Page 69, tome IX. Paris
RESISTANCE A LA CHALEUR
Dans une secomle expérience, Delarùclic et Berger prirent un lapin vivant et un alcarraza plein d'eau, l'un et l'autre à la même température, et les placèrent dans une étuve sèche, qui fut chauffée de -f- 60à -[- 87°. L'expérience fut prolongée jusqu'à la mort du lapin. En pesant le lapin et l'alcarraza, on trouva que l'évaporation avait été sensiblement la même pour le lapin et pour l'alcarraza. A la fin de l'expérience, le lapin n'avait que 2' 5 de plus que l'alcarraza ^ C'était donc l'évaporation de sa sueur qui avait refroidi l'animal.
Dans leau chaude, la résistance est bien moindre que dans l'air humide. Le médecin Lemonnier a constaté sur lui-même qu'il supportait sans inconvénients un bain de vapeur a H-SV,??, etquil pouvait le prolonger 30 minutes sans ressentir de malaise. Mais dans l'eau chauffée à -f 44' il ne put rester plus de six minutes. La sueur inondait son visage, tout son corps était rouge et gonflé. Au bout de sept minutes, il était extrêmement agité: son pouls élait très-fort et très-fréquent. Au bout de huit minutes, il fut obligé de sortir du bain, à cause de la congestion qui le menaçait.
Ainsi, la résistance de l'homme à. la chaleur extérieure, trèsconsidérable dans l'air sec, est plus faible dans l'air humide et nulle dans l'eau chaude. C'est que les gaz secs sont plus mauvais conducteurs de la chaleur que les hquides. En outre, à poids égaux, la chaleur spécifique de l'eau étant 1, celle de la vapeur d'eau est 0,475 cl celle de l'air n'est que 0,237. L'eau chaude doit donc communiquer beaucoup plus de calorique (ju'un bain de vapeur, et un bain de vapeur plus que l'air sec. Dans l'air chaud et dans le bain de vapeur, la sueur se dégage cà l'état de vapeur, et par le refroidissement que provoque celte évaporation, le corps est refroidi ; mais dans le bain d'eau chaude il n'y a pas d'évaporatron ; par conséquent, ce moyen de refroidissement manque complètement. De là l'impossibilité de supporter un bain d'eau très-chaude.
Une chaleur excessive ne peut être ressentie par l'homme sans que son économie en soit gravement atteinte. Dans un bain d'air humide à -j- 54", le pouls de Fordyce battait 139 pulsations par minute. Dobson constata dans les trois expériences qu'il fit. que son pouls avait donné, dans la première expé-