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OBJET DE LA RESPIRATION

poumons, non-seulement se trouvent prolongés dans l'abdomen, qui est dépourvu de diaphragme, pour augmenter l'espace où sont logés les poumons, mais les os mêmes sont percés de cavités qui communiquent avec les poumons.

Nous devons nous occuper ici d'une manière particulière de la fonction respiratoire chez l'homme, et des organes qui servent à l'accomplissement de cette fonction.

L'appareil qui sert à la respiration chez l'homme, se compose essentiellement :

1° D'une sorte de tuyau porte-vent, la fmc/iée-rt>*^ère ;

Fig. 60. Coupe montrant les ramifications des bronches dans les poumons. A. Traciiée-arlère. — BetC. Gros tuyaux bronchiques. — D D. Rainuscules bronchiques.

2» Des divisions et subdivisions de ce tuyau, c'est-à-dire des bronches ;

3" Des poumons, dans lesquels les bronches se ramifient en conduits de plus en plus déliés, pour distribuer l'air à l'intérieur de la substance de l'organe,

La figure 59 montre le tuyau porte-vent, c'est-à-dire la trachéeartère, et ses subdivisions, c'est-à-dire les bronches. A l'entrée de ce tuyau d'air se trouve le larynx, organe de la production de la

voix, sur lequel nous aurons longuement à nous étendre dans le chapitre relatif à la voix.

On voit dans la figure 60 le poumon et la trachée-artère, avec les divisions et subdivisions de la bronche gauche, la substance du poumon gauche étant supposée enlevée.

Voyons maintenant comment fonctionne cet appareil. Nous dirons d'abord comment s'exécute la respiration, au point de vue purement mécanique. En d'autres termes, nous commencerons par étudier les phénomènes mécaniques de la respiration. Nous examinerons ensuite ce qui se passe entre l'oxygène de l'air et les éléments du sang, c'est-à-dire les phénomènes chimiijxœs de la respiration.

PHENUMENES MLICANIQUES DE LA RESPIRATION.

Pour que l'air s'introduise dans la poitrine et s'en échappe ensuite, après avoir exercé son action oxygénante sur le sang veineux, il faut que la poitrine commence par se dilater, pour produire le phénomène de V inspiration : il faut ensuite qu'elle se resserre, se contracte, pour produire le phénomène de Vexpi- /•rt^ion. Examinons à part chacun de ces deux actes.

Inspiration. — L'inspiration exige : 1° la dilatation de la poitrine, ou cavité thoracique, 2" l'expansion des poumons.

L'agrandissement de la cavité thoracique se fait dans tous les sens. Cette cavité s'agrandit d'abord de haut en bas, par l'abaissement de l'énorme barrière musculaire qui sépare la poitrine du ventre, c'est-à-dire du diaphragme. Ce large rideau musculaire, en s'abaissant, refoule les viscères abdominaux, et augmente ainsi l'étendue de la cavité de la poitrine. Voilà la première et la grande cause de l'agrandissement de la poitrine dans l'acte de l'inspiration.

L'abaissement du diaphragme produit l'effet du soufflet de nos foyers. En augmentant les dimensions de la cavité pectorale, il provoque un vide; mais l'air est continuellement en communication avec l'intérieur de la poitrine par les conduits de la Irachée-artère et des bronches, enfin par la bouche et les fosses nasales. L'air doit donc se préci'iiter aussitôt, pour remplir le vide déterminé par l'ampliation de la poitrine.

A cette première et grande cause d'agrandissemeni de la cavité pectorale vient se joindre l'élévation des côtes, c|ui a également pour effet d'augmenter les dimensions de la poitrine dans le sens transversal.

L'élévation des côtes est due aux contractions des muscles dits intercostaux, des muscles grand pectoral et grand dorsal, dont le rôle consiste à dilater la poitrine en haut et en avant, en souîe-

Fig. 61. Rapport des poumons avec le diaphragme, les eûtes, le cœur et les gros vaisseaux afférents au cœur.

8. Larynx. —7. Trachée-artère. —A. Ventricule gauche du cœur. — B. Ventricule droit du cœur. — C. Oreillette gauche du cœur. — D. Oreillette droite du cœur. — E. Poumon gauche. — F. Poumon droit. —G. Diaphragme. — 1 . Veine pulmonaire. — 2. Artère pulmonaire. — 3. Artère aorte descendante coupée. — 10. Veine porte. — 4. Grande veine azygos.— 5. Artère carotide primitive. — 6. Veine jugulaire interne. — 9. Artère coronaire.

vant les côtés et même le sternum, auquel viennent s'attacher les cartilages des côtes.

La figure 61, qui montre les rapports du diaphragme avec les poumons, et les rapports des poumons avec les côtes et les gros vaisseaux afférents au cœur, fait comprendre le mécanisme organique que nous venons d'exposer.

L'effort des puissances musculaires, c'est-à-dire du diaphragme et des muscles de la poitrine, ne suffirait point pour agrandir

cette cavité si les vésicules, ou les lobules pulmonaires^ comme on les appelle aujourd'hui, ne se remplissaient de l'air qui a pénétré par les fosses nasales ou par la bouche. L'air parcourt tous les tuyaux bronchiques jusqu'aux extrémités de ces tuyaux, c'est-àdire jusque dans les lobules pulmonaires. Ces lobules se distendent, s'écartent, soit par l'etret de l'impulsion de l'air, soit par une contraction vitale qui leur est propre. Ils se déplissent et se développent, pour recevoir l'air atmosphérique sur toute leur surface membraneuse.

Fig. 62. Un lobule pulmonaire.

A. Tuyau bronchique vu au microscope. — B. Le même, vu de grandeur naturelle, amuscule bronchique. — 2. Terminaison du ramuscule bronchique. — 3. Tissu pulmonaire.

On voit sur la figure 62 les détails de structure d'un lobule pulmonaire.

L'inspiration présente trois degrés dilTérents d'intensité. Selon les puissances musculaires qui interviennent dans son accomplissement, on peut distinguer : r V inspiration ordinaire, 2" la grande inspiration et 3'' V inspiration forcée.

Dans y inspiration ordinaire, la poitrine se dilate de bas en haut, par l'abaissement du diaphragme.

Dans la grande inspiration, il y a à la fois abaissement du diaphragme et élévation du thorax, par les muscles qui vont de cette cavité au cou ou au bras. La cavité pectorale est, de cette manière, agrandie dans ses trois dimensions.

Dans Y inspiration forcée, les mêmes muscles agissent dans

PHENOMENES MÉGANIQUES. 239

tous les sens, mais comme ils exerçenl un ])lus grand ellort, ils dilatent encore davantage la cavité tlioracique.

L'inspiration ordinaire s'exécute par le mouvement du dialiliragme et des côtes inférieures seulement. De temps en temps, une inspiration plus large et plus complète détermine le soulèvement de la base de la poitrine, ensuite celui de son sommet.

Dans l'inspiration ordinaire, on dit que la respiration est diaphragmalique, quand le diaphragme est principalement en action. Quand les côtes inférieures et moyennes se soulèvent, on dit que la respiration est latérale. Enfin, quand la première côte et la clavicule prennent part au mouvement, on dit que la respiration est claviculaire, ou costo-supérieure.

Le D"" Mandl, dans son ouvrage Hygiène de la voix\ fait remarquer que dans la respiration diaphragmatique le larynx est immobile. Ce mode d'inspiration étant facile et n'exigeant point d'effort, permet de prolonger longtemps, sans fatigue, les exercices du chant, aussi bien que ceux de la gymnastique. Au contraire, quand on respire surtout en élevant les côtes supérieures, on se fatigue rapidement. C'est ce qui arrive chez les femmes lorsque le corset comprime la base de la poitrine, ou chez les chanteurs qui ont le mauvais système de la respiralion claviculaire. Dans le dernier cas, le larynx s'abaisse par la contraction de ses muscles extrinsèques; ses fonctions deviennent pénibles, et l'effort des muscles inspiral eurs amène rapidement la fatigue. Il résulte de là que l'inspiralion, toujours incomplète, est aussi plus fréquente. Il faut s'appliquer à respirer par l'abaissement du diaphragme. Les exercices du corps, la marche, le chant, s'en trouveront bien.

Combien de temps peut-on demeurer sans faire d'inspiration, c'est-à-dire sans respirer? La volonté ne domine pas absolument les mouvements respiratoires, de sorte qu'il n'est pas possible do suspendre longtemps sa respiration. Quand l'expiration a eu lieu, le besoin d'inspirer se fait de nouveau impérieusement sentir. On ne peut demeurer sans respirer que deux ou trois mmutes au plus. Les plongeurs les plus exercés sont obligés de revenir à l'air au bout de cet intervalle.

Expiration. — L'expiration consiste dans le resserrement de la poitrine, qui, par le relâchement des muscles inspirateurs,

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