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Têle du fémur. — 2. Canal médullaire

Fig. 128. Le pariétal (os large}.

Fig. 139. Les

trois phalanges

du doigt

(os longs).

des cavités destinées à protéger les organes intérieurs. En même temps, ils servent de point d'insertion aux muscles.

Les os longs sont percés dans leur axe, comme on le voit sur la figure 137, d'un canal, le canal médullaire, destiné à recevoir une substance grasse, la moelle, dont les usages sont encore peu connus.

Nous représentons comme exemple d'un os large le pariétal (fig. 138', os situé sur les parois du crâne et qui concourt à former

518 LES AIOUVEMENTS.

la boîte osseuse ; et comme type d'os longs, les trois phalanges dont la réunion forme le doigt de la main.

Le corps d'un os long et le milieu des os larges ou plats se développent avant les extrémités ou les bords. Dans l'enfance, les extrémités des os longs restent à état cartilagineux, c'est-à-dire sont à peu près uniquement composées de matière organique. Ce n'est que dans l'adolescence et à l'état adulte que les parties cartilagineuses , en s'encroùtant de substance minérale, finissent par passer à Tétat d'os proprement dits.

La consistance et la dureté des os varient selon les âges, et il est facile de reconnaîlre dans les différents états du système osseux suivant les âges de la vie une sage prévison de la nature. Dans lenfance, alors (jue la croissance doit être rapide et que les membres n'ont à exercer que de faibles efforts, à produire que <lcs mouvements très-limités, les os sont peu riches en osséine, en matière organique; ils sont encore flexibles et peu résistants. C'est comme un jeune rameau végétal plein de sucs nourriciers, avec peu de fibres ligneuses. A mesure que la puissance musculaire augmente d'énergie, c'est-à-dire dans l'adolescence, les os deviennent plus durs, par la prédominance des sels calcaires. Alors les extrémités des os longs, qui étaient encore à l'état cartilagineux, s'encroûtent de matière calcaire : ils s ossifient, comme disent les anatomistes. Des parties osseuses qui n'étaient que Juxtaposées à l'os principal [épiphyser,), se soudent au corps de l'os, et ne forment plus qu'un os. Dans l'âge adulte, il faut que l'os, parvenu à son développement complet, puisse résister à l'effort des puissances musculaires qui s'exercent pendant cette période avec énergie. C'est alors que, par son extrême richesse en sels minéraux, la substance des os présente le plus de dureté et de consistance. Mais la vieillesse arrive, les efforts à accomplir, les mouvements à produire, ont moins d'importance. A cette époque de la vie, les os s'incrustent d'une plus grande quantité de sels minéraux et deviennent plus durs, plus cassants, plus fragiles.

C'est en raison de cette proportion variable entre la matière animale et la matière organique des os selon les âges que dans l'enfance la fracture des os a peu de gravité et se répare promptement par les efforts de la nature ; — que la guérison d'une fracture est plus longue chez l'adulte, mais se fait facilement et

complètemenU - que chez le vieillard les os se fracturent par des chocs ou des chutes de peu de hauteur, et que la guérison de ces fractures est toujours très-lente ou ne parvient pas à se

Fi^ 140. Flourens.

réaliser. Le rameau plein de sève des jeunes années est devenu une branche sèche, qui se brise au moindre choc.

Nous ne devons pas oublier de mentionner une membrane particulière qui enveloppe les os longs et les os larges. On appelle cette membrane jiénoste (du grec ttsç-:, autour, et Ô^Téov, osi. Le périoste est une sorte de sac fibreux qui enveloppe l'os de toutes parts, et qui, parcouru par de nombreux vaisseaux, distribue,

au moyen de ces vaisseaux, qui vont se ramifier dans la substance des os, le sang destiné à les nourrir.

Le périoste joue un grand rôle dans la vie des os. Cette membrane est indispensable à l'existence de l'os, et bien plus, elle sullit à régénérer cet organe entier quand il a disparu par ablation ou fracture.

C'est aux expériences et recherches de Flourens que l'on doit la découverte du rôle essentiel que joue le périoste dans la régénération des os. Flourens a suivi pas à pas, jour par jour, la formation des os dans les jeunes animaux, et leur régénération au fur et à mesure de leur ablation parlielle ou de leur fracture. Le naturaliste Duhamel, à la fin du siècle dernier, avait trouvé dans le principe colorant de la racine de garance un moyen précieux de suivre la production et la régénération des os. En effet, le principe colorant de la racine de garance a une affinité particulière pour le tissu osseux : de telle sorte que, si l'on mêle de la racine de garance à la nourriture des animaux, tels que lapins ou chiens, le principe colorant se fixe dans la substance de l'os. Et celte coloration, persistant dans la substance osseuse, permet de donner, pour ainsi dire, une date, un âge, aux ditîérentes couches osseuses, au fur et à mesure de leur formalion.

Mettant à profit la découverte de Duhamel, c'est-à-dire la coloration des os par le principe colorant de la racine de garance, Flourens parvint, par une longue série d'expériences très-ingénieuses et très-délicates, à étudier, par ce moyen, la formation du tissu osseux, et à prouver (|ue le périoste est l'agent direct de la i)roduction de ce tissu chez les jeunes animaux et de sa régénération à tous les âges de la vie.

La chirurgie moderne a mis à profit celle belle découverte de Flourens- Il était bien établi que sur des animaux auxquels ou enlevait la totalité ou une portion d'un os, si l'on avait soin de respecter le périoste, on voyait renaître intégralement, au bout de quelques mois, la substance osseuse disparue. De là l'indication de respecter le périoste dans les opérations chirurgicales qui ont pour objet l'extraction des fragments d'os (esquilles) brisés par un projectile ou par un accident quelconque. Si l'on a conservé le périoste en faisant l'extraction des portions d'os brisées, on ne tarde pas à voir la partie osseuse disparue se régénérer. C'est évidemment le périoste qui, chargé de Irans-

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