‹ Connais-toi toi-mêmeChapitre 73 sur 77 · LES MEDIUMS · texte numérisé non relu

LES MEDIUMS

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nantes.

Les ,nMiu,..s, qui, en .B61, remplacèrent >- ^*™-^-; sont é-^alement des individus que l'on place, pa. dn e.s mo ens et surtout par l'habitude, dans l'état de somnambuh.me a,l c ellèn en provoqué. En cet état, ils parlent, écrivent, réponde^ au questions qu'on leur adresse, absolument comme e» s nnambùles naturels, et comme les -'™-^"f J' ''^ "^^ ; au réveil, aucun souvenir de ce qu'ils ont pu dn-e ou pense,

rendant leur sommeil. .

•^ Ts bien entendu que ces pauvres voyants ne Pe-ent U de leur faible cervelle que les notions qn> s;y tr«u^ent, cl ce» notions sont, hélas ! bien peu de chose d'ordma.re.

On vo t que, dans cette explication phys,olo.K,ue du pheno- JLZ t'bi; tournantes et des paroles des ™Ç<1--. '^ ne nous préoccupons pas de l'hypothèse des esprU., toit d.scie ditép d'ailleurs auiourdliui. ^

ce ma prouve que les médiums puisent tout en eux-meme,, c'es q^e les prétendus esprits interrogés par un med.um s ven toul juste, et n, plus ni moins, ce que sait emedmm Demande "à un esprit de répondre à une question fade en angla,,, Tesor t .é, ondra parfaitement dans cette langue, s, le meauun oT t r langu anglaise; mais si le médium est étranger a cet idiome l'es^it se taira. Que si, au contraire, notre medun,, sait ra,"l'ais, l'esprit répondra dans l'idiome bntann.que, au orand ébahissement de l'assistance.

"nous avons souvent ri de la naïveté des gens qui demandent aux médiums des renseignements que personne ne peut savon-, Tar ëx^uple, sur le cours de la Bourse du lendemain ou sur es noms des chevaux qui doivent gagner aux courses de longc lamp. Ces naïfs consultants ignorent que l'esprit ne sait q c que le médium sait lui-même, comme la somnambule d un ■ magnétiseur ne peut rien exprimer qui dépasse le nombre et l'ordre de ses propres connaissances.

On a remarqué, de même, que les esprits reiletent toujoui» avec exactitude les opinions des médiums, ou de ceux qui les

assistent. Les esprits sont religieux et croyants dans un cercle de dévots ; ils sont mécréants dans une réunion de sceptiques.

Nous rappellerons ici la réponse la plus plaisante que l'on ait conservée en ce genre. On demandait un jour à un médium ce qu'il fallait penser de l'existence du diable. Le médium ayant pris son crayon et s'étant mis, dans les formes voulues, en rapport avec les habitants de l'autre monde, transmit aux assistants cette mirifique réponse :

« Je n'existe pas. — Signé Satan. »

Dans un cercle de médiums, on avait besoin 'de connaître la date de la septième croisade. On trouva tout simple d'évoquer saint Louis pour lui demander cette date. On se recueille donc; on évoque l'esprit du roi mort en Terre Sainte, et on lui demande la date de son embarquement à Aigues-Mortes. Mais saint Louis répond, par l'organe du médium :

« Je ne la connais pas ! »

— Il est bien extraordinaire, dit l'évocateur, que vous ne connaissiez point cette date! C'est vous qui vous êtes embarqué à Aigues-Mortes.

— Pardon, pardon, dit le spectre, il y a erreur ! Je suis, moi, saint Louis de Gonzague. On avait appelé saint Louis, je suis venu ; mais le roi Louis IX était sorti! »

Le sommeil hypnotique, c'est-à-dire le somnambulisme provoqué par la longue contemplation d'un objet, accompagnée d'une tension considérable, explique un grand nombre d'autres phénomènes qui ont paru longtemps appartenir à l'ordre surnaturel.

Dans un ouvrage publié à Londres, en 1852 : Clairvoyance naturelle et mesmérique, avec l'application du mesmérisme à la pratique de la chirurgie et de la médecine, le. docteur Esdaile faisait connaître les résultats de 261 opérations diverses exécutées sans douleur pour le patient, par un procédé qui n'est évidemment autre chose que l'hypnotisme. Parmi ces opérations figurent 200 ablations de tumeurs, provenant d'une maladie commune dans les Indes, et que l'on désigne sous le nom d'éléjjhantiasis. On sait que les tumeurs dites éléphantiasiques atteignent parfois des dimensions énormes; le poids des tumeurs enlevées par le docteur Esdaile, sous l'influence de ce qu'il appelle ïétat mesmérique, variait depuis dix jusqu'à cent livres.

L'HYPXOTIS^IE. 601

Yoici en quoi consiste le procédé suivi par le docteur Esdaile pour rendre ses malades insensibles à la douleur de l'opération.

Le patient étant couché sur un lit un peu bas, dans unechambre à demi obscure, un individu ([uelconque du service, le plus souvent un serviteur nègre, se place debout, à la tête du lit, et s'incline en avant, jusqu'à ce que son visage soit placé immédiatement au-dessus du visagô du malade. Il demeure dans cette attitude fixe pendant un quart d'heure ou une demi-heure, en faisant, par intervalles, avec les mains, des passes sur la tête ou sur la poitrine du patient. Celui-ci finit par tomber dans un état de catalepsie et d'insensibilité, qui permet de pratiquer sur lui, sans douleur, les opérations les plus longues. Le docteur Esdaile se servait aussi, pour arriver au même résultat , de ce qu'il nommait le procédé européen, qui consistait dans l'emploi des passes et manipulations diverses qui sont propres à nos magnétiseurs.

Quant on considère que le nègre indien, qui fait fonction de mesmériste, se tient incliné et immobile un long espace de temps au-dessus du visage du patient, ses yeux étant fixés sur les yeux du malade, il devient évident que l'état physiologique provoqué par ce moyen de fascination n'est autre chose que l'hypnotisme.

Un autre fait que l'on peut invoquer à propos du même sujet, c'est celui qui présentent les moines du mont Athos, qui se jettent dans de longues extases cataleptiques, prolongées par eux à volonté, en se regardant fixement la région ombilicale. On ne peut attribuer qu'à l'hypnotisme l'état extatique provoqué chez ces moines par cette singulière contemplation.

Les fakirs des Grandes-Indes tombent en catalepsie en se regardant, pendant un quart d'heure, le bout du nez. Au bout de ce temps, une flamme bleuâtre apparaît, dit-on, à l'extrémité de leur nez, et bientôt la catalepsie se manifeste. C'est évidemment grâce à l'hypnotisme que les fakirs indiens peuvent conserver un temps considérable ces attitudes et ces poses extraordinaires qui leur attirent le respect et l'admiration de la multitude.

Si l'on interrogeait les voyageurs de l'Orient, on trouverait une foule de pratiques en usage chez les peuples de ce pays pour produire l'enchantement, la fascination, et qui s'expliqueraient toutes par le phénomène dont nous parlons.

Tels sont, par exemple, les étranges spectacles dont les Béni-

Aïaoussas, tribu arabe de Constantine, rendent le public témoin, les jours de lele publique. Ils se livrent à des contorsions violentes du corps et à des mouvements désordonnés. La face est inondée de sueur, les yeux rouges et saillants, le cerveau manifestement congestionné ; l'écume sort de leur bouche. On les voit alors se percer la joue avec des armes aiguës et des fers rougis au feu, marcher sur des barres de fer rouges, avaler du verre pilé, qui ensanglante leur bouche, etc., sans manifester le moindre signe de douleur.

Dans cette étrange scène, on ne peut voir que les elTets d'un état hypnotique, provoqué par un moyen particulier.

Divers procédés de fascination propres aux sorciers égyptiens et arabes s'expliquent, comme une foule d'autres phénomènes du même ordre, par l'état hypnotique, et l'on peut dire, de la manière la plus générale, que le curieux état physiologique découvert par le docteur Braid nous rend compte de la plupart des faits prétendus merveilleux qui ont si longtemps abusé de la crédulité publique.

Déflnition de la mort. — Trois doctrines différentes sont professées pour expliquer la nature intime de l'être humain : 1° Vanimisma de Siahl, 2° le vltalisme de Bicliat, 3° le vitalisme barthézien. — Le matérialisme n'est pas une doctrine scientifique. — Appréciation de Vanimisme et rejet de ce système. — Appréciation du vitalisme de Bichat. — La doctrine des propriétés vitales de Bichat mal comprise par les physiologistes contemporains partisans de ce système. — Le système des propriétés vitales admis par Claude Bernard se réduit au quia opium facit dorm,irc de Molière. — Le vilalisme barthézieti. — Exposé de cette doctrine. — Il y a dans l'homme trois éléments : le corps, Tàme et la vie. — Distinction de ces trois éléments. — Propriétés du corps. — Caractères de la vie. — Attributs et caractère de l'âme. — Parallèle de l'âme et de la vie, d'après Barthez et Lordat. — Le fuseau vital et la parabole animique de Lordat. — Après la mort, la vie disparaît, et le corps se dissout, tandis que l'âme, impérissable et immortelle^ recommence une carrière nouvelle dans l'inQni des espaces célestes.

Bichat a défini la vie : « L'ensemble des fonctions qui résistent à la mort. » Cette définition a été fort admirée. Elle exprime, en effet, avec une grande concision, la réalité des phénomènes biologiques 5 mais elle n'a aucune importance au point de vue doctrinal, car elle ne dit nullement en quoi consiste la vie. Elle présente d'ailleurs le vice logique de comprendre dans la définition le mot, ou, si l'on veut, l'idée à définir.

Qu'est-ce donc que la murt^ au point de vue scientifique?

Pour nous, c'est la séparation de l'âme et du corps.

Pour justifier cette définition, il faut exposer l'idée doctrinale à laquelle nous nous rallions concernant la nature intime de l'être humain.

Pour expliquer la nature propre de l'homme, les physiologistes sont aujourd'hui partagés entre trois doctrines :

1° L'animisme de Stahl, que professent la plupart des médecins spiritualistes de nos jours, par exemple MM. Pidoux, Parchappe, Cayol, Sales-Girons, Bouchut, Chauffard, etc.

2° Le vitaUsme de Bichat, auquel adhérait Claude Bernard, et qui compte parmi ses partisans la grande majorité des médecins français.

3° Le vitalisme barthézien, propre à l'École de Montpellier.

On remarquera que nous ne comptons point parmi les systèmes destinés à expliquer la nature intime de l'homme, le matérialisme. En effet, le matérialisme n'est pas un système de philosophie. C'est une négation pure et simple ; c'est une manière enfantine de raisonner, car elle n'exige aucun savoir, aucune connaissance, car elle est l'apanage de l'ignorant, aussi hien que du savant. Mais en philosophie, comme dans les sciences naturelles, il ne s'agit pas de nier, il s'agit d'expliquer; et le matérialisme, qui se horne à dire que les phénomènes physiques organiques, intellectuels et moraux propres à l'homme ne tiennent qu'à son organisation et périssent avec ses organes, le matérialisme qui ne s'inquiète d'expliquer aucun des phénomènes admirables que présente l'organisation humaine, ne saurait être admis comme un système scientifique, ni philosophique. Le matérialisme ne formule aucune théorie; il se contente de dire que les lois de la matière expliquent tout. Mais comment les lois de la matière donnent-elles celle explication? Comment les lois de la matière donnent-elles la raison de la génération des êtres vivants, du développement du germe dans l'ovaire végétal, ou dans l'oviducte humain, des battements de notre cœur, des contractions de nos muscles ou du rôle des nerfs ? C'est ce qu'il ne songe pas même à rechercher. Le matérialisme n'est donc pas une doctrine scientifique.

D'ailleurs, le matérialisme, il est facile de l'établir, n'est autre chose que l'athéisme. Or l'existence de Dieu est un fait évident, qui n'a besoin d'aucune démonstration, car Dieu n'est autre chose que la cause suprême de tous les effets dont la nature étale à nos yeux le spectacle. Le matéralisme, qui s'identifie avec l'athéisme, n'est donc pas digne d'être pris en considération comme système philosophique.

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