COLOMBIER
dimension exacte d'une page au format désiré.
d'un in-8° Raisin : Suivre la colonne horizontale marquée In-octavo mesure 16.25x25.00 qui s'y trouve donne la dimension cherchée, composée de 500 feuilles, lesquelles sont établies par mains ou
Par l'examen du tableau qui précède on remarquera que les formats offrent do très grandes différences selon le papier employé, et que les mesures sont pour un volume de même format, l'in-8° par exemple :
En couronne 11.75x18.50
En écu 13.00x20.00
En carré (Format du présent volume) . 14.00 X 22.50
En cavalier 15.50x23.00
En raisin 16.25x25.00
En jésus 17.50x27.50
En grand jésus 19.00x28.00
En soleil 20.00x30. 00
En colombier 22.50x31.50
et ainsi de suite pour tous les autres. L'importance d'ajouter le nom du papier employé à la désignation du format est indiscutable, jusqu'à ce que l'on ait adopté l'usage d'indiquer les mesures d'un volume.
FORMATS MICROSCOPIQll>
A toute époque on a publié des ouvrages en très petits formats, ainsi que des éditions miniatures, diamants et microscopiques, où le terme s'applique généralement au caractère employé. Sans en discuter ici l'utilité, nous pensons qu'il y a quelque intérêt pour les amateurs, de passer en revue ces curiosités et ces bijoux bibliographiques, qui font plaisir aux amateurs de Vafi typographique. Le format des livres microscopiques, en raison du procédé d'impression, est quelquefois difficile à désigner. Ces livres sont généralement tirés en ln-64 ou en in-128, mais on a pris L'habitude de les définir d'après leur hauteur et leur largeur. On dit : Ce Kn
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIEME. 59 55mm x i85 p0ur dire qu'il y a 55 millimètres en hauteur sur 18 millimètres en largeur.
La très curieuse collection de M. Georges Salomon, dont M. Gaston Tissandier a donné un compte rendu dans La Nature, est ce qu'il y a déplus original en ce genre*.
Nous y avons relevé les titres des livres suivants :
La Constitution française , Paris , imprimerie de la Société littéraire typographique de T Estrapade, 1792 (41mm X 29).
Ètrennes françaises ou la Charte
Fig. 58 à 61. — Le plus petit livre connu.
Son aspect grandeur d'exécution.
Le môme posé sur un timbre poste.
Le même représenté ouvert.
constitutionnelle, Paris, E. Jourdan, 1821 (54mm x 50).
Catechismus, Allemagne, 1611 (42rani x 25).
Catechismus Handlung, Nurnberg, 1666 (51mm X 5i).
Le Réveil de rame, Annecy, 1784 (41 mm x 29).
London Almanack, printed for the company stationers (55mm x 28).
The English Bijou Almanack, London ? (14mm X 10).
Ce goût des livres lilliputiens existait au commencement du xvne siècle, comme on le voit par la citation
* Notre confrère, M. E. Flammarion, un des éditeurs auxquels la librairie française est en grande partie redevable de sa renommée et de son extension, a publié une Bibliothèque miniature, reproductions microscopiques d'éditions de luxe, et dont l'exécution est parfaite. MM. Pairault et Cie, éditeurs, ont publié quelques livres minuscules, imprimés en caractères mobiles, mesurant 0,038x0,028, et pesant 5 grammes.
du Catechismus. Les Aphorismes d'Hippocrate furent aussi imprimés dans un format minuscule (4iV,,m x 50) à Anvers, chez Plantin, en 1617*.
Au mois de février 1852, on annonça à Londres, en opposition avec les éditions minuscules ou en carac* tères microscopiques, l'apparition d'un livre d'un format et de caractères gigantesques. Plusieurs journaux en publièrent la réclame suivante :
« Livre d'une dimension gigantesque. Le livre de la plus grande dimension qui ait été mis sous presse paraîtra en 1852 à Londres. Il aura pour titre Panthéon des Héros anglais. Chaque page aura quatre toises de hauteur et deux de largeur, et les lettres auront la dimension d'un demi-pied. Il a fallu confectionner une mécanique exprès pour la fabrication du papier. L'impression de cette œuvre gigantesque se fait au moyen d'une machine à vapeur; et au lieu d'encre noire, on emploie un vernis d'or. Il n'en sera tiré que cent exemplaires qui ne sont destinés qu'aux principales bibliothèques d'Angleterre. »
D'après l'inventaire de la bibliothèque des ducs de Bourgogne, on voit que la plupart des livres étaient in-folio. Les bréviaires, les livres d'heures et d'oraisons devaient être in-4° ou in-8°. Quant à ceux qui sont
* Douze volumes, minuscules gravés. Calendrier de totales suints, illustré par Michel fils .-une, gravé par Lechàrd, font partie «1rs collections de M V Vallerant Ces volumes qui mesurent 18mmx 12n,m; ont dû être imprimés vers le milieu de ce siècle, nous les croyons d'une grande rareté. Lee gravures tes composant sont collées dos à dos et montées sur onglet. Chaque volume contient un mois de l'année el es! relié en chagrin, avec fleur Àe lys à chaque angle du premier plat Les douze mois sont renfermes dans un étui divisé en douze <
Fig. 62 à 75. — Minuscules français reproduits en vraie grandeur. Les plus petits livres du monde représentés en vraie grandeur.
Chemin de la croix figuré ouvert.
Couvertures d'argent du Chemin de la croix et d'un Paroissien.
Fig. 7»; à 89. — Minuscules allemands. — Minuscules anglais.
AJmanach allemand <!<• 1881 arec lithographies de Senefelder.
Almanacli minuscule allemand <i«- isis. avec s«>n étal.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE DEUXIÈME. 63 désignés seulement sous le titre de Un petit livre, il est probable qu'ils étaient petit in-8° ou in-12.
Au xvie siècle, dans le principe, on regardait avec mépris les livres d'un petit format. « Scaliger, dit Baillet, raille Drusius pour la petitesse de ses livres; et J. Morel, l'un des plus grands imprimeurs de son temps, se plaignait au savant Puteanus, rival de Juste Lipse, que ses livres étaient trop petits pour la vente, et que les chalands n'en voulaient pas. »
Au collège d'Edimbourg, on commença à imprimer les Thèses philosophiques en 1596; elles avaient d'abord le format in-8°; en 1612, elles passèrent à l'in-4°; en 1641, elles devinrent grand in-folio. Ce dernier format était encore adopté pour les thèses soutenues dans les Facultés de Paris au xviir3 siècle. On connaît les prouesses du chanoine Fabri, que Boileau, au chant v du Lutrin, nous représente terrassant ses adversaires au moyen d'un vieil Infortial. Nous ne savons pas si le poète avait eu l'intention de faire allusion à l'exploit d'un professeur de droit, Christophe de Longueil, qui avait terrassé ses élèves sous le poids de trois énormes volumes de Ylnfortiat.
Sous Louis XIV, le commerce clandestin des livres se faisait sur une grande échelle, et pour mieux en favoriser l'introduction en France, on perfectionna le genre des petits formats, faciles à dérober aux regards des argus guettant leur passage aux frontières, ou faciles à dissimuler par le lecteur, craignant d'être surpris dans sa lecture, nouveau fruit défendu. La décadence des grands formats et des formats gigantesques commença; les volumes grand in-folio furent
détrônés. Un format mixte s'interposa : l'in-quarto fut la livrée artistique des beaux ouvrages publiés depuis en France. Au xvinc siècle, le format in-4° était adopté pour les poésies en Hollande, où il est remplacé aujourd'hui par l'in-8°. Depuis quelques années, on a essayé de presque tous les formats, mais c'est l'in-8°, auquel on revient de préférence.
A la Bibliothèque de Stuttgard, se trouve un manuscrit d'une grandeur extraordinaire et d'une proportion telle que le vélin sur lequel il est écrit ne peut être que de peau d'âne : il est composé de 40 cahiers de quatre feuilles chacun; les deux feuillets de chaque feuille étant d'une seule pièce, cela fait huit feuillets, par conséquent 16 pages, et en tout 640 pages*.
En ce qui concerne les petits formats Cazin, nous ne pouvons mieux faire que de signaler les intéressants travaux de M. Corroènne, le bibliographe des petits formats Cazin, que nous avons publiés**.