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LA LOCOMOTION

que l'autre y arrive, el il n'y a aucun moment dans lequel le corps porte sur les deux pieds à la fois.

L'inclinaison du corps en avant favorise la marche, en combattant la résistance de l'air. Le balancement des bras est également utile i)our maintenir l'équilibre du corps, équilibre qui est naturellement instable pendant le continuel déplacement du centre de gravité qui résulte de ce que le poids du corps est continuellement porté tantôt à droite, tantôt à gauche. Les bras, en se balançant, c'est-à-dire en prenant différentes positions, changent instinctivement le centre de gravité du corps, selon les besoins, comme le balancier du danseur de corde assure la stabilité du danseur, en déplaçant, pour maintenir l'équilibre, le centre de gravité du corps.

La vitesse habituelle de la marche chez l'homme est de six kilomètres à l'heure. Mais, par l'exercice, on arrive à accroître singulièrement cette vitesse. Les marcheurs de profession font facilement huit kilomètres à l'heure, en marchant cinq à six heures à cette vitesse.

Pendant la célèbre ascension où il parvint le premier au Mont- Blanc, en 1786, le guide Jacques Balmat marcha quatre jours el quatre nuits, sans se reposer un moment. L'un de ses fils, Edouard Balmat, parti de Paris pour rejoindre son régiment, arriva à la vallée de Chamonix le cinquième jour, après avoir parcouru 546 kilomètres, c'est-à-dire fait 108 kilomètres par jour.

Le même Edouard Balmat, plusieurs années après, parti des bains de Louèche à deux heures du matin, arriva à Chamonix à neuf heures du soir, ayant franchi en dix-neuf heures 120 kilomètres.

La coNr.se, avons-nous dit, diffère de la marche en ce que les deux pieds ne portent jamais ensemble sur le sol. Il faut ajouter à ce caractère que dans la course les deux pieds sont, à certains moments, entièrement détachés du sol, ce qui n'arrive jamais dans la marche, et que la vitesse du déplacement est très-considérable.

Dans la course, le corps est beaucoup plus incliné en avant que dans la marche, ce qui rend les chutes plus faciles, et en même temps plus graves, en raison de la vitesse. C'est donc par une suite de sauts que s'etïectue la course, le saut se faisant alternativement par l'un et par l'autre pied.

La plus grande vitesse de la course est de 27 kilomètres en

une heure, suivant W'eber; mais une telle vitesse ne saurait être soutenue pendant une heure. La vitesse normale de la course n'est pas de plus de 14 kilomètres à l'heure, et l'on peut courir assez longtemps avec cette vitesse.

Le saut n'est autre chose qu'un des pas de la course exécuté seul. Il est précédé de quelques pas de course rapides et serrés, destinés à donner l'élan. La vitesse acquise dans ces premiers pas s'ajoute à celle que le sauteur imprime à son corps, parla dernière impulsion. Par le saut, on i)eut franchir un espace de 4 à 6 mètres, dans le sens horizontal.

Le saut à pieds joints comporte un autre mécanisme. On commence par lléchir les deux membres inférieurs ; puis, par une contraction subite des mêmes membres et une impulsion du corps, on porte, avec une grande force, tout le corps en avant. C'est surtout la détente des muscles de la jambe et du pied qui détermine le saut, dont la longueur dépend de la vitesse qu'on a imprimée au corps au moment où on l'a détaché du sol. La projection violente des bras en avant, ajoute beaucoup à la force de l'impulsion.

Pour grimper, il faut faire agir simultanément les bras et les jambes. Tandis ((ue les mains s'accrochent aux aspérités d'un mur ou aux branches dun arbre, les membres inférieurs soutiennent le corps et le poussent de bas en haut. Les muscles du bras et de l'épaule sont ceux qui prennent la plus grande part à cet exercice.

Dans la natation, tous nos muscles sont en jeu. Le corps étant placé horizontalement sur le ventre, dans les couches supérieures de l'eau, on commence par replier les membres; ensuite on rapproche les talons, et l'on applique les mains l'une contre l'autre, au devant de la poitrine. Alors on détend brusquement les pieds, qui vont frapper l'eau par leur face plantaire. On allonge en avant les bras, qui coupent l'eau ; puis on les sépare et on les ramène sous la poitrine, après leur avoir fait décrire une courbe, à la manière des rames. Ces mouvements exécutés avec ordre, et convenablement espacés, permettent au corps de surnager et de progresser avec plus ou moins de vitesse. Privé de tout mouvement, le corps ne pourrait se soutenir sur Teau et tomberait au fond.

L'explication des mouvements de la machine animale par l'application des lois de la physique, particulièrement des lois des leviers et de leurs points d'application, n'est point de date

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