‹ Congrès eucharistique régional de Sainte-Thérèse, diocèse de Montréal, 12-14 septembre 1913Chapitre 39 sur 51 · DISCOURS DE M. L'ABBE C. CHAUMONT · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. L'ABBE C. CHAUMONT

Influence de l'Eucharistie dans l'Education de la jeunesse

Monseigneur,

A l'allégresse qui rayonne sur toutes les figures on voit que le père bien-aimé est au milieu de ses enfants. En effet nous vous aimons et nous vous admirons.

Monseigneur, sous le souffle de votre apostolat, les œuvres ont surgi nombreuses ou se sont merveilleusement développées dans la cité de Ville-Marie et dans votre diocèse: caisses populaires, cercles d'ouvriers, conférences de Saint- Vincent de Paul, retraites fermées, œuvres de la Jeunesse, œuvre des Séminaires et que d'autres encore! Comme de l'Apôtre saint Paul, votre patron et votre modèle, on peut dire que vous vous faites tout à tous. Il n'y a pas de champ d'action où ne s'exerce votre zèIe."iVon est qui se abscondat a calore ejus."

En septembre 1910 se tenait dans votre ville archiépiscopale, sur les bords de notre grand fleuve, un congrès dont les échos du monde entier ont redit la magnificence et les bienfaisants résultats: congrès qui donnait un regain de force et de vitalité à l'individu, à la famille, à la société civile et religieuse. Pour en perpétuer les fruits vous inaugurez l'œuvre des congrès eucharistiques régionaux et c'est à Sainte-Thérèse, au milieu de cette belle et vaillante jeunesse que vous voulez soustraire au souffle funeste du matérialisme, de l'indépendance, du naturalisme. Ces jeunes âmes où germent tant de mystérieuses espérances vous voulez les consacrer au Christ aujourd'hui pour toujours. Votre présence comble nos vœux et nous vous offrons l'hommage de notre profonde gratitude.

A vous tous, Messieurs les Congressistes, je suis heureux de pouvoir souhaiter la plus cordiale bienvenue.

A l'occasion de ce congrès nous attendons de la munificence divine des fruits de salut. Par toute la région les âmes voleront plus nombreuses vers le tabernacle; Jésus dans son Sacrement d'amour sera moins délaissé; à l'heure de son sacrifice sur l'autel, plus de fidèles recevront ses grâces, à sa Table il y aura des convives plus nombreux et plus affamés de sa chair sacrée. En ce Séminaire, encore plus que par le passé, Jésus régnera en roi pour régner ensuite sur la société.

La fin que se proposait Monsieur J.-C. Ducharme en fondant cette maison d'éducation, celle que veulent atteindre les directeurs actuels est belle entre toutes: façonner des âmes sacerdotales, des cœurs d'apôtres.

Monsieur Ducharme, ce prêtre à l'intelligence brillante, à l'énergique volonté, à l'âme vraiment apostolique, après le rude labeur du ministère paroissial se faisait chaque soir humble professeur de latin. Il voulait ainsi donner à l'Eglise des prêtres, continuateurs de son œuvre. Dieu réalisa ses désirs; même il les combla: car son seulement M. Ducharme forma des prêtres, mais il devint lui-même fondateur d'un séminaire qui, selon les termes du mandement que publia Mgr Bourget le 18 décembre 1841,doit être un foyer de vocations.

Et malgré un incendie partiel en 1875, malgré l'effroyable conflagration du 5 octobre 1881, le Séminaire a continué à faire germer dans les cœurs des vocations d'apôtres; il a donné toute une phalange de prêtres et d'apôtres laïques qui travaillent à la vigne du Seigneur, non seulement dans ce diocèse et les diocèses voisins, mais encore dans les plaines de l'Ouest canadien, aux Etats-Unis, en Italie, jusque dans la brûlante Afrique.

Si vous me demandez, Messieurs, comment s'est levée cette moisson; je vous répondrai: les prêtres qui se sont succédés, professeurs et directeurs, ont puisé dans l'Eucharistie leur zèle, leur désintéressement. L'Eucharistie leur a donné le courage d'accomplir leur grande mission. Après s'être abreuvés du sang de l'Agneau, leurs lèvres devenaient éloquentes. Elles éclairaient les âmes, les convertissaient. Les hommes de ma génération n'ont pas oublié les appels de ces âmes eucharistiques qui, lorsque le jansénisme régnait encore, nous entraînaient à la Table Sainte.

Si pour nos devanciers l'Eucharistie a été un moyen puissant de réaliser la fin du Séminaire, nous n'en voulons point d'autre pour la poursuivre. Orienter nos élèves vers le tabernacle, nourrir et entretenir ce mouvement de communions quotidiennes: tel est notre mot d'ordre. En votre présence, Monseigneur et Messieurs, je puis féliciter ces chers élèves d'avoir entendu notre appel. Ils ont été l'an dernier des ciboires vivants, puisque sur une moyenne de 380 élèves on a pu leur distribuer 93,000 hosties.

A ce contact assidu du disci pie et du Maître, dans ces colloques intimes, ces tête-à-tête, ces cœurs-à-cœurs, apparaîtront des lumières, germeront des dévouements. L'Eucharistie n'est-elle pas la source de tout apostolat ? Deux notes, il me semble, caractérisent l'apôtre : la possession de la vérité à l'état de conviction, et le dévouement toujours prêt à s'oublier et à se donner. Or l'Eucharistie produit la conviction et le dévouement.

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