‹ Connaissances nécessaires à un bibliophile, accompagnées de notes critiques et de documents bibliographiques recueillis et publiésChapitre 21 sur 58 · il · texte numérisé non relu

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Fig. %bis. — Impression microscopique (Caractères mobiles). Fables de J. de La FonttÀ Reproduction de l'original par la photogravure.

mais sur la hauteur ordinaire des caractères de 62 points i/2. A cette époque, le corps de 11 points était une espèce d'unité de mesure typographique, comme l'est aujourd'hui le corps de 12 points.

Le La Fontaine est composé plein (il a été composé par M. J. Lecerf, alors employé dans la fonderie Laurent et Deberny et, par la suite, maître imprimeur à Rouen) ; le Gresset est interligné de 1/4 de point.

Les deux caractères qui précèdent, gravés par H. Didot et Ramé, sont la propriété de MM. Deberny et Cie.

Le bibliographe-libraire Edwin Tross publiait, il y a quelques années, une édition : De lmitatione Christi, Libri Quatuor. Paris, 1858. Impressum typis Guiraudet et Jouaust, à Paris, avec frontispice Salvator mundi, gravé sur bois. Titre et 155 pages (38 lignes par page, hauteur 47mm, largeur 50mm).

Une impression microscopique remarquable a été faite par l'Oxford-Presse, en 1876 : The Holy Bible, containing the old and new Testaments : translated out of the Original Tongues and with the former translations diligently compared and revised. By His Majesty spécial command. Appointed to be read in churches. Oxford Printed at the university Press (N° 26 diamant, 24m0). Chaque page 2 col. de 70 lignes, hauteur 116mm, largeur 55mm, et épaisseur du vol. relié 15mm. Le volume pèse 95 grammes.

Parmi les produits typographiques qui figuraient en 1878 à l'Exposition universelle de Paris, la section italienne comprenait une édition de La Divina Comedia di Dante qui est, sous le rapport du format et du caractère typographique, un des plus petits livres ii 10

du monde; il n'est guère plus grand qu'une breloque de montre, et on ne peut le lire qu'en employant la loupe.

Déjà, à une exposition antérieure, quelques journaux mentionnaient qu'une fonderie ou imprimerie de Madrid exposerait une édition complète du Don Quichotte de Cervantes, formant trois volumes de l'épaisseur de trois cahiers de papier à cigarettes; nous n'avons pu découvrir cette édition.

Ce cas toutefois ne s'est pas présenté pour le Dantino cité plus haut; cette œuvre lilliputienne, qui n'a que le quart de la grandeur de l'édition Diamant de Barbera, éditeur à Florence, a été éditée par G. Gnocchi, à Milan, et imprimée par MM. Salmin frères à Padoue.

Dans sa lettre imprimée*, M. Liugi Salmin réclame pour la ville de Padoue la priorité de l'impression des éditions du Dante en caractères microscopiques. M. le Dr Scartazzini a publié, à ce sujet, dans la Gazette aVAugsbourg, un travail auquel nous empruntons quelques détails.

« Le caractère fut gravé en 1854 par Antonio Farina, qui lui donna le nom « L'ochio di mosca ». La fonderie Corbetta, à Milan, acheta les poinçons et le sieur Giacomo Gnocchi en commanda une fonte. La composition a été recommencée à plusieurs reprises, mais aucun compositeur ni correcteur ne put résistera la fatigue; presque tous furent affectés d'une maladie de- yeux après y avoir travaillé. Les caractrivs voyagèrent pendant plus de vingt ans, d'une imprimerie à L'autre, sans pouvoir arriver à un résultat d'exécution. Après la mort du sieur G. Gnocchi, son lils Giovanni * Il Dantino. Rivcndichiamoinostri «liritti. I\nlt»v;i. 7 i

reprit le projet, et fit, le 1er mars 1875, un traité avec les frères Salmin, imprimeurs à Padoue, pour l'impression de cette édition. L'impression dura cinq ans, ce qui prouve les énormes difficultés auxquelles on se heurtait. Le sieur Giuseppe Geche s'était chargé de la composition, il s'est attiré également une maladie des yeux; le sieur Luigi Busato en fut correcteur et le sieur Luigi Baldan, l'imprimeur. Les caractères ont été anéantis après le tirage, qui a été fait à 1000 exemplaires*. »

Comme étant la plus petite édition de Dante connue jusqu'alors, M. Scartazzini cite celle de Londres, en 2 volumes de 574 pages, parue en 1822-1825. Hauteur 8 centimètres; largeur 4 centimètres 1/2. Chaque page contient 52 versets. La lettre de Galilée : Galilco a madama Cristina di Lorena, 1615, composée en caractères microscopiques, mesure 10 millimètres sur 6,

* En comparant entre eux les caractères microscopiques, gravés par Henri Didot, par Laurent et Deberny et par Antonio Farina, on reconnaît :

4° Que l'œil du Dantino est le plus petit des trois, quant au bas de casse;

2° Que l'œil du La Rochefoucauld et autres est plus petit que l'œil du La Fontaine, quant au bas de casse :

3° Que les capitales sont de la même dimension dans les trois types ;

4° Que la fonte du Dantino étant d'un corps plus fort que la fonte des autres livres, tandis que l'œil de la lettre est plus petit, le texte paraît fortement interligné, quoique plein.

Nous négligeons, bien entendu, la question du format, dont la notice italienne sur le Dantino se préoccupe : le format d'un livre peut être d'une exiguïté excessive, sans que le caractère soit petit.

Le principal mérite de l'exécution de ces petits caractères appartient aux graveurs, et leur travail est d'autant mieux apprécié que les fondeurs ont mis plus de soin à la fonte d'aussi petites lettres.

contient 9 lignes et environ 95 à 100 lettres. Ainsi que le Dantino, elle a été éditée par G. Gnocchi et sort des presses des frères Salmin à Padoue.

Un ouvrage pratique rentrant, sous tous les rapports, dans la catégorie des éditions en miniature, c'est : Le vrai Dictionnaire de poche (français-anglais et anglaisfrançais), avec les deux parties imprimées sur la môme page. De nombreux conseils de prononciation et de tableaux comparatifs des mesures et des monnaies, par John Bellows (de Glocester). Revu et corrigé par Aug. et Alex. Beljame et John Sibree. Printed by John Bellows, steam Press, Gloucester, from types eut specially for the work by Miller et Richard, typefounders to the Queen, Edinburgh, 1875. 6 feuilles, xvi et 548 pp.

Imprimé à 2 colonnes avec encadrement rouge; hauteur de la composition, 99 millimètres, largeur 59 millimètres. L'impression de cette édition a duré huit ans ; une nouvelle édition vient de paraître dans un format un peu agrandi et dans laquelle on a espacé un peu la composition, les pages sont presque de 1 centimètre plus hautes et de 5 millimètres plus larges.

La photogravure donne aujourd'hui le moyen d'agrandir ou de réduire à volonté les caractères; de sorte qu'on peut obtenir, par ce moyen, des éditions microscopiques du type le plus menu qu'il soit possible. Pendant l'Exposition de 1889, à Paris, M. C. Motteroz a imprimé, à la machine, deux Guides Conti en format in-Gi. L'un d'eux, Paris-Di'nnant, est une composition typographique en A et en 5, avec quelques pagephotogravure; l'autre, l'Exposition en miniature, est

la réduction, toute en photogravure, d'un volume in-18 carré en in-64 raisin. Sans doute un livre obtenu par ce procédé mécanique n'aura jamais la valeur d'une composition typographique originale, qui se recommande par la difficulté vaincue; mais il lui faut reconnaître un mérite, bien précieux à notre époque, celui d'être accessible à toutes les bourses.

En Angleterre, outre les éditions de Pickering que nous avons citées précédemment, on a aussi publié des éditions de la Bible et de quelques auteurs classiques en caractères extrêmement fins. La plus ancienne édition des Primer or Prymer, en petits caractères, est celle que cite Lowndes sous ce titre : The Prymer of Salysbury use, Paris, 1490, in-64, with the fifteen Oo's and other prayers in english *.

Quelques Bibles anglaises, in-24 et in-52, exécutées avec des types très fins et très nets, sont mentionnées par J.-Ch. Brunet dans son Manuel du libraire.

Ajoutons que, pour la Grande-Bretagne, le Shakespeare a été le prototype des Éditions Diamant et Microscopiques .

Le plus petit journal du monde est le Little Standard, de Torquay (Angleterre). Il mesure 75 millimètres de large sur un peu moins de hauteur. Il est écrit, imprimé, par M. H. Tockelt, sous les auspices du Dexon

* Cf. Lowndes (W. T.). — The Bibliographers' Manual of English Literature, containing an account of rare, curious, and useful books, published in, or relating to, Great Britain and Ireland, from the invention of printing; with bibliographical and critical notices, collations of the rarer articles, and the priées at which they hâve been sold. New édition, with an appendix relating to the books of literary and scientific societies by H. G. Bohn. London, 1857-1864. 15 parts in 0 vols. 8vo.

County Standard, dont il est l'abroge. On ne peut le

lire qu'à la loupe*.

Après nous être occupé des impressions microscopiques, nous allons donner quelques notes sur la micrographie.

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