S CONJURATION
qu'il avoit résolu de le perdre. C. Gracchus, ami particulier de Fulvius , qu’il avoit fait nommer commissaire avecluipourla nouvelle répartition des terres de conquêtes, ne fut pas exempt de soupçon d’avoir eu part à cette mort. On savoit les engagements differents où ils étoient : on savoit le ressentiment que conservoit Gracclius contre Scipion , pour avoir approuvé le meurtre de son frere ; on savoit l’obstacle puissant que mettoieut l’estime et la réputation de Scipion aux entreprises et aux projets de Gains. Il avoit couru d’ailleurs certain bruit que Sempronia, femme de Scipion et sœur de Gracchus , avoit fait l’essai de quelque poison : et de plus, on jugeoit que Fulvius, qu’on ne doutoit point complice du crime, ne s’en seroit pas chargé tout seul, et sans l’appui d’un homme qui disposoit de l’esprit du peuple. En effet, ce peuple qui adoroit encore Gracchus , et qui craignit qu’il ne fût trouvé complice de cette mort, empêcha, pour éviter de fâcheux éclaircissements, qu’on fit des informations ; et la mort du plus grand des Romains ( cet homme qui, après deux consulats, après la prise de Carthage et de Numance, ces deux terreurs de Rome (i), après plusieurs triomphes et plusieurs grandes actions, vit élever sa patrie au-dessus de tous les états du monde par son ouvrage) ne fut ni vengée, ni poursuivie ; on ne fît ni procédure , ni perquisition : dernier excès de l’amour du peuple pour Gracchus.
Cela n’empêcha pas que tout le sénat ne criât con-
( i ) Post bis excisos terrores reipublicæ.
tre un pareil attentat. Plusieurs parmi le peuple commencèrent à perdre de leur estime pour Caius, dès qu’ils le soupçonnèrent d’être l’auteur d’un crime si énorme : et le soupçon passa presque depuis en certitude ; parcequ’on jugeoit, avec raison, qu’il auroit voulu lui-même qu’on eût poursuivi cette affaire , pour se laver d’un tel doute , s’il avoit cru pouvoir paroitre innocent.
Ceux qui l’ont cru véritablement l’auteur ou le complice de cette mort ont avancé aussi que toute la famille des Scipion avoit trempé dans la conjuration contre son frere, dont Nasica n’avoit été que l’exécuteur ; et ils ont cru par-là pouvoir en quelque façon justifier sa vengeance.
Il laissa les choses dans cet état lorsqu’il alla repeupler Carthage, qu’il appela depuis Junonia. Quelques uns pensèrent qu’il avoit cru devoir s’éloigner de Rome, pour effacer par son absence l’idée du crime dont on l’accusoit, ou pour s’épargner à soimême les images affreuses que son attentat lui présentoit dans un lieu où il trouvoit chaque jour des sujets de remords et de repentir.
Cependant Drusus, profitant delà conjoncturede cet éloignement , travailla puissamment à le détruire dans l’esprit dupeuple.Ilsegardaponrtantbien de se déclarer jamais contre lui ; mais , après avoir flatté ce dernier ordre par tous les endroits les plus outrés , il crut porter une atteinte mortelle à l’estime qu’on avoit pour Gracchus, en se déchaînant contre Fulvius, que tout le monde savoit être son ami intime.
Il observa de grands ménagements dans les déclamations qu’il fit contre Fulvius : car, dansledes-
2 3o CONJURATION
sein qu’il avoit de faire dériver une grande partie de la baine publique sur Graccbus, il prit soin qu’on ne s’apperçût point de son dessein ; et, pour cela, il ne parla jamais de la mort de Scip ion, que chacun savoit être l’attentat le plus noir de Fulvius ; de peur qu’on ne reconnut qu’il cbercboit à renouveler le souvenir d’un crime que le peuple avoit voulu ensevelir en faveur de Caius. Il accusa seulement Fulvius d’avoir voulu soulever les peuples d’Italie, d’avoir sollicité les alliés à l’infraction des traités. Il fit remarquer le caractère toujours factieux d’un homme que, ni la dignité consulaire dont il avoit été honoré, ni les grâces que le séûat et le peuple lui avoient souvent accordées, n’avoient pu ramener au goût d’une vie paisible. Il peignit Fulvius emporté et violent , cherchant toujours à profiter dans le désordre de la chose publique , et à accommoder le mauvais état de ses affaires, que ses partis, ses cabales , et ses débauches continuelles, avoient tout-à-fait ruinées.
Chacun reconnut le caractère de Fulvius ; et l’on se ressouvint d’autant plus de l’assassinat de Scipion , que Drusus avoit pris plus de soin de le taire. Le peuple se déclara ouvertement contre lui , et voitloit qu’on lui fit son procès , pour donner satisfaction au sénat, dont Drusus lui faisoit si souvent remarquer les faveurs et les déférences.
Ainsi les affaires de Gracchus se ruinoient toutà-fait par la disgrâce d’un homme qui étoit comme sa créature. Il reçut en Afrique les nouvelles de ce prodigieux changement; et ne croyant pas devoir
DES GRACQUES. a i,
retarder davantage son retour , il arriva à Rome après soixante et dix jours d’absence.
Il reconnut en arrivant la faute qu’il avoit faite de s’éloigner ; et, pour tâcher de la réparer , il quitta sa maison qui étoitau mont Palatin , et vint se loger tout près de la place , où il pourroit plus facilement faire sa cour au petit peuple dont ce quartier étoit rempli.
Il publia d'abord, pour regagner les bonnes grâces du peuple, le reste des lois qu’il avoit projettées, toutes plus opposées et plus funestes au sénat.
On concevroit difficilement combien le peuple , qui l’avoit presque oublié, et qui pendant son absence s’étoit rangé du parti de Drusus et du sénat, fut changé en le voyant ; et combien de marques de tendresse et d’empressement il en reçut : variété toujours éprouvée et toujours fatale à ceux qui n’en sont pas assez convaincus.
Il destina , sans perdre de temps, un jour pour faire approuver toutes ses lois ; et l'on vit arriver à Rome une si grande quantité d’étrangers qu’il y fit venir pour soutenir son parti, que l’ou ne douta point du succès de tout ce qu’il plairoit à Graccbus de proposer. Le sénat, pour se débarrasser de cette multitude , persuada au consul de faire crier à son de trompe , que tout ce qu’il y avoit à Rome de gens qui n’étoient pas naturels romains eussent à se retirer dans le jour ; et ce fut la première fois qu’on vit ordonner que les amis, les alliés, et les citoyens même, eussent à sortir de la ville. 1
Le tribun Graccbus fit afficher la cassation du mandement du consul, et permit à tous «eux qui
voudroient de rester dans la ville , et promit même de les protéger contre les insultes qui pourroieut leur être faites : ce qu’il n’exécuta point trop ponctuellement ; car les licteurs du consul ayant mis en prison un étranger, il dissimula l’injure: et soit qu’il ne fût pas assez fort pour le soutenir, ou qu’il craignît d’allumer sitôt la guerre civile, il est sûr qu’il ne fît aucun mouvement ; et cela ne lui porta pas un léger préjudice dans l’esprit du peuple.
Cependant Opimius fut fait consul, cet homme tout dévoué au sénat, et l’ennemi de Gracchus depuis la conspiration de Fregelles , dont il l’avoit accusé d’être l’auteur. Toujours déterminé à le poursuivre, il effaça le lendemain de son installation plusieurs de ses lois : il cassa eDtre autres celle du repeuplement de Carthage, dont il rendit le tribun responsable.
Cette maniéré hardie et peu ménagée d’un homme qu’on connoissoit naturellement aussi ferme qu’entreprenant fit prévoir à tout le monde l’embrasement quialloit suivre cette première étincelle ; et en effet , Gracchus ayant assemblé ses amis , parmi lesquels Tulvius tenoit le plus considérable rang, il fut résolu d’amasser des gens pour s’opposer aux voies de fait du consul, qui venoit de faire entrer dans la ville des troupes qui lui étoit dévouées. L’on ne douta plus dès-lors des malheurs qui alloient arriver : sur-tout depuis que Cornélie, la mere de Gracchus , l’eut exhorté elle-même en public à ne plus souffrir les insultes du consul, et à se ressouvenir qu’un même esprit et un même sort étoient réservés à son frere et à lui j et qu'il ne devoit point refuser
ou peuple opprimé une vie qu’elle ne lui avoit donnée que pour le bien et pour la liberté publique ; que pour elle , quelque grande que fût la douleur que sa perte lui causeroit, ainsi qu’avoit été celle de son frere, elle ne se croiroit pourtant pas trop malheureuse d’avoir mis au jour deux enfants qui auroient vécu et seroient morts les protecteurs de la liberté publique. Liberté ! nom équivoque , dont tous les factieux se servirent toujours !
Les choses étoient dans cet état, quand le jour fixé pour la révision des lois étant arrivé , chacun des deux partis se trouva dès le grand matin au Capitole. Le consul Opimius y sacrifia ; et l’un de ses licteurs, portant les entrailles de la victime , dit à l'ulvius eu passant auprès de lui : Mauvais citoyen , faites place aux gens debien. Il accompagna ces paroles de quelques gestes menaçants , qui irritèrent Eulvius , et le peuple encore plus que lui ; de sorte que se trouvant tous indignés des insolences du licteur , qui avoit osé s’en prendre à un homme consulaire , ils se jeterent tous sur lui, et il fut tué dans cette émeute. Caius Gracchus en reprit aigrement le peuple; mais Opimius n’eut aucun égard à ce désaveu, et représenta, avec sa vivacité ordinaire , que rien ne pouvoit être paisible sous les magistratures des Gracques, puisque las sacrifices les plus saints étoient souillés par le meurtre de ceux qui y servoient. Une grande pluie qui survint tout à coup , et qui sépara nécessairement tout le monde , empêcha qu’on ne vît dans cejonr la fin de cette affaire.
Mais le lendemain Opimius assembla le sénat
a34 CONJURATION
dès le grand matin ; et il prit soin de faire paroitre à la porte de la salle le corps sanglant du licteur, sur quoi le consul demanda justice an sénat.
Il ne laissa pas de se trouver dans ce corps quelques personnes sages et dépouillées de passion , qui représentèrent que , quoique l’attentat commis en la personne d’Antyllus fût très blâmable , on devoit pourtant considérer que le tribun n’y avoit eu aucune part, et qu’il avoit au contraire repris très durement ceux qui l’avoient commis; que d’ailleurs le licteur s’ étoit attiré son malheur par une insolence punissable à l’égard d'un homme consulaire tel que Fulvius ; et qu’ après tout , l’on avoit vu depuis peu tuer Tiberius Gracchus, tribun du peuple, et jeter son corps dans le Tibre, sans procédure et sans information , sans que pourtant on eût songé à venger cette mort ; et que ce seroit marquer trop de partialité de prétendre venger celle d’un homme vil, tel qu’un licteur.
Ce discours ne fit aucun effet sur la plus grande partie du sénat, animée par Opimins, qui, ayant fait prendre les voix, fit rendre un décret, ou sénatus-consulte , par lequel, eu égard à l'urgente nécessité , le sénat donnoit tout pouvoir au consul , et lui permettoit d’agir souverainement et sans procédure en tout ce qu’il croiroit convenable pour sauver la république , et pour exterminer les tyrans.
Tel fut le décret du sénat, ou pour mieux dire, tel fut le signal du combat , et le commencement du carnage ; car Opimius, qui avoit résolu la perte de Graccbus , se servant de tout le pouvoir qu’on ve-
DHS GRACQUES. a35
noit de lui donner , ordonna à tous lessénateurs de prendre les armes , et à tous les chevaliers romains qu’ils eussent à se trouver le lendemain matin au Capitole , avec deux de leurs serviteurs armés , pour y être employés aux besoins de la république.
Fulvius , de son côté, employa ce temps à rassembler ses partisans ; mais le peuple , sur lequel il sembloit qu’on devoit compter, avoit disparu depuis le dernier décret du sénat. Gracchus, considérant la lâcheté de ceux qu’il avoit soutenus avec tant de chaleur, ne put s’empêcher d’exprimer sa douleur, et s’étant arrêté devant la statue de son pere : « Vous m’avez donné le jour, lui dit-il, pour « soutenir ce peuple que vous avez vu libre. Je n’ai « rien omis pour lui conserver cette liberté ; mon « frere a péri pour cette cause : je vais périr de « même, avec le chagrin de voir l’insensibilité où « l’on est pour ce qui me coûtera la vie. »
Cette action touchante ranima un peu la populace endormie, et plusieurs s’étant joints aux troupes que le tribun avoit dans la ville, il fut fait une garde exacte à la maison de Gracchus et à celle de Fulvius : les partisans du consul Opimius environnèrent aussi la sienne ; et l’on vit à Rome l’image de la plus vive guerre, sans qu’il y eût d’autres ennemis que scs propres citoyens.
Les troupes de Fulvius s’armèrent des dépouilles des Gaulois, que Fulvius avoit vaincus l’année de son consulat, et qui étoient attachées aux parois de sa maison; et, après de grands cris, elles allèrent s’emparer du mont Aventin.
Caius , au contraire , sortit en robe longue et sans
a36 CONJURATION
armes, pour ne rien changer à sa coutume, et pour ne point paroitre avoir part aux fureurs de la sédition. Il s’échappa des mains de sa femme Licinia , qui voulut en vain l’arrêter ; et qui, revenue de l’évanouissement que sa fuite lui causa : « Il part, dit- « elle, pour une guerre où il périra infailliblement, « sans que je puisse espérer la ressource de pouvoir a me consoler de sa perte par la gloire qu’il y aura i acquise. »
Le tribun cependant, se faisant une idée de tons les malheurs qui allaient commencer, et concevant une juste horreur pour tout le sang qu’on alloit si cruellement répandre , persuada à l'ulvius d’envoyer au consul le plus jeune de ses enfants, avec ordre de demander des propositions de paix et d’accommodement. Cet enfant , qui étoit de la plus grande beauté, arriva effectivement au sénat avec un caducée à la main, marque de sauve-garde qu’on donnoit aux hérauts. Il se présenta à Opimius avec beaucoup d’humilité ; et , après avoir marqué par ses larmes la douleur que son parti ressentoit des désordres présents, il leur dit qu’il venoit pour recevoir des paroles de paix et de réconciliation.
La plupart des assistants étoient d’avis qu’on envoyât des députés au tribun et à Fnlvius, et qu’on traitât, pour épargner le sang romain; mais Opi niius, qui, à cette marque de soumission , reconnut leur foiblesse, lui répondit avec l'autorité dont il étoit revêtu, que ce n’étoit point à des criminels et à des rebelles à traiter de paix, ni de réconciliation, pour amuser le sénat; mais que s’ils venoient eux-mêmes en état de suppliants se soumettre à la
DES GR AC QU K S. î37
justice, peut-être le sénat pourvoit s'adoucir à leur égard, et leur pardonner uue partie de leur attentat : qu’au reste, il lui défendoit de plus venir porter de parole qu’aux, conditions qu’il venoit de lui prescrire.
Le tribun vouloit aller lui-même remontrer au sénat ses injustices et ses violences; mais il fut retenu par tout son parti : si bien qu’on se contenta d’y renvoyer le jeune fils de Fulvius, que le consul fit arrêter sans vouloir l’entendre; et, ne cbercbant qu’à combattre, il marcha contre Fulvius avec ses troupes , dont quelques Candiots faisoient la tête. Celui-ci vit avec la derniere douleur sa conduite et sa valeur inutiles, par la lâcheté des siens, qui ne purent soutenir un moment l’attaque du consul ; de sorte qu’il fut contraint de se sauver comme il put ; et ayant été trouvé dans une petite étuve où il s’étoit caché, il y fut tué avec son fils aîné.
Ce bon succès d’Opiniius épouvanta tout le parti du tribun ; et l’amnistie que le consul fit publier pour tous ceux qui l’abandonneroient acheva de faire abandonner Gracchus par tous les siens : si bien que le défenseur du peuple, cet homme qui avoit tant de mille citoyens sous sa protection, resta seul avec quelques uns de ses amis, qu’il ne voulut point commettre à un combat si inégal. Il est cependant peu coucevabie combien cet homme , qui avoit montré tant de vivacité et tant de valeur en diverses occasions, marqua d’indolence et d’insensibilité dans celle-ci. Il entra dans le temple de Diane : « Déesse , lui dit-il, que le peuple, pour qui « je me suis sacrifié , sente à jamais l’effet de son in-
« gratitude ; et que les fers qu’on lui fera porter « soient tels qu’il ne sorte jamais de son esclavage ! » Souhait qui fut depuis très exactement accompli. Se saisissant ensuite de son épée , il voulut s’en frapper, quand ses deux plus fideles amis la lui arrachèrent et l’eucouragerent à fuir. Il suivit leur avis ; et ce fut dans cette fuite que Pomponius et Licinius firent tant de belles actions pour empêcher la prise du tribun que ses ennemis poursuivoient. Enfin , ne pouvant plus être secouru, voyant tous ses amis morts ou pris, avec la douleur d’un homme abandonné et trahi par ceux dont il défend la cause, il se jeta dans un bocage consacré aux furies, où son serviteur Philocrates le tua, et se tua lui-même aussitôt après.
Ceux qui le poursuivoient coupèrent sa tête ; et comme Opimius avoit promis de la payer au poids de l’or, ainsi que celle de Fulvius, un certain Septimuleius s’en empara , et en ayant tiré secrètement la cervelle , il y fit couler du plomb ; ce qui la fit peser dix-sept livres et demie. Le corps et ceux de trois mille qui périrent dans ce malheureux désor-' dre furent jetés dans le Tibre; Licinia, femme de Gracchus , fut privée de son douaire ; et , pour corn • hle d’inhumanité, on fit mourir le jeune fils de Fulvius , qu’on avoit arrêté, et quin’étoit coupable que d’être le fils malheureux d’un ami du tribun.
Après toutes ces cruautés, Opimius, glorieux de ses exploits, osa faire bâtir un temple qu’il dédia à la Concorde. Quelle concorde que celle qui coûtoit â la ville tant de sang ! Bientôt après il fut accusé de concussion, et convaincu d’une trahison dans une
DES GRACQUES. 23y
ambassade au roi Jugurtha. Il mourut bientôt après , dans l’ignominie publique , et chargé de la haine du peuple, qui, revenant de sa longue ingratitude, éleva d’inutiles statues aux deux Gracques, et consacra vainement les lieux de leur mort.
Telles furent les entreprises et la mort des deux fils de Tiberius Sempronius Gracchus, petits-fils de Scipion , qui , par un effet de leur destinée , moururent dans les désordres civils , du vivant de Cornélie leur mere. On a dit d’eux qu’ils auroient pu obtenir sans peine, et par leur mérite propre, tout ce qu'ils tâchèrent vainement d’acquérir par la force et par la sédition ; et il n'est pas encore décidé s’ils étoient coupables d’ambition, ou purement zélés pour la liberté du peuple.