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LA LOCOMOTION

moderne. C'est à un anatomiste italien du xvii'' siècle, Bore!li, que l'on doit cette étude. Les physiologistes modernes n'ont eu

l'k'. 156. Borelli ,

qu'à la compléter par la considération des faits acquis à îa science depuis celle époque.

Le livre de Borelli, intitulé de Motu aniinaUum\ qui fut publié,

l. De motu animalium, pars prima, in qiui copiose disceplalar de motionibus conspicuis animalium, ncmpe de externarum parlium jlexionibus, exlensionibus, et tandem degressu, volalii, natatu etcjus annexis. (Ronia, 1680. in-4.) Pars altéra, in qua disceptatur de causis motus musculorum et motionibus lulernis, nempe humorum, qui per vasa el viscera animalium fîunt. (Ronia, 1681, iii-4.)

lioui" la première fois, à Rome, en 1680, renferme l'élude de lous les mouvements du corps humain. Dans la première partie de cet ouvrage (la seule dont la science moderne ai^ à se préoccuper, car la seconde partie, publiée en 1P81, n'est qu'une suite d'hypothèses gratuites, reflet des idées iatro-mathématiques de son temps), Borelli évalue en chiffres la force développée par les muscles dans les mouvements des divers animaux, et il donne l'analyse ainsi que l'explication physique de lous ces mouvements.

Le livre de Borelli de Motuanimalium était en si grande estime au siècle dernier, que le médecin Chirac, de l'Université de Montpellier, légua, par testament, les fonds nécessaires pour l'entretien d'un professeur qui serait chargé d'expliquer et de commenter ce livre, ainsi que les matières qui s'y rapportent. Cependant la volonté du teslaleur ne fut point exécutée.

Jean Alphonse Borelli était né à Naples, en 1608. Il passa sa vie à enseigner les mathématiques et la philosophie à Florence el à Pise, où il mérita l'estime et la bicn\eillance des princes de la maison de Médicis. Ce fut pendant son séjour à Pise que^ mellanl ù profit ses grandes connaissances en malhémaliques, il s'appliqua à l'étude des mouvements des animaux.

Dans ses dernières années, il se retira à Rome, dans la maison des religieux des écoles pieuses (clercs réguliers de Saint-Pantaléon). II y mourut, le 31 décembre 1679.

Borelli fut plutôt mathématicien qu'anatomiste. Il est le chef do la secte iatro-mathémalique. Le parti quil avait su tirer delà statique pour expliquer les mouvements des animaux, lui suggéra ridée d'appliquer également la science du calcul à toutes les fonctions et à tous les phénomènes de l'économie animale; mais il n'exécuta pas lui-même ce projet, qui ne futdéveloi)[ié dans toute son étendue que par son élève, Laurent Bellini. Borelli se borna à étudier, parmi les phénomènes de la vie, ceux qui sont soumis, jusqu'à un certain point, aux règles de la mécanique, et il jeta de vives lumières sur cette partie de la physiologie. Il reconnut le premier que les muscles sont obligés de déployer une très-grande force, même lorsqu'ils n'ont à surmonter qu'une résistance légère; et il fit voir que cet effet tient à plusieurs causes réunies, qu'il étudia successivement, à savoir : l'insertion des muscles plus près du centre du mouvement que ne l'est la résistance ou le poids qu'ils font mouvoir autour de ce centre, — l'obliquité de l'insertion musculaire, — la direction

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des fibres charnues par rapi)ort au tendon. Il prouva que les os des membres sont de véritables leviers, sur lesquels les muscles agissent comme des puissances motrices. Celle découverte fondamentale, dont on n'avait aucune idée avant Borclli, aurait suffi pour immortaliser son nom.

Nous terminerons ce que nous avions à dire concernant les mouvements du corps humain par quelques mots sur l'effort en général.

Dans les divers mouvements que nous venons de passer en revue, c'est-à-dire dans les mouvements de translation du corps, comme d'ailleurs dans beaucoup de mouvements qui s'exécutent sur place, il y a souvent ce qu'on peut appeler un effort, c'est-àdire l'union de plusieurs puissances musculaires dans une contraction commune. Pour soulever un fardeau, attirer ou repousser un corps, pour gravir une côte, soit en marchant, soit en courant, enfin pour tout travail mécanique laborieux, il y a dévelo})pement d'effort.

Quand nous avons besoin de produire un effort, nous commençons par faire une inspiration profonde ; puis nous retenons la masse d'air introduite dans la poitrine. Ainsi dilaté, le Ihorax fournit un point d'appui fixe et solide aux muscles qui s'y attachent et qui doivent vaincre la résistance. Lors même que ce ne sont pas les muscles du thorax qui doivent agir, l'amplitude de cette cavité est nécessaire pour fournir indirectement un point d'appui aux muscles sur la colonne vertébrale et sur les os du thorax. Un mouvement auquel prennent part seulement le bras ou la main, s'il est produit avec effort, demande le concours des autres puissances musculaires de l'économie. Or la grande distension des parois de la poitrine est la condition de ce commun concours.

Ce qui le prouve, c'est que pendant fetîort il nous est impossible d'exécuter un mouvement autre que celui que nous avons en vue. Si l'on veut soulever un lourd fardeau, il faut que tous les muscles agissent dans cette intention, et l'on ne peut rien distraire des forces de l'économie occupées à ce travail. On ne saurait, pendant un efTort violent, ni regarder, ni respirer, ni sentir, ni avaler. C'est à peine si une légère expiration se produit. Les poumons restent distendus par l'air; les viscères du basventre sont comprimés en haut par le diaphragme, et sur les côtés

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par les muscles abdominaux. Quelquefois seulement, un peu d'air part bruyamment de la poitrine, en produisant un son rauque et précipité: puis la glotte se referme et retient l'air emprisonné dans la poitrine. C'est ainsi que se produit le han! du geindre,, soulevant péniblement la masse énorme de la pâte du pain, pour la rejeter avec force dans le pétrin, et que le marin qui tire une corde de manœuvre, ou le batelier qui haie un bateau sur la berge, font entendre leur hnn! particulier.

La pression violente que les viscères abdominaux éprouvent pendant l'effort, de la part du diaphragme et des muscles abdominaux, peut avoir de sérieux inconvénients. C'est par cet elïbrt que se produit la hernie, c'est-à-dire la sortie d'une anse d'intestin par Vanneau inguinal. La pression énergique ou répétée des intestins par les muscles abdominaux a déterminé ce fâcheux accident. Les cris de l'enfant au berceau peuvent suffire pour produire la hernie. Avis aux parents.

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