‹ Connaissances nécessaires à un bibliophile, accompagnées de notes critiques et de documents bibliographiques recueillis et publiés (volume 4)Chapitre 3 sur 17 · IV I · texte numérisé non relu

IV I

périodiques. A chaque artiste dont les œuvres sont réputées, a succédé une école qui suivait sa tradition, perdait insensiblement la notion juste de l'enseignement primordial, s'enlisait dans une copie servile,

Fig. 2. — Diptyque en ivoire (v* siècle).

s'écartait d'autant plus de l'original que l'esthétique avait suivi une évolution nouvelle, et finissait par tomber dans la banalité absolue, jusqu'au jour où un ouvrier isolé, artiste réel et consciencieux, créait un type aussi parfait que possible, qui se rapportait en style à sa période ou à son époque. L'histoire de la reliure ancienne reste à entreprendre, et, ainsi que

l'écrivait Octave Uzanne*, « beaucoup s'y sont essayés, aucun n'a réussi à coordonner tous les éléments de cette grande monographie historique tant attendue, et qui se fera certainement attendre bien davantage encore, car la tâche est chaque jour plus ardue, et le

Fig. 3. — Diptyque en ivoire (vu* siècle).

temps n'est plus des Bénédictins patients, laborieux, opiniâtres, qui, placés au-dessus des passions humaines, l'esprit fixé sur une même question archéologique, savaient s'enfermer ou s'enfouir dans Vin pace du travail, semblant, dans leur recueillement et leur ardeur sublime, y tenir les heures en échec ».

* Cf. La reliure moderne, artistique et fantaisiste, par Octave Uzanne. Paris, Edouard Rouveyre, 1888, in-8'>, jésus.

Les matériaux employés sont nombreux; la reliure se compose des plats, du dos et des gardes. Les plats étaient, à l'origine, les diptyques, dont le nom signifie, à proprement parler, plié en deux, des tablettes d'ivoire, de buis ou d'autre matière solide, enduites de cire à l'intérieur, et dont les anciens se servaient pour écrire ; on les appelait plus communément encore pugillares*.

A diverses époques, le respect pour les livres sacrés suggéra aux fidèles l'idée de les placer sous des couvertures précieuses. Les diptyques, que le mérite du travail, aussi bien que la vénération qui s'attachait à leur haute destination, rendaient doublement précieux, se prêtaient naturellement à cet emploi : on ne se fit donc pas scrupule de les faire servir à cet usage, et c'est même à cette circonstance que nous devons la conservation du plus grand nombre; de là aussi l'origine de la qualification :

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