‹ Connaissances nécessaires à un bibliophile, accompagnées de notes critiques et de documents bibliographiques recueillis et publiésChapitre 38 sur 58 · DES SIGNES DISTINCTIFS DES ANCIENNES ÉDITIONS · texte numérisé non relu

DES SIGNES DISTINCTIFS DES ANCIENNES ÉDITIONS

Pour déterminer un incunable, affirmer son authenticité et sa date, on admet, en bibliographie, une série de règles, que nous indiquerons plus loin, et qui servent de bases à ces déterminations. Nous nous occuperons, en premier lieu, des divers caractères employés pour l'impression. On a prétendu, et cette assertion se trouve dans les Études sur la Typographie de Crapelet, que les noms de Cicero et de Saint-Augustin venaient de ce que les introducteurs de l'imprimerie en Italie, Sweynheym et Pannartz, avaient fait, pour la première fois, usage de ces caractères dans des éditions de ces h 48

deux auteurs publiées à Rome en 1467. Dans ses Origines de V imprimerie ^ A. Bernard a combattu cette assertion ; et voici quelle est son opinion à ce sujet : « Il est fort possible que le nom de Saint-Augustin vienne à la rigueur du caractère qui a servi à imprimer la Cité de Dieu, quoiqu'il eût près de seize points au lieu de treize, mais il n'est pas possible d'admettre que celui de cicero ait été emprunté au caractère qui a servi à imprimer les Èpîtres de Gicéron données la même année par ces imprimeurs: ce caractère a près de quinze points au lieu de onze. D'ailleurs il semble que ces dénominations techniques, qui sont évidemment empruntées à la langue des ouvriers, n'ont pu avoir cours dans l'atelier de Sweynheym et Pannartz par la raison que le caractère qui avait servi dans la Cité de Dieu n'a plus été employé par eux à partir de leur installation à Rome où il ne fut probablement pas apporté; il était donc inutile d'établir une distinction, puisque cette imprimerie n'avait qu'un caractère. Au contraire, Ulrich Han avait deux caractères romains parfaitement appropriés à ces deux dénominations; l'un qui lui servit à imprimer, en 1468, une édition de Gicéron et qui n'avait que douze points typographiques; l'autre avec lequel il imprima, en 1474, la Cité de Dieu, et ayant treize points. Il est naturel de penser que, suivant un usage encore pratiqua aujourd'hui dans les imprimeries pour des cas analogues, les ouvriers donnèrent à chacun de ces caract le nom de l'auteur le plus célèbre qui l'avait mis en lumière, que ces noms se transmirent traditionnellement dans les ateliers aux caractères de même force,

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Fig. 109, — Caractères d'un Z)<ma< d'après une épreuve tirée sur

un xylographe original,

conservé à la Bibliothèque nationale.

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