VARIATIONS DE LA CHALEUR
corps les plus rapprochées du centre circulaloire présentent la température la plus élevée.
John Davy, examinant la température des divers organes d'un animal, détermina également celle de quelques-unes de ses parties extérieures, et il obtint les résultats suivants, qui viennent à Tappui de la proposition qui précède :
Température.
Aine +40°
Genou -h 38», 89
Métatarse -h 360,11
On sait que dans les contrées boréales l'intensité du froid détermine souvent la congélation partielle du corps. Or, ce sont toujours les organes les plus éloignés du cœur, tels que le nez, les oreilles, les pieds, les mains, qui sont gelés les premiers.
Le fait de l'abaissement graduel de la température intérieure, à mesure que l'on s'éloigne du cœur, est confirmé par une observation faite par Becquerel et Breschet, dans leurs Recherches sur la chaleur aaiinale. Ces expérimentateurs ont reconnu que la température du sang artériel s'abaisse d'environ un degré durant son trajet du cœur aux dernières divisions vascu laires. Cet abaissement de température est même quelquefois plus considérable.
Une expérience très-connue, que le chirurgien anglais Hunter a consignée dans son ouvrage sur Le sang et Viaflaii\matwn, fait encore ressortir la différence de température que présentent le tronc et les extrémités. Si l'on applique un vésicatoire sur le thorax, et un autre sur la jambe, que l'on prenne, avec le thermomètre, la chaleur de chacune de ces deux plaies, et qu'on la compare à celle des parties qui les environnent immédiatement^ on trouve une ditTérence bien plus grande à la jambe qu'à la poitrine.
La chaleur naturelle du corps humain est sujette à des varia tions selon le régime, làge, l'état de santé ou de maladie, qu'il n'est pas sans intérêt de connaître.
En ce qui concerne l'âge, AVilliam Edwards a prouvé que chez le nouveau-né la chaleur naturelle est moins grande que chez l'adulte. William Edwards trouva que chez trois enfants mâles, âgés d'un à deux jours, la température n'était que de -1- 36°,26.
Chez le vieillard, la chaleur naturelle est également moins
élevée que chez l'adulle. Chez les sexagénaires, elle est de 35° à 36" et chez les octogénaires de 34" à 35% d'après des déterminations du même expérimentateur.
L'espèce d'aliments dont nous faisons usage n'a que peu d'influence sur notre chaleur naturelle. Au commencement de notre siècle, John Davy, frère de l'illustre chimiste Humphry Davy, voyageait en diverses contrées de l'Orient. Il s'appliqua à constater la température naturelle du corps d'individus pris à différentes latitudes et faisant usage d'aliments très-opposés. Or il ne remarqua pas de différences, sous le rapport de la chaleur animale, entre les Yaïdas, qui se nourrissent presque exclusivement de chair, et les prêtres de Boudha, qui ne vivent que de légumes. Mais si la nature des aliments a ici peu d'influence, il en est autrement de leur quantité. Chossat a trouvé que des poules, des tourterelles, des lapins et des cochons d'Inde, tenus à Tabstinence, perdent graduellement de leur chaleur naturelle, et Hunier avait constaté le même décroissement chez d'autres animaux. Pendant le sommeil, la température de notre corps s'abaisse sensil)lement. On suppose que le refroidissement peut dépasser 2". D'après Hunter, cet abaissement serait, chez l'homme, de 1", 5. Personne n'ignore que pendant le sommeil nous sommes plus accessibles au froid que pendant la veille. Beaucoup de maladies se contractent par le refroidissement nocturne, alors que l'on se découvre accidentellement.
Les enfants se refroidissent pendant le sommeil plus encore que les adultes. De là la nécessité de bien surveiller le couchage de l'enfant.
La température normale de notrecorps subit de grandes varialions pendant les maladies, et de nos jours la médecine prend en très-grande considération la température des malades, élément qui était absolument négligé autrefois.
Pour constater le degré de chaleur morbide, il ne fautpas s'en rapporter au malade, car rien n'est plus trompeur que ses sensations. On peut dire, d'une manière générale, que dans toute inflammation la température s'élève dans l'organe affecté. L'élévation de température peut aller à 2",5. Dans les fièvres, la température du corps s'élève également.
Ce qui se passe dans les fièvres intermittentes prouve bien qu'il ne faut aucunement s'en rapporter au malade pour l'appréciation de ses sensations en ce qui concerne la chaleur du corps.