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COMMENT SE PRODUIT LA VOIX

La voix consiste dans la production des sons, et le son résulte des vibrations rapides et régulières de certains corps. — La hauteur, Vi7itcnsité et le timbre des S071S. — Quelques principes d'acoustique. — L'appareil vocal chez Ihomme. — Description du larynx : cartilages, muscles, épiglolte. glotte^ cordes vocales ou rubans vocaux, ventricule de la glotte. — Le laryngoscope, histoire de la découverte de cet insiruniont. — Le chanteur Manuel Garcia, le docteur Segond, le docteur Tiirck et le docteur Czermak. — Coupe anatoniique de l'arrière-gorge et du pharynx, montrant la manière dont le laryngoscope doit être placé pour éclairer l'intérieur du larxnx. — Manière de faire usage du laryngoscope: mode d'éclairage, miroir frontal, miroir laryngien. — Les théories de la phonation. — Théorie ancienne assimilant les cordes vocales du larynx aux cordes du violon mises en vibration par le passage de l'air. — Théorie moderne assimilant le larynx à un instrument à vent dans lequel les cordes vocales font l'office de Vanche du hautbois ou de la clarinette. — Ce que c'est que l'anche des instruments de musique. — Preuves que le larynx humain est bien un instrument à tuyau d'anche. — Un larynx arlificiel en caoutchouc. — Théorie actuelle du mécanisme de la voix chez l'homme.

— L'état des cordes vocales, la longueur de la trachée, la configuration des cavités buccale et pharyngienne, modifient la force, le volume et le timbre des sons. — Il faut distinguer dans la voix le cri, la parole et le chant. — Le cin n'est, chez l'homme, que l'expression d'une impression morale, mais il a une grande signification chez les animaux. — La. parole est la voix articulée. — C'est l'intelligence qui crée la ])arole. — Les sons de la parole articulée composent l'alphabet, qui varie suivant les nationalités, et produit le langage chez les ditlérenls peuples. — Origine du langage humain — Notre alphabet : voyelles et consonnes. — Parties de l'appareil vocal qui sont en jeu dans l'émission des voyelles et des consonnes.

— Mécanisme de la parole à voix basse. — Dans la parole à voix basse, le travail de la phonation se fait dans la bouche; les cordes vocales du larynx n'y prennent aucune part. — Altérations de l'appareil vocal produisant l'aphonie. — La ventriloquie, son mécanisme. — La voie modulée en sons constitue le chant. — Les voix d'homme se distinguent en basse-taille, baryton, et ténor ; les voix de femme en contralto, mezzo-soprano et soprano. — La voix de chant, chez l'homme, a l'étendue de deux octaves et celle de la femme de deux octaves et demie. — Ce que c'est que la gamme ou l'échelle des tons. — Pour produire les notes basses, les

cordes vocales se relàclicnt, la glotte s'élargit et le conduit laryngien s'allonge; pour produire les noies aiguës, les cordes vocales se tendent et le conduit laryngien se raccourcit. — Qu'est-ce que la voix de trte ou de fausset ? — Ou'esl-ce que la voix mixte? — La musique instrumentale et la voiv humaine.

Un ordre particulier de mouvements qui dépend, comme les précédents, du concours du système musculaire et du système nerveux, mais qui a des caractères trop spéciaux, trop tranchés, pour n"ètre pas mis à part et étudié isolément, c'est l'ensemble d'actions vitales qui ont pour résultat de i)roduire la voix. Nous allons résumer les connaissances acquises aujourd'hui pour expliquer le mécanisme physiologique de la production de la voix humaine.

La voix consiste, d'une manière générale, dans la production des sons. Il faut donc commencer par dire en quoi consiste le son, comment il prend naissance, quelles sont les lois qui régissent sa formation et les causes principales (jui le modifient.

Le son est toujours le résultat des vibrations rapides et régulières d'un corps, vibrations déterminées soit par un choc, soit par un frottement. Une fois produites par le choc ou par le frottement, les vibrations sonores ébranlent, de proche en proche, l'air, lequel les transmet dans tous les sens, sous forme d'ondes concentriques successives. Quand les ondes so)iores, comme les appellent les physiciens, viennent frapper l'oreille de l'homme ou desanimaux, elles y produisent l'impression des sons, d'après le mécanisme vital que nous avons expliqué en parlant du sens de l'ouïe.

Il faut distinguer dans le son trois qualités : la hauteur, c'està-dire le plus ou moins d'acuité, Ylnlenslté et le timbre.

La hauteur d'un son dépend du nombre de vibrations exécutées par un corps sonore dans un temps déterminé, La seconde est l'intervalle de temps choisi par les physiciens pour y rapporter le nombre de vibrations sonores. La hauteur ou Vacuité d'un son dépend de la rapidité de ses vibrations. Les sons graves sont donnés par un petit nombre de vibrations d'un corps, les sons aigus par un nombre considérable de vibrations. La limite des sons graves est représentée par 32 vibrations par seconde. Audessous de ce nombre, le son est tellement bas qu'il n'est plus perceptible à l'oreille. La limite des sons aigus est de 70 000 vibrations par seconde. Au-dessus de ce nombre l'oreille perd la

faculté de percevoir le son, c'est-à-dire que tout son dont les vibrations dépassent 70 000 par seconde, est pour nous comme s'il n'existait pas. Le son le plus bas de la voix humaine donne 160 vibrations par seconde; le son le plus élevé 204S.

Vintensilé du son dépend, non du noml)re de vibrations, maide l'amplitude de ces vibrations.

Le timbre dépend de propriétés physiques encore mal définies, mais qui sont liées à la nature du corps vibrant, et qui font que le son de la harpe, par exemple, ne ressemble pas à celui du cornet à piston, bien que l'un et l'autre instrument donnent exactement la même note, sous le rapport de la hauteur et de l'intensité du son.

On appelle unisson les sons que produisent deux ou plusieurs instruments, ou plusieurs sons quelconques, en donnant le même nombre de vibrations par seconde. Un violon et la voix humaine donnant l'un et l'autre un son qui produit 600 vibrations par seconde, sont dits à V unisson, quelle que soit l'intensité relative et le timbre du son provenant de la voix cl du violon.

Pour comprendre le mécanisme de la production de la voix, il faut avoir présents à l'esprit quelques principes empruntés à l'acoustique, particulièrement les suivants :

P Voctave des sons, c'est-à-dire la note de la gamme supérieure, est donnée par un nombre de vibrations exactement double du nombre de vibrations de la note de la gamme inférieure. Si Vut de la quatrième corde d'un violon fait 512 vibrations par seconde, Vut de l'octave supérieure en fait 1024. De même pour la voix humaine, une note quelconque de la gamme donnée à son octave produit un nombre de vibrations exactement double.

2" Le nombre de vibrations d'une corde tendue est en raison inverse de sa longueur. Si l'on fait résonner une corde de 2 mètres de longueur et que l'on réduise cette longueur à 1 mètre, on obtiendra un son à l'octave supérieure du premier son.

3'^ Le nombre des vibrations qu'exécute une corde augmente avec sa tension, et ce nombre est proportionnel à la racine carrée des poids qui la tendent. Par exemple, une corde qui supporte un poids de 1 kilogramme et qui donne le ton ut, donnera le ton ut- si l'on remplace le poids de 1 kilogramme par un poids de 4 kilogrammes.

4'' Les cordes métalliques, et à plus forte raison les cordes composées de matières organiques, ne produisent que des sons dune

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faible intensité lorsqu'elles ne sont pas mises en vibration clans des conditions propres à la sonorité.

Ces principes d'acoustique suffisent pour comprendre le mécanisme de la formation de la voix.

Ce qui produit la voix chez l'homme n'est pas un simple org-ane, mais une réunion d'organes, c'est-à-dire un appareil, selon le langage des physiologistes, qui donnent le nom d\ippareil à une réunion d'organes.

L'appareil vocal se compose :

1" Des poumons, fonctionnant comme soufflet, pour chasser l'air par une forte expiration ;

2" De la trachée-artère, ou tuyau porte-vent, qui amène cet air dans le larynx;

3 Du larynx, organe creux, à l'intérieur duquel se produit le so n;

4° Du pharynx et des cavités buccale et nasale, qui renforcent le son, produisent la i)arole articulée et donnent à la voix son timbre particulier.

De tous les organes que nous venons d'énumérer, comme concourant à la formation des sons, un seul nous est encore inconnu, et c'est le plus essentiel de tous : le larynx. Faisons donc connaissance avec l'important instrument dont nous a dotés la nature.

Situé à la partie antérieure et supérieure du cou, le larynx est une petite cavité, composée de la réunion de cinq cartilages, reliés entre eux par des ligaments, et mis en mouvement par de jietits muscles, lesquels, par leur contraction, tendent les replis musculo-membraneux nommés coriles vocales, et produisent ainsi la diversité des sons.

La figure 157 montre le larynx vu par sa face antérieure; la figure 158 le larynx vu par sa face latérale.

Des cinq cartilages du larynx, deux sont doubles : les cartilages arythénoïdes : trois sont impairs : Vt'piylotte, le cartilage cricoïde et le cartilage thyroïde.

Le cartilage cricoïde (du grec xp-lxo.-, anneau), placé à la base du larynx, établit la continuité avec la trachée-artère. *

Le cartilage thyroïde (du grec ôussoç, bouclier) est formé de deux lames quadrangulaires, qui se réunissent, par leur bord antérieur, sur la ligne médiane, en formant une saillie, vulgai-

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