DEUXIEME PARTIE
Les Solennités du Congrès
Nous ne pouvons donner qu'un aperçu général des solennités du Congrès. Mais elles méritent assurément de fixer notre attention, par l'éclat des cérémonies auxquelles elles donnèrent lieu, par la profusion et la somptuosité des décorations, par l'énorme affluence et la piété vraiment édifiante des pèlerins de l'Eucharistie, par l'intérêt des séances d'étude et des discours prononcés, par le saint enthousiasme de la foule immense accourue pour acclamer publiquement la royauté sociale du Christ eucharistique et proclamer son attachement à l'Eglise, au Pape, à son Archevêque.
Depuis long tempsdéjà les habitants deSaintc-Thérèsc se préparaient à ces fêtes eucharistiques. Dès je malin de l'ouverture du congrès, la petite ville, avec ses multiples et élégantes décorations, présentait le plus gracieux coup d'œil: guirlandes de fleurs, oriflammes et drapeaux aux couleurs variées, superbes inscriptions avec symboles eucharistiques, gracieux écus-
sons aux armes de l'Eglise et de la Patrie, innombrables lanternes chinoises, le tout disposé avec un goût si remarquable qu'on eût difficilement rêvé et plus riche et plus beau. L'on sentait si bien que chacun y avait mis de son cœur, que chaque famille était heureuse de pouvoir ainsi manifester au grand jour sa foi vive et son ardente piété. A côté de ces témoignages individuels de la foi des Térésiens, en voici d'autres encore plus imposants: six arches monumentales, artistiquement décorées, dressent leur silhouette majestueuse aux points les plus saillants du parcours que doit suivre la procession. Plus loin, c'est l'allée eucharistique, sorte de voie triomphale que dessine toute une série de colonnades enguirlandées et réunies entre elles par deux lignes ininterrompues d'ampoules électriques. Cette avenue aboutit à un majestueux baldaquin reposant sur quatre gigantesques colonnes et surmonté d'une immense croix qui, le soir, s'embrase de mille feux et projette au loin l'éclat de ses lumières. C'est là, en face du collège, à quelques pas de l'église, sur un emplacement où peut se mouvoir à l'aise quarante à cinquante mille personnes, que se célébrera, dimanche, la grand'messe pontificale et d'où sera donnée la bénédiction finale.
OUVERTURE DU CONGRES Vendredi soir, 12 Septembre.
Vendredi soir, vers cinq heures, Monseigneur l'Archevêque de Montréal, accompagné d'une suite nombreuse d'ecclésiastiques, arrivait à Sainte-Thérèse. Les autorités civiles et religieuses de la paroisse, nombre de distingués visiteurs et une foule considérable attendaient Sa Grandeur à la gare. Tandis que les cloches sonnent à toute volée, un long défilé d'automobiles et de voitures s'organise. On reconduit Monseigneur jusqu'au séminaire. Les maisons richement décorées, les drapeaux claquant au vent et des airs de fanfare traduisent l'allégresse générale. Les Térésiens veulent montrer à leur premier Pasteur combien ils sont fiers d'avoir été choisis pour inaugurer chez eux la série des Congrès eucharistiques régionaux. Monseigneur donne une première bénédiction aux foules qui s'agenouillent sur son passage et aux élèves qui l'attendent groupés le long des terrasses devant le séminaire. Le congrès va commencer.
Il est 8 heures. Monseigneur revêtu de la cappa magna apparaît sur le portique du collège ; il est entouré de nombreux ecclésiastiques, les élèves en soutane et revêtus du surplis le précèdent. Tous se rendent ainsi processionnellement jusqu'à l'église paroissiale. Les vastes nefs de l'édifice sont trop étroites pour contenir la foule qui s'y presse et dont les flots débordent jusque sur la place extérieure.
C'est au chant du ''Tu es sacerdos in œtermim'", exécuté par le chœur puissant des élèves du Séminaire, que Sa Grandeur fait son entrée dans le sanctuaire, brillamment illuminé. Le maître-autel en particulier scintille de mille feux. L'ensemble de l'édifice, orné avec un goût intelligent, n'a rien sacrifié pourtant de sa beauté architecturale.
Après une courte adoration à l'Hôte du Tabernacle, Sa Grandeur prend place au trône. Le moment est solennel. Le congrès commence par les adresses lues au milieu d'un silence religieux et impressionnant. C'est d'abord M. le Chanoine Jasmin qui souhaite la bienvenue à Sa Grandeur au nom de ses paroissiens.
Adresse de M. le Chanoine Jasmin
Monseigneur,
La première parole que je sens monter à mes lèvres, en venant vous souhaiter la bienvenue parmi nous, est une expression de profonde reconnaissance, envers la divine Providence, tout d'abord, puisqu'elle est la source principale de toutes nos joies et allégresses, puis envers Votre Grandeur, dont la bienveillance a jeté spontanément les yeux sur notre région pour inaugurer toute une série de congrès eucharistiques dans son diocèse. Je voudrais que la piété et les solennités de ce congrès pussent faire jaillir dans notre âme, comme chez tous ceux qui vont y prendre part, quelques-unes de ces religieuses émotions dont fit battre tous les cœurs l'inoubliable congrès international de septembre 1910. Il ne nous est pas donné, il est vrai, d'ouvrir les portes d'une vaste cathédrale comme celle de Montréal à un légat du Saint-Siège, escorté d'évêques, d'archevêques et de cardinaux, venus de toutes les parties du monde. Mais nous n'en croyons pas moins, de toute la force de notre foi, que le premier pasteur d'un diocèse est, dans l'ordre spirituel, l'héritier direct de la succession apostolique et qu'il exerce d'un droit strictement divin le ministère qui lui a été confié. Voilà pourquoi, quand vous venez remplir parmi nous des fonctions solennelles comme celles de ce soir. Monseigneur, nous sentons le besoin de vous présenter le même hommage de foi, d'affection et de respect, que vous déposiez en notre nom aux pieds de celui qui représentait la personne du Souverain Pontife, à l'ouverture du grand congrès de Montréal.
Vous allez jeter de nouveau, sur notre région, une des plus fécondes semences de la dévotion envers la Sainte Eucharistie.
Les congrès internationaux ont produit, depuis un quart de siècle, des secousses dont le monde entier a tressailli. Les nations rendent , en masse, à Jésus-Christ des hommages et un culte que parfois les chefs des gouvernements ne seraient pas disposés à lui accorder. Les hommes d'Etat comme les princes de l'Eglise y puisent des lumières qui les disposent à mieux seconder les desseins de la Providence dans le gouvernement du monde. C'est le royaume de Dieu qui pénètre les sociétés par des moyens nouveaux pour les régénérer. C'est Jésus-Christ qui continue à prêcher son Evangile lui-même du haut de l'os-
tensoir et à racheter le monde par sa propre vertu, en l'entraînant au sacrifice de l'Eucharistie.
Des congrès plus modestes, tenus dans le même esprit, bien que sur des territoires infiniment plus limités, semblent destinés à produire les mêmes efi^ets, d'une façon plus intime et peut-être plus pratique, au sein des heureuses régions qui en seront favorisées. Vous avez saisi depuis longtemps, Monseigneur, l'efficacité de ce grand moyen d'apostolat, et vous n'attendiez que l'occasion favorable de l'appliquer à votre diocèse. Puisse la postérité enregistrer que vous aurez (té V apôtre de V Eucharistie dans votre Eglise de Montréal, et au delà, comme elle se plaît déjà à appeler le chef de l'Eglise universelle, le bien-aimé Pie X, Pontife ou Pape de V Eucharistie.
C'est au congrès eucharistique de 1910, à Montréal, que l'on émettait, la première fois, le vœu que des congrès eucharistiques régionaux soient organisés sur cette terre d'Amérique, comme ils existent en Europe; que ces congrès aient un caractère pratique, tendant au développement de la vie chrétienne et des œuvres paroissiales par la dévotion envers la Sainte Eucharistie; que le premier congrès de ce genre se tienne au Canada, comme suite du congrès international. Dans votre circulaire du 15 décembre 1912, annonçant le congrès sacerdotal de février dernier, vous rappeliez, Monseigneur, que le Chanoine Lamérand, directeur des œuvres eucharistiques du diocèse de Cambrai, en France, était venu, sur le désir personnel de Votre Grandeur, exposer le résultat de sa longue expérience, et conséquemment formuler le vœu que je viens de rappeler.
Ce qui se fait ailleurs, ajoutiez-vous, avec des difficultés et dans des conditions que nous ne rencontrons certainement pas, pourrait se faire, semble-t-il, chez nous, et créer au milieu de nos croyantes populations une grande intensité de vie religieuse.
Le temps de mettre à exécution le vœu de 1910 était arrivé, le mouvement allait être lancé. Quelques semaines plus tard, au cours du beau mois de mai, consacré à honorer la Vierge Marie, vous arrêtiez difinitivement le projet d'inaugurer les congrès régionaux par un premier congrès dans la partie nord de votre diocèse. Ceux qui en furent avertis alors reçurent la nouvelle avec enthousiasme et virent un gage de grand succès dans le fait qu'on se trouvait encore une fois à passer par Marie pour arriver à Jésus. L'entrain des préparatifs et la démons-
tration de ce soir ne nous permettent-ils pas d'espérer que nos prévisions n'auront pas été déçues ?
Trente paroisses ont répondu à l'appel; elles se sont liguées pour préparer au Dieu de l'Eucharistie un triomphe qui proclame la vivacité de notre foi et l'ardeur de notre zèle, quand l'honneur de l'Eglise, le bien de la religion et la gloire de Dieu nous convient à de telles œuvres. Les pasteurs et les fidèles se sont donné la main pour mener l'entreprise à bon terme, et il s'est trouvé même de nos frères séparés qui ont voulu y contribuer de leurs deniers autant que de leurs témoignages de sympathies et d'admiration. Ici, nos Conseils municipaux se sont mis en tête du mouvement d'organisation pour donner à ce grand événement tout l'éclat que permettent les circonstances locales. Nos communautés ont mis à notre disposition les précieuses ressources de dévouement et de savoir-faire dont elles jouissent, pour rendre aussi éclatante que possible une fête de l'Eucharistie, qui sera classée chez elles comme la plus belle des fêtes de famille. Et voici maintenant que la foule accourt de toutes parts, nombreuse et débordante de joie, chanter le premier hosanna à Celui qui va être l'objet de toutes les adorations et des plus profonds sentiments de piété filiale au cours de ces jours mémorables du congrès eucharistique. Oh! qu'ils soient loués et remerciés cordialement, ceux qui ont bien voulu nous rendre plus facile la tâche entreprise. Et que l'Hôte divin de l'Eucharistie daigne accepter comme une démonstration sincère de notre foi en sa vivante présence au milieu de nous, de notre gratitude pour les bienfaits sans nombre que nous tenons de lui, de notre soumission fidèle à l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique qu'il a fondée et qu'il ne cesse de gouverner, ce que nous avons pu donner de splendeur aux décorations de notre temple, de nos demeures et de nos rues, et ce que nous pourrons mettre de piété et de ferveur dans la prière commune de cette famille nouvelle.
Vous allez passer parmi nous, ô Jésus, comme en ces jours bénis où vous traversiez les villes de la Judée et de la Galilée, semant sur vos pas les miracles et les bénédictions du Ciel. Entendez la prière de ceux que vous avez voulu appeler vos frères et vos fils; nos hommages ne seraient pas complets si à nos adorations nous n'ajoutions la supplication. Accordez, Seigneur, la fécondité au dur labeur quotidien de ceux qui versent des sueurs sur le sillon ou dans l'usine, pour en tirer
l'aliment nécessaire à notre subsistance; c'est la première demande que vous nous avez apprise au Pater. Ecartez de nous ces terribles fléaux qui pourraient nous ravir l'abondance de la nourriture dont ne sont pas privés les petits oiseaux du ciel, et la beauté du vêtement dont jouit la modeste fleur des champs. Accordez à la jeunesse qui monte rapidement vers les sommets de la vie, la sagesse qui la tiendra constamment dans les voies que vous lui avez tracées; à ceux qui dirigent des foyers ou gouvernent des sociétés, le bon esprit qui nous conserve longtemps les saines traditions léguées par nos ancêtres; aux vieillards qui sentent que la journée sera bientôt finie, les vertus patriarcales qui laissent après elles une trace plus lumineuse et tiennent compagnie jusque sous les horizons de l'éternité. Accordez aux malades, aux infirmes, aux malheureux de toute sorte, la guérison qu'ils attendent de votre puissance et de votre bonté, quand ils crieront sur votre passage, comme le pauvre de l'Evangile: Jésus, fils de David, ayez pitié de moi.
Donnez au zèle de vos ministres, chargés de faire voir la vérité aux âmes et de leur faire sentir le prix de la vertu, l'efficacité d'une vie religieuse plus intense, pour que le nom de Dieu soit toujours sanctifié, que son règne se répande sûrement et que sa sainte volonté soit mieux accomplie dans chacune de nos paroisses.
Faites que les enfants appelés à ce Congrès, eux qui seront l'objet spécial de notre attention, en reçoivent une augmentation durable de dévotion envers votre Eucharistie, avec la vie de foi qui en découlera et des aspirations plus nombreuses vers l'état supérieur de la vie religieuse ou du sacerdoce. Il nous serait si doux de pouvoir dire, plus tard, en voyant des prêtres monter à l'autel, en entendant des religieux ou des reliligieuses prononcer les vœux de l'état de vie parfaite: c'est ici, à Sainte-Thérèse, que Jésus a semé ces vocations, quand on lui a fait les grandes fêtes d'un premier Congrès eucharistique.
Adresse de M. le Maire
Après la lecture de cette adresse, Monsieur le Dr H. Deschambault, Maire de la paroisse, souhaite la bienvenue à Sa Grandeur et aux congressistes, au nom des citoyens de Sainte-Thérèse.
Monseigneur,
Au nom des citoyens de Sainte-Thérèse, je souhaite la plus cordiale bienvenue à nos distingués visiteurs. Et d'abord, qu'il nous soit permis, Monseigneur, de vous dire toute notre joie de vous trouver parmi nous. Vous êtes le premier Pasteur de ce vaste diocèse, le Père d'une nombreuse famille; acceptez l'hommage de nos cœurs soumis.
A l'occasion de ce premier Congrès régional que vous daignez inaugurer dans notre village, agréez les sentiments de notre profonde reconnaissance. Nous sommes flattés de cette marque délicate de votre attention. Bien d'autres villes auraient pu soutenir l'éclat de ces manifestations avec plus d'honneur, bien d'autres de vos diocésains auraient accepté avec joie de fêter Jésus-Hostie dans un Congrès solennel. Mais votre choix est tombé sur nous, et nous avons apporté dans la préparation de ces fêtes, et nous apporterons pendant ces jours toute notre bonne volonté. Acceptez ces bons sentiments. Monseigneur. Nous les joignons à ceux du clergé et nous les déposons au pied du tabernacle, en ces fêtes eucharistiques.
Ce Congrès n'aurait-il pour résultat que de cimenter davantage l'union qui existe entre l'autorité civile et religieuse, que vous en seriez fier, nous le savons, et nous les premiers, nous en bénirions le Seigneur toute notre vie. Vous nous l'avez souvent répété, Monseigneur, ce qui a fait la force de notre peuple dans le passé, ce fut cette union intime qui exista sans cesse entre l'élément religieux et l'élément laïque. Autrefois, les découvreurs des villes, les hardis explorateurs avaient deux buts: travailler pour la gloire de Dieu et de la patrie. Les soldats sur les champs de bataille mouraient pour la défense de leurs foyers
et de leurs églises. Et quand les luttes plus savantes, les attaques plus dissimulées, mais non moins dangereuses, de la domination anglaise, surgirent, on vit nos pères sous la direction du clergé, se battre et pour leur langue et pour leur foi.
Le prêtre, lui aussi, a travaillé pour ces deux buts. II a partagé le labeur des défricheurs, il a mêlé ses sueurs aux sueurs des premiers colons; son sang a coulé sur les champs de bataille avec celui des héros canadiens. Ces prêtres, défricheurs, soldats ou patriotes sont connus, et leurs eflforts joints à ceux des laïques ont sauvé notre nation d'une ruine complète. Or,aujourd'hui, on tend quelque peu, ctans certains quartiers, à séparer ces deux forces. Des attaques sourdes cherchent à éloigner la classe instruite de l'influence bienfaisante du clergé. Souhaitons qu'on n'aille pas bientôt, et à l'école, et dans les familles, et dans les sociétés publiques jusqu'à vouloir se débarrasser de toute pensée religieuse!
Tout cela, Monseigneur, préoccupe et attriste votre cœur de père. Nous souhaitons que le congrès ait ce premier résultat : de cimenter l'union de l'élément civil avec l'élément religieux pour la plus grande gloire de la religion et de la patrie. Nous tenons à ajouter, sans tarder, pour rassurer Votre Grandeur, qu'ici à Sainte-Thérèse, comme ailleurs, cette union a toujours existé et existe encore. C'est ensemble, que chaque année, prêtres et laïques, nous fêtons la Saint-Jean-Baptiste. Nous en faisons une fête religieuse, et par là, nationale. C'est ensemble que nous avons préparé ces fêtes qui seront nos fêtes eucharistiques. Les deux conseils du village et de la paroisse sont à la tête de l'organisation locale, et ils tiennent à proclamer publiquement leur foi, leur attachement au clergé. Nous sera-t-il permis de formuler encore un souhait et celui-là touchera particulièrement les citoyens des villages voisins qui se joignent à nous dans ce congrès.
Si l'Eucharistie peut servir de trait d'union entre l'élément civil et l'élément religieux dans notre société, pourquoi ne serait-t-il pas le lien qui attache ensemble les cœurs de nos paroisses canadiennes? Notre vie paroissiale n'est-elle pas quelquefois signalée par quelques luttes et quelques rivaUtés ? N'aurions-nous pas à nous connaître entre voisins pour nous estimer davantage ? Au moins nous aurions à rendre plus pratiques, plus profitables les liens qui nous attachent déjà si
Principaux Organisateurs du Congrès.
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Arrivée de Mgr l'Archevêque à Ste-Thérèse.
fortement. Aujourd'hui, les cœurs sont unis pour un triomphe à Jésus. Déposons à ses pieds nos petites désunions, et marchons la main dans la main dans la voie du progrès matériel et religieux.
Et l'union existant entre les paroisses, elle se raffermirait davantage entre citoyens d'une même paroisse. Ce sera là, nous l'espérons, un autre fruit du congrès. Pendant six jours chacun vaque à ses affaires, les uns à leurs bureaux, les autres à leur atelier, d'autres enfin à leur négoce ou à leur champ, mais le septième, au pied de l'autel, nous nous trouvons unis, dans un même sentiment, dans une même foi.
Que cette union de l'autorité civile et del'autorité religieuse dans notre pays, des paroisses entre elles et des cœurs qui composent une même paroisse, soit durable, nous le voulons aussi longtemps que notre grand fleuve roulera ses eaux vers l'océan, aussi longtemps que nos clochers brilleront sur nos villages, aussi longtemps que les érables qui abritent nos foyers reverdiront. C'est le souhait que nous osons formuler en terminant. Daigne, Votre Grandeur, le bénir et bénir nos humbles efforts.
A vous tous, visiteurs distingués, nous vous ouvrons les bras et nous vous offrons, pendant ces fêtes, une franche, une cordiale hospitalité.
Vous rem.arquerez pendant ces jours comme notre village s'est agrandi, comme il s'est embelli; vous admirerez les arcs splendides, le reposoir superbe que notre foi commune a élevés. Vous vous direz, nous en sommes certains : on a voulu faire grand, faire beau le triomphe à Jésus. Il est le roi de notre pays, de nos villages, com^me de nos cœurs. C'est pour lui ces riches décorations, pour lui ces drapeaux qui claquent au vent, pour lui ces joyeux airs de fanfares, pour lui ces processions qui se déroulent dans nos rues. A lui seul appartiennent l'honneur et la gloire dans les siècles des siècles.
Nous espérons que vous rapporterez de votre passage parmi nous un bon souvenir . Il sera pour nos cœurs un regain de foi, de charité et d'union. Vous vous direz, nous en sommes sûrs: "Qu'il fait bon être canadiens et catholiques.