‹ Connais-toi toi-mêmeChapitre 24 sur 77 · Iii-l-L Paris, 18"; 6, pages · texte numérisé non relu

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reprend ses premières dimensions, lorsque celte cavité a été dilatée. Alors, en vertu de leur élasticité, les poumons reviennent sur eux-mêmes.

Ainsi, les poumons sont actifs dans l'inspiration eipassifs dans lexpiration.

La contraction de leur tissu, qui vient en aide à leur élasticité, ne suffirait pas pour chasser tout l'air que l'inspiration avait fait pénétrer dans leur intérieur. Les muscles des parois thoraciques se contractent, pour produire l'amoindrissement de la cavité du thorax. Yoici comment ce résultat est produit. Les muscles inférieurs du tronc se contractent les premiers, et ils fixent les côtes inférieures, lesquelles deviennent un point d'appui pour les muscles intercostaux internes. Ces muscles se contractent à leur tour, et abaissent les côtes les unes sur les autres, c'est-à-dire diminuent les diamètres transversaux et antéro-poslérieurs de ia poitrine. L'abaissement des côtes produit l'aplatissement du ventre. Les organes abdominaux, refoulés vers le haut, rétablissent la convexité du diaphragme et diminuent les dimensions de la poitrine, jusqu'à ce que l'air introduit par l'inspiralion ait été chassé de cette cavilé.

Par l'inspiration suivie de l'expiration, l'air est donc, tour à tour, attiré dans la poitrine et repoussé hors de cet organe. Les poumons, qui se trouvent suspendus dans la cage thoracique, suivent dans leur mouvement d'expansion les parois de la poitrine, et reviennent sur eux-mêmes dès qu'ils cessent d'être dilatés par l'inspiration de l'air.

De même que nous avons distingué trois degrés dans l'inspiration, nous distinguerons trois degrés dans l'expiration : l^l'ej';piration ordinaire, 2» la grande expiration^ 3° Y expiration forcée.

L'expiration ordinaire se fait parle relâchement du diaphragme, qui reprend sa convexité et rétrécit la poitrine de bas en haut.

La grande expiration se fait par le relâchement du diaphragme et des autres muscles du thorax et par l'élasticité des côtes de leurs cartilages etdu sternum, qui, reprenant leurpremière place, rétrécissent la cavité thoracique dans tous les sens.

V expiration forcée est provoquée par la contraction de tous les muscles de l'abdomen et des gros muscles du dos.

Nous avons dit que les mouvements respiratoires ne sont pas soumis, ou ne sont soumis que dans une biefi faible limite, à

l'action de la volonté. Comme la respiration se rattache ù un besoin vital, dont la non-satisfaction entraînerait promptement la mort, la nature a mis cette fonction sous la dépendance des nerfs dits pnenmo-gastriques, qui fonctionnent indépendamment de la volonté. Si l'on coupe le tronc du nerf pneumo-gastrique, on trouble profondément la respiration. Mais le véritable centre nerveux qui préside à la respiration se trouve dans le bulbe rachidien, c'est-à-dire dans la partie supérieure de la moelle épinière, située à la base du cerveau. Un animal tombe mort, et comme foudroyé, quand on fait pénétrer un instrument piquant dans Tespace'qui sépare la dernière vertèbre occipitale de la première vertèbre cervicale. Aujourd'hui, les animaux de boucherie sont souvent tués par ce moyen, pour remplacer l'assommage au marteau. La religion judaïque prescrit d'ailleurs cette manière de tuer les animaux de boucherie.

Combien de fois respirons-nous dans un temps donné? On admet généralement que l'homme adulte respire dix-huit fois par minute. Pendant l'exercice et le mouvement la respiration s'accélère.

Le nombre des mouvements respiratoires diminue avec l'âge. La respiration est plus fréquente chez l'enfant que chez l'adulte. Le nouveau-né respire quarante-quatre fois par minute. Ce nombre est de trente-cinq dans la première année, de vingt-six à cinq ans, et de vingt à la puberté. En général, on respire une fois pendant que le cœur bat quatre fois.

Le nombre des mouvements respiratoires s'accroît pendant la fièvre en proportion directe de l'activité anormale qu'acquiert alors la circulation du sang.

Ajoutons que toutes les causes d'excitation physique ou morale activent la respiration. Au contraire, l'attention qu'exige un travail d'esprit, diminue le nombre des inspirations et des expirations, de sorte qu'il est bientôt nécessaire défaire quelques larges inspirations, pour compenser rinsuffisance de celles qui ont précédé.

Pendant la veille, la respiration se fait sans aucun bruit; mais si la respiration est forte et profonde, elle s'accompagne du bruit que fait l'air en passant par les fosses nasales ou par la bouche. Le ronflemeat qui se produit quelquefois pendant le sommeil résulte du bruit que fait la colonne d'air expiré venant se briser contre le voile du palais.

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En pénétrant dans nos poumons, l'air produit un léû^er bruit, qui est dû au frottement de Tair contre les parois des bronches et de la trachée. On distingue le murmure respiratoire, qui est le bruit des vésicules pulmonaires, et le souffle bronchique, ou souffle trachéal, qui se produit dans les gros canaux aériens, la trachée et les bronches.

Si l'on applique l'oreille contre la poitrine d'une personne bien portante, on entend un bruit de souffle, doux et régulier, qui provient de la pénétration de l'air dans les vésicules ou lobules pulmonaires. La maladie change la nature de ce bruit; elle le supprime, ou en produit d'autres. Le médecin se sert de ces signes pour apprécier l'état du poumon et des bronches dans les bronchites et les pneumonies.

Chez l'homme de trente-cinq à quarante ans, la capacité des poumons est d'environ 3 litres 70 centilitres. Elle est moindre avant cet âge, et n'est plus que d'un peu moins de 3 litres vers soixante ans.

La resi)iration est d'une ampleur moins développée chez la femme que chez l'homme

L'analyse que nous venons de donner du mécanisme de la respiration, considérée dans l'inspiration et l'expiration, permet d'expliquer dilTércnts actes qui se rattachent aux mouvements respiratoires. C'est par les mouvements d'inspiration que nous produisons Volfaction, le soupir, le bâillement, etc. Aux mouvements d'expiration se rattachent la toux, Yéternuement, \q. phonation, etc. Ces deux mouvements associés produisent le rire, le hoquet, le sanglot.

Volfaction, c'est-à-dire la perception des odeurs, s'opère par une série d'inspirations courtes et répétées, avec occlusion de la bouche, pour cpie l'air inspiré passe tout entier par les fosses nasales et donne la plus complète impression des particules odorantes.

Le soupir est une inspiration large, lente et longtemps prolongée, qui dilate uniformément la poitrine, et y fait pénétrer une quantité d'air plus grande que dans les inspirations antérieures. Une prompte aspiration, accompagnée d'une sorte de gémissement, succède à la grande inspiration.

Quand notre imagination est absorbée par une pensée, soit affectueuse, soit triste, les fonctions vitales languissent, et la

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respiration, en particulier, s'exerce irrégulièrement, par suite de la forte diversion morale que produit la préoccupation d'esprit. C'est alors que, par une sorte d'instinct naturel, arrive cette longue et forte respiration, par laquelle les poumons, amplement dilatés, permettent au sang, qui s'était accumulé dans le cœur droit, de recevoir une oxygénation plus complète. Le soupir fait ainsi disparaître le malai^^e que la trop grande contention d'esprit nous faisait éprouver, et qui est analogue à celui qu'on ressent dans une asphyxie commençante.

Les pleines diffèrent du soupir en ce que l'expiration est longue, et de plus entrecoupée, c'est-à-dire partagée en plusieurs périodes.

Le bâillement consiste, comme le soupir, dans une très-lente inspiration, suivie d'une expiration très-courte.

Le bâillement est le symptôme d'une maladie du corps, ou de l'ennui, qui est une maladie de l'esprit. Lorsqu'un état maladif, comme la fièvre ou la fatigue, les approches du sommeil, le sentiment de la faim, etc., ont déterminé, dans la respiration et la circulation, des troubles qui ont eu pour résultat d'accumuler le sang dans les cavitçs droites du cœur, où il produit une sensation incommode, la nature nous porte instinctivement à remédier à cette gène de la circulation et de la respiration par l'entrée dans la poitrine d'une grande quantité d'air. C'est dans ce but qu'instinctivement nous ouvrons largement la bouche. Vers la lin du bàilleinent, au moment où la poitrine a déjà reçu un volume d'air considérable, on éprouve encore comme le sentiment d'un obstacle : alors un nouvel effort d'inspiration, effort presque convulsif, surmonte cet obstacle, et l'on éprouve une sorte de détente au sentiment de cette dernière résistance vaincue. Une grande et longue expiration termine cet acte physiologique.

Pendant que dure le bâillement, la perception des sons est peu distincte. C'est que l'air qui s'est précipité daus la gorge, pénètre jusque dans la caisse du tympaii, et ébranle la membrane de cette caisse, en sens contraire aux vibrations qui produisent l'audition.

Un grand bien-être succède à l'oppression que l'on éprouvait avant le bâillement.

C'est sans doute le souvenir du soulagement que nous avons ressenti de cette manière, qui rend le bâillement pour

ainsi dire contagieux, c'est-à-dire, qui nous porte involontairement à imiter ou à répéter cet acte lorsqu'une personne l'exécute devant nous. Entrez dans une voiture publique ou dans un \N agon de chemin de fer, à une heure un peu matinale, et faites un profond bâillement, vous verrez bientôt tout le personnel de la voiture ouvrir à qui mieux mieux une large bouche et bâiller à l'envi. C'est un amusement familier à ceux qui aiment à mystifier le prochain.

Véteniuement est une violente expiration, dans laquelle l'air, sortant de la poitrine avec rapidité, vient heurter les parois internes des fosses nasales, ce qui occasionne un bruit trèsfort. Cette expiration violente, qui provient surtout d'une contraction convulsive du diaphragme , a été provoquée par une irritation s'exerçant sur la membrane muqueuse des fosses nasales.

La toux est également une expiration forte cl convulsive, produite par la contraction du diaphragme, et provoquée par une irritation de la membrane muqueuse, des bronches ou de la trachée-artère. Les expirations sont ici courtes et rapprochées.

Le passage violent et rapide de l'air à travers les bronches et la trachée -artère détermine l'expulsion des mucosités sécrétées par la membrane muqueuse de ces deux conduits, et détermine les crachais, qui ne sont autre chose que les produits de la sécrétion des bronches et de la trachée, sécrétion qui s'accroît notablement pendant Tinflammation de ces parties.

Ce qui prouve bien que la toux est déterminée par une contraction du diaphragme amenée par l'irritation des voies aériennes, c'est la fatigue extrême que la toux finit par amener dans la région diaphragmatique et dans les parois du ventre pendant la bronchite.

Le rire est une suite d'inspirations et d'expirations très-courtes et très-rapprochées.

Le hoquet est une inspiration, suivie d'une expiration, extrêmement rapides l'une et l'autre. Seulement, le larynx est en partie fermé par un resserrement spasmodique de la glotte, c'està-dire de l'ouverture des lèvres de cette cavité. L'air, rapidement attiré dans le larynx, mais y entrant avec peine, produit d'abord une sorte de sifflement; mais bientôt, chassé par une expiration violente, il heurte avec force les lèvres de la glotte. De là le bruit sec et particulier qui constitue le hoquet.

Le sanglot est un acte du même ordre, c'est-à-dire opéré par le même mécanisme physiologique.

L'expiration sert encore à la phonation, c'est-à-dire à la formation de la voix; mais nous aurons à traiter avec détails, dans la suite de cet ouvrage, de la production des sons et des dillerentes modifications de la voix humaine.

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