livre d'ivoire, appliquée à certains volumes revêtus
* Dans les manuscrits qui se déroulaient perpendiculairement l'écriture était tracée dans le sens de la largeur, et non dans celui de la longueur. Lorsque le livre était écrit, et que les différentes feuilles qui le composaient étaient collées les unes à |la suite /des autres, on fixait à l'extrémité de la dernière feuille une petite verge autour de laquelle s'enroulait le volume. CesïLatins (lui donnaient le nom Â'umbilicus (nombril), parce qu'elle' était^ placée au centre du volume enroulé comme le
Fig.4.
-Plaque en ivoire (IX* siècle).
de diptyques *, dans les anciens inventaires d'objets précieux servant au culte. Quoique destinés primitivement à un usage sacré, ces feuillets d'ivoire ne présentaient aucun emblème religieux; la fantaisie et le caprice en faisaient tous les frais de décoration. Par la suite, les plats des volumes furent de minces planchettes de bois appelés ais **. Les Annales du
nombril au milieu du corps humain. L'ombilic était souvent en os ou en ivoire, et, dans les livres de luxe, ses extrémités étaient peintes et ornées.
Les tranches se nommaient fronts (frontes), à cause de la disposition des rouleaux dans les bibliothèques; on les rognait, puis on enlevait avec de la pierre ponce les barbes qui auraient pu y rester. Elles étaient souvent peintes en couleur; celles des Tristes d'Ovide étaient noires, et par là, dit le poète, faciles à reconnaître.
Les titres étaient, en général, écrits sur des bandes de papyrus ou de parchemin, et placés sur la tranche qui sortait de l'étui.
* Millin donne, dans son Dictionnaire des beaux-arts, en 5 vol. in-8", sur les sculptures nommées diptyques, tous les renseignements qu'on peut désirer. Voir aussi ce qu'en dit M. du Sommerard dans son Art au moyen âge, t. II, p. 59, et tout le chap. XI consacré à son historique. M. Pottier, dans son texte des planches de Willemin, rappelle l'usage et la lecture des diptyques dans la primitive Église. Ouvrages cités dans la Bihliotheca anliquaria de Fabricius, in-4% p. 951-95'2 et dans les Annales de philosophie chrétienne, t. XXIII, p, 46 et suiv.,qui résument tous ceux qui ont été écrits sur cette matière.
Le Trésor de numismatique et de glyptique, volume intitulé : Recueil général de bas-reliefs, elc, a publié plusieurs diptyques des plus importants. Voir ceux des planches n» 17, p. 2, 2» classe, 10' série. Monument du vi° siècle, connu sous le nom de diptyque d'Anastase. Voir encore les planches xx, 1"^° partie, et celles XH, L, LU, lui, liv, lviii et lxiv, 2» partie.
** Ais et Ayz, petite planche, de Assula, Ascella, Aessella, Aissella, Aisil. Les ais étaient tantôt en or et en argent, tantôt en bois recouvert de plaques d'or ciselées, repoussées ou émaillées, tantôt incrustés de bas-reliefs en ivoire ou en métal, et surchargés de pierreries. On ménageait dans ces épaisses reliures la place pour mettre des reliques, des portraits, des lunettes. Quand l'un de ces ais était en cristal, le livre n'était que figuré, c'était en réalité une boite et elle contenait des reliques.
moyen âge mentionnent que, parmi les dépouilles enlevées par Bélisaire à Gélimer, se trouvaient « les livres sacrés des Évangiles, reluisants d'or et d'argent,
Fig. 5. — Reliure en or, ornée d'émaux et de pierres précieuses (x* siècle).
émaillés et ornés à profusion de toutes sortes de pierres précieuses ».
Les reliures en métal, ornées de différentes manières et qu'on appelle byzantines, sont très rarement de la même époque que les manuscrits auxquels elles peuvent
Fig. G. — Reliure en or, ornée d'émaux et de pierres précieuses XI' siècle).
Fig. 7. — Reliure, chef-d'œuvre d'orfèvrerie (xii' siècle). L'ivoire qui en forme la partie centrale, est du xr siècle.
encore se trouver attachées ; il suffît de les examiner pour se convaincre que, pour les former, on a employé
Fig. 8. — Reliure en or, ornée de pierres précieuses (xi* siècle).
des objets appartenant à des époques différentes, dûs à des artistes français et étrangers. En effet, on y rencontre souvent un mélange singulier de verre, de camées ou d'intailles antiques, d'émaux byzantins ou de
Limoges, et de bas-reliefs en ivoire ou en métal, appartenant aux époques les plus diverses et ayant les caractères artistiques les plus différents. Parfois môme, d'anciennes reliures faites primitivement pour certains volumes, ont été employées plus tard à des livres d'un
Fit
Reliure en or, ornée de pierres précieuses (xii* siècle).
plus grand format, on estampait* des bordures aux plaques fixées sur les plats.
Vers le iv« siècle, on recherchait déjà le luxe dans les reliures. « Les livres sont revêtus de pierres précieuses, s'écriait saint Jérôme, et le pauvre nu meurt à la porte
* Estampe, de stampa, estampage. Plaques d'or, d'argent et de cuivre estampées en feuilles, en lis, en bassins, etc. Cette expression se rencontre fréquemment, parce que dans la hâte des solennités religieuses, des tournois, etc., on faisait un grand usage de ces ornements, qui étaient ou cloués sur les châsses, les lutrins, les autels, les bordures de livres, ou cousus sur les vêtements et les équipements.
Fig. 10. — Reliure en argent repoussé, ciselé et gravé (xii* siècle).
Fig. 11. — Reliure en or et ivoire, ornée de pierres précieuses (xiii* siècle).
des églises ! » Dans la Notice des Dignités de r Empire (écrite vers 450), il est question de livres carrés, reliés et couverts en cuir vert, rouge, bleu ou jaune, souvent ornés de petites baguettes d'or horizontales ou disposées en losange, et décorés sur un des plats du portrait de
Fig. 12. — Agate incrustée dans une reliure.
l'empereur. Cassiodore, qui avait fait à l'usage des copistes un traité de transcription et d'orthographe, introduisit d'habiles relieurs dans son monastère de Viviers, pour lesquels il composa lui-même des recueils de dessins variés destinés à servir de modèles.
L'agate que nous reproduisons, était incrustée dans la couverture d'un magnifique manuscrit des Évangiles, en lettres d'or, et qui avait été donné au célèbre
monastère de Saint-Maximin de Trêves par la pieuse Ada, fille de Pépin le Bref. On suppose qu'elle représente Ada, son frère Charlemagne, et trois enfants de leur famille
Les nielles servirent aussi à la décoration des reliures; le plus ancien manuscrit de la bibliothèque de Sienne est un Évangéliaire grec qui date du ix^ siècle, et dont la reliure en est ornée : il appartint d'abord à la chapelle impériale de Constantinople, fut vendu à Venise lors de la chute de l'empire grec, et acheté par des agents du grand hôpital de Sienne, d'où il passa à la bibliothèque de cette ville. Après la découverte de l'imprimerie, on employa simultanément le bois et le carton; le premier fut définitivement abandonné à l'origine du xvii^ siècle. Les plats étaient recouverts d'étoffes précieuses ou de cuir; le velours, la soie, le gros de Naples, le satin étaient réservés aux livres de luxe.
Les peaux de la plupart des animaux ont été essayées tour à tour pour la reliure ; l'excentricité et la singularité ont fait employer, pour certains livres, des cuirs peu communs, tels que ceux de crocodiles, de phoques, de serpent, et môme de la peau humaine*.
D'après le Mémorial de la Librairie française, un libraire de Paris aurait vendu récemment deux volumes assez curieux d'Eugène Sue : Les mystères de Paris, édition de 1854; le catalogue portait cette annonce,
* Le bibliophile anglais Dibdin mentionne qu'un amateur fit relier en peau de cerf un Traité sur la chasse; qu'un autre fit couvrir d'une peau de renard YHistoire de Jacques II, par Fox {fox, en français, renard); et que le docteur Asken, célèbre comme bibliophile et comme médecin, avait un livre relié en peau humaine. La bibhothèque royale de Dresde possède, parmi ses manuscrits, un calendrier mexicain sur peau humaine.
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Fig. 15. — Reliure en cuivre champlevé, émail de Limoges, et filigrane d'argent doré (xin* siècle).
Fig. 14.' — Reliure en vermeil repoussé et filigrane (fin du xv siècle).
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE HUITIÈME. 17 au moins originale : « Fort belle reliure exécutée avec un morceau de peau humaine. » Une note sur la garde est ainsi conçue : « Cette reliure provient de la peau d'une femme et a été travaillée par Albéric Pontville, 1874, qui atteste que cette reliure est bien en peau humaine. »
L'exemplaire, à première vue, ne présente rien de spécial, on le croirait relié en maroquin du Levant; le grain est beaucoup plus fin, la peau plus lisse au toucher, et cependant la peau humaine donnerait « un cuir très solide, épais et grené ». Les ouvrages reliés en peau humaine ne sont pas très rares et existent réellement, quoiqu'on l'ait nié. Dans le Catalogue de la Bibliothèque de M. L.Weydt (Bruxelles, Olivier, 1879), nous avons relevé la mention suivante sous le n<'2414 : Opuscules philosophiques et littéraires, par MM. Suard et Bourdet de Vauxcelles; Paris, Thevet, in-8". « Exemplaire relié en peau humaine, comme l'affirme une note collée sur la garde. » Cette note porte les mentions de la provenance, du prix de la reliure et le nom du relieur. Dans son Journal*, Edmond de Concourt écrit que des internes avaient été renvoyés de Clamart, pour avoir livré de la peau de femme à un relieur du faubourg Saint-Honoré, dont la spécialité était d'en faire des reliures de livres.
Un négociant de Cincinnati possède deux livres reliés l'un avec une peau de négresse, l'autre avec une peau de Chinoise.
Enfin, M. Jules Claretie a relaté qu'il existe, au musée d'histoire naturelle de Nantes, une peau d'homme, avec
Cf. Journal des Concourt. Paris, Eugène Fasquelle, 1895-1896, 9 volumes, in-18 jésus.
bras et jambes, tannée, provenant d'un soldat tué en défendant la ville contre les chouans. Ce soldat avait demandé que de sa peau on fît un tambour pour conduire encore ses compagnons au combat. Le vœu de ce patriote ne fut pas exaucé, ou ne le fut qu'à moitié. L'inscription du Musée porte : « Peau d'homme
Fig. to. — Tambour fait avec la peau de Jean de Troczow*.
préparée, appartenant à un mihtaire tué le 29 juin 1795, en défendant la ville de Nantes. »
Revenons à la peau des animaux employés pour la reliure des livres. On rencontre un peu, dans toutes les bibliothèques, des livres recouverts de peaux de cerfs et de daims, de basane écrue ou travaillée (peau
* Jean de Troczow était né, en 1580, au bourg de Troczow, en Bohême. Dans sa première jeunesse, ayant perdu un œil en jouant avec des enfants, on lui donna le surnom de Ziska, qui en bohémien signifie borgne. Les dernières volontés que l'on prête à Ziska sont extraordinaires. Il ordonna, dit-on, que son cadavre fût laissé en plein champ, aimant mieux être mangé par
Fig. 16. — Reliure en cuir ciselé, avec coins et ombilic en métal (xv* siècle).
Fig. 17. — Reliure en cuir dont la surface est traitée au plâtre il la façon des reliures vénitiennes (xv* siècle).
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE HUITIÈME. 21 de mouton), de veau ou de vache, entières ou sciées, de peau de truie blanche ou tannée, de parchemin, et enfin de cuir empreint, marqueté, martelé, tympané*. gaufré et ciselé.
Pendant la période romane et au moyen âge, nous voyons la préoccupation des scribes pour se procurer les peaux nécessaires à recouvrir leurs livres. Charlemagne accorda au prieur de Saint-Bertin l'autorisation de se procurer, par la chasse, les peaux nécessaires pour relier ses livres.
Guibert de Nogent rapporte, au chapitre II du livre i de sa Vie,
des oiseaux de proie que par des vers, et prescrivit qu'on fabriquât un tambour de sa peau, voulant encore faire fuir ses ennemis après sa mort. Quoi qu'il en soit de cette tradition, il est constant qu'un tambour fait avec une peau humaine, que l'on prétendait être celle de Ziska, fut, au siècle dernier, transporté de Bohême à Berlin. C'est ce qui résulte d'une correspondance de Voltaire avec le grand Frédéric.
* Nous consignons, à titre de renseignement, une opinion de M. Vallet-Viri- pig. 18. ville sur la lijmpanuve des livres; ce mot Reliure à queue lui parait s'appliquer aux ornements ou avec fermoirs et coins lettres que l'on marquait sur la couver- l-^'^' siècle). ture des livres par l'opération du gaufrage, et il signale cette opération comme un des éléments de l'invention de l'imprimerie. Mais, comme on le fait observer, l'art de produire des inscriptions par la voie d'impression n'a-t-il pas été connu de tout temps ?
Sous Louis XIV, d'après une note de M. Ludovic Lalanne, l'orientaliste Petis de la Croix fut charg d'acheter, en Afrique,
qu'après une visite faite aux chartreux de Grenoble par Guillaume, comte de Nevers, ce seigneur leur envoya des peaux de vaches pour couvrir leurs manuscrits.
l'J à iù. — Reliure en parchemin provenant d'un manuscrit liébraïque, avec agrafe et chaîne (xiv* siècle).
Reliures à queue (xv* siècle). — Boîtes en cuir et en fer pour contenir des manuscrits (xv* siècle).
A dater du xni« siècle les étoffes employées le plus
douze cents peaux de maroquin, destinées à la reliure des livres de la bibliothèque royale; ces achats durent se renouveler souvent. Louis XIV, dans ses guerres avec les puissances barbaresques, leur imposa, comme une des conditions de paix, la fourniture d'un certain nombre de peaux de cette nature. Aussi est-il à remarquer que les livres de cette époque, conservés à la Bibliothèque nationale, sont, pour la plupart, reliés en maroquin.
ordinairement, pour recouvrir les livres de luxe, furent le velours (appelé veluiau, veluel), les étoffes (draps) de soie, de damas, de salin de différentes couleurs (baudequin), souvent semées de fleurs ou brodées en or, et
i j^;. 2i à i)0. — Coius et ombilics (clous de milieu) (xv' siècle).
quelquefois garnies d'un très grand nombre de perles. Les couvertures de livres étaient fixées sur les ais, comme l'étoffe des reliures, seulement elles offraient, par l'appendice ou la queue, qui dépassait du double le format du livre, le moyen de le porter suspendu à la
2 (à CONNAISSANCES NÉCESSAIRES
ceinture, ainsi qu'on le voit dans plusieurs tableaux du XV'' siècle. L'inventaire de la bibliothèque des ducs de Bourgogne mentionne: « Ung autre livre en parchemin couvert de baudequin*, intitulé au dehors : Le Livre de rAppocalisppe; commençant au troisième feuillet, Et des sept esprits, et au dernier, mièles choses » .
Le cuir blanc ou vermeil n'était pas moins fréquemment employé que la soie. Les reliures étaient en outre souvent garnies de clous ou de plaques (platines) d'or, de vermeil, d'argent ou de cuivre doré, et de fermoirs (appelés fermoyers, fermaux^ fer^ mouers.aic), dont le nombre variait depuis un jusqu'à quatre, et qui étaient en or, en vermeil, en argent, en cuivre, ou simplement en fer. On les remplaçait souvent par de simples agrafes ** {mordants)
* Étoffe en fils d'or et de soie, inventée par les brodeurs de Baldach ou Bagdad, dont elle conserve le nom; les dais ou baldaquins de l'Église romaine, confectionnés avec ce tissu, en reçurent la dénomination; l'orthographe varie fréquemment, on Wi baldakin. haldequin, baldelun, bandekin, baldetrin, baldic, baudequin, bauldequin, belkin, etc.
Les étoffes d'origine orientale sont nombreuses; nous conservons encore le damas, le satin turc, le camelot, etc. Roger, roi de Sicile, en 1145, fit venir des tisserands d'Athènes et de Corinthe, dont l'industrie passa en France au xii' siècle (Histoire littéraire de la France, tome IX).
** Les agrafes qui fermaient les livres manuscrits, le parchemin, exigeant une pression assez forte entre les ais de bois de la reliure, étaient des fermoirs.
Quand le manuscrit n'était pas relié et restait en cahier, non lyé, il se fermait avec des lanières. Quand il était relié, il se fermait de deux manières différentes, ou avec des courroies qui, cousues d'un côté de la reliure et se terminant à l'extrémité par un morceau de métal troué, venaient se fixer sur un bouton qui formait saillie sur l'ais opposé, ou avec des fermoirs de métal, à charnières, dont nous faisons encore usage, et qui sont d'une pratique moins ancienne; on les appelait aussi, dïgis ce cas, des crochets.
Fig. 51. — Reliure en cuir ciselé, avec coins et fermoirs en métal (xv siècle).
Fig. 52. — Reliure en cuir avec coins et ombilic en métal (fin du xv° siècle).
qui s'attachaient à des boutons {pippes)* de métal placés sur la couverture. Pour protéger les riches reliures, on avait soin de les recouvrir d'enveloppes en cuir, en soie ou en étoffe commune. Quelquefois ces enveloppes étaient elles-mêmes ornées de perles et de broderies. De plus, les livres précieux étaient enfermés dans des coffres incrustés d'or, d'argent et des pierres précieuses.
Si, dans la reliure ordinaire, on se contentait de recouvrir les ais de cuir sur lequel étaient appliqués des coins et des clous à tête en saillie, avec des fermoirs massifs et plus ou moins ornementés, le tout en fer et en cuivre, dans les reliures de luxe, celles destinées aux souverains et aux puissants seigneurs, l'or massif, l'argent, les pierreries, recouvraient les velours ou les cuirs gaufrés des ais.
Le carton ayant été substitué au bois, les métaux appliqués en plaques disparurent aussi, le cuir reçut une gaufrure, tantôt avant d'être collé sur les plats, tantôt après; l'or ne s'employa qu'en feuilles minces, fixé par une colle très fluide et maintenu sur les plats par des fers ornés, dont l'empreinte restait gravée en or. Ce sont les Arabes, dit-on, qui ont produit les premières reliures en cuir d'empreintes dorées ou argentées, reliures auxquelles on avait donné le nom d'aise (ailes), par allusion à leur brillant et leur grande légèreté.
* La pippe est une tige de métal ou bien une pierre, même un rubis, aussi long que l'épaisseur du volume, et auquel s'attachent les sinets ou signaux. On l'orna de ciselures, d'émail et de pierres précieuses, et l'usage s'en est conservé pour les livres d'église jusqu'à nos jours, en prenant quelquefois le nom de registre, de tuyau à tourner les feuillets et de pençoir.
Les reliures peintes durent, à une particularité assez
curieuse à relater, leur grande vogue dès le milieu du
xui*^ à la fin du xvi® siècle
« Les plus anciens registres de la Bicchema et de .la
Gabella, écrivait M. Luigi Mussini dans son étude
:ffl]If(i>fgs«|
riv, ej
Fig. 55. — Hugues, moine de San Galgano, Camarlingo, 1257.
Couverture peinte d'un livre de « Biccherna » et « Gabella ».
Archives de Sienne.
sur les Couvertures des livres de la République de Sienne, formant d'épais volumes, étaient reliés au moyen de deux tablettes laissant le dos à découvert. Cette couverture en bois, à peine dégrossie, dénuée de tout ornement, déplut bientôt à des citoyens qui étaient en train de doter leur ville de monuments empreints du plus fin sentiment de l'art, et dès la moitié du xni'^ siècle, nous
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, Fig. M. — Le couronnement de Pie II, 1460.
Ecole (le Giovanni di Paolo. Couverture peinte d'un livre de « Biccherna et « Gabella •. Archives de Sienne.
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