous comble de ses caresses et vous prodigue ses bienfaits, et vous sentez le besoin de lui exprimer votre reconnaissance. Lorsque vos parents vous témoignent leur affection par quelque présent, vous ne savez plus comment leur dire votre amour filial. Que ne ferez-vous pas alors pour Jésus, infiniment bon, infiniment riche, qui s'est donné tout à vous ?
Vous savez quelle tendresse il avait Pour les enfants, comme il se réjouissait de les voir s'approcher de lui sans crainte: il était si bon! Puis, Jésus les prenait quelquefois dans ses bras, déposait sur leur front Pur un baiser de ses lèvres divines. 11 aime tant les petits enfants qu'il dit un jour: ‘Le royaume des cieux est à qui leur ressemble.” Il se fait leur défenseur: ‘“’Lais. sez venir à moi les petits enfants.” Il s'est constitué leur protecteur: “Malheur à celui qui scandalise l’un de ces petits, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attache une meule de moulin au cou et qu'il soit jeté à la mer.”
Les petits enfants se sont donc approchés de Jésus; c'était le grand bonheur des mères de les lui amener, pour qu'il les bén'avez pas à envier leur bonheur.
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ce n'est plus moi, c'est Jésus qui vit en raison de bien remercier Notre Seigneur.
Remerciez-le d'abord de vous avoir donné le bienfait de la foi, des parents catholiques. Remerciez-le du grand don de son Eucharistie, de la connaissance que vous en avez, des bienfaits que vous en recevez, de l'avoir reçue à un âge aussi tendre. Il y a tant d'enfants qui n'ont jamais entendu parler du bon Dieu, qui ne communient Pas et ne communieront jamais!
Vous êtes donc les petits privilégiés du bon Dieu, comblés de toutes les grâces, prévenus de tous les dons. Dites alors à Notre Seigneur que vous reconnaissez ses bienfaits sans nombre, que vous voulez lui Prouver votre reconnaissance par la pureté de votre vie et l'accomplissement de tous vos devoirs. Imitez les vertus qu'il pratiquait à votre âge: sa piété envers Dieu son Père et sa parfaite obéissance à Marie et à Joseph. A son exemple, soyez obéissants; soyez, au sein de votre famille, la consolation et le bonheur de vos Parents. Aimez à prier, faites souvent des visites au divin Prisonnier du Tabernacle: aimez tendrement la sainte Vierge. Mais surtout, évitez le péché. Vous savez quelle peine il fait à Notre Seigneur: il fait saigner son cœur de Père. Le péché, mes enfants, c’est le seul mal qui soit vraiment À redouter sur la terre; fuyez-le, fuyez
ses occasions, ne fut-il que péché véniel. Le péché, quel qu'il soit, n'est-il pas toujours une offense à la Majesté de Dieu ?
Vous aimerez Note Seigneur, chers enfants; vous aurez toujours besoin de lui. Il vous a aimés jusqu'à la croix, jusqu’à l'Eucharistie; c'est jusque-là aussi qu vous devez l'aimer. Non content de mourir pour vous, il est devenu la nourriture de vos âmes: communiez alors,comme vous venez de le faire. Le moment de la communion, n'est-il pas le plus beau de votre vie ? Ce que vous venez de faire, continuez-le toute votre vie, et, si possible, tous les jours de votre vie; prenez-en dès aujourd'hui la résolution. Alors même que vous auriez trente ou quarante ans, est-ce que Notre Seigneur n'aurait pas les mêmes droits à votre amour et à votre reconnaissance ? Grandissez, chers enfants, grandissez dans l'amour de l’Eucharistie et de la Communion. Chaque matin venez prendre part au festin de l’Agneau; c'est là que vous trouverez la force pour conserver votre innocence. Vous avez des ennemis nombreux qui veulent vous ravir votre trésor. Laissés à vous-mêmes, à votre faiblesse, vous ne sauriez tenir bon; avec Jésus vous serez forts, vous combattrez avec un glaive trempé dans le sang même de Jésus-Christ. Et ainsi, tous les jours de votre vie, vous resterez en état de grâce, dans l'amitié du bon Dieu. Y a-t-il sur terre rien de plus beau, rien de plus grand qu'une âme pure ?
Puis, mes chers enfants, plus tard que ferez-vous ? N'aimeriez-vous pas à dire la Messe, à être prêtres, à servir Dieu et le faire aimer ? N'’aimeriez-vous pas à faire ce que font vos maitres et vos maîtresses: à vous donner entièrement à Dieu par la vie religieuse ? N'’aimeriez-vous pas à vous dévouer à l'enseignement des petits enfants ou au soin des malades, des pauvres ou des affligés ? Est-ce que vous n'avez pas de désir des grandes âmes? Après chacune de vos communions, après l'offrande de vous-même à Jésus, dites-lui: Je ne désire qu’une chose, c'est de vous servir ici-bas comme vous le voulez et d'accomplir en tout votre sainte volonté. Si vous m'appelez à vous servir au pied des saints autels, je le veux, je vous en remercie, donnez-moi seulement les moyens de marcher dans la voie que vous désirez pour moi. Ce sera là, chers enfants, être fidèles à votre vocation, et vous serez alors assurés de votre salut.
Messe en plein air.
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Enfin, puisque en ce moment vous possédez Dieu, vous êtes tout puissants sur son Cœur: demandez-lui beaucoup et avec confiance. Priez-le pour vous, pour vos bons parents, pour vos maîtres et maîtresses; priez-le pour le Pape Pie X, à qui vous devez tant, pour votre Archevêque, pour tous les prêtres; priez-le pour les vivants et pour les morts. Ainsi devez-vous faire chaque fois que vous avez communié.
Avant de terminer, laissez-moi vous dire combien je suis heureux de me trouver au milieu de vous. En vous contemplant, petits enfants de Sainte-Thérèse et des paroisses voisines, qui êtes accourus à notre appel, nonobstant la pluie et le mauvais temps, je suis fier de vous. Ah! soyez heureux toujours, comme vous l'êtes présentement. Vous le serez, si vous restez bons, purs, si vous communiez souvent. Croissez donc en gardant votre vertu et votre cœur à Jésus.
Que la bénédiction du bon Dieu soit à jamais sur vous, sur vos parents, vos maîtres et vos maîtresses.
Ainsi soit-il!
+ LE
Après l'allocution de Sa Grandeur, eut lieu l'exposition et la bénédiction du Très Saint Sacrement qui resta exposé toute la journée aux adorations des pieux fidèles. Ceux-ci se succédèrent en foule jusqu'à l'exercice de 4.30 heures, auquel les enfants avaient été spécialement convoqués et quifut clôturé par un dernier salut solennel.
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