‹ Connais-toi toi-mêmeChapitre 72 sur 77 · LE MAGNÉTISME ANIMAL · texte numérisé non relu

LE MAGNÉTISME ANIMAL

tion fixe des yeux du sujet attachés sur ceux de l'operateur, suffit pour ensrendrer Vhypnotisme ou sommeil nerveux, comme on l'a appclérCette fatigue oculaire est encore augmentée par l'espèce de strabisme et par l'élévation des yeux résultant de l'attitude du magnétisé vis-à-vis du magnétiseur; car d habitude ce dernier est debout devant le patient, assis sur une chaise; ou bien encore, selon le précepte de Deleuze, le magnétiseur est placé sur un siège un peu plus élevé que celui du sujet. D après un rapport fait par BaiUy sur le magnétisme mesmerien, au nom de l'Académie des sciences et de la Faculté de médecine, le il août 1784, les élèves de Mesmer agissaient aussi sur le patient, par le regard et en les fixant. Les passes et manipulations auxquelles se livre le magnétiseur ne sont que des pratiques accessoires, mais elles accélèrent la fascination du sujet, en agissant sur son imagination et son système nerveux.

De l'examen comparatif des procédés qui servent à provoquer l'hvpnotisme et le somnambulisme magnétique, passons à la comparaison des phénomènes physiologiques propres à l'un et

à l'iutrede ces états.

On peut énumérer comme il suit les caractères constatés par les magnétiseurs de bonne foi chez les somnambules. Ces caractères ne sont pas constants, mais ils sont assez communs pour que l'on puisse en générahser ici l'expression: 1° insensibilité de la périphérie du corps ; 2' roideur musculaire, allant quelquefois jusqu'à la catalepsie; d'autres fois, au contraire, résolution marquée de tous les muscles; 3» exaltation des principaux sens; 4° exaltation de rintelligence.

A l'exception du dernier, qui constitue, il faut l'avouer, une différence assez importante, les quatre caractères propres a l'état de somnambulisme magnétique sont parfaitement accuses chez les individus plongés dans l'état hypnotique. Les nombreuses expériences qui ont été faites jusqu'à ce jour, ont parfaitement établi que l'insensibilité au pincement et aux piqûres la roideur ou la résolution musculaire, sont tres-prononcées dans l'état hynoplique. C'est même par ces deux caractères, joints à l'état évident de sommeil, que l'on constate et que l'on déclare que le sujet est hypnotisé. Quant à l'exaltation des sens, elle est parfois très-manifeste chez l'individu hypnotisé, sans atteindre pourtant le degré qu'elle présente chez les somnambules magnétiques.

On sait en quoi consiste le phénomène des tables tournantes. Un certain nombre de personnes composent une sorte de cliaîne autour d'une table, en apposant leurs doigts sur les bords de cette table. Il arrive alors un moment où, sans que personne en ait conscience, la table se met à tourner vigoureusement sur son axe. Tout aussitôt les personnes qui composent la chaîne, tournent, avec la table, dans une sorte de danse générale involontaire.

Le phénomène des tables tournantes s'explique parfaitement, comme le magnétisme animal, par l'état d'hypnotisme.

Nous venons de dire que plusieurs personnes se réunissent autour d'une table, les doigts placés sur les bords de celle table. Ces personnes sont attentives, fortement préoccupées du phénomène dont elles attendent l'apparition. Il y a là une grande contention d'esprit, une idée qui passionne exclusivement l'esprit. Une pareille tension du cerveau ne peut être longtemps supportée. Dans cette réunion de personnes fixement attachées, pendant vingt minutes ou une demi-heure, à former la chaîne, les mains posées à piat sur une table, sans avoir la liberté de distraire un instant leur attention de l'opération à Inquelle elles prennent part, le plus grand nombre n'éprouve aucun eflet particulier. Mais il est bien difficile que l'une d'elles, une seule, si l'on veut, ne tombe pas, pour un moment, en proie à l'état hypnotique ; il ne faut peut-être qu'une seconde de durée de cet étal pour que le phénomène se réalise. Le membre de la chaîne tombé dans le sommeil hypnoli(jue, n'ayant jjIus conscience de ses actes, et n'ayant que l'idée fixe de la rotation de la table, imprime, à son insu, le mouvement au meuble. Il peut en ce moment déployer une force musculaire relalivemenl considérable, et la table s'élance. Celte impulsion donnée, cet acte inconscient accompli, il n'en faut pas davantage. L'individu dont l'esprit a été un moment égaré, peut ensuite revenir à son état ordinaire, car à peine ce mouvement de déplacement mécanique s'esl-il manifesté dans la table, qu'aussitôt toutes les personnes composant la chaîne se lèvent et suivent ses mouvements, autrement dit, font marcher la table, en croyant simplement la suivre. Quant à l'individu, cause involontaire, inconsciente du phénomène, comme on ne conserve aucun souvenir des actes que l'on a exécutés dans l'état hypnotique, il ignore lui-même ce qu'il a fait, et il s'indigne de très-bonne foi, si on l'accuse d'avoir poussé

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