XV. V. Quindecim-vir
Xp. Christus.
Xpiani. Christiani.
Xposor.9 Chrislophorus .
Nous ajouterons, à cette nomenclature, un exemple d'autres abréviations latines* tirées des trois premières lignes d'un monument de l'église de Saint-Martin de Tours (1575). Dans les soixante-quatorze mots qui composent ces trois lignes, il n'y en a que treize qui sont écrits tout au long, dont la moitié est composée de monosyllabes; tout le reste est en abrégé.
In noie. dm. am. anno incarnatois.9 eidem. In nomine Domini amen anno incamationis ejusdem
dmj. m.0 ccc lxx v
Domini millesimo trecentesimo septuagesimo quintu
ind. x iij die xx j. mes.
indictione decimâ tertiâ die vigesimâ prima mensis
api. horâ ipsi.9 diei cca. tciam. pont.
aprilis, horâ ipsius diei circa terliam; ponlipcah(<
S. in x° P. et d. n. dni.
sanctissimi in C/iristo patris et Domini noslri Dumini
* Un éditeur italien, bien connu par son érudition, M. Ulrico Hoepli, vient de publier dans sa collection de manuel-
/,;,, ,// abbreviature latine cl itoUanêt dû au savant archiviste M. Adriano Cappelli. et illustré de 13000 reproductions documentaires.
Gre. di. P. ppe. xj. anno qnto.
Gregorii divinâ Providentiel papœ undecimi anno quinto
in captlo. ecc.e Tur.s plibs. can.cis
in capilulo ecclesiœ Turonensis, pluribus canonicis
ipi.s ecclie. xmo qi. os. can.ci tue. i. Tur. ipsius ecclesiœ; ymo qui omnes canonici lune in Turone
resid. plit.a in ipo. cap.0 ad sonu. capan. residebant plur aliter in ipso capituîo ad sonum campanœ
p. ut mor. est ad capit.m facien. cgegatx. pro ut rnoris est ad capilulum faciendum congregati,
vid. Dns. jo.
videlicet Dominus Johannes.... etc.
D'autres abréviations ont été très usitées, dans les bulles et autres actes émanés de la chancellerie romaine, depuis le xve jusqu'au xixe siècle*, nous allons en donner l'explication :
Air. als. auct. cen. effus. exit.
Aliter, alias, auctoritate. censuris. effectus. existit.
fres. frum. gnli. infraptum. intropta.
fratres. fratrum. generali. infra scriptum. intro scripta.
lia. lise. litè. mir. ordio pp.
licentiâ. litterœ. licite, misericorditer. ordinario. papa.
* Ce qui augmente la difficulté des écritures romaines, c'est que les secrétaires de la chancellerie sont dans l'usage de ne marquer l'abréviation d'aucun signe ou trait qui fasse soupçonner que le mot est abrévié; en sorte que ces écritures, plus que barbares, demandent une étude particulière, fondée sur d'autres principes que ceux de l'étude du gothique ordinaire.
pr. pontus. ptus. pntium. pror.
paler. pontificatus. prœdiclus. prœsentium. procurator. prœfatits.
qmlibet. tm. thia. tli.
quornodolibet. tantum. theologia. tituli.
tamen.
En outre des notes qui précèdent, et que M. Gustave Brunet nous avait communiquées, Gabriel Peignot, dans son Dictionnaire raisonné de bibliologie, a donné des renseignements intéressants sur les espèces de signes sténographiques, par le moyen desquels les Latins écrivaient d'une manière très rapide et trè< abrégée. « Chaque note était ordinairement composée de deux ou de plusieurs lettres qui, réunies dans un seul signe, et ne ressemblant à aucune des lettres qui le composaient, exprimaient un mot, et même quelquefois plusieurs mots. Rien de plus difficile à déchiffrer que les notes tironiennes, soit parce que des traits semblables signifient des lettres différentes, soit parce qu'un point, placé d'une façon ou d'une autre, change entièrement la nature des mots; par exemple, la Note de Tiron figurée par un U et un B, dépourvu de son jambage droit, lequel B est attaché dans l'intérieur de PU au jambage à gauche, cette note, dis-je, signifie vobis; en plaçant un point au haut du côté droit de la note, elle signifie vobis videntibus; le point mis au côté gauche BUT le premier jambage, marque vobis audientibttë] au milieu, du côté droit, il signifie vobis prœ&entibus; au milieu, du côté gauche, vobis absentibits; sur le milieu de la noie, vobis superius ; sous la note, vobis inferhts. Il se trouve
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 133 aussi des enclaves dans les notes de Tiron, connues dans les anciennes écritures; dès lors une lettre presque défigurée ou tronquée emporte quelquefois avec elle d'autres lettres précédentes ou subséquentes; il arrive aussi que la première ou même les premières lettres d'un mot se trouvent souvent transposées dans le corps du mot, pour la facilité des conjonctions. Ces difficultés, qu'il est impossible de surmonter, rendront toujours les recherches sur les Notes de Tiron, sinon infructueuses, du moins incomplètes. L'alphabet tironien de dom Carpentier est un très bel ouvrage ; mais il est insuffisant, parce qu'il lui a été impossible de le compléter, et que l'explication des notes qu'il rapporte ne peut servir à rien pour l'explication de celles qui ne se trouvent pas dans son alphabet. Selon saint Isidore, c'est Ennius qui inventa, le premier, onze cents notes ; Tiron, affranchi de Cicéron, en inventa un plus grand nombre, et régla le premier comment les écrivains en notes devaient se partager, et quel ordre ils devaient observer pour écrire les discours qu'on prononçait en public. Persannius fut le troisième inventeur dénotes, mais seulement de celles qui exprimaient les prépositions. Philargirus et Aquila, affranchi de Mécène, en augmentèrent le nombre ; Sénèque en ajouta d'autres ; en sorte qu'il en forma un recueil en ordre de cinq mille. Saint Cyprien mit en notes les expressions particulières aux chrétiens. Si l'on en croit Diogène Laerce, l'invention des notes tironiennes doit être attribuée aux Grecs ; il atteste que Xénophon fut le premier des Grecs qui s'en soit servi, s'il n'en est pas lui-même l'inventeur. Cicéron est le premier qui
en ait fait usage à Rome, lorsque Calon prononça son discours pour combattre l'avis de Jules César au sujet de la conjuration de Catilina. Cicéron, alors consul, posta, en divers endroits du Sénat, des notaires, c'est-à-dire, des écrivains en notes*, pour copier la harangue. Suétone dit que Tibère écrivait par abréviation aussi vite que l'on pouvait parler. Les notes tironiennes furent d'un usage très étendu en Occident; les empereurs s'en servirent, ainsi que les derniers de leurs sujets : on les enseignait dans les écoles publiques; on s'en servait dans les interrogatoires des criminels et dans les sentences des juges; c'est de là que nous sont venus les actes sincères des martyrs. Dans la suite on s'en servit, sans besoin, à transcrire des manuscrits tout entiers ou en partie, comme on le voit par le grand nombre qui se trouve dans les bibliothèques publiques. On usa également de ces signes pour former des diplômes ou plutôt des protocoles ou formules, comme l'attestent les cinquante-quatre que dom Carpentier a publiés**, et qui appartiennent au règne de Louis le Débonnaire. L'usage des Notes de Tiron cessa en France vers la fin du ix' siècle, et en Allemagne vers la fin du xc : il n'en reste presque plus de vestiges
* Quelques auteurs attribuent l'invention «les notes tironiennes aux Égyptiens qui, les premiers, se servirent de figures symboliques pour exprimer leurs pensées: cel U£ Égyptiens aux Grecs, et des Crocs aux Romains.
**Alphabetwm tironianwnj teu )i<>t'is Tironiêexplicandi meth cum pluribtu Ludovici pii chartii, qum notii iiedem e. et haclenus inédite, ad hiitoriam et juriedietionem fum cccle$ia$ticam (uni civilem pertinenlibue. Labore et Studio 1>. 1'. Carpentier. Lutetia» Parisiorum. (iuerin. 17i7. in-fol. Cel OUVrag très bien gravé et bien imprimé.
A UN BIBLIOPHILE. — CHAPITRE QUATRIÈME. 135 dans les monuments depuis le commencement du xe siècle, si ce n'est l'abréviation d'et par 7, et d'us par 9 à la fin des mots. Les Notes de Tiron ont donné l'idée de la Sténographie que l'on pratique aujourd'hui en Angleterre et en France. »
L'usage des abréviations est très commun dans un grand nombre d'éditions du xve siècle ou du commencement du xvie*.
Dans le premier siècle qui suivit l'invention de la typographie, les abréviations furent extrêmement multipliées; elles devinrent telles, dans les livres de droit spécialement, qu'elles rendaient les textes fort énigmatiques pour la presque totalité des lecteurs. Il fallut venir à leur secours en composant un petit traité qui, sous le titre de Modus legendi scripturas in utroquejure, eut un succès attesté par des éditions nombreuses.
Les premiers imprimeurs ne firent d'ailleurs que reproduire à cet égard ce que leur offraient les manuscrits. Un des exemples les plus singuliers que nous ayons rencontrés de ces abréviations se trouve à la Bibliothèque nationale de Paris, dans un manuscrit grec des Scholies de Basile de Césarée sur saint Grégoire de Nazianze, cité par M. Boissonade ** : le mot aova/ojv y est représenté par deux a surmontés de deux y.
Le bibliographe Chevillier cite une édition de la Logica d'Ockham, imprimée à Paris, en 1488, en beaux caractères, mais où il n'y a peut-être pas un seul mot
* Les divers ouvrages sur la diplomatique, notamment le Traité de diplomatique, rédigé par deux savants Bénédictins, Paris, 1750-1765, 6 vol. in-4°, entrent à cet égard dans des détails étendus.
** Cf. Notices et extraits des manuscrits de la bibliothèque du Roi, t. XI, ii° partie, p. 68.
qui no soit abrégé Voici un exemple pris dans le texte de la page 121 : Sic Jdc e fal im qd ad simplr a e pduciblle a Deo g a e et silr Jdc a n e g a n e pdiicibile a Deo. Ecrit tout au long, ceci se traduit de la sorte : Sicuthic est fallacia secundum quid ad simpliciter. A est producibile a Deo. Ergo A est. Et similiter hic A non Ergo A non est producibile a Deo.
A l'origine de l'imprimerie, et môme pendant la première moitié du xvie siècle, le désir des typographes était de mettre le plus de matière possible dans un espace resserré ; pour atteindre ce but, ils supprimaient souvent les voyelles, qui étaient remplacées par des accents.
quim ftatobitmtft)r>rutjîtas in ion0îwîïmt:*ttmîé m tentu&m* iti tft.quûîmltoms rubttos in fritîtu&fc ne JZomua autéç qurnum miptoa t|îpttirûr.tt oçnaiUuîï £ce. ffaadtB
Fig. 107. — Exemple des abréviations usitées à l'origine de l'imprimerie. Tiré de la Bible de Gutenherg. (Sans date.)
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optunts catacteotous cecêter 3mp#ttuuaita penogfli : marimam Iucubw* tionemm&is tfpturrtws emenoaTum.ê>twiptrt>u6 serpenûs Joooin» ga c&ctmeccatojtB Wuaru benc tnerurama pietaiani ccddîam commàanftK.
3iinobmûeamofmofup^miiielh^uinaqumQ:étcûmzi£:ut>ai)auiW3 ^cbwarucompietumatçpatoiim.
Fig. 108. — Titre du Missale Ad asum celeberrime ecclesie Eboracensis (York).