‹ Congrès eucharistique régional de Sainte-Thérèse, diocèse de Montréal, 12-14 septembre 1913Chapitre 2 sur 51 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Organisation du Congrès

Origine du Congrès

Les congrès eucharistiques régionaux sont d'origine française. L'idée de les introduire au Canada se rattache originairement à celle de notre grand congrès international de 1910. Monseigneur l'Archevêque s'était rendu compte, par l'exemple des pays d'Europe, de la France en particulier, que ces congrès plus modestes avaient pour résultat de compléter et d'assurer les fruits des congrès internationaux. Aussi, est-ce à sa demande que M. le Chanoine Lamérand, le grand promoteur de ces congrès en France, fut invité à présenter un rapport sur ce sujet à l'une de nos grandes réunions sacerdotales en 1910.

Dans sa lettre circulaire convoquant ses prêtres au premier congrès sacerdotal pour Février 1913, Sa Grandeur exprimait de nouveau ses intentions sur ce sujet: (( Laissez-moi ajouter, y disait-il, Cju'il me paraît désirable que nous fassions droit bientôt ù un autre \'œu de notre Congrès intern.ition.il tlo 1910,

vœu dont la réalisation peut en être considérée comme le fruit le plus pratique: je veux parler de l'organisation des Congrès régionaux... i » Enfin, dans son allocution d'ouverture du même congrès sacerdotal, Monseigneur l'Archevêque disait ses espérances en ces termes: « D'autres (congrès) suivront, et des congrès régionaux, je V espère. ))

Ce désir ainsi réitéré devint la matière d'un vœu que l'un des congressistes présenta à l'assemblée à la fin de la première séance de la Journée eucharistique.

Ce désir et ce vœu allaient bientôt recevoir leur réalisation. Dès le milieu du mois d'Avril, Sa Grandeur annonçait à son entourage que le premier congrès eucharistique régional se tiendrait dans le courant de l'automne à Sainte-Thérèse de Blainville. comté de Terrebonne. Monsieur le Chanoine Jasmin, curé de cette importante paroisse et connu de tous pour sa piété éclairée et son zèle inlassable, avait répondu avec empressement au désir de son Archevêque. Sans se laisser rebuter par les difficultés d'une entreprise aussi nouvelle pour lui, le digne curé se mit résolument à l'œuvre et, sans tarder, fit appel autour de lui à toutes les bonnes volontés. Celles-ci ne lui firent pas défaut. Dans une première assemblée où furent convoqués les Maires, les échevins et les principaux citoyens des deux municipalités de Sainte-Thérèse, tous acceptèrent avec enthousiasme non seulement l'idée du congrès, mais l'organisation des divers comités: comité des finances, comité de réception, comité des décorations. En ce qui concerne ce dernier en particulier, chacun des échevins se chargea, séance tenante, de voir pour sa part aux décorations de son quartier, d'après les indications qui seraient fournies par ce comité.

Réunion préparatoire au Congrès

Mais le Congrès ne devait pas intéresser uniquement la paroisse de Sainte-Thérèse. Il s'agissait d'organiser un congrès régional auquel plusieurs paroisses seraient appelées à prendre part. Une réunion sacerdotale à laquelle seraient invités les curés de ces mêmes paroisses fut donc fixée au lundi, 9 Juin, à l'occasion de la visite pastorale. Elle eut lieu au séminaire de Sainte-Thérèse, sous la présidence de Monseigneur l'Archevêque. Une quarantaine de prêtres entouraient Sa Grandeur, qui ouvrit la séance par une allocution de circonstance.

Nous empruntons aux Annales des Prêtres-Adorateurs le récit de cette réunion préparatoire au Congrès.

Après avoir rappelé les résultats inappréciables des Congrès eucharistiques internationaux dans le monde entier. Monseigneur constate chaque jour davantage avec tous ses prêtres le renouveau de vie chrétienne, de foi et de piété eucharistiques, dont le diocèse de Montréal en particulier est redevable au Congrès de 1910.

« C'est toute une révolution bénie, dit Sa Grandeur, qui s'est produite dans nos paroisses, jusque dans nos communautés religieuses, et particulièrement chez les enfants. )) Mais les Congrès internationaux sont trop rares dans un même pays, pour y créer un mouvement dont les efifets soient durables et aillent toujours grandissants. Ils appellent après eux, comme complément nécessaire, d'autres congrès, d'autres manifestations moins grandioses sans doute, mais non moins eflïcaces, d'autres réunions eucharistiques diocésaines et même régionales. Multiplier ces congrès, c'est en faire autant de centres, de foyers de piété eucharistique. Quelle vigoureuse poussée de vie chrétienne n'en recevrait pas un diocèse où ils se tiendraient régulièrement! C'est ce qui se voit notamment en F'rance, en Italie et en Belgique. Si, comme en certains diocèses de France où il y a si peu de foi, ces congrès sont parvenus ù réaliser des merveilles, ù opérer de véritables résurrections de paroisses au point de vue religieux, que ne feront-ils pas chez nous, «.>ù la foi de

notre peuple se traduit à l'occasion par de si nobles élans et de si généreux sacrifices ?

« Depuis notre Congrès de 1910, dit Sa Grandeur, j'avais pensé à prendre l'initiative de ces congrès régionaux. Notre congrès sacerdotal de février, c]ui a reçu les éloges du Souverain Pontife et vient d'être cité comme un exemple au Congrès de Malte, était comme une préparation et un acheminement vers ce but désiré. Sous l'empire de cette pensée, j'ai tourné les yeux vers Sainte-Thérèse qui, grâce à son collège si florissant, à des communications faciles, offre de sérieuses garanties de succès. Monsieur le Curé, dont le zèle et la piété sont connus de tous, s'est rendu sans hésitation à mon désir; et nous sommes présentement réunis pour aviser ensemble aux meilleurs moyens de mettre ce pieux projet à exécution. Pour nous y aider, nous n'aurons qu'à nous inspirer de ce qui s'est fait ailleurs, tout en l'adaptant aux conditions particulières de notre pays et de notre peuple.»

Puis, Sa Grandeur termine en indiquant quelle est la pensée dominante qui devra inspirer tous les travaux et toutes les délibérations du Congrès. On y traitera de T Education, de la formation religieuse et eucharistique des enfants dafis la famille et à Vécole. Les prêtres en aviseront ensemble dans la séance sacerdotale; ils en parleront aux pères, aux mères de famille, aux instituteurs et institutrices, aux enfants eux-mêmes, en des réunions spéciales.

Après l'allocution de Monseigneur que nous venons d'esquisser à grands traits, on passa à l'examen de certaines questions d'ordre pratique.

Sa Grandeur désigne d'abord, M. le Chanoine Jasmin comme président du Comité des travaux, et lui adjoint le Rév. Père Lault, S. S. S. en qualité de secrétaire.

Il est ensuite décidé que le premier congrès régional rayonnera sur toute la partie Nord du diocèse et comprendra les comtés de Terrebonne, de Laval et des Deux-Montagnes, quitte à embrasser un rayon moins étendu dans les congrès suivants.

L'ouverture du Congrès aura lieu le Vendredi soir 12 septembre par la réception solennelle de Monseigneur l'Archevêque, suivie d'un sermon de circonstance et de la Bénédiction du Très Saint Sacrement.

La journée du samedi sera consacrée aux séances d'étude. Dans la matinée, il y aura messe pour les enfants avec chants, et communion générale avec préparation et action de grâces publiques. Tous les enfants de la région seront convoqués à une cérémonie semblable dans leur paroisse respective.

La réunion sacerdotale se tiendra de 10 h. à midi.

Entre 3 et 5 h. de l'après-midi, auront lieu simultanément la réunion des Mères de famille, la réunion des Instituteurs et Institutrices, et l'heure d'adoration pour les enfants.

Le soir, vers 7 Yi h., réunion pour les hommes, à la grande salle du Séminaire. Quelques orateurs laïques seront invités à prendre la parole.

Le dimanche matin, messe pontificale en plein air, avec sermon. Vers 3 h. de l'après-midi, grande procession du Très Saint Sacrement, acclamations par la foule au reposoir. Dans la soirée, illumination et feu d'artifice.

Tous les curés du district, sous la présidence d'honneur de Monseigneur l'Archevêque, font partie ((ex officio)) du Comité d'organisation du Congrès, et chacun, dans sa paroisse, en est constitué le zélateur.

Un questionnaire sera sous peu envoyé à chaque curé, à l'efïet de fournir des données précises sur l'état eucharistique de la région et d'assurer une portée pratique aux délibérations du Congrès.

Monsieur le Supérieur du Séminaire a bien voulu accepter de présider et de constituer avec ses prêtres le Comité des cérémonies.

Quant à l'organisation locale proprement dite, comprenant le comité des finances, le comité des décorations et le comité de réception, les conseillers municipaux des deux municipalités de Sainte-Thérèse ont accepté avec enthousiasme d'y pourvoir. Une collecte sera faite dans toutes les paroisses de la région afin de couvrir les frais occasionnés par le Congrès.

Bien que certaines modifications de détail fussent encore possibles, l'on pouvait déjà se faire une idée de ce que serait, dans ses grandes lignes, le Congrès régional eucharisli(iue de Sainte-Thérèse.

Entre temps les divers comités étaient définitivement constitués et commençaient activement le travail d'organisation.

Le Comité chargé de préparer les travaux du Congrès se mettait à l'œuvre pour fixer les questions à traiter et à discuter dans les diverses séances d'étude, ainsi que pour désigner les rapporteurs et les orateurs. Un questionnaire était dressé pour être envoyé aux curés de la région, avec prière d'y répondre, dans le but de connaître exactement la situation eucharistique de cette partie du diocèse.

Grâce au zèle déployé par les autres comités, des souscriptions étaient ouvertes qui témoignèrent de la piété et de la générosité de tous. Les citoyens de Sainte-Thérèse en particulier donnèrent sans compter. La petite ville se mettait en mesure de se transformer pour glorifier magnifiquement le Dieu de l'Eucharistie, et recevoir aussi convenablement que possible la foule des congressistes. La municipalité votait les subsides nécessaires pour l'amélioration des rues que devait parcourir la procession; l'église paroissiale, déjà si belle, s'enrichissait de nouvelles décorations; la Compagnie du Pacifique s'engageait à mettre des trains spéciaux à la disposition des congressistes et accordait en leur faveur une réduction de cinquante pour cent. Bref, grâce à la bonne harmonie qui ne cessa de régner entre les membres des divers comités, il fut facile d'entrevoir que le Congrès, serait couronné du plus heureux succès.

Comités d'Organisation

PRESIDENT d'HONNEUR:

Sa Grandeur Mgr Paul Bruchesï, Archevêque de Montréal.

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